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15 octobre 2009 4 15 /10 /octobre /2009 05:59

 

De nos jours l'hôpital est un lieu de passage pour ceux qui y viennent en visite, en consultation, pour ceux qui en ressortiront dans une caisse où qui viennent pleurer l'ancêtre dont ils ignorent encore qu'il les a déshérités.

Pas sage…

Ce n'est pas un endroit auquel on pense spontanément, qui se voit malade, agonisant, devant conclure une vie superflue ?

Il n'est plus courant de mourir chez soi, comme si on craignait que la mort pose son sceau afin de revenir plus facilement.


Ce couple s’aime, le croit, le dit, le prouve, par le désir d’être ensemble, conséquence de commandements biologiques dont ils ne savent rien.

Ils avancent, les rites sociaux tracent leur chemin, lever les yeux serait voir sa conclusion, les enfants aident à les baisser.

C’est curieux comme qui ignore la vie craint de la perdre. L'impression d'avoir raté quelque chose peut être...

Ils travaillent tous les deux afin de se préparer un avenir qui... Un avenir ! La télé est secondaire dans leurs vies, ils apprécient de se retrouver dans leur chambre, ou ailleurs. Jeunes on est imaginatifs, ensuite l’habitude s’installe, le confort prime, ainsi va le temps, vent sournois abrasant les reliefs.

Comme un manège le quotidien les emporte mais ils sont heureux et bientôt leur bonheur sera complet puisqu'un enfant va venir les combler de ses hurlements et écoulements divers, c’est si beau de donner la vie.

Donner... ou imposer ?

Il y aura des déclarations à faire, des questions à régler, une organisation à adopter, en attendant les autres marmots.

Et les mois, l’émoi, passent, la femme change, l’homme s’inquiète, on lui dit que c’est merveilleux, il y croit.

Lui !


La naissance approche, elle est programmée, est-ce que tout va bien se passer, sera-t-il normal ?

Il, bébé l'être humain est masculin, parfois ça s'arrange.

C'est le grand jour. Direction l’hôpital, les premières douleurs, ils savent quoi faire. Le moment de la délivrance approche, une piqûre pour souffrir ce qu’il faut afin de pouvoir en rajouter à ses propres yeux, se sentir valorisée d’avoir subi cela ; ça en valait la peine, capitale, l’enfant est si beau, si…


La tête apparaît, la mère pousse, le corps s'extrait de la vie en hurlant. Le père s’approche, ému il coupe le cordon, celui du nouveau-né, l’autre… Le médecin-accoucheur saisit le futur vieillard, l’examine, se tait mais son regard est explicite. Pour les parents, en cet instant, tout est important, surtout ce qui est tu, ils ont besoin qu’on les rassure et ces yeux gorgés de crainte... Mais non, il sourit, tend l’enfant à la maman qui le lèche, pardon, l'embrasse, et lui offre une mamelle satisfaite de retrouver son utilité première. Le néo-papa, troublé, s’approche du médecin, l’interroge pour s’entendre répondre que le crâne est un peu curieux, mais que ça va s’arranger. Il ne dit pas qu'il présente l'aspect d'un ancêtre de l'homo sapiens.

- Vous verrez, ça n’aura pas d’importance ! 


S’il est le seul oui, s’il est le premier…


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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 05:53

 

Simple planche et pourtant,

Je nourris les mystères,

Devant moi, mêm' le temps,

Ne peut plus que se taire.


Parfois un semblant d'œil,

Polyphème de métal,

Se veut comme un écueil,

Sur un fond végétal.


Simple planche et pourtant,

J'alimente l'espoir,

Le matin en claquant,

Et se rouvrant le soir.


De l'Enfer pour Rodin,

Le contraire pour Saint Pierre,

Blindée par les radins,

Et pourquoi pas de pierre ?


En acier, rembourrée,

Absorbant les délires,

Retenant enfermés,

L'innocent et le pire.


De quel côté es-tu ?

Mais que tu entres ou sortes,

Pars comme tu es venu,

La vie n'est qu'une porte.


