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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 05:51
Questionnaire proposé par A_Girl_From_Earth
 

1. À quel livre dois-tu ton premier souvenir de lecture ?

À un Langelot (!), roman de la Bibliothèque verte, lequel, ça... (Sous le pseudo de Lieutenant X se cachait Vladimir Volkoff)


2. Quel est le chef-d'œuvre « officiel » qui te gonfle ?

Madame Bovary

3. Quel classique absolu n'as-tu jamais lu ?

Guerre et Paix !

4. Quel est le livre, unanimement jugé mauvais, que tu as « honte » d'aimer ?

Je n'ai honte d'aucun livre que j'aie lu, même les pires !

5. Quel est le livre que tu as le sentiment d'être le seul à aimer ?

Les Fungis de Yuggoth ! (Lovecraft)


6. Quel livre aimerais-tu faire découvrir au monde entier ?

Les Formiciens (Raymond de Rienzi)

7. Quel livre aimerais-tu lire à ton pire ennemi pour le torturer ? Celui commis par BHV et Clouélebec !

8. Quel livre pourrais-tu lire et relire ? Un vieux Bob Morane, pour retrouver un âge que je n'ai plus.

9. Quel livre faut-il lire pour y découvrir un aspect essentiel de ta personnalité ? Les contes fantastique de Maupassant, en particulier : le Horla !

10. Quel livre t'a fait verser tes plus grosses larmes ?

Le pavillon des enfants fous (Valérie Valère)


11. Quel livre t'a procuré ta plus forte émotion érotique ?

La philosophie dans le boudoir.


12. Quel livre emporterais-tu sur une île déserte ?

La survie sur une île déserte pour les nuls !

13. De quel livre attends-tu la parution avec la plus grande impatience ?

Dracula l'Immortel, suite de Dracula, écrite par Dacre Stocker (petit-neveu de Bram) et Ian Holt.

14. Quel est selon toi le film adapté d'un livre le plus réussi ?

Millénium (Stieg Larson, film réalisé par Niels Arden Oplev)

 
Je taguerai bientôt des bloggeurs méritants !

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30 septembre 2009 3 30 /09 /septembre /2009 05:37

 

Suis-je un fou, suis-je un roi,

Dans mon domaine de chimères ?

Simple rêveur ayant le choix,

Entre deux réalités amères ?


Le premier imagine ce qu'il voit,

Voyageur sans repère,

De la paix à l'effroi,

Trouvant ce qu'aussitôt il perd.


                                                                                                             (photos internet)

Au second trop échoient,

À régler de misères,

Mille décrets et lois,

L'engluent dans l'austère.


L'un et l'autre à la fois,

Avoir ainsi deux repères.

Ne plus se perdre dans les bois,

Aurait un avant-goût d'enfer.


Ci ou ça, je suis moi,

Porte sur cent mystères,

Avec la peur, doux émoi,

Nous allons, unis, vers...

 

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29 septembre 2009 2 29 /09 /septembre /2009 06:13

 

La rue était belle quand j'y fis mes premiers pas, lumières, voix et bruits se mêlaient agréablement. J'avançai lentement, regardant autour de moi choses et gens, certaines amicales, certains souriants, d'autres... moins ! Des amis marchèrent avec moi longtemps avant que la plupart ne prennent d'autres routes. Je ne pouvais pas me retourner, pris dans la foule qui m'entraînait c'était impossible.

Est-ce le hasard qui fit que je la rencontrai, elle ? Un regard suffit pour que nous décidions de cheminer ensemble. Cela ne fut pas toujours facile, nos mains eurent parfois du mal à se retrouver, nous fûmes éloignés parfois sans être, jamais, séparés.

Des enfants vinrent avec nous, ensemble nous avançâmes, mais la cruauté du sort nous en arracha un, maintenant encore nous regardons avec l'espoir, insensé, de le voir revenir...                                   

La rue se rétrécit, nous croisons moins de connaissances, les magasins se raréfient, les vitrines s'assombrissent, le sol même est mal entretenu, nous avons du mal à marcher. Nous avançons depuis longtemps, je me souviens mal des personnes qui m'accompagnaient au début. Bientôt nous arriverons au terme de notre voyage, sera-ce un cul-de-sac ainsi que certains l'affirment ou une douce lumière ? La grille va grincer, le gravier crissera, mon seul désir est que nous allions le plus loin possible ensemble. Je n'aimerais pas rester le dernier, seul.

                                                                                         (photos Internet)

Quoi que...

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 05:30
L'Âme de l'Enfer - 04 
 

                                                  05

Sommeil ?

