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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 06:34

MB (1/6) 
 

                                                  02

Jeter la lame, jeter là, l'âme ! Trop facile ! La retourner contre moi ? Avec un rasoir j’ai caressé mon corps sans éprouver de douleur, juste un sourire pitoyable. Trop tard pour céder à l’appel de la folie, à ses promesses d’une paix ultime et réelle une fois mon corps détruit. Je me souviens, une nuit, une pulsion, le dos contre le mur, les jambes devant moi semblaient appartenir à un autre. Le rasoir brille, murmure les mots que j’espère, il chante le désespoir, me pousse dans la transe pour agir. Je pose le métal sur ma peau, près du genou, j’appuie, rien, presse davantage, la lame fine tranche peau et muscles, un liquide chaud coule sur le parquet, ce sont les larmes que je retenais.

À demi enfoncée la lame remonte vers l’aine, une ligne rouge et profonde, je glisse mes mains dans la plaie, mon cœur accélère, une énergie folle circule dans mes veines, impossible de reculer, j’écarte, regarde, l’intérieur bouillonne de sang. Pas de douleur quand mes doigts s’emparent du fémur, j’entends un gémissement, un dernier refus, pitoyable tentative, j’arrache l’os de son logement, un univers brûlant m’éparpille, j’ai envie de céder, de renoncer à la conscience de la repousser, trop tard pour dire non, je ne sais plus reculer. Le temps passe, la douleur reflue, pas bien loin, assise dans un coin de la chambre ses petits yeux ne me lâchent pas, je ne sais plus leur échapper. Une jambe reste, un corps, la vie s’y cache, c’est elle ma cible. Me faudra-t-il ouvrir ce ventre, expulser ces viscères palpitants, y plonger ma main comme la plume dans l’encrier espérant n’y plus rien découvrir pour cesser de courir sur un papier fantôme.

Ulysse se fit attacher pour résister à l’appel des sirènes, ainsi put-il en profiter. Cette comparaison dit ce que j’ai ressenti, ces milliers de pages qui furent autant de pas dans la nuit, d’appels à la folie, d’espoirs refusant de s’éteindre.

Dans la réalité j’aurais pu m'arracher l'os, l’envoyer à l’autre bout de la chambre et mourir de n’avoir pas osé vivre, exsangue et misérable.

Le rêve ?

Un pas de plus, rien qu’un. La mort recule, mon d’esprit résiste au temps, au pourrissement des chairs retrouvant la poussière originelle, première étape vers le néant. J’aurais voulu sentir les vers grouiller et se repaître de moi jusqu’à laisser un squelette propre mais incomplet. Cadavre ayant conservé l’empreinte de son âme. Il n’est de pire ennemi que soi ! Extériorisé le flot de haine qui m'envahit m’aurait détruit, intériorisé il m'alimenta. M’accrocha à la vie par goût d’une malédiction insurmontable. Mort et vivant à la fois je me serais traîné jusqu’au miroir bronze qu’une amie m’offrit, le seul dans lequel je puisse me voir. Je n’ai plus d’yeux mais distingue une masse étrange, semi liquide et malodorante, ayant un vague aspect anthropomorphe. Plus de peau, un linceul opalin et mouvant, les vers dansant sur moi. Maintenant je comprends ce qu’ils représentent, l’ultime protection, plonger vers la mort comme pour un défi, tenir face à elle, ressentir ses doigts d’os dans ma main et ne pas hurler. Trop tard pour commencer, pour me perdre.

L’image me fascine, la pourriture se secrète d’elle-même, une cage restera en laquelle mon âme persistera.

Imaginer plus loin, l’intrusion de quelqu’un chez moi, il me trouverait, hurlerait de peur en percevant dans cette momie un reste de vie, une lueur au fond d’orbites vides, une moquerie infernale.

J’aurais voulu dépasser le cadre du temps, toucher à cette éternité déjà évoquée. La Terre devenue une boule de silence, la victoire du minéral, l’univers en désert de fer, souriant d’une victoire attendue.

Je délire avec lucidité, tel un joueur d’échec regardant la pièce qu’il va déplacer, celle-ci touchée il doit l’utiliser, j’ai joué sans espoir de pat. Le point de non-retour est dépassé, la réalité fait partie de mon jeu, pion ou fou, cavalier ou tour ? les autres rôles sont répartis.

Il y a sept ans. Sept, comme les péchés capitaux, ou les vertus cardinales, mais qui connaît ces dernières ? La fiction envahit ma réalité manquant la détruire, elle reflue, me reste à récupérer ce qu’elle me laisse, pas des ossements mais des moments de vie, les pièces d’un puzzle qui me ressemble. Ne pas dire non, c’est tout ; ne pas dire non. Le plus difficile.

Le pire.

J’aime !

La fin du monde, y survivre, la fin d’un monde de rêves et de peurs, assister à son engloutissement dans un océan d’émotion. L’univers ne peut espérer l’éternité, ce qui naquit disparaîtra. L’éternité est le mot le plus menaçant que je connaisse. J’en perçois le sens, si Dieu existait et qu’il sache qu’ainsi se nomme sa cage je comprendrais qu’il ait créé l’homme pour se distraire.