 

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 05:49

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13 octobre 2009 2 13 /10 /octobre /2009 05:52


Un document qui nous est transmis par M. Jacques APPAR


 

M. LESTISSE

Peintre sculpteur décorateur

À LANVIOUZE (Finistère)

Rue principale                                                Date : 11 mars 1941


                                                                                      

Pour travaux exécutés en l'église de Lanviouze :



Pour avoir descendu le grand Bon Dieu de dessus le maître-autel et l'avoir lavé et nettoyé
14,10


Pour avoir fait un nouveau râtelier à St Louis et l'avoir lavé par devant et par derrière
3,30


Pour avoir mis un nouveau bras à St Étienne, lui avoir blanchi le nez et fourni une calotte pour cacher le trou qu'il avait sur sa tête
3,03


Pour avoir corrigé le Pater Noster et lui avoir fourni une main, un bras, deux pieds, et peint toutes les figures
11,00


Pour avoir peint et nettoyé Saint Jean Baptiste et son mouton et lui avoir placé une corne sur le côté gauche
5,00


Pour avoir lavé le Sainte Vierge et lui avoir refait un enfant Jésus et un bras gauche
21,00


Pour avoir remis au Saint-Esprit une queue neuve et avoir refait un nouveau chapeau à St Joseph
4,00


Pour avoir fourni les cordes pour peindre les Anges au dessus de l'autel
5,00


Pour avoir ôté les vieux yeux des douze apôtres et les avoir remplacés par des neufs
6,00


Pour avoir peint une ceinture, mis un bras et une trompette à l'ange qui est au dessus de la chaire
7,04


Pour avoir lavé et nettoyé St Isidore, Sainte Barbe, St Nicolas et Ste Cécile avec son violon et leur avoir fourni tout ce qui leur manquait
20,03


Pour avoir fait un diable tout neuf, l'avoir placé sous les pieds de l'Archange St Michel et les avoir peints et décorés tous les deux

11,30


Pour avoir décoré la grande fleur de lys, varlopé le derrière de St Louis et de Charlemagne qui ne voulaient pas entrer dans leurs niches et les avoir peints et décorés tous les deux
43,00


----------------------------------------------------------------------------------

Ce qui donne un total de 119,31 F pour la remise à neuf de l'église de Lanviouze

----------------------------------------------------------------------------------


Document emprunté au Bulletin de la Fédération du Bâtiment et des T.P. de l'Aveyron.

Extrait des Archives Nationales

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 05:49

L'Âme de l'Enfer - 07  

                                                 08

Ce que j’ai fait, la voie des ténèbres semblait belle, prometteuse, j’ai esquissé un pas en elle, vu sur le sol d’étranges empreintes, et, plus loin, ce qui grouillait, cette masse informe en laquelle je n’ai pu me perdre, j’ai reculé, honneur insigne, violence incroyable dont chacune de mes cellules se fit l’écho, j’en sus la puissance en des années de tortures, j’ai dit non et si, d’une chose je devais être fière, ce serait d’avoir goûté et refusé l’Enfer.

L’enfant n’est plus sur le pont, le ciel est gris au-dessus de lui, a-t-il grandi ? Les temps se superposent. L’important est ailleurs ! Assis il joue seul ; les nuages renvoient une solitude implacable, des larmes, le désespoir s’impose, une souffrance qu’il voile afin que le regard de l’étranger, celui qui ne peut comprendre n’en vienne à poser des questions. Un petit garçon ne pleure pas, il se livrerait à l’adversaire. Des formules de réconfort auraient été récitées, les vieux sont ainsi avec les enfants, personne n’aurait voulu comprendre, confiance en la magie de paroles dénuées de sens. Mais non, c’est rien… Conneries ! Les adultes sont d'anciennes victimes portant les stigmates de la corruption, eux dont chaque seconde de vie est un vol, eux que j’ai haï à un point qu’ils ne soupçonneront jamais. Ils se veulent grand en broyant et formatant l’enfance, la parant d’un costume trop beau, trop lourd, les cons ! Ce sont autant de chaînes qu’ils lui imposent à l’instar des chinoises du passé dont les pieds étaient comprimés suivant les canons de la beauté, définitions du passé, de la mort.

S’il s’en trouvait un pour comprendre, et le supporter, et…

Hait ?

Non… et !

Alors qui ?

Moi ?

Jeu facile. Ma chaîne est de papier, fragilisée, déjà détruite peut-être. J’ai peur d’en découvrir un maillon traînant sur le sol, peur de la sentir partir en poussière entre mes doigts.

Peur et envie à la fois.

Non, à la foi !

N’est-ce pas mieux ainsi ?

