La rue était belle quand j'y fis mes premiers pas, lumières, voix et bruits se mêlaient agréablement. J'avançai lentement, regardant autour de moi choses et gens, certaines amicales, certains souriants, d'autres... moins ! Des amis marchèrent avec moi longtemps avant que la plupart ne prennent d'autres routes. Je ne pouvais pas me retourner, pris dans la foule qui m'entraînait c'était impossible.
Est-ce le hasard qui fit que je la rencontrai, elle ? Un regard suffit pour que nous décidions de cheminer ensemble. Cela ne fut pas toujours facile, nos mains eurent parfois du mal à se retrouver, nous fûmes éloignés parfois sans être, jamais, séparés.
Des enfants vinrent avec nous, ensemble
nous avançâmes, mais la cruauté du sort nous en arracha un, maintenant encore nous regardons avec l'espoir, insensé, de le voir revenir...
La rue se rétrécit, nous croisons moins de
connaissances, les magasins se raréfient, les vitrines s'assombrissent, le sol même est mal entretenu, nous avons du mal à marcher. Nous avançons depuis longtemps, je me souviens mal des
personnes qui m'accompagnaient au début. Bientôt nous arriverons au terme de notre voyage, sera-ce un cul-de-sac ainsi que certains l'affirment ou une douce lumière ? La grille va grincer, le
gravier crissera, mon seul désir est que nous allions le plus loin possible ensemble. Je n'aimerais pas rester le dernier, seul.
(photos Internet)
Quoi que...