Il n’existe donc pas. Ou pas encore ?

L’univers serait-il destiné à capturer l’éternité faute de pouvoir l’engendrer ?

Démence ? Et alors ? Mécano mental, édifice se créant de lui-même par le refus d’achever la partie et d’en voir les mystères, ces spectacles autrefois donnés sur les parvis.

Après... Mon imagination ne va pas jusque-là ! Naissance et mort, big bang et big crunch, je préfère les jolies initiales du premier, c’est le hasard, oui, le hasard, quoi que…

La vie est un manège, l’éternité une menace cherchant à se distraire d’elle-même, y parvenant elle s’oublie sans pouvoir détruire le miroir dans lequel l'attend le sens de sa malédiction.

Cet enchaînement est encore un hasard, j’espère.

                                        * * *

Le vent me gifle sans me gêner, l’indifférence à soi est une étrange force, elle pousse hors des chemins aisés, des zones éclairées, elle amène à arpenter un désert en quête d’une trace. Le pire est de la trouver, alors la réalité prends corps. Dans le vide j’étais bien, autour de moi s’estompaient un quotidien insoutenable d’absence. J’ai vu les signes, perçu la vie, tombant à genoux j’ai voulu rester ainsi, j’ai renié la vie, plus de trois fois et le coq n’a pas chanté, malgré moi j’ai levé les yeux. Au travers du néant le phare brillait encore. Si près et si loin, nocif et tentant. Être convaincu qu’il était accessible m’aurait interdit d'avancer, la haine et le dégoût m’auraient aidé à renoncer, activant une lâcheté, toujours sur le qui-meure. L’impossible fut un soulagement. Je me suis redressé, titubant, laissant le vent abraser mes défenses et me dénuder, offert, sensible. Chacun des oasis sur ma route promettait une horreur différente, un enfer particulier, je me suis abreuvé à l’un, à l’autre, à tous, je me suis penché, l’eau fit miroir, insoutenable. Refusant la tentation j'ai continué. Des mirages d’épouvantes dansèrent autour de moi, mille tourments me furent proposés, j’ai souri sans comprendre, sans ralentir.

Les larmes nettoyèrent mon visage de la couche de silice. La vie me souriait alors que je hurlai contre elle, cherchant le pire blasphème… Elle ne s’est pas détournée, m’a tendu la main, je l’ai prise et j’ai pu la lâcher… Paupières baissées j’aurais pu tirer le rideau sur une scène enfin désertée.

Émotion et désir mêlés forment un inaltérable ciment, une volonté est à l’œuvre, la mienne, je n’en suis même pas surpris.

En marchant j’ai retrouvé un endroit qui me plaisait jadis ! Un pont suspendu surplombant une eau sombre, quelques rochers affleurent la surface, je les voyais crocs de pierre attendant mon corps pour le dévorer. J'imaginai le courant m’emporter... L’eau est tentante comme un souvenir d’avant la vie. Embryon nageant dans une volonté amniotique je grandis rêvant à une naissance mortelle.

Ce lieu m'attriste, je le connais trop, bien que la ville ravalent ces immeubles que je connus lépreux et croulants, rue traversée de cordes à linges, silhouettes s’interpellant.

Un autre temps, mon enfance.

Le froid me tenta, l’eau glacée m'aurait étreint avec douceur. L’hiver est revenu, le printemps de cette hémisphère sera-t-il le mien ?

Une image me retint, une enfant aux yeux d’infini posés sur moi, un miroir montrant des ombres oubliées. Plus que l’imaginaire enfanté par la volonté, la lucidité, mais une nécessité que j’aurais refusée en la voyant autrement incarnée.

Une enfant…

Je crains les noms mais connais le sien : Thlita. Comprenne qui peut.

Sa main sur mon bras ; l’esprit désireux de basculer, la conscience avide de s’engouffrer dans l'absence. La vie me surveillait, elle prit le bon visage, manipulant symbole et hallucination pour me conduire vers la vérité. Malédiction bénéfique ou bénédiction maléfique, les deux se disent et se justifient.

Larmes, nuits et lumières mélangées, loin d’une clarté artificielle gonflée de définitions routinières, une vérité sereine.

Braise émotionnelle qui me réchauffa, mes défenses colossales furent renversées d'un souffle. Rien ne résiste à qui ose, qui, dans un espoir met la force qui lui reste. L’obstacle est un défi que j’ai relevé sans voir le risque, pas celui de me perdre mais celui, mille fois plus grand, de me trouver.

Je n’ai pu tuer, ni me suicider, nul squelette hanté d'une âme puante, de gorge offerte à une caresse d’acier, de sang me dessinant afin que dans un miroir je me visse, souriant d’une mort enfin capturée. Le masque pourpre aurait été la réalité du renoncement.

La mort n’est pas une amie ai-je pensé, le temps de comprendre mon erreur. Complétant la vie elle sait que nul ne lui échappera. J’aurais pu mourir si souvent, elle éloigna, rassurante dans l’envie que j’avais d’elle mais reculant alors que j’avançais jusqu’à ce que je puisse découvrir une nouvelle souffrance née du désir, ça change.