Ce mot n’a plus de sens pour lui, il s’allonge pour s’enfoncer dans un monde inaccessible, son esprit erre dans des paysages du passé, des lieux oubliés, des circonstances dont nul ne conserve trace. Une vie impossible à raconter, personne n’y croirait, lui-même est intrigué, pourquoi ce besoin de s’arrêter, cette impression d'attendre comme si pour une fois il devait être la cible et plus le prédateur.

Est-il encore la bête qui traça dans l’histoire un sillage de sang, se nourrissant de morts innombrables, se gavant de souffrances et de peurs. Jouissant des cris de milliers de victimes, contemplant champs de batailles et alignements de suppliciés.

Il revoit les torches humaines illuminant un parc alors que de délicats invités regardent en souriant ces chrétiens dévorés par les flammes. Elles ne sont pas difficiles !

Une chaîne ininterrompue de vies plongeant dans une nuit sans fond. Une nuit, un puits... Il devait y mourir au nom d’une civilisation se voulant au-dessus des instincts, il y découvrit la peur absolue et s'y baigna tel Achille dans le Styx pour en ressortir... changé, aucun mot qu'il connaisse ne saurait définir ce qu'il est.

La clarté s’impose lentement, la lâcheté suinte de chaque instant pour repousser une compréhension terrifiante qui l'attend dans ce lieu, caveau d'une civilisation que la mort va étreindre et purifier.

Il le ressent si violemment qu’il se lève, marche dans l'obscurité de sa chambre, effleure des meubles de prix, un dessin, une moulure, le travail de l’artiste ou celui du temps, l’un et l’autre ne sont pas à opposer. Ce qui est disparaîtra. Un jour le monde sera un désert de cendres dont il sera prisonnier, attendant la conclusion des temps sans la voir venir du seul fait d’être là, dernier rempart contre le néant, œuvre de celui-ci sachant que vaincre serait sa perte, il ne peut signifier quelque chose qu'en tant que risque.

S’il comprenait ses pensées, mais elles sont rétives, craignant que la précisions ne les effacent.

Tableaux, portraits, statuettes, autant de pièces de son passé, quand il vivait sans lucidité ni compréhension.

Souvenirs et repos sont des spectres qui l'escortent. Rien ne subsiste de ce qu’il aimât jadis, sur un autre monde, en une réalité que le présent esquisse à partir de fragiles indices. Ainsi fait-il de son passé, oublié, refusé, enfoui au fond d’un gouffre rempli de trop de vies happées par la voracité immense d'une force cherchant l'accès au réel. Il est temps de naître murmure un sourire menaçant dans son esprit, une gueule barbelée de crocs brillants, gluants d’une salive acide, surmontée d'yeux d'un calme insoutenable.

La lune se cache derrière les nuages, il la devine, œil mi-clos d’un univers moqueur. Son camp, ouvert devant lui, est une œuvre dont il n'est que la plume et ce lieu a un goût de point final.

Y céder ?

L’opportunité se présentera, il le sent, un choix, non sous la forme d’une main qui se tend mais d’une rive proche, une île sur laquelle, seul, il observera un monde devenu inaccessible.

L’heure n’est pas venue, mieux vaut redescendre ; rez-de-chaussée, un large vestibule, vide, dans lequel résonne les pas, la porte menant vers les caves, escalier élargi, le sous-sol, la cave, une porte, épaisse dont il détient seul la clé, une gueule à l'haleine prédatrice, une autre salle… Au centre, un large puits, il s’approche, regarde... Il voudrait n'avoir d'autre effort à fournir que subir. Que doit-il sortir de ça ? Quelle saveur son âme trouva-t-elle dans l'ignoble pour s'y abreuver comme à une fontaine de jouvence ?

Sur les restes humains s’agite une forme que la clarté et le bruit ont tiré de ses cauchemars. Les regards s’affrontent, le cri de rage court sur les parois, il sourit, ferme les yeux, ce qu’il cherche se trouve là, quelque part. L’hypnose ? Son esprit se laisserait-il amadouer ? À qui se fierait-il, lui qui ignore même le sens de ce mot ? Pour la première fois la solitude lui apparaît hostile et menaçante, elle fut une amie, une complice, une réalité en laquelle il était à l’abri comme en un monde amniotique où son omnipotence était une règle définitive, et puis voilà qu’elle s’est lézardée, un peu de lumière est venue de l’extérieur, de ce qui n’est pas un autre monde, elle disparaît lentement alors que glissent autour de lui un cortège de démons souriants, de sourires tentateurs, de regards amicaux.