Mais si…

Jouer, comme ce garçonnet édifiant avec des bouts de bois une construction qui n’existera jamais, comme lui, comme l’avenir qu’il voit comme une colle malodorante et acidieuse qu'il évite.

Ensuite ?

Le pire fut accueillant, la violence fut une chance, une poussée hors des chemins, ni réalité banale, ni folie totale, une voie médiane additionnant les souffrances.

Un pont qui relie deux rives passe sur quelque chose, un fleuve, un gouffre... À moins qu'il ne soit l'inverse et réunisse deux abîmes.

Maintenant ?

Continuer ou m’arrêter ? Contempler une image jaunie en me vantant de la comprendre. Le passé prend sens en nourrissant le présent, je ne sais qui je suis, où je suis, je commence à découvrir d’où je viens.

Autres mots, autres douleurs, le courant me porte. Acide lent, doux et chaud, j’y prends goût. La brûlure s’endormirait et je serai détruit sans le comprendre. Ainsi les prédateurs insidieux endormant leurs proies ou leur injectant un hallucinogène. Le temps est un tueur riche de savoir, et son venin est le plus sournois.

Les autres, ces particules gluantes autour de moi, poussières que les pas du vivant soulèvent, vies qui cédèrent au piège du plaisir.

Et moi ?

Je revois des séquences du passé, enfant déjà, prenant, la nuit de petits plaisirs interdits, s’amusant à des actes immoraux, apprenant tôt ce que beaucoup ne connaîtront jamais. Le plaisir est un ennemi, un nuisible, ou la manifestation halluciné du prédateur, de ce néant parant de mille couleurs une éternelle vacuité.

De vie à vide, vie avide ? Nombreux sont ceux qui confondent.

Plaisir de la violence, de la destruction. Il dépasse ma vie, rode près de moi en cherchant à m’absorber. L’image floue me fait peur, les mots sont rétifs, densité accrue par davantage de sens. Comment définir ce que je devine, masse sombre sur fond de nuit, à moi de lui imposer la lumière, de trouver mon visage derrière mille apparences.

Mort, vie, un pont de mots mène de l’une à l’autre, dans quel sens ?

Le pire ?

Avec la chance que j’ai…

Pourquoi parler des victimes tuées de dos pour espérer qu'ils aient mon aspect, pour puiser dans leur regard vide l'espoir d'atteindre ma destination. Par la vie je rencontrerai un avenir dénué de sens.

Vivre, moi ? Suffit-il d’oser ? Les mots sont insuffisant pour définir ce lieu, ce qui s’y est passé. De ma chaîne brisée restent des maillons qui se dissoudraient à mon contact, l’anneau qui serre ma cheville m’empêche de courir comme je le voudrais, comme je le pourrais si… scie ? Non, plus de fuite, cette situation est ma chance, l’étau qui me retient face à la une masse informe qui est mon meilleur reflet, celui dont la précision sera la plus grande dès que j’aurais ouvert les yeux, accepté qu’au cœur de cette ombre palpite une gemme de lumière.

L’adversité révèle les forces en présence, j'en devine une incroyable que je crains de pouvoir dominer, je lui ai tant cédé, elle qui malgré sa puissance est si faible, souriante, les yeux brillants, tentatrice, elle à qui il suffit de dire non pour la voir se coucher en ronronnant.

Vouloir est si difficile !

J’en sais quelque chose. Jamais je ne sus affirmer mes désirs, dire le contraire serait mentir. J’eus deux vies : l’apparente ; la personnelle, à l’opposée de la première, en laquelle j’agissais hors la pression des événements. Leur rapprochement fut libérateur, la chaîne se brisa, je le comprends, mieux vaux tard que jamais. J’aurais pu…

Non, je n’aurais pas pu, inutile de maudire le passé, accepter, y puiser la lucidité pour, à travers le présent, envisager l’avenir.

L’avenir ? Un mot ou une volonté extérieure que j’aurais à subir encore ? Ce présent n'est pas un cadeau.

Je ne suis pas un cadeau ?

Seulement si je suis seul à en profiter.

La forme sombre est un voile dans mon esprit refusant la réalité. Peu importe ce que je dois retrouver, le chemin à refaire les souffrances à retrouver. J’aurai envie de m’allonger en fermant les yeux, interdit ! Le goût de la vie est sur mes lèvres, je ne peux le trahir.