Je voulais un chemin sanglant, je l’ai évité ; voir la mort, j’ai croisé le regard de la vie. Le pire n’est pas l’ennemi espéré. Tant de recoins grouillent de formes étranges, j’ai appris à me nourrir d’eux.

Deux ?

L’autre me manque, l’Autre...

Ce ne sera pas Thlita, enfant ou enfance, l’incarnation se dispense des détails, il n’est plus temps de tricher. La porte que je voulais claquer dans mon dos est close devant moi, je ne peux pas dire dommage. Je cherchais une réalité corroborant ma peur, je n’ai pu la découvrir, la haine qui m’emplissait moula l'empreinte que j’ai devant moi, je peux la toucher, la comprendre, la dépasser. L’envie de tuer ne reviendra plus, le moyen de fuir m’a explosé dans les doigts. Je n’ai plus envie de retrouver ma chambre-sépulcre, de m’allonger en écoutant le sablier du temps rire de mes inutiles efforts. Un vampire a, dit-on, besoin de la terre de son pays pour trouver le repos, je crus ne pouvoir quitter les murs du passé. Maintenant j’ai envie de les oublier, de m’éloigner d’eux à jamais. L’âme s’est infiltrée en moi, je l’imaginai fardeau elle est libération, je me tiens droit, mieux, ,je découvre que j’étais déjà debout et que je n’en savais rien.

Quel c… !

J’ai eu envie de sauter… Non, c’est elle qui manqua m’avoir. Une nouvelle violente, je sors, le vide m’envahit, je me réveille sur ce pont penché sur le vide, le tintement d’une sonnette de vélo m’emplissant les oreilles. Un souvenir d'instinct au dernier moment se raccrocha-t-il à ce qu’il put ? Sans la solution à cette énigme je prends celle qui me plait le plus.

J’utilise la réalité que je connais, aussi fictive qu'elle paraisse.

La folie seule peut engendrer une enfance pure, modelant la pâte de la souffrance. Pas vraiment l’Amour, la voix qui sait, la bouche qui murmure, la volonté qui montre.

Que de nuits et de journées passées ensemble, heures étranges hors du temps, dialoguer avec une ombre lumineuse est surprenant quand on en est conscient. Elle me fit parler, pleurer, découvrir que j’avais un cœur, des yeux capables de libérer l’émotion, cela ne m’était pas arrivé depuis… longtemps. Une fin d’après-midi, un enfant joue seul, levant les yeux il découvre le gris du ciel comme une menace, comme porteur de la certitude que rien n’existe pour lui, rien ni personne. Les larmes coulent, mais quelqu’un vient, il se tait, cache, triche, l’habitude se prend vite quand elle est mauvaise, pour autant qu’elle protège au risque d’enfermer à jamais. La sincérité porte un masque pour se protéger d’elle-même.

Le pire n’était pas là !

Des semaines gorgées d’émotion, chaque seconde s’inscrivit en moi, chaque larme était un appel, un espoir et un prénom. Chaque nuit était un rêve, un seul, revenant sans cesse. Le temps s’étirait. J’ai eu un avant-goût de l’éternité, assez pour en deviner le piège.

Vint la fin, un roman à conclure, la main de Thlita dans la mienne, trop perceptible pour être délirée ; une réalité intolérable s'apprêtant à déchirer le masque d’oubli que la peur avait posé sur elle.

Elle s'est éteinte faute de vouloir continuer, sachant qu’elle ne disparaît pas vraiment. Elle est restée pour m’aider dans les pires moments. Ses paroles m’apprenaient à supporter, il ne cessa de battre. La preuve : il continue !

Une autre histoire : un asile, un homme s’y promène, il a un bureau, un mini parc à sa disposition, de hauts murs bordent cet univers. Un arbre, un banc, un chemin de gravier, un peu de verdure, un micro qui enregistre sa confession, il est là pour ça.

J’avais un rendez-vous ! La démence me protégeait à l’instar des douves des châteaux médiévaux, seul je pouvais plonger en moi, céder à l’appel que je percevais sans l’avoir, à cet instant, compris..

C’est une cicatrice inoubliable comme la promesse qu’elle m’arracha. Cette image aux confins du désert, par Elle je pouvais survivre. Au sable se mêla les cendres de jadis, j'eus d’improbables visions de terreur et de sang, d’horreur et de crimes. Un fleuve de sang, un esprit prisonnier de ses délires accroché à une lointaine réalité.

L’esprit connaît des tempête que la réalité ignore, force 13 !

La… Non, pas la lumière ! Censure, l’Amour fut le plus fort, la peur devint panique. Image contre image, réalité contre réalité. Du dehors rien n'était visible, le masque était parfait, seul en revanche…

Et puits…  

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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 06:28

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22 novembre 2009 7 22 /11 /novembre /2009 07:07

 

Après Maaya tendons l'oreille vers Akino Arai, elle le mérite !

 

 

 

 

 

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21 novembre 2009 6 21 /11 /novembre /2009 06:27

 

Je suis enragé et lucide, la pire des alliances.