Fut-il ainsi, ravalé au stade d’un pantin ? Non ! Ce qu’il voit est un échec de plus, celui qu’il veut découvrir dans ce puits ne peut s’y trouver, en y jetant l’espèce humaine entière il n’aurait pas plus de solution, le visage qu'il guette est le sien ! Piètre consolation en un aveu. Descendre ? Trop facile, il l'a expérimenté souvent, caressant des corps putréfiés, copulant avec des cadavres au goût de terre, s'enfonçant en des masses spongieuses gorgées de vers... Il ne cherchait pas, il fuyait ! L’adversaire s’approche, une puissance face à laquelle il ne peut rien, il la connaît déjà. Il en vient !



" Tu comprends ? Non, bien sûr, tu ne comprends plus rien. Ces mots sont des cris pour ton esprit englué dans des émotions trop violentes pour être domestiquées. Elles sont animales, violentes, prédatrices, complices pour qui ose les affronter, pour qui sait leur céder sans s’abandonner. Ne crains rien, je ne te veux plus de mal, à quoi bon faire durer une torture qui ne te fait plus souffrir. Je le sais, je vis par toi, je jouis par toi de ces souffrances qui agressent ton âme repliée dans le coin le plus sombre de ton crâne, ou d’ailleurs. Peu importe la réalité n’est-ce pas ? Tu me regardes, tu comprends, mes paroles sont un sauvetage, fait l’effort de me comprendre, retrouve en toi les souvenirs de celui que tu fus ? Un homme intelligent, lettré et savant, sachant discourir et polémiquer, si celui-là avait pouvoir d’observer celui que tu es il rougirait de la honte de l’échec. Il se croyait fort, maître de soi, de ses pensées, regarde où il en est ? Ces corps que tu foules forment ton propre cadavre. Cette chairs dont tu t’es nourri est la tienne, ce sang dont tu t’es abreuvé est le tien. A chaque bouchée, à chaque gorgée c’est ton esprit qui disparaissait. Tu peux encore t’en vouloir ? Non ? C’est une chance, je t’envie, je ne sus pas céder, la chance aurait été de prendre le chemin commun pour m'y perdre. Peux-tu me dire pourquoi ? J'aimerais lire en toi ce que je cherche en moi. Impossible, ta bouche ne formulera pas les mots que j’attends, tes pensées ne seront pas les indications que j’attends, un plan qui m’aiderait à perdre du temps, à persister dans cette peur qui me tient, au service d’une force que je ne comprends pas, que je ne découvre mais dont je réalise la violence. "

" Et s’il restait un peu d’humain en moi ? "

" Là est notre point commun encore qu’en moi cette part soit importante en regard de ce que tu es devenu : même pas rien, autre chose ! Que valent ces mots que je m’adresse ? Aucun écho ne m’en revient. Voudrais-tu être à ma place, que je te confie un peu de lucidité ? Imagines-tu ce que tu ressentirais en découvrant ce que tu es devenu ? Rien n’est meilleur que s’oublier et se perdre, à l’unique condition de n’avoir jamais la possibilité de revenir en arrière, de faire un tour complet pour repasser en ces empreintes sur le sol, si tentantes avant que l’on ne comprenne qu’elles sont siennes. Alors par la curiosité vient la souffrance. "

" Mourir ? moi ? Si je pouvais… Justement, je ne sais pas mourir. Si tu savais quel plaisir j’ai pris du regard d’un assassin m’enfonçant son arme dans le cœur pour reculer, horrifié, en découvrant que rien ne se passait, nulle trace de sang, je tenais debout sans être incommodé par cette lame en ma poitrine. Non, tu ne sais pas. J’ai connu bien des morts violentes les désirant vraiment. Cela ne menait à rien, je ne peux plus mourir. "

" Pourquoi ? Là est le nœud du problème, si je pouvais le trancher tout serait simple. Mon caractère me pousse à la confrontation, le choc violent, mais non, je ne peux pas, le nœud est autour de mon cou et me maintient en vie malgré moi ! "



Il hoche la tête, à qui parle-t-il ? Cette forme jadis humaine n’est plus qu’une bête torturé par ses instincts pour le maintenir en vie.

Instincts ? En vie ? Aurait-il, là, une chance de comprendre ? Où puiser le temps de s’arrêter, de réfléchir ? Au-dessus du gouffre il entend l’appel sans pouvoir… Mais si, justement, jamais cet abîme ne voulu l’appeler pour l’emporter, au contraire, ce n’est pas lui qui résiste à la chute, c’est quelque chose qui remonte du gouffre, ombre dans l’obscurité, qui s’accroche à lui. Ce n’est pas un appel qu’il entend, simplement une force qui circule par lui plutôt qu’en lui.