                                        * * *

Comment s’accrocher à ce que l’on repousse, refuser l’envie que l’on porte depuis toujours ? Des deux lequel est l’enfant, pourquoi cette faiblesse face à ce regard lui qui en vit tant fondre devant lui ?

L’horreur se secoue, se dissipe, du chant des morts qu’il entendait avec plaisir reste un murmure dont les paroles s'enfuient, il craint de s'éveiller au cœur d’un autre monde, au monde d’un nouveau cœur, lui qui n’en a plus, pantin d’une force qui l’agite. Spasmes avant qu’une volonté ne l’absorbe faute d’avoir pu y parvenir déjà.

S’il pouvait figer le temps pour réfléchir, repartir… Mais ce pouvoir n’est pas sien, il traverse le temps sans l’arrêter. La puissance qui le nourrit est immense, brûlante, violente, infernale diraient les primitifs pour la définir. C'est pire : étranger.

Personne n’est là pour lui dire que faire, que dire. L'enfant fait un pas, l’attraction croît, il ne peut reculer ni renoncer. Ses victimes, aussi nombreuses que les grains de sable du désert, sont là, sans hostilité. La haine serait moins inquiétante. Il voudrait une forme tentaculaire, horrifiante qui lui rappellerait un ailleurs, loin de cette vie. Le lien est resté vivant, ténu, suffisant pour qu’un courant circule et maintienne en lui une force de vie en attente d’un souffle qu’il perçoit désormais.

Méfiance ! Pas de hasard, ce serait trop facile de rompre le pacte, il y a mille légendes de ce genre, au soir l’homme et le Diable signent leur alliance, l’âme du premier appartenant au second l’aube venue. Et puis se passe quelque chose, miracle ou coup de bol, le pacte n'est pas appliqué. Mais pour lui, comment refuser le pire ou renoncer au meilleur, une voie inaccessible entre d’inconciliables contraires.

Inconciliables ?

Il sourit, sentant le défi derrière l’impossible, la motivation qu’il attendait. Un objectif lointain pour oublier le présent et les difficultés qui déjà le blessent. Mais non, c’est ce dont il sort, lancé comme une balle au travers du temps, la cible est atteinte, la flèche vibre encore en son centre, elle va exploser et libérer sa puissance.

Et elle… Quels mots trouver, ne plus mentir, seulement oser, l’odeur de mort est si forte. Il n’y peut rien, qu’une vie ait de l’importance est déjà immense, ces millions d’êtres que des gueules d’acier attendent ne le touche pas, mourir est inéluctable pour tous, ou presque.

Allons bon, la peur le prend, peur de la nouveauté, de ressentir dans sa poitrine l’écho d’un muscle dissous par les poisons dont il se nourrit depuis des millénaires. Par son œuvre l’ombre couvre le monde et voilà qu’il trouve une fleur d’or impossible à cueillir.

Lui aussi fait un pas, mille bouches murmurent, le temps se ralentit, l’attention se fige, l’air devient palpable par le mystère qui apparaît aux consciences les plus obtuses. S’il savait crier, s’il savait gémir…

                                        * * *

Interrogations, pourquoi reste-t-elle dehors, pourquoi a-t-elle fait un pas, quelle diablerie cette chose manigance-t-elle ? Des curiosités qui se perdent, des regards qui ne se trouvent pas, la nuit est trop forte pour être naturelle, et en cette obscurité brûle une ombre plus dense encore, visible mieux qu’en plein jour.

Une main cherche l’enfant mais recule vivement, la peur change de nature, qu’un monstre soit monstrueux est pénible au début puis l’habitude fait de cette différence une satisfaction, une situation sans mystère sinon sans danger. Cette fois c’est différent, tous le sentent, la nouveauté sera-t-elle bénéfique, maléfique, que veulent dire ces mots dans un endroit dédié à la destruction, une plaie suppurante à la surface d’une réalité souffrant de se chercher.