L'art moderne est plus recherche que création.


Les mots sont un phare contre les ténèbres et une arme contre ce qui s’y dissimule.


Un livre est un double fantasme, celui de l’auteur et celui du lecteur, il arrive que ce soit le même.

Vous voulez voir la vie belle ? Fermez les yeux !


C’est aux êtres intelligents que l’amour fait faire le plus de conneries.


Mon cœur bat, mon cerveau pense mais vis-je ?


Pour la prochaine guerre je serai du côté des fossoyeurs.


Les martyrs sont aux religions ce que le fumier est à l’agriculture.


Sur mon lit de mort je souhaite pouvoir me résumer d’une phrase.


Ce qui me déplaît dans la mort c’est que tous y passent, je déteste la banalité.


Le pire chez certains poivrots est qu’ils s’ennuient en buvant.


Il se tenait si souvent près de ce lampadaire qu’on pouvait penser qu’il avait été chien dans une vie antérieure.


La vie est faite pour pleurer puisque dans la mort on rit éternellement.


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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 06:28


                                                   01

L’âme est éparpillée et pourtant survivante, elle se tord, cherche du secours mais espère la lumière qui l’anéantira.

La nuit domine le monde, dehors ma proie ignore que le fil de son destin est sur le point d'être tranché. J’ai droit de vie et de mort, un poignard pour instrument. La lame pénétrera son dos, il s’effondrera, le sang collera ses vêtements, engluera ses reins et ses jambes, le froid l’emportera, devant moi la vie le quittera.

Rêve ? Espoir, désir de dessiner l’heure qui vient, un chant du cygne, un rien, pour disparaître. Facile d'entrer chez les gens, l’audace suffit, trop s'y préparer est inutile, un crime n’est pas un film. Privilégier l’émotion, l’action, la réalisation. La pensée ne peut tester chaque maillon, le ferait-elle qu'il y en aurait toujours un plus faible. L’instinct me fera oublier cette civilisation dompteuse, elle n’a rien effacé, je le sais, le sens. Je ne veux plus refuser ce que je suis.

Déclaration alibi dans la bouche d’un presque tueur, si c'est ma vérité qui peut m’interdire de l’exposer ? La vie est une scène, mon rôle est écrit mais suis-je crédible ? Les fils qui me font agir m’indiquent une volonté autre que la mienne. La mienne ? Cela me fait curieux de parler ainsi, la mienne, moi… ces mots ont-il un sens ?

L'âme hyène, cette formulation est plus convaincante.

Pas une cellule de mon corps qui leur échappe, une pensée sur laquelle ils n’influent, une cage aux barreaux fins mais si nombreux qu’il interdisent de voir par delà. Je sens leur présence, je devine des formes, des bras qui me repoussent, j’ai voulu…

Voulu ? Le passé est mort, plus de vouloir, de lutte, l’asservissement est doux puisque nécessaire, être esclave pour être malgré tout. La nature du maître fait la différence. Je table sur mon acceptation de ses volontés pour dessiner son visage tel un jet de sang sur un être invisible pour en dessiner le contour, esquisser un portrait.

Escalader une gouttière, briser une vitre, l’espagnolette, une fenêtre à pousser, le rideau la retient un moment, je me glisse dans une chambre inconnue comme dans un autre monde.

Le propriétaire ne tardera plus, j'attends, le courant me charrie depuis si longtemps... Le jeu est commencé. La vie n’est que cela, l’admettre est une victoire, temporaire, l'ultime est interdite. Quel plaisir y aurait-il à jouer en pouvant plus que retarder l’inévitable ?

Je devine ses gestes, la porte qu’il referme, ses clefs dans le tiroir, son manteau ôté il le suspendra à la patère, me tournant le dos, s’offrant. Un hurlement silencieux, des années d’espoir libérées en un geste, mon arme s’enfoncera dans ses chairs, aucun obstacle ne l’arrêtera, peut-être glissera-t-elle sur l’os du bassin, prenant un nouvel élan pour traverser l’abdomen. Le barrage annihilant ma force va céder, il est le dernier obstacle à ma libération. La haine attend depuis ma naissance, une masse informe et puante, entre le noir et le rouge, mélangeant les émotions qui parfois éclatent à la surface de la boue qui coule du paysage alentour. Il est en moi, collines mortes, site que trop de poisons anéantit. Je suis cela, ce que je vois et l'ombre du néant, reste de vie à la surface du vide. La mort est libératrice, celle de l’autre, de tous. Je n’ai rien contre lui, il paie pour tous, ni nom, ni visage, une réalité qui disparaîtra en un seul geste.

Il se raidira, tendra ses forces, ignorant la cause de cette douleur, peut-être pensera-t-il à une crise cardiaque, à une attaque d’urémie, le silence répondra ; il sera cadavre devant moi, cadavre… moi…

Agir autrement ? J’ai essayé, voulu parler, être compris, exister dans l’œil en face de moi, j’ai perçu la moquerie, l’insulte que la bouche ne formulait pas. Je suis seul, le joug sur mes épaules me fait baisser la tête, découvrir le sillon qui est ma vie, ma voie. J’ai quitté le chemin de la majorité. Un verbe existe qui signifie quitter le sillon : délirer. C’est beau la culture. La nature relève-t-elle du délire ?