Il ferme les yeux, attend une précision qui ne vient pas et s’en retourne, il n’a plus rien à apprendre de cet endroit, un miroir d’enfer dans lequel il cherchait son reflet avant de comprendre que c’était le seul dans lequel il ne pouvait le trouver. L’esprit aime s’acharner sur ce qu’il sait inutile. La conscience était vitale pour résister, lucidité et souffrance rimant maladroitement par le regard, se superposent idéalement par l’esprit qui les accepte.

La porte est refermée, puisque dormir lui est interdit autant aller faire un tour, humer la nocivité de l’air, se rouler dans la souffrance qui submerge son œuvre, sa vie. Ce camp est son reflet, ces baraquements, ces constructions, les sols froids de pseudo salles de douches aux bouches d’aciers attendant de rugir furieusement, tout cela est le portrait le pus fidèle de sa réalité la plus profonde, profonde… comme un puits !

Ne dit-on pas que la vérité en sort ?

La sienne par exemple.



Le plus difficile dans un portrait est la tache blanche dans la pupille, mal la situer et tout est à refaire, ainsi sait-il qu’une tache de vie se trouve quelque part.

Reste à oser la trouver.

* * *

Dans un monde de ténèbres les larmes sont l’acide capable de ronger les barreaux de nuit retenant l’âme en une cage de haine et de peur.

Elle ne sait pas. Pourquoi s'interroger quand respirer est difficile, elle a vu s’éloigner son père, mourir son grand-père, un homme si gentil, serviable, âgé, certes mais est-ce une tare ? La vraie raison pour l’avoir abattu est-ce cet âge, sa supposée faiblesse physique ou le savoir insultant aux yeux de celui qui ne veut rien connaître et puise en l’autre une raison de le détruire pour annihiler le désir d’avenir qu’il sent en lui, menaçante envie d’évoluer. Elle a crié, hurlé, espéré, le temps s’est suspendu dans le regard du nazi, l’arme est restée silencieuse avant de hurler à son tour. Parfois elle se dit que c’est elle qui a tiré, en gardant le silence tout aurait été plus facile, il aurait… Mais non, l’évidence… Les mots de consolation se perdent face à la culpabilité que tant de regards renforcent, visages disparus dans un nuage de la surface d’une terre qui n’en voulait plus. C’est le monde, c’est elle, et tous. Les mots sont difficiles à maîtriser, complexes quand ils circulent aussi vite que la conscience n’en retient que le pire, que l’affront laisse les yeux secs de sa propre honte de pleurer, la bouche muette d’avoir trop à dire.

Une flamme, la balle jaillit, elle le sait sans l’avoir vue, frappe son grand-père au milieu du front, le nazi aurait visé une cible que son cœur n’aurait pas battu moins vite, il a tiré sur quelque chose disposé devant lui, une démonstration, un cri noyé dans la détonation. Le sourire contemple le petit trou d’où s’écoule un mélange de sang et de cervelle, larmes de mort sur un visage blanc qui affiche son incompréhension sans que les spectateur sachent s’il s’agit du refus de l’acte ou de mourir, d’affronter l’autre monde déjà ouvert, réalité déchirée par un si petit geste.

Elle a gardé espoir, il ne tombait pas, c’était peut-être un jeu, il savait si bien inventer pour la distraire, mais le sang semblait si vrai, l’odeur de la poudre, de la mort, elle veut courir mais la main sur son épaule est impérative, le chien de fer n’a pas réintégré son abri, son maître peut le diriger sur elle, un autre geste, un sourire plus grand d’effacer plus de promesses, tuer un vieillard ne prête pas à conséquence n’est-ce pas, sa vie était resté quelque part au cœur de la porcherie dont il devait être issu.

Le vieil homme a tressailli, un geste qui, rompant le charme de l’équilibre, le fait chuter lourdement a plat dos, un choc sourd qu’elle conservera toujours dans sa mémoire, une vision noyée de larmes.

Maintenant ?

Elle oscille entre vie et mort, que signifient ces mots dans ce contexte de sang, de pourriture, d’une noirceur dont personne ne veut faire état mais que chacun connaît, certitude d’un venir auquel il semble impossible de pouvoir échapper.

La couche est dure, pas question de parler de lit, la couverture ? une toile râpeuse pour sa peau trop douce, le sommeil ne vient pas et ses yeux s’ornent de sombre. Pas question de cauchemar, on le lui a dit, répété, elle n’y est pour rien, il ne lui en veut pas, son cri ne fut pas cause de sa perte, c’était écrit, pas moyen de changer ce qu’une force au-dessus de tout avait décidé.