                                        * * *

Elle hésite, s’étonne que son dégoût et sa peur aient disparues, le décor n’a pas changé, il semble plus précis mais en prenant sa vraie nature, une construction rapide, une toile peinte qui se consume déjà. Elle perçoit les millions d'agonies, les peurs, les angoisses, les haines, autant de vers rongeant un cadavre refusant sa nature, des images qui ne l’effraient pas alors qu’elle n’en saisit pas la vérité. Le pire n’est pas de voir mais de comprendre, une enfant ne peut pas, une enfant n’a pas le droit, une enfant…

Enfant ? Elle a vieillie, son corps s’est débarrassé des chairs inutiles dont l’esprit se nourrit, profitant des circonstances, ainsi le pire, admis pour ce qu’il est et non refusé pour ce qu’il promet, est-il la chance de passer ce cap devant lequel tant renâclent.

Un pont ?

Elle sourit sans savoir, il en fait autant. Dans les yeux de l'homme, elle n’ose se l’avouer, elle lit de la peur, de l’incompréhension, ce n’est plus la mort dans son univers, prédateur déçu de la facilité. Non, c’est un être nouveau d’où s’écoule un flot de souffrance qui lui fait mal. Elle qui crut perdre sa sensibilité pour survivre découvre que pour cet homme elle éprouve quelque chose de nouveau, pas comme pour un père, un frère, pour quelqu’un qui paraît avoir toujours été là alors même qu’elle l’ignorait, une réponse à des questions qu’elle évitait pour ne pas souffrir en cherchant d’introuvables réponses. Tout est là derrière la réalité d’un homme étrange.

La petite voix de la lucidité murmure que cet être est vomi par l’Enfer, rejeté par une vie sans prise sur lui. Elle le sait, qu’elle importance ? Le pire a un cœur, il peut être malheureux, tendre la main, espérer ! Faut-il qu’elle soit pire encore pour refuser ce qu’elle peut donner ?

La victime peut aimer son bourreau.

Qui répartit ainsi les rôles ? Est-ce celui qui tient la hache, qui posa le billot, émit le jugement ? Qu’elle est la force au-delà du présent ?

Elle ne peut expliquer mais elle sait qu’un jour nouveau se lève, l’avenir n’est qu'un peut-être rassurant ceux que le présent rebute, il est nécessaire de vivre maintenant, ici, dans un monde de cendres, de souffrances, un monde de haine comme un animal cherchant à mordre pour avoir trop souffert, au point de refuser une caresse qui changerait son univers, bouleverserait ce sur quoi il érigea sa vie.

Cet être est le plus vivant du camp. Pour avoir étreint la camarde, posé ses lèvres sur la bouche de la mort, pour avoir caressé la charogne, cherché un cœur dans une cage d’os, pour avoir…

Pour avoir osé être en cet homme la vie prend tout son sens.

Renier ses semblables ? Quoi de commun entre elle et cette masse de victimes voyant là une qualité, puisant dans leur plaies matière à martyr. Tous pareils, d'un côté ou de l’autre des barbelés. Quelle différence entre celui qui marche sous les coups, voit se profiler la cheminée qui le propulsera dans le néant et celui qui, à côté de lui, tient serré son arme comme accroché à un radeau dans la tempête.

Quelques pas les séparent, si peu et tant à la fois, une seconde, un voile à déchirer, un petit effort, un instant, presque rien, le plus dur.



Il craint ce qui le guette, non le regard de cette enfant mais ce qu’il y devine. Si nul miroir ne le troubla c’est qu’en aucun il ne perçut sa nature, il fallait un miroir d’âme, de vie. Celui qui se présente, qu’il craint plus que tout, lui dont le corps peut traverser tous les brasiers, endurer toutes les tortures sans perdre son sourire moqueur.

Une souffrance, intérieure, ne reposant sur aucune lésion physique mais sur une fracture, une lézarde après un tremblement de taire. La prison subit le choc, protège avant de s’écrouler. Le damné regarde la clarté venant à sa rencontre. Le soleil bouge, la lumière le cherche, plus féroce que le projecteur d’un mirador, il veut reculer, disparaître dans les murs, il ne peut plus, la lumière est là… Inéluctable.



Elle revoit sa petite enfance, les heures passées devant la grande glace de sa chambre, ses parents l’accusaient de s’admirer. Faux, elle attendait celui qui ne pouvait venir que par un miroir, une porte qu’il saurait ouvrir pour lui tendre la main. Elle préparait son plus beau sourire, ses yeux guettaient… et rien ne vint.

Ses yeux…



Il ne comprend pas, ne veut pas, une nouvelle rage l’envahit, désir de refuser le picotement dans ses orbites, pas possible, pas lui.