Ce n’est plus le moment, j’ai trop attendu, trop espéré ma délivrance, par un crime je vais claquer dans mon dos l'huis menant au normal. J’ai voulu l’ouvrir, changer d’air, j’ai échoué, le refuse est ma route.

Le temps s’étire, une minute semble une heure. Rouge, la réalité prendra son sens, nous nous comprendrons enfin, c’est son prix.

J’imagine les titres, les commentaires, les regards curieux et effrayés glissant sur moi, ils l’ont toujours fait.

Je suis une vitre que même l’ombre efface.

Je tuerai à nouveau, il le faudra, pas trop à vite. Attendre, utiliser le temps, ou multiplier les homicides en quelques heures, avant que la police s’organise, le jeu serait excitant, le risque grand, je suis là pour un rendez-vous avec moi. Le goût du sang me donnera celui de la vie. Supporter mon quotidien sera facile, j’y serai à l’abri, une autre proie viendra s’offrir, le jeu est plus amusant, attendre le gibier.

Mon cœur bat si fort qu’il me semble entendre un pas. Mon corps triche, m’incite à penser à autre chose. Ma volonté sera plus forte, ma raison m'indiquera la bonne route.

Je transpire, l’émotivité est répugnante. Pas de trace, ne rien oublier, pas même une pensée. Il ne me verra pas et, mort, que dirait-il ? Mais un cheveu peut donner une empreinte génétique, la science s'oppose à moi, avec eux, avec tous, avec… Moi ?

Un devoir conjugal. Un poignard pénètre, la mort est ma compagne, elle prendra tout le plaisir. Derrière l'effroi qu'elle affiche la société a les monstres qu'elle mérite, damnés d'un monde qui les crée, les utilise et les renie.

Un rai de lumière sous la porte, la minuterie, la porte va s’ouvrir, une forme entrera, même pas un homme, une proie. Nous devons tous mourir, certains tôt, d'autres survivent sans savoir pourquoi. La soirée fut éprouvante, il n’aura pas la capacité de réagir, il mourra presque sans souffrir, sans le plaisir de profiter d’un moment unique. N’ai-je pas cet espoir, qu’il soit plus prompt, m’arrache le poignard pour le planter dans mon ventre ? Alors aurais-je le temps de le remercier ?

Il prend son temps afin que d’infâmes pensées m’envahissent et fassent baisser ma résolution. Le tuer sera trop doux, je dois le torturer, le détruire, laisser un tas de chairs déformé et repoussant.

Silence, pas de délire, c’est fini, la raison, la certitude, le calme tant attendu, mérité, je sais, je ne veux pas d’un échec de plus, d’un nouveau constat de mon incapacité à réaliser quoi que ce soit. Le choix est fait, irréversible, terrifiant, un sourire qui m’embrasera, un pas en avant pour le néant.

Être au bord du précipice, savoir qu’un pas apportera la délivrance, pourquoi hésiter, le temps de la chute pour sourire avant la paix.

Bondir, silence, retrouver le choc du nouveau né baignant dans la lumière et la souffrance. Je vis les dernières minutes avant la clarté d’un autre monde dans laquelle je ne disparaîtrai pas, au contraire. Elle est précise, douce et terrifiante, sachant que je ne pourrais plus lui échapper. La solitude ne peut m'effrayer, elle sera mon ombre jusqu’à la fin des temps, oublié de l’anéantissement, dernière âme incarnant l’éternité une fois le temps englouti.

Un bruit de clés, dans quelques secondes tout sera dit, le rideau sera tombé, à moins qu’il ne se lève, j’ai besoin d’un peu de temps, raffermir ma certitude, retrouver mon désir de… mais de quoi ?

Il allume, ôte son manteau, je peux, je dois… Il me tourne le dos, légèrement cambré, il s’offre, me veut, mais la force m’échappe, de sinistres pensées sont venues au pire moment, le passage se referme, je ne suis plus rien.

Il va aux toilettes, parfait, le bruit de chasse couvrira le mien.

Le destin est cruel, ironique mais cruel !

                                        * * *

Je déteste ces cartes, les atouts de mon jeu s’effacent alors que je vais les abattre, alors que tout peut basculer en ma faveur, que s’offre un univers de silence accueillant une âme indigne de ce nom.

Les mots composent de jolies phrases, ordonnées jusqu’à former un portrait précis et insoutenable.

Je connais ces rues et suis las de les arpenter, las de ces fenêtres derrières lesquelles je me fous de savoir ce qui se passe. Qu’un vieillard agonise devant sa télé, qu’un jeune couple fornique en croyant vaincre le temps, tous me répugnent. Je ne désire plus gaspiller mon temps en simulant la curiosité, il m’en reste si peu, les autres m’occupaient l’esprit, me cachaient la réalité. Elle est devant moi, la ressemblance m’effraie. L’avenir ? Je l’imagine désagréable, c’est un souhait, la réalité…

Tuer aurait été une délivrance ! Cette affirmation devait être le prélude d’un roman, au présent, l’imaginaire l’a refusé. Les faits se moquent, se jouent de mes espoirs. A quelques minutes près… Une mise en scène si bien réglée. Quelque part un manipulateur se distraie, il jouit de ce que je ressens.