Une force ? Elle garda le silence en pinçant ses lèvres. Sûrement pas cet être improbable doué de tant de pouvoirs qu’il semble la création d’un fou. Elle sentit mourir ses croyances, brûler les images de son passé pourtant limité. La vie, voyage infernal, ne menait qu’ici. Quel monstre tapit choisit ceux qui le nourriront ? C’est ce qu’elle ressent, imaginaire d’une enfant voyant plus loin que les vieux une réalité si simple qu’elle en est insoutenable.

Elle se tourne, se retourne, écoute sans comprendre, ce qu’elle devine ce ne sont pas ses oreilles qui l'entendent, personne ne paraît percevoir quoi que ce soit, c’est dans son esprit, directement, que s’impose un murmure fascinant et inquiétant, de sombre, elle dirait cela si elle pouvait en parler, et elle pourrait, on l’écouterait, on la plaindrait, des murmures naîtraient, de compassion mais pas de compréhension. La réalité la plus violente affame l’esprit, lui interdit de se dominer pour écouter ces voix des profondeurs. Elle, tellement en avance, en sait déjà trop, mure par la force des circonstances. Ainsi le diamant, né du carbone pour avoir été soumis à une pression fantastique, une souffrance éliminant les impuretés, archaïsmes retenus par les adorateurs d’un passé idéalisé par l’ignorance.

Ces pensées ne sont pas de son âge, mais un tel contexte l’est-il ?

Elle écoute sa respiration, se berce dans les souvenirs de son enfance, ses jeux avec ses poupées, ses images, dans le décor rose d’une chambre qu’elle a quittée pour être entraînée dans un wagon malodorant, ses yeux étaient faits pour la beauté, mais non, interdit ! La laideur est souvent tentatrice, un mort qu’on lui cache, des larmes qu’elle devine, l’odeur épouvantable ne la quittant plus. Toujours là, vivante palpitante.

Elle se souvient de ses vacances, d’un petit copain qu’elle aimait beaucoup. Où est-il maintenant ? Vivant, mort, à l’abri, disparu dans quelque piège de la vie ? Elle voudrait savoir en évitant ce qui serait douloureux, ne vivant que les meilleurs moments de son futur.

Futur… Vie… Des mots obsolètes. Heureusement, sa dextérité est grande, son endurance également, elle se rend utile, gagne du temps non sans s’interroger sur l’utilité de reculer devant l’inéluctable.

Elle voudrait que son grand-père revienne, comme un fantôme. Cela existe, elle le sait, en a entendu parler. La nuit, traversant par le rêve la zone entre morts et vivants, certains esprits peuvent communiquer avec les restants. Il la rassurerait. En est-il incapable ou refuse-t-il de lui mentir ? Un mort a-t-il le droit de dissimuler quelque chose, de faire des affirmations que l’avenir dissiperait ?

Être mort qu’est-ce que c’est ?

Une enfant ne se pose pas une question de ce genre.


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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 05:25
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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 05:45

Un dimanche qui nous laisse sans voix, ça repose !


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 05:34


 

La mort est la fin du rêve.

 

Être équilibré c'est être immobile.

 

La connerie est un handicap si répandu qu'elle est devenue la norme.

 

J'ai la haine rétractile.

 

L'intelligence est vénéneuse.

 

Condamné, pour abus de conscience.

 

Parfois le bruit des talons aiguilles est pire que celui des bottes.

 

L'écrivain est comme un enfant qui reçoit l'imagination en cadeau  et qui ne sait pas, en grandissant, s'en débarrasser.

 

Je te pardonnerai le mal que je me fais, peut-être...

 

Des mots ? Lis-moi !

 

La morale est une camisole de faiblesse.

 

Je suis gentil par flemme.

 

L'avenir d'aujourd'hui sera le passé après-demain.

 

Qui ouvrira la porte de ma prison le paiera de son âme.

 

Votre société, votre merde, votre problème.

 

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 05:31
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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 06:27
L'Âme de l'Enfer - 03 
 

                                                 04

Silhouettes sans visage, floues, lui dont la vie n'est qu'une suite sanglante s'interroge, pourquoi ce trouble ? La douleur est un cadeau pour ces êtres fragiles ne percevant pas que victimes et bourreaux sont les acteurs d'un drame qui leur échappe.

Certains l'observent fugacement, ses yeux parfois reflètent la lumière à l’instar de ceux d’un chat, alors la nuit n’existe plus, l’obscurité est un terme vide, et le temps, un chemin dénué de ténèbres.