Elle laisse couler les larmes retenues quand elle espérait sans savoir, attendait sans deviner, douces brûlures abreuvant le sol.



Qu’est-ce que cette impression sur ses joues ? Des larmes.. Lui ?

Les regrets sont faciles, admettre le présent et nier le passé revient à tout refuser puisque maintenant est le fruit d’hier.

Il sait cela, nécessité n’empêche pas l’imagination de travailler.



Elle avance, les nuages s’ouvrent, la lune apparaît, curiosité de l’univers pour une rencontre inédite, les étoiles se sont données le mot, un spectacle émouvant, perturbant, une porte se ferme sur le chemin de la vie, elle ne pourra plus reculer ni prétendre que ça n’est pas permis ! Là est la preuve, une enfant qui marche, un homme qui attend, l’oiseau avançant vers le serpent tremblant d’avoir perdu son appétit, d’avoir oublié l’usage de ses crochets, de la puissance de ses muscles, craignant le chant de la douceur, le contact de la fraîcheur. L’attraction est trop puissante pour la refuser, trop présente pour chercher ailleurs, déjà ses idées se modifient, une douleur salvatrice l’envahit, une perte qui l’allège, les maillons fondent, le lien plus fin qu’un cheveu se renforce, devient indestructible.

La main d’une enfant qui se tend.

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12 octobre 2009 1 12 /10 /octobre /2009 05:45

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11 octobre 2009 7 11 /10 /octobre /2009 06:41


 

La Malédiction de Constantin, Mine G. Kirikkanat.

Traduit du turc par Valérie Gay Aksoy

Titre original :  Bir gün gece
Métailié
, 2006 collection NOIR (244 p.)

ISBN 9782864245902





Correspondante à Paris d'un grand journal turc Féridée a une liaison, secrète, avec un séparatiste kurde. Alors que l'on frappe à la porte de la chambre d'hôtel dans laquelle ils viennent de passer la nuit elle se précipite, avec ses affaires, dans la salle de bains, elle entend son amant ouvrir la porte puis un bruit ressemblant à l'expulsion d'un bouchon de champagne. Vous avez compris qu'il ne sera pas question de boisson ! Féridée, dissimulée derrière la porte, échappe à la curiosité du tueur avant de prendre la fuite, craignant pour sa vie, en direction de Bruxelles où elle retrouve Sinan Laforge, haut fonctionnaire de l'Union européenne, fils d'un français et d'une turque. Au téléphone elle apprend qu'Istanbul vient de subir un violent tremblement de terre et qu'un tsunami a ravagé la région mettant en cause jusqu'à l'avenir du pays et faisant vaciller son rôle dans une région où les maudifications d'influence peuvent avoir d'importants effets secondaires, comme les répliques d'un séisme !


Il ne s'agit pas d'une enquête au sens habituel du mot mais, comme le dit Sylvie Braibant (cité par Gilles Perrault dans la postface), d'un polar politique d'anticipation soulignant que derrière des apparences humanitaires peuvent se cacher des motivations plus concrètes, que la vie ne vaut rien mise en balance avec des intérêts financiers importants, la politique n'étant souvent que le masque derrière lequel ils avancent.



Dans une ambiance apocalyptique des caractères se révèlent, souvent à l'inverse de ce qu'ils se croyaient être, les personnalités elles aussi ont été secouées et parfois le masque qu'elles portaient s'est-il détaché pour exploser sur le sol de l'inattendu. Féridée et Sinan ont leurs ''doubles'' restés en Turquie, pour elle qui s'est européanisée par la force des choses, les circonstances et la facilité, pour lui par ce qu'il découvre d'une part de lui-même qu'il n'avait jamais qu'aperçu de loin. En revenant ils reculent dans le temps en quête de traces qu'ils ne retrouveront jamais.


La peste menace, l'odeur de la mort est partout mais l'auteur semble nous dire que le pire n'est pas là.

Féridée, et nous par la même occasion, apprendra la vérité. Laquelle, dans quelles circonstances, je vous laisse le découvrir.

Ce roman, lu dans le cadre du défi Littérature policière sur les 5 continents fut une bonne surprise. La malédiction de Constantin se serait, peut-être, abattue sur moi si je ne l'avais pas lu.



