


MB (2/6)
03
Faute d’énergie, constatant ma résistance, le vent se calma. Il avait découvert un univers que le sable avait protégé.
L’Enfer est amical quand on connait Cerbère. Combattre est l’erreur que je ne fis pas, j’ai attendu, supporté la croix qui me tirait les bras, ni espoir, ni futur, encaisser les chocs. La bête domine qui le veut.
Je l’ai acceptée, elle se coucha à mes pieds réclamant une caresse. Ses crocs luisaient, son haleine me réchauffa, je pus continuer mon voyage. Eurydice m’attendait, hors de l’Enfer, pour changer.
Les mythologies portent des symboles que j'utilise en leur donnant un sens qui, pour n’être pas forcément le premier, est le bon. Rien ne traverse le temps qui ne soit nourri de désirs.
Une comparaison me plait, un personnage de cartoon court vers le vide, continue au-dessus, il s’arrête, regarde le spectateur, puis sous lui, à nouveau le spectateur, et tombe ensuite. L’appel du gouffre fut tentant mais je n’ai pu céder. Devant moi brillait une partie de ciel, il devint ma raison d’être, ma raison, tout simplement.
Le gravier du chemin changea, les cailloux blancs devinrent des vers, le décor hurla, le présent se consuma. j’ai vu rire le passé qui me tendait les bras, entendu l’agonie de la réalité.
Ce roman achevé j'enchaînai sur un autre, une enfant solitaire s’attachant à une ombre, mon négatif en quelque sorte, jusqu’à refuser la réalité, emporté par un cheval noir aux sabots d’argent.
Une nuit de samedi à dimanche je terminai ce texte prévoyant d'en entamer un suivant le lendemain. À mon réveil je vis le gouffre sur lequel j'étais. Vouloir traduire mon émotion est impossible, trop personnel. D’un côté l’abîme, de l’autre l’Amour puisque j’ai appris à utiliser ce mot ; pire : à en éprouver le sens ! Je sais maintenant qu’en chacune de mes cellules brille une lumière que seule ma mort, réelle, effacera de mon esprit, qui sait si quelque part elle ne pourrait pas survivre, défier la mort de cette façon me plairait.
Sept ans déjà, je n’en reviens pas d’en être revenu, si j’ose dire, l’âge de raison, encore autant et c’est l’âge bête, ça promet ! Faire le chemin dans l’autre sens serait mieux. Vais-je naître ? Non, c’est fait, je le découvre et me surprends à sourire.
Les souvenirs perdurent de ces nuits d’errances que je n’ose qualifier de solitaires tant mon esprit était envahi de spectres. Un manque : le cri du nouveau-né découvrant un monde dont il devine la puanteur. Qui va me taper sur les fesses, la tête en bas ?
Maintenant l’horreur me distraie, je sais accroître sa force, pour d’éventuels lecteurs. Les malheureux ! je suis à l’aise dans ce temps, le sourire de l’Apocalypse n’est pas loin, nous nous comprendrons.
Une amie.
Plus parce qu’affinités ?
Horreur ai-je dit ? Symbole, son efficacité vient de ce qu’elle reflète de l’esprit, plus celui-ci est lâche plus il a besoin d’horreur, je ne dis pas qu’il a envie d’elle. Besoin ! Ainsi peut-il donner à sa panique une raison fausse mais supportable. S’il se voyait son image serait si loin de ce qu’il croit que jamais il ne le supporterait. Je sais ce que cela fait que de superposer deux images. Je sais !
La folie a tant de visages, chacun lui donne celui qui lui plait, elle sert d’opposition, la placer hors de soi évite de se définir soi. Je l’ai connu, me suis réfugié près d’elle, en elle, elle m’a aidé, aimé peut-être.
Aimé peut être, mais suis-je ?
L’esprit est pervers, le mien plus que les autres, il joue, me fait croire en une réalité hallucinée. Ne suis-je pas au fond d’une cellule aux murs rembourrés, allongé, attaché, l’esprit rétracté, confiné, ayant renié le corps pour se protéger ? J'ai regardé mon ombre sur le mur nu et me suis interrogé, lequel de nous est vrai ? La folie est une partenaire docile, au début, ensuite elle prend le contrôle, dirige, impose, détruit. J’ai voulu ceci, l’ai espéré sans le formuler, sans agir comme il convenait, sans regrets, pour l’instant
Un suaire opaque colle à mon corps, mes yeux voient au travers, ils ont appris, compris, il est des lumières que rien ne peut arrêter.