Souffrance ? Ma vie est insensible à une autre sensation. L'habitude entraîne l’accoutumance, la peur de changer. Ma victime aurait volé la paix que je cherche, elle m’aurait spolié d’un bien plus précieux que tout. Je ne suis pas sûr que le suicide m’apporterait la paix attendue.

Mon esprit est en guerre contre lui-même, il imagine affronter une illusion pour s’y immerger et ne plus connaître qu’elle.

Tuer aurait été aisé ! Facile à dire sans passage à l’acte. J’y pense sans avoir trouvé la force d’inscrire ce désir dans la réalité. J’ai biaisé, utilisant une machine à écrire pour jouir de morts de papier qui m’apportèrent un soulagement infime mais salutaire.

Le poignard me plaisait, une arme symbolique, et le regard de l'âme libérée. Je l’aurais évité en frappant dans le dos, je suis trop lâche !

De ce crime j'espérai, en me penchant sur l’agonisant, découvrir mon visage. J’aurais pu tricher, arracher le sien pour un lifting à rebours, poser ce masque chaud et gluant sur moi, lever les yeux jusqu’au miroir, découvrir quelqu’un d’autre, non ! découvrir quelqu’un, enfin !

Le masque d’horreur serait tombé, piégé par le miroir, fasciné je serais immobile physiquement, absorbé par une image terrifiante.

Les rues sont froides, le mois de février est le cœur de l’hiver, le vent passe au travers de mes vêtements, il ne me fera pas réintégrer un appartement moins agréable qu’une morgue, hanté par des morts qui m’attendent, qui ont besoin de moi pour rire encore. Parmi eux se terre un enfant, il se cache en espérant que je le trouverai.

Est-ce lui que je recherche dans ce jeu de masques ? Que je fuis ? Je me cache de lui, refuse de le reconnaître, d’entendre ses appels, ainsi je m’accroche à lui et le/me voue à une existence de damné. Les larmes qui coulèrent sur mes joues le nourrirent, ma solitude était le moyen de le repousser, de l’oublier alors qu'il ne fut jamais loin, guettant l'opportunité de revenir. Les cauchemars devinrent mes amis du jour et de la nuit, en comparaison avec le réel ils étaient amicaux.

Le plaisir est évident, découvrir ce que l’on espérait sans se l’avouer. Ne plus avoir peur d’être seul, ne plus avoir peur d’être.

Ai-je raté une chance ? Question gratuite, si j’avais agis, je me serais demandé l'inverse. Refus de la réalité dans le désir meurtrier, refus du refus désormais, je n’ose imaginer où cela va me conduire. Au dernier moment d’étranges pensées me vinrent, au lieu donnant à la réalité une plus juste appréciation.

J’espérai d’insupportables hurlements m’emplissant l’esprit au point de le pousser à l’autodestruction, mais non, les mots dansent devant moi et je vois ce qui s'est produit. La lumière ne s’est pas éteinte, un reste de force m'aide afin que je reste debout, refusant de prêter serment à l’horreur. La peur n’est pas le maître que je cherche.

Il y a des gens heureux derrière ces fenêtres, sans question, leurs journées se copient, combien en connaîtront-ils ? Je n’ai pas refusé cette idée, je réalise maintenant ce qu’elle signifie. J’ai accepté et subis des impératifs encore flous, mais plus pour longtemps. La voix du crime aurait été celle de la fiction, j’aurais fini par ne plus différencier le concret du papier, l’inverse aurait pu être la vérité, risques entre lesquels je me suis glissé sans être broyé, ce qui ne veux pas dire que je n’ai rien senti, mon esprit put supporter ces contraintes. Le problème étant d’oser comprendre pourquoi !

Tuer, traverser le mauvais miroir pour plonger dans mes fantasmes les plus répugnants, j’ai reculé. Je vois au travers de ce qui n’est plus qu’un souffle sans interférence. Ils ne regrettent pas ce recul, au contraire. Me perdre en eux les auraient dissous dans la démence, ainsi ils restent accessibles, un point d’attache avec le possible.

Céder aurait été plus facile, je ressens les effets du cyclone intérieur qui se lève. C’est par un autre reflet que je veux trouver la lumière. Seul j’ai honte de parler d’amour comme si je salissais ce mot, je me suis couvert de pourriture pour être répugnant à mes propres yeux.

Encore un échec. Je me voulais Prométhée, enchaîné à jamais… Lui fut délivré ! Ce destin ne m’est pas interdit, la lâcheté qui me retient est un fil de coton.

Traverser l'image pour se découvrir et se reconnaître. J’ai voulu aller trop vite, je fus retenu par une laisse invisible, mon esprit la refusait, désormais je contemple mon image, la vraie. Je n’ose dire la bonne. J’ai voulu jeter un voile de sang sur ce portrait honni, un si petit acte, une simple vie, j'ai attendu longtemps qu’une main amie vienne le déchirer. Comment tient-il ainsi morcelé, parcouru de lézardes qui cicatrisent, j’ai peur de cela, de réussir ; peur de ne plus avoir peur.