Il connait son impact sur qui le rencontre, fascination et répulsion, comme face à un poison délectable.

Les pieds glissent sur le sol, après d’aussi dures conditions de voyage, marcher est une épreuve. Ailleurs c'est différent, un flexible de caoutchouc est disposé entre un camion au moteur allumé et une ouverture, mort violente, organismes agonisant en ayant, souvent, le temps de maudire leur résistance.

La terreur le nourrit, panique, haine et dégoût, un torrent d'émotions violentes passent en lui et…

Et ?

Cette question, il voudrait… Voudrait ? Il ne fit que subir depuis toujours, depuis un certain moment, un certain souvenir plus lointain qu’il n’y paraît pour quelqu’un dont le corps paraît avoir moins de trente ans alors qu’il en a plus, beaucoup plus, beaucoup trop.

Hommes, femmes, enfants, tri, organisation impeccable, réflexion interdite, elle troublerait les esprits, il le sait. Curieuse sensation de vertige, à force de se pencher sur l'abîme, en verrait-il le fond ?

Parler ? Avec qui ? Agir est aisé, réfléchir est plus inquiétant comme si ce camp était le premier miroir dans lequel il voyait son âme, reflet combinant ténèbres et horreurs. Folie ? Sans elle aurait-il conçu un tel plan ? Et dans quel but ? Était-ce son destin, attendre le moment, utiliser la peur, la rancœur, la haine et le chaos du monde. Civilisation et culture sont des mots, des masques, rien de plus. Derrière ? Ça...

Les plus fragiles ont la meilleure part : l'élimination. Frustrant pour lui qui a le pouvoir de violer l’esprit d’un supplicié, jouissant doublement, tortionnaire il voit s'activer ses mains, buvant l’agonie d'une victime jusqu'à l'ultime goutte de vie.

Suppliques prières et malédictions glissant sur lui se perdent en d’insondables profondeurs. Auraient-elles au fil du temps érodé sa cuirasse ? L'envie à disparue ; l'abîme est-il plein ? Et maintenant ? Il veut savoir sans être persuadé que ce désir soit sien.

Les formes passent devant lui, plus des êtres vivants, pas encore des spectres, cela viendra. Il en a suivi de ces esprits qui s’accrochaient à une infime parcelle d’optimisme, imaginant un ailleurs favorable. Mais demain ne sera pas mieux, seulement pire, et le lendemain...

Combien de vies digérées dans ce décor, le souvenir s'effacera-t-il un jour ou la vie s’éteindra-t-elle avant ?

L’espace est un gouffre glacé dont il espère une réponse venue de… Peu importe, il utilisera la première sortie qui se présentera.

Il n’en existe pas, ces doutes seront vite oubliés, il sortira vainqueur de cette épreuve, bientôt, simple affaire de jours, de semaines tout au plus, quoi qu’il doive se produire c’est pour bientôt.

Le train est en sommeil, il va repartir, mais reviendra. Mouvement destiné à marquer le passage d’un temps inutile et sans but.

Tranquillement il traverse le camp jusqu’à ses appartements, la haine frappe parfois physiquement, un coup dont il sent la violence sans faiblir. Il lui en faudrait plus pour ciller, beaucoup plus. N’a-t-il pas traversé des épreuves qui auraient tué n’importe qui ?

À commencer par lui ?

Mourir est une habitude facile à prendre.

                                        * * *

L’air est lourd de pensées, gorgé de larmes amères. L’ombre monte des parquets, suinte des murs, des toits, un objet est un piège, la tentation de se souvenir d’une mauvaise émotion.

La facilité se cache derrière les aspects les plus rebutants, des ordres, des indications, inutile de penser, d'exister. Bien vite le numéro s’impose, marquage qui aurait pu se faire au fer rouge pour rester dans le cadre d’une certitude logique, mais non, l’encre bleue viole la peau, griffure d’une époque qu’il ne sera plus permis d’oublier.

                                        * * *

Ce jeune homme aurait voulu reprendre son dialogue, retrouver son ami et le plaisir de la pensée, impossible. Un geste est une menace, plus de désirs personnels, ne valent que les ordres, ce rythme de vie imposé pour détruire corps et esprits. Reste la facilité : aimer son bourreau et le supplice pour voir en la mort la clé vers le Paradis.

Qui le sait ? Il s'interroge en découvrant son univers, la pièce tout en longueur, lits étroits, assemblages de planches superposés, perdre le minimum de place. L’organisation impeccable autant qu’implacable.