Le manque d’ego me fit résister. Je n’ai pas combattu, j’ai admis les souffrances, les lacérations. J’ai hurlé dans ma tête, cherchant des réponses dans des nuits gorgées d’angoisses, je les attends encore.
Deux ans d’enfer et la possibilité de prendre le chemin normal, près des autres, pas avec eux, près d’eux. Rencontrer, partager alors que se reconstituaient mes forces. Reculer m’est interdit, je me renierais, je trahirais la réalité dont j’ai pu m’approcher.
J’ai cru pouvoir fausser le jeu, changer la donne et tout bousculer, approcher le crime fut une tentation curieuse. Suis-je honnête en disant que je suis déçu de ce qui n’est pas arrivé ? Non, je savais qu’il ne pouvait en être autrement, la fiction s’est refermée devant moi, la porte est close, elle disparaît. L’heure du bilan sonne, cette cloche qui ne résonne qu’en moi me dit que le rêve doit s'achever, fini l’agitation sporadique, les espoirs construits sur l'impossible. Inoubliable instant, une simple rencontre, ma joue porte en creux la marque de la gifle morale que je reçus. Face à une lumière sans masque je me vis. Dans un regard de ciel je perçus l’image de ce gosse solitaire, pétri de souffrance au point d’avoir dû l’aimer pour survivre. Je l’aime encore, sinon j’aurais tiré le rideau depuis longtemps. J’ai apprécié ces heures passées à décrire des atrocités, à dépeindre d’insignes tortures, à suivre le cheminement du bourreau, de ses victimes, à me satisfaire de les unir pour me perdre. Des milliers de pages n’ayant d’utilité que pour moi. Mal écrites ? Pas sûr, personne ne les a lues, même pas moi, j’ai besoin de médire de mon passé. L’important était ce que je ressenti, baptisé par la souffrance comment m’en éloigner ?
J’ai repris le travail, une parenthèse à refermer pensais-je sans savoir à quel point c’était vrai, un triptyque en résonance avec celui écrit il y a des années. Les deux premiers volets sont écrits, ensuite s’est produit dans ma vie l’événement auquel je fais allusion et qui changea dans mon esprit tant de choses. Me remit face à une porte entrouverte par laquelle j'avais vu... Reste le troisième volet, le plus violent de tous, le pire possible.
Dans les années trente et quarante erre en Europe un être étrange, force à l’apparence humaine dont les désirs vont s’imposer. C’est lui qui, guidant Hitler, engendra le nazisme, la guerre, l’extermination, lui qui désirait la souffrance, la peur, la mort, lui qui attendait de faire du monde un désert de cendres. Je le vois circulant entre de tristes baraquements de bois, je le sais jouissant des derniers soupirs, des supplications, certains le reconnurent sans l’avoir jamais vu, se portèrent vers lui, il s’amusait des prières, des malédictions, il regarda mourir des millions d’hommes, de femmes, d’enfants sans réaliser quels fils le manipulaient. Il dévorait les âmes en quête de la sienne reniée depuis longtemps. Ce roman avait pour but de me faire plonger au cœur de l’épouvante, d’oser aller plus profond en moi et par là dans ce flot de haine auquel personne n’échappe. Un dernier espoir de fuir dans la folie ? Il était trop tard même avant mon voyage physique, elle est derrière moi agitant la main pour me souhaiter bon voyage. Supputer est vain, si je n’ai pas rédigé ce texte, je vais le faire, j’ai attendu le bon moment alors que je pensais à lui depuis quelques temps, l’idée se précisait lentement. J’ai peur d’une rencontre dans une telle ambiance, peur de trouver MON visage, de voir qui je suis. L’heure est à l’affrontement. La panique sauve une fois, pas deux !
Est-ce ma faute que j’expie ? Je voudrais savoir ce qui m’attend au coin de la vie avant que d’y aller voir, je voudrais dessiner la forme qui me guette en souriant. Trop tôt !
Cette chose errant dans les camps d'extermination, héraut d’une déité improbable dans sa forme mais impitoyable dans la réalité de ses actes. Dans son nid, au cœur de l’âme comme en une caverne, elle attend et rêve à un nouveau règne, adoré par l’humanité prisonnière de murs de pierre par crainte de la lumière qui vient.
Les images grimacent. Paysage de neige, un village étrange et malodorant, des fantômes oubliant le temps qui les dissous, des hautes cheminées, bouches soufflant un air vicié, suintant les vies par milliers, soufflant sur la campagne son haleine putride. Des milliers de grabats, de formes allongées, chaque nuit la mort prélève son tribut de chanceux qui n’iront pas plus loin, enfin libre. Des yeux immenses perdus dans le vague, cherchant le souvenir d’une autre époque, quelques mois plus tôt seulement, avec… Que vaut un nom quand tant de vies ne sont que poussières ; les souvenirs quand le futur est une délivrance par le supplice.