Mine G. Kirikkanat est née à Istanbul en 1951, elle est diplômée de l'Université d'Istanbul ; sociologue de formation elle début dans la revue humoristique Çarsaf en 1977. Elle travaille en Espagne, à Bilbao et Madrid comme correspondante de Cumhuriyet puis en France de 1991 à 2005 pour Milliyet puis comme éditorialiste de Radikal. Depuis elle est éditorialiste de Vatan et participe au programme kiosque de TV5. Par trois fois elle reçut le prix du journaliste turc le plus courageux, la police et les islamistes n'étant pas ses amis...

 

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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 06:22

 

Acidieux(se) : Remarque donnant une première impression favorable mais laissant un arrière-goût dont il est difficile de se débarrasser.

Copilleur : Je te prends ton idée mais je garde le pognon !

Évidemmenteur : Individu capable de nier ce qu'il a été surpris en train de faire. (Inusité au féminin)

Fécable : Se dit de choses dont l'emploi, voire la lecture, amène à se précipiter aux toilettes.

Flemministe : Partisan du moindre effort.

Fouthèse : Idéologie consistant à les rejeter toutes, y compris celle-ci.

Geôlie : Femme dont les bras sont des barreaux difficiles à écarter.

Loi : Texte qui à l'odeur de la justice, l'aspect de la justice mais dont la saveur est réservée à qui sait en profiter.

Ministaire : Qui porte un joli titre, dispose d'un véhicule de fonction avec chauffeur remue la tête comme un chien à l'arrière d'une voiture.

Onanisme : Rut sans issue.

Ouineur : Chiale pour avoir ce qu'il veut.

Sangsure : Méthode expéditive pour couper la parole de ses opposants.

 

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10 octobre 2009 6 10 /10 /octobre /2009 06:17

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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 05:56

 

Le 9 octobre 1446 est promulguée la nouvelle écriture coréenne nommée Hunmin jeongeum (훈민정음/訓民正音, les Sons corrects pour l’éducation du peuple) par le roi Sejong. Ce dernier, doté d'une vaste érudition, connaissant aussi les écritures tibétaine, mongole et japonaise, élabore le hangeul sans consulter l'académie de Sejong, ce qui lui sera reproché par nombre de ses conseillers, en effet, quel intérêt d'inventer une langue que le peuple pourrait maîtriser ? 
Quand Sejong accède au trône seules l'aristocratie et l'administration maîtrisent les hanja (caractères chinois - la Corée étant vassale de la Chine), une écriture inadaptée à la phonétique coréenne et difficile à apprendre. Décidé à lutter contre l'illettrisme il en vient donc à l'idée de créer un nouvel alphabet qui connaîtra au fil des siècles de nombreuses difficultés avant de finalement s'imposer.


Le successeur de Sejong, Yeonsan-gun en interdit l'usage et l'apprentissage en 1504, en 1506 le roi Jungjong supprime le ministère de l'écriture vernaculaire. Si le hangeul survit c'est grâce au peuple qui n'a pas accès aux études chinoises.

Lentement, mais sûrement, le hangeul se répand et finit par devenir le symbole national de la Corée, en particulier face à la présence japonaise, en 1894 il est adopté pour les documents officiels alors que le Japon annexe la Corée. Après la défaite nippone de 1945, il devient la véritable langue du pays, l'alphabétisation se fait alors rapidement malgré la partition du pays.
Le terme hangeul est utilisé la première fois en 1912 par Ju Si-gyeong (주시경/周時經) et signifie à la fois la grande écriture en coréen archaïque, et écriture de la Corée en coréen moderne.                              
En Corée du Nord existe la Journée du Chosŏn'gŭl (조선글날), célébrée le 15 octobre !

L'alphabet coréen connaîtra de nombreux changements au fil du temps que vous pourrez découvrir !
Ainsi que le disait Chong Inji, doyen de l'Académie royale : Bien qu'il ne soit fait usage que de vingt-huit lettres, les combinaisons de formes en sont infinies. C'est pourquoi un homme intelligent en fait l'apprentissage en moins d'une matinée et même un imbécile n'y met pas plus de dix jours.

J'avoue ne pas, encore, avoir essayé de savoir à quelle catégorie j'appartiens (j'ai bien une idée...) !

Pour en savoir encore plus !

Une langue simple (si si !) et intelligemment conçue qui explique que l'analphabétisme ait quasiment disparu de la Corée. En 1989 l'UNESCO crée le prix d'alphabétisation Roi Sejong.


 

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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