Il caresse étrangement sa nouvelle peau, un uniforme gris, rayé, il voudrait pleurer, chercher un regret, il ne trouve rien, d’espoir ou de désespoir, d’une petite graine pour imaginer l’avenir. Le temps est resté derrière la porte du wagon, désormais la vie est à savourer autant que possible. Il sait qu’un tel raisonnement choquerait, la vie ? ici ! non, impossible, interdit. Dans le fond de la noirceur s’ouvrira une voie nouvelle. S’il voulait affronter ses sentiments il chercherait une improbable sincérité. C’est sa façon de survivre, ne pas s’arrêter à l'apparence, un reste de croyance en une autorité supérieure elle aussi morte, quelque part. Dans son esprit ? Pas sûr, jamais il n’eut l’occasion de savoir ce qu’il ressentait en accomplissant des rites si anciens qu’il en perçoit maintenant l’odeur de poussière. Pas celle de l’extérieur, l’autre qui lui fait réponse, venant de l’intérieur, une ressemblance enfin comprise et la mort qui domine est celle d’un dieu en qui il ne peut plus croire. La sincérité n’est pas nécessaire. Facile d’agir sans question, la religion est faite ainsi, assez coercitive pour que les pensées restent en dehors, ainsi se fit un échange, allant vers la mort il se découvre une conscience personnelle et se débarrasse de croyances anciennes, peau morte protégeant les esprits inaptes au réel, sinon pourquoi supporter cela ? Le destin qui se présente ? Se peut-il qu’il y en ait qui croient aux promesses d’un monde tranquille mais séparé ? Le bonheur trop parfait est un mensonge, un sourire qui ne montre qu’un peu des dents dissimule qu’elles sont des crocs attendant de se repaître d’une âme fragile. Il devine ce qui l’attend. Pas besoin de savoir vraiment, l’odeur est un voile opaque que la lumière fait danser en la révélant pour qui ose accepter la lucidité de son regard. Peu l’admettront, la majorité priera pour ce nouveau départ, pensant qu'elle fut exploitée puis expédiée ailleurs. Ce sera vrai, tout étant dans la définition de l’ailleurs.

Un autre monde ?

Lui sait qu’ils y sont déjà, que cet autre monde est là, dans ce décor qui sonne faux, dans les regards des gardiens qui sont autant de portes sombres, béantes, sur la peur, une haine qui ne masque rien. Il sait, la vie ne conduit ailleurs que par la mort. Pourquoi ne pas le reconnaître, savourer la seconde qui se présente, plus de coups, de souffrance. Un souvenir jaillit, emporte le présent, inutile de chercher un état qui durerait toujours. C’est cela le bonheur, c’est cela la mort, sa présence en un lieu d’agonie est une chance à côté de laquelle il aurait pu passer, à l’instar les autres, ceux que, déjà, il ne reconnaît plus comme ses semblables mais comme des fantômes cherchant à s’adapter pour fuir une souffrance inéluctable.

Puanteur et promiscuité, des voix, des murmures, des échanges sur des vies passées, rêvées, sur un futur peint en rose. Qu’un doute surgisse et l’évidence d’un abîme qu’ils sont là pour combler surgira. L’image est venue comme un souvenir qu’il n’aurait pas vécu, ou pas ici, ou pas encore. Une promesse qui fait se tordre ses lèvres en une ébauche de sourire qui pourrait lui faire honte. Un gouffre, ouverture sur laquelle il s’arrête, cela l’intrigue davantage, il hoche la tête, entend des mots incompréhensibles, le choc qui le sort de sa rêverie, il est temps de répondre à l’appel, le premier, à ne pas manquer. Les peines sont réduites au minimum, à moins que ce soit le maximum. L’imagination sait qu’elle doit attendre un jour meilleur qui ne viendra pas. Les voix le crient, le gravent sur les surfaces malléables d’esprits noyés de peur. Lui ne se sent pas ainsi, non qu’il saisisse la réalité de la situation, au contraire, à croire qu’il en fait une chance, au point de le répéter pour le garder comme un trésor à surveiller jalousement. Qui sait ce que feront les autres, à qui faire confiance ? Les mots d’un instant révèlent une ambition que les faits mettent à l’épreuve, c’est le moment le plus important, s’affronter à soi-même, alors cèdent les motivations les plus pures, les forces les plus exposées comme des vêtements beaux mais fragiles. Il ne pourra jamais se confier qu'à lui dans le secret d’une tête qu’emplissent des images et des mots. Il ne se connaissait pas cette qualité, du reste il découvre qu’il ne se connaissait pas, il se faisait une idée de soi imposée par ses parents, son entourage, désormais s’il fait face à l’adversité il sait qu’au-delà c’est soi qu’il affronte. Le lieu s’y prête. Le pire fait révélateur ; fait-il aussi fixateur ? Ses illusions sont moribondes, la peur est sœur de la trahison, ce serait le jeu des gardiens que d’instiller la suspicion, la surveillance en serait facilitée, se regrouper fait la force, la valeur de l’union, quand il n’est qu’apparence, ne donne que des tentatives avortées paiement dérisoire d’un espoir survivant le temps de s’exprimer, qui en disparaissant laisse dans les esprits davantage de regrets. Une porte se ferme, un mur se dresse devant soi, ensemble il était permis de rêver, seul, la mort paraît une solution, un passage vers un peut-être. Le monde se fait gris, triste, le gouffre a faim.