Ma chambre n’est pas de bois, mon lit n’est pas une paillasse, je ne suis pas squelettique et pourtant un lien étrange traverse le temps, celui existant entre des êtres ayant sentis sur eux le regard de la camarde derrière un voile de torture.
À quoi bon survivre si l’oubli ne vient pas ?
L’air est gonflé de haine et de peur, les deux se mêlent et viennent de partout, le bourreau a parfois un moment d’innocence, un éclair de lucidité. Reprendre alors sa place c’est choisir la damnation éternelle. Des bruits de bottes, des murmures, des coups, des gémissements. La réalité devient férocité, elle se couvre de sang pour se deviner. Il est là, heureux de s’ébattre dans cette ambiance, s’y sentant comme chez lui, les monceaux de chairs mortes sont de sublimes œuvres d’art, les bouches de métal aux flammes impatientes lui disent quelque chose, il ne sait pas quoi, pas encore. Je fus ainsi, jouissant des morts nées sous mes doigts, prenant plus de plaisir qu’en des agitations instinctives, la réalité était fade en comparaison.
J’avais imaginé écrire sur les lieux, rechercher toutes les voix du passé, les cris, les murmures, les prières et les plaintes, le bruit des flammes, les corps tombant sur un carrelage, charriés ensuite. Que me réserve l’avenir, quel écho en moi s’éveillerait à entendre ces murmures ? Victime ou bourreau, je suis les deux. Je n’aime pas le mot victime, galvaudé, supplicié me va mieux, il paraît fait pour moi.
Ce vampire est la part en moi qui apprit à aimer le martyr, incarnant mon désir d’aller au bout de cette logique, d’être cette souffrance et ses conséquences, plonger dans le pire, pour le dompter.
Le rendez-vous est pris, pour bientôt. Sa forme, ses mots, ses actes… Les ténèbres sont lumineuses parfois, nécessaires souvent pour qui cherche la clarté. Sur moi glisse une pale clarté, une nouvelle aube, une première horraure que je verrai sans peur.
Quel symbole est-il plus "parlant" qu’un camp d’extermination ? Violence extrême, lâcheté, reniements. Il est proche aujourd’hui dans le refus d’oser s’y regarder pour s’y rencontrer. Tueur et tué, je suis laideux, une confession vaut ce titre quand elle est libération de soi, émancipation de ses peurs, désirs et honte. Plaisir et souffrance, je ne renie l’un ni l’autre.
Ce personnage, dans l’idée que j’en avais, finissait par comprendre sa nature, ses actes, et quelle force le tenait, lui qui se savait incapable de mourir, plus qu'immortel, susceptible de résister à tout. Né d’une archaïque puissance il pense utiliser une force récente pour atteindre la paix. Début août 1945 il se trouvait à Hiroshima...
Son espoir allait être déçu ! Dans cet ultime volet il croisait un héros laissé dans une pénible situation à la fin du roman précédent, ultime confrontation, fusion à engendrer. Le pire serait que je le puisse.
Un puits ? La vie n’est que cela, d’un orifice à l'autre, de la chair à la terre.
La mort a-t-elle le droit de vivre, la vie a-t-elle celui de mourir ? Je ne me suis pas tué, le pire est passé mais le plus dur reste à faire. J’accepte la lumière et ce qu’elle me révèle, l’évidence sera moins terrifiante que je le pense, que je le souhaite, lâchement !
Peur de ne plus avoir peur ! Cette formule, déjà employée, me va comme un gant, peur de ne plus le désirer, céder à l’outrance m’est interdit, à la souffrance m’est impossible, je ne fuis plus.
Qui a parlé d’une rustine ? la taille…
Jadis la fiction submergea le réel, elle reflue, un nouveau paysage à découvrir, des trésors à ramasser, mais lesquels ? Je me suis menti pour gagner du temps, la patience se justifie par la certitude de l’avenir, d’une main qui se tendra. Une se glissa dans la mienne lors d’une soirée d’évocation, la radiateur était près de moi, je grelottai d’un froid intérieur difficilement supportable, seul… Ainsi je ne le fus pas toujours, dommage qu’ensuite la situation ai changée, la peur joua et nous rapprocha, autrement.