Tuer n’importe qui, un c’est tous, par impossibilité de se tuer soi. Comment détruire ce qu’on ignore ? Maintenant je me sais vivant, dans un regard trop clair je me suis aperçu et je ne peux l’oublier, et je ne peux m’oublier. Il ne pouvait se porter sur une âme sanglante.

Amour est un mot curieux, puis-je le savourer, le désirer. Mon cœur sait ce que refuse mon esprit hanté d’anciennes et pourrissantes émotions. Il voulut se réfugier dans la violence et n’y parvint pas, tricher était un moyen de repousser l’inéluctable. En vérité je ne voulait assassiner qu'une vie qui ne sait plus s’éviter.

Puis-je comprendre maintenant ce que je cherche à me dire depuis si longtemps ? J’ai crypté mes textes au point d’être tenté d’entrer en eux pour m’y disperser, j’ai échoué, tant mieux. Je suis si près, qu’une pensée me trouve...

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19 novembre 2009 4 19 /11 /novembre /2009 06:40

 

Je me souviens la vieille que jadis je croisai,

Sur le pont, dans la rue, comment je me moquai,

De son air dégouté de voir ces crétins,

Qui couraient pour aller à l'école le matin.


À l'époque elle avait peut-être quarante ans,

Pour moi elle aurait pu autant en avoir cent.

Gamin pouvais-je voir plus loin qu'une semaine,

Un mois au maximum, j'étais encore en graine.


Les années défilèrent et je la vis changer,

S'affaisser lentement puis s'aider pour marcher,

Une canne d'abord, un déambulateur,

J'étais presque attendri et plus du tout moqueur.


Cela fait un moment que je ne la vois plus,

J'ai du mal à courir et je deviens chenu,

Les jeunes d'aujourd'hui sont vraiment puérils,

Pensant à s'amuser ; demain, que feront-ils ?




Je me souviens la vieille, quand elle me regardait,

Sa sénescence n'était rien d'autre qu'un reflet.

Un vieux con fut aussi un mioche et un ado,

Le témoin est passé, l'avenir dans mon dos.

 

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 06:37

 

Des mots, toujours des mots, ma vie est faite d'eux, pour certains c'est l'argent, pour d'autre la famille, qui décide de son chemin, de son destin, de ses goûts ? Je n'ai jamais voulu, enfant, faire de l'écriture le moyen de gagner ma vie, trop vulgaire. Se servir de ce que l'on aime pour gagner de l'argent, c'est de la prostitution !


Il fallut vivre, manger, se vêtir, des nécessités qui m'amenèrent à passer outre mes idéaux pour avoir ce dont j'avais besoin. Plaidant en ma faveur je ferais remarquer que je ne pris jamais à quelqu'un que le minimum, parfois moins à ceux pour qui ce minimum était encore beaucoup, je ne fus jamais gratuit, considérant que ce qui ne coûte rien ne vaut rien. J'écrivis pour les autres, beaucoup de gens, quoi qu'on puisse entendre, ont besoin des mots, ce qui est affligeant aussi c'est le nombre de personnes inaptes à maîtriser vocabulaire, syntaxe ou grammaire. C'est le résultat de la civilisation de l'image, du facile, du vide si tentant. Combien les gens sont-ils faibles, lâches devant leur propre (!) envie de n'être que des larves tétant le sein audiovisuel au lait sans goût ni saveur, ni valeur nutritionnelle, ainsi l'intellect dépérit-il, ils apprennent bien des choses, la capitale du Paraguay, la monnaie des Inuits mais ne savent pas qu'ils pensent, c'est inutile, d'autres le font pour eux, le peuple est grégaire.

Je regrette par moment de ne pas l'exploiter davantage, ce serait m'abaisser au niveau de ceux que je critique ; que je critique seulement, pas question de combat, après tout ils n'auront que ce qu'ils mériteront, l'obstacle n'a jamais arrêté que le faible.

Je vis chichement, travaillant, fréquentant bien des misères, et les pires ne sont pas physiques, les morales sont plus mal vécues et puis me parler c'est se confesser, m'ouvrir son cœur. Je parais peu vivant à beaucoup, ils me voient comme une main sans cœur ni âme. Une main, belle bien sûr, mon instrument de travail, comment écrire avec un ordinateur ? Ceux qui le font remplissent, tartinent, la machine travaille et bientôt le fera seul, ainsi prendra-t-elle le pouvoir. Moi je serai tranquille, créant ma véritable œuvre, celle qui existe en soi, indépendante des regards admirant ce qu'ils ne comprennent pas, confondant le génial et l'abscons. Retirerait-on les premières lettres de ce mot qu'il gagnerait en sens, je ne peux le faire, il est des termes dont je me refuse l'emploi.

Mon œuvre ! Elle est commencée, j'écris lentement, cela me prend du temps, me coûte, écrire n'est pas innocent, plus je fréquente mes clients plus je le vois, ce qu'ils font leur coûte, et je ne parle pas d'argent, je ne peux me contenter d'empiler des pages pour faire de la littérature, comme on dit parfois avec un regard méprisant.