Un nom est crié, le sien, malgré les pensées qui l’assaillent son esprit assure un service minimum, ne pas répondre réduirait son temps d’existence, la solution est dans ce compromis entre l’imaginaire et le réel, le premier pouvant se nourrir du second. Si un jour ce dernier disparaît alors la balle qui le frappera ne l’atteindra pas, son esprit aura trouvé refuge en un lieu indicible. Un sarcophage de peurs, de douleurs, le ventre de l’enfer. Petite cellule produisant un acide dont rien ne protège. Il entrevoit cette image, deux esprits se séparant, celui d’apparence dissous par le réel, l’autre préférant l’enfermement à l’affrontement. Soumission nécessaire, s’y abandonner en totalité n’amènera que l’échec, viendra le moment de la compréhension, face à la mort, tendant les bras, les masques tombent, les résolutions cèdent et la vérité qui s’impose n’est pas celle qui fut rêvée, elle a le visage souriant sans chair ni peur de l’absurdité.

Il entend dans les esprits proches les murmures, les imprécations, les prières, il en connaissait tant, toutes, mises dans la tête si jeune qu’elles furent positives, il accepta leur pouvoir, à l’image de ce qu’il devra accomplir dans ce camp, sacrifier une part de soi, un jeu de miroir derrière lequel, au-delà des gestes et des mots, il tentera de survivre. Seul, qui comprendrait, juxtaposer des situations opposées pour découvrir leur similitude n’est valable que pour lui, cas unique.

Unique ?

Peut-être est-ce sa façon de voir qui est spéciale, spécieuse, justifier ce rapprochement serait difficile, et pourtant, ce désir de contraintes, pour soi, l'autre, tous ! Ses parents ne lui voulaient pas de mal, il sait leur amour pour lui, leur seul enfant, à quel point il était important qu’il n’oublie pas le passé, ses racines. Maintenant il sait que les arbres n'atteignent pas le ciel mais finissent toujours par mourir.

Ne pas sourire, ne rien montrer, vider ses yeux, conserver l'attitude soumise, le corps est secondaire, ce qu’il va subir dépassera les souffrances connues, mais peu importe, il n’ose penser : tant mieux. Pouvoir se confronter à sa vérité en levant les yeux vers le bourreau non pour le haïr, non pour l’aimer, mais pour le remercier de ce qu’il offre de compréhension de soi dans un moment aussi difficile.

Aime-t-il souffrir ?

Le problème n’est pas dans un goût particulier, dans une passion, il n’y ajoute pas de majuscule, bientôt il osera s’il retient la leçon que céder, au pire comme au meilleur, est un seul piège. Céder à ses désirs sans les comprendre, à cette envie de s’agenouiller pour éteindre ses pensées, à ce désir de crier pour espérer la balle qui mordra ce cœur honni, à ce besoin de trouver une ressemblance avec son tortionnaire au point de se voir méprisable, au point, dans tous les cas, de renier sa vie et son âme.

Ses yeux contemplent le sol, son esprit le recouvre de mots, de situations, le repeint de couleurs qu’il découvre avec curiosité. Folie ? Peu importe la définition, peu importe le mot, le risque de savoir comme un poison prometteur, à admettre, sans lui obéir.

Le ciel est gris, quelque part, au loin, un reste de ciel bleu lui sourit. Tant qu’il conservera le pouvoir de secouer le linceul de ses peurs il se saura vivant. Les brimades, les coups, la douleur, rien ne l’atteindra vraiment, non en limitant son esprit, en l’emprisonnant, au contraire, en l’ouvrant sur ce qui se présentera, sur le pire sans le refuser, sur l’étrange sans y renoncer, sur le rêve, le délire, sur ce qui l’accompagnera sur ce chemin, au loin du voyage qui commence.

Alors il vaincra.

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25 septembre 2009 5 25 /09 /septembre /2009 06:18
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