Subsiste la crainte d’être déçu, de découvrir la vacuité de ce chemin. la banalité me terrifie, la mort serait une délivrance en ce cas, lucidement choisie, non pour fuir mais pour essayer un autre chemin.
* * *
Le vitrail transcende la lumière, passant au travers de ses couleurs elle illumine le monde d’une incroyable beauté. Suis-je digne d’elle ? À genoux au centre d’une nef d’ombre je cherche à comprendre. De loin s’impose l’éclat céruléen d’un regard qui déchira les ténèbres, vainquit la nuit. J’ai cru me perdre en lui, je l’espérais mais m’y suis reconnu et les effets du choc continuent. Quelle âme prend plaisir à vivre dans la tourmente ? Il n’y avait aucun rivage sur lequel aborder, aucun avenir hors la tempête. Comment concevoir la douceur quand l’expérience prouve qu’elle nourrit la lâcheté ?
Avancer, atteindre le miroir, le traverser, découvrir la vie au lieu du néant. Étrange expérience, une émotion !
Trouver les mots ? Mon talent est limité, mon trouble chasse la folie, au point qu’il me semble voir clair.
Le chemin est pénible, la croix est lourde, être hissé, attaché, jambes serrées, bras écartés, le soleil me regarde, le supplice n’a de sens qu’en ce qu’il présente le doute près de la lucidité, de la résurrection.
La Passion n’était pas où je le pensais.
Quoi de plus fou que l’amour pour qui en fait une mer nourricière ? Le temps me dirigea, Thlita m’indiqua une lumière assez lointaine pour que je n’en fusse pas effrayé.
Le ver de terre est amoureux de l’étoile, dirige vers elle ses pensées sans savoir faire davantage que se gaspiller en vaine adoration. J’ai voulu plus, non ! Je veux plus. Pensant à Elle je me voyais mourir dans ses bras. Ce qui se produisit, la chrysalide est déchirée, le papillon apprend à voler, bientôt il prendra son essor dans le jour naissant, il le peut, il sait où aller.
L’enfant mourant en moi m’arracha ma première promesse.
Lui offrir ma vie, quel cadeau, même l’emballage n’était pas consigné. J’imagine ce qu’Elle aurait ressenti. Désir pitoyable, faux romantisme, réel ridicule. Violer son esprit et son cœur, y déposer l’image d’un amoureux agonisant pour en chasser les autres, imposer le masque de la mort pour interdire la vie.
L’enfant est mort, d’accord, ses restes sont corrompus, j’en ai dévoré les meilleurs morceaux. Ces miasmes m’exaspèrent désormais, quel que soit le temps me restant je ne les chasserai jamais, ils sont en moi, ils sont moi, ce n’est pas une raison pour les imposer à d’autres.
Thlita, le peu de vie restant en moi, l’enfance non vécue. Renoncer serait trahir, personne ne pouvait me comprendre, m’écouter, encore maintenant… Elle seule pouvait presser mon cœur et en faire jaillir quelques émotions, autant de preuves que je n’étais pas encore mort.
L’abîme grouille de formes répugnantes. Elles n’ont jamais rien pu, sinon en me permettant de le croire, je les en remercie.
En fait de maître chacun l’est pour soi, pour soi seulement.
La vie est si belle quand elle paraît possible, il y a peu une telle phrase m’aurait fait reculer, bientôt elle pourrait me faire avancer, je reste prudent, cultive le doute, le retiens alors qu’il s’effiloche entre mes doigts. Lui murmurer mes rêves et ne jamais les oublier, faire de chaque seconde une envie, un aveu nourri de lucidité, se retrouver par le don de soi.
Ces mots me touchent comme si Elle les entendait, comme si Elle les comprenait, choc d’un
instant, larmes mal refoulées, émotion d’un masque qui s’efface, celui d’une enfance devenue, enfin, charogne. J’ai vécu en elle alors qu’elle ne fut qu’une illusion, j’attendais qu’en
pourrissant elle m’emporte et me dissolve. Le passé fut ma tanière, mon refus. Je me suis allongé près de l’ombre d’un cadavre, ai passé mes bras autour de son cou, mes paroles se voulaient
tendres, elles ne furent que reniement, attente d’une ultime expiration, d’un regard fixe perdu dans le vide.
Parfois la mer m'emporte en voyage incertain.
J'accompagne souvent celui qui s'en va loin,
Sans bouger d'un iota, il me tient dans sa main,
Mais je saurai me taire et n'être que témoin.
À l'encre pour décrire une situation,
Clavelin pour celui qui n'apprécie pas l'eau.
Le patient sait en moi édifier un bateau,
De Klein, pour les matheux, je retiens l'attention.