Et souvent justifié !

J'écris peu, quelques pages chaque semaine, mais ce que je suis se retrouve dans mes mots, je cherche la simplicité, l'évidence, l'émotion, une vérité dense et limpide, ce n'est pas antinomique mais complémentaire.

Voire synonyme.

Mes textes forment un ensemble cohérent, ou voulant l'être, un tout, une évolution, une route naissant d'elle-même, chacun sachant que le chemin fait le prix de la destination et la valeur du but atteint.

Ces mots sont ce qui restera de moi plus tard, par delà mon présent, une réalité sur laquelle j'ai fait l'impasse depuis que je travaille et rien ne compte vraiment, rien n'est vraiment moi hors de ces pages dans lesquelles je me glisse corps et âme.

En doutez-vous ?

L'âme est évidente, un technicien n'est pas un écrivain, l'expérience vaut quand elle est oubliée ; qu'elle soit la préoccupation de l'auteur et il n'est qu'un littérateur offrant au lecteur un beau colis, vide.

Mon âme est dans mes mots, c'est par eux qu'elle existe, quand à mon corps il est dans l'encre.

J'écris avec mon sang !

 

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 06:35
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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 06:05

 

Il pleut depuis des jours, je regarde dehors,

Le gris est amical, c'est mon dernier complice,

J'en arrive à trouver du plaisir au supplice,

Comment mieux supporter le poids de mes remords ?


Il pleut depuis toujours, et je suis las d'attendre,

Mais je sais le devoir, triste malédiction,

D'avoir été cruel, juste est ma punition.

Elle ne reviendra plus et le monde est en cendres.


Il pleut même la nuit, le soleil semble éteint,

Mes yeux sont fatigués, le poids de la poussière,

Un linceul de passé plus froid que le satin.




Il pleuvra même après, même en pleine lumière,

L'espoir est un poison mais je l'ai bu en vain.

Demain est absolu pour les âmes de pierre.

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16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 06:58


 

Un jeune homme dans une limousine pénètre dans une boite de nuit, rapidement il fait la connaissance d'une fort jolie femme avec laquelle il sort dans un but que la morale m'interdit de révéler ici (invraisemblance ! Dans ce genre de lieu il y a des endroits pour ça, mais vous le savez mieux que moi qui ne suis pas au courant...). Un motard s'approche, le mâle, dominant comme il se doit, lui conseille de se rendre dans un endroit plus adéquat, ce à quoi l'indiscret au lieu d'obtempérer, ou de répondre vertement, sort un engin bizarre d'une sacoche, le braque sur le couple et appuie sur un bouton. Une vague d'éclairs (au choc ! Hola) jaillit de l'espèce d'arme et va frapper sa cible, les faisant disjoncter. Ainsi apparaît-il qu'il ne s'agissait pas d'êtres humains mais de leurs incarnations, poupées dirigées mentalement par des humains réels agissant ainsi par pantins interposés afin de pouvoir prendre tous les risques, sans risque ! Évidemment cela ne va pas continuer comme cela sinon le film n'aurait pas lieu d'être, et les propriétaires des clones meurent en même temps que leurs avatars, ce qui n'était pas censés être possible.

Dès lors l'enquête commence, elle met en scène deux agents du FBI, eux mêmes usant de machines, elle va être courte (1h25) mais révélatrice.

Tout commença des années avant la scène que je viens de décrire avec brio quand un inventeur génial, comme il se doit, inventa le principe du clone de substitution, cela dans le but, louable (mais achetable aussi) de rendre leurs jambes aux paralytiques, la vue aux aveugles, etc. La découverte fut vite récupérée par des malandrins avides de profits voguant sur le désir de chacun d'avoir une vie intéressante, facile, d'avoir des capacités qu'un corps humain ne peut obtenir fut-il gavé d'anabolisants.

Ainsi ce film se veut-il une réflexion sur « qu'est-ce que l'humain ? », « la beauté et la force font-elles le bonheur quand elles sont factices... » La fin apporte une réponse comme une fable se doit de s'achever sur une morale. Indépendamment du parti pris du réalisateur l'idée est intéressante, de l'avenir, de la symbiose promise entre l'humain et la machine, j'ai failli écrire : entre l'organique et l'inorganique, erreur, une machine pourrait être organique, quant à l'humain il est une notion culturelle qui n'a pas à rester coincée dans la biologie. Bien sûr cette dernière idée ne fera pas l'unanimité, même contre elle (snif), mais je m'en fiche comme de ma première biopuce. Dans le cas contraire à quoi bon utiliser un ordinateur, une voiture, des lunettes...

Des interrogations que le scénariste aurait pu développer s'il avait enlevé ses œillères mais son texte aurait-il été alors accepté ?

Vous et moi connaissons la réponse.


Un film qui vaut par ce qu'il évite, l'intrigue étant transparente, et la fin prévisible, l'interprétation et une réalisation rythmée, on ne s'emm... pas et c'est déjà ça !


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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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