Toi qui parcours ces vers préfère un homophone,
Je peux tout conserver sauf un grand xylophone,
Tu te voudrais Alice au Pays du Vermeil,
Ce n'est pas ton cerveau qu'on mettra en bouteille.
Vous attendiez ma missive n'est-ce pas, je mis du temps avant de me décider, c'est qu'il me
fallait un vecteur humain qui me ressemble, dont l'âme soit semblable à la mienne, ainsi vous ferez-vous un portrait de cet homme par la connaissance que vous avez de moi. Je suis celui que vous
rêviez d'être mais votre éducation fut trop bonne et votre intelligence trop vive pour que vous l'assumiez, c'est à moi que vous fîtes vivre cent tourment, me plongeant dans le stupre et les
bouges les plus infâmes du Londres de votre époque, qui n'en manquait pas.
« J'y ai mis trop de moi-même » faites-vous dire à Basil Hallward, je vous reprocherez seulement de ne pas avoir osé en faire de même, et par lui c'est à vous que vous mentez. Avouez
que c'est dommage, quelle ampleur aurait eu votre œuvre si au lieu d'une fin banale et mélodramatique vous aviez choisi d'assumer et de me laissez sourire devant mon image avant de repartir, quel
destin aurait été mien, combien d'aventures aurais-je vécues, de perversions, de crimes sans doute, n'avais-je pas déjà fait quelques pas dans ce sens. Probablement avez-vous subi les contraintes
de votre époque et deviez-vous conclure d'une manière moralement acceptable. Le vice ne peut triompher n'est-ce pas, vous qui l'avez connu si peu mais payé si cher... J'imagine le plaisir que
prendrait l'auteur de ces lignes pour rédiger à votre place, et, j'en suis sûr, en accomplissant votre désir intime, une autre conclusion à votre roman.
Les temps changent, aujourd'hui le public serait déçu de votre choix, sans parler de l'éditeur soucieux de prolonger un succès, vous pensiez littérature quand ce mot avait un sens, maintenant il
est une ligne dans un bilan comptable !
Qui sait ce que dissimule un beau visage, l'âme peut être sombre et le sourire radieux sans intervention d'une quelconque magie. Ainsi est la nature humaine n'est-ce pas et votre récit est plus
qu'un simple roman témoin de son époque mais une interrogation sur la réalité d'un être, celle qu'il se dissimule avec plus ou moins d'efforts.
Faut-il souhaiter à chacun d'un jour faire face à sa vérité ainsi que mon médium le fit par ses textes, ou réservez ce sort à ceux que nous n'aimons pas ? Qui sait si le Jugement Dernier ne réside pas en cette simple confrontation, qui, alors, pourrait se supporter...

Sur cette question, cher ami, je me dois de vous laisser mais vous transmets les salutations du tenancier de ce blog qui aurait bien voulu vous connaître, et, à sa façon, tente de le faire.
Votre dévoué
Dorian
Benêtdiction : Bienheureux les co.. simples en esprit, le royaume des cieux leur est tout vert.
Chaillning : Peur irraisonnée du dentiste.
Coqoxidé : Vieille girouette figée par la rouille mais que l'on conserve parce qu'elle fait joli (et qu'on a la flemme de monter sur le toit).
Fanthome : Individu habitant un jour ici, un jour ailleurs, et que l'on remarque quand il n'est pas là.
Morale : Court des contes !
Obèse : Aime trop lard moderne.
Obsénateur : Anthropoïde replet sachant faire semblant de ne pas dormir en public et dont la chair est immangeable.
People : Personnalités connnues et le restant habillées.
Perpettard : Condamné à rester ce qu'il est jusqu'à sa mort.
Poings : Confit doigts.
Producteur : (voir Talentueur).
Ride : Mort sur le front.
Sage : N'a pas, ou plus, les moyens physiques de ses désirs.
Sauçologie : Branche de la science portant sur la rotondité des tranches, leur épaisseur, peut-on manger la peau...
Scénateur: Vieil artiste refaisant toujours le même disque, le même spectacle, après avoir annoncé qu'il allait prendre sa retraite.
Simulactrice : Femme mariée (besoin d'en dire plus ?).
Talentueur : Nourrit d'engrais merdiatique une graine de star afin de la faire éclore et prospérer rapidement. Ne s'en occupe plus quand elle est fanée, la saison suivante.
Trobot : Humain programmé pour passer deux heures dans la salle de bains à utiliser la crème truc, le fond de teint machin, la teinture bidule parce qu'il le veau bien.
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |