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17 août 2010 2 17 /08 /août /2010 05:51

 

 

 

  

La tendresse d'un regard lancé dans un mouvement de brasse.

La tendresse d'un regard qui embrasse.

La tendresse d'un regard affleurant d'un battement de papillon.

La tendresse d'un regard vécu comme un départ,

un départ en plongée avec une belle coulée...

La tendresse d'un regard pas encore échangé.

La tendresse d'un regard échangé en profondeur,

limpide et clair comme une promesse de bonheur.

La tendresse d'un regard bienveillant et protecteur,

comme celui du maître nageur.

 

 

L'espoir

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16 août 2010 1 16 /08 /août /2010 05:59

 

 

Dans ce blog je tente de rendre hommage à ces « Grands Anciens » comme aurait dit HPL qui contribuèrent à former mon esprit. Former, déformer, méformer... sans doute un autre verbe serait-il à inventer et je le ferai quand j'aurai le temps !

Ils ne sont pas si nombreux dans le passé mais je prends plaisir à en rencontrer de nouveaux, ainsi, pour les rares qui lisent certains de mes textes un peu (trop) long comprendront-ils de quelles empreintes j'y fais allusion. Ceux qui ignorèrent ces œuvres, outres qu'ils seront damnés pour l'éternité ne savent pas ce qu'ils ont perdus, tout en ayant gagné du temps, on ne peut pas tout avoir.

 

Ainsi en est-il de Cioran. Roumain de nationalité et d'expression avant, ayant fait scandale dans son pays par la publication de Des larmes et des saints, de s'installer en France en 1941 (il y était venu fin 1937). Les communistes ayant interdit ses livres il resta à Paris jusqu'à sa mort survenue en 1995, il est inhumé au cimetière Montparnasse. Professeur de philosophie à Braşov au milieu des années trente il fréquentera quelques temps des membres du parti d’extrême droite la Garde de fer plus simplement appelé par son fondateur « Légions de l'Archange Michael » ! Peut-être, ne croyant pas en dieu ; être fils de pope étant une bonne raison pour cela ; aurait-il voulu croire eu diable... Je crois que l'histoire universelle, l'histoire de l'homme, est inimaginable sans la pensée diabolique, sans un dessein démoniaque...» Comment dès lors ignorer que croire est le pire possible ?

 

Lucide et intelligent il quittera cette voie boueuse mais gommera les passages antisémites de son œuvres lors de leur traduction française. Son premier livre écrit en français en 1949 sera Précis de décomposition. En 1947 il avait abandonné sa langue maternelle.

 


 

Editeur : Gallimard 
Collection : Quarto
ISBN : 2-07-074166-4
EAN  : 9782070741663
Nb. de pages : 1818 pages
Poids : 1,36 kg
Dimensions : 14cm x 20,5cm x 5,4cm

 

Finalement prenant ses distances avec toutes les idéologies on peut penser que son désespoir signait le constat de l’impossibilité d'établir un système qui ne finisse par devenir coercitif, ainsi, et là c'est moi qui parle, est-ce l'évidence que nulle « culture », nulle « pensée » ou « système » ne saurait libérer l'homo sapiens de sa, et de La, nature !

Il passait pour être de bonne compagnie, loin de ce qu'un lecteur, trop superficiel, penserait. Ce qui nous fait un point commun supplémentaire !

 

Un jour, épuisé, il dira « Je n'en peux plus », sa mère répondra alors « Si j'avais su, je me serais fait avorter »... Combien de génitrices auraient-elles dû avoir recours à ce procédé.

 

Peut-on dire qu'il existe une philosophie Cioranienne ? Sans doute pas mais l'acuité de son regard sur le réel est un exemple que je tente maladroitement de copier en tentant de mordiller les mollets de l'illusion. Pour lui écrire était le moyen de diminuer une pression intérieure, les similitudes croissent.

 

 

Refusant les honneurs il réussira à vivre pauvrement jusqu'à ce qu'Alzheimer ne vienne se délecter d'un cerveau digne de ce nom. Au moins est-ce là un risque que je ne cours pas ! Admirateur de Nietzsche il aura échappé à la démence qui emporta celui-ci.

 

 

 

Quelques citations pour passer un bon (?) moment :

 

Le progrès est l'injustice que chaque génération comment à l'égard de celle qui l'a précédée. (De l'inconvénient d'être né)

 

Des opinions, oui ; des convictions, non. Tel est le point de départ de la fierté intellectuelle. (Aveux et anathèmes)

 

La solitude est l'aphrodisiaque de l'esprit, comme la conversation celui de l'intelligence. (Le crépuscule des pensées)

 

Ce n'est pas la peine de se tuer puisqu'on se tue toujours trop tard.

(De l'inconvénient d'être né)

 

Ces enfants dont je n'ai pas voulu, s'ils savaient le bonheur qu'ils me doivent ! (Aveux et anathèmes)

 

On ne devrait écrire des livres que pour y dire des choses qu'on n'oserait confier à personne. (De l'inconvénient d'être né)

 

Ce qui est vraiment extraordinaire, dira-t-il à Octavio Paz, c'est que chaque fois que j'ai fini d'écrire, j'ai envie de me mettre à siffler. Dire du mal de l'Univers pour échapper à son emprise ; dire du mal de l'histoire pour ne pas être écrasé par elle.

 

Et pour conclure : On n'habite pas un pays, on habite une langue. Une patrie, c'est cela, et rien d'autre ! Je peux donc dire que nous sommes compatriotes !

 

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15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 05:14

 



Née à Tokyo le 19 décembre 1983, Yukawa Shione a débuté dans la chanson comme soprano dans la chorale de son école, une expérience qui marquera son premier album, entièrement constitué de reprises enregistrées a cappella. En 2003, de retour au Japon après un séjour en Irlande, elle sort son premier mini-album en tant qu'auteur, compositeur et interprète, elle enchaîne dès l'année suivante avec le deuxième qui, succès critique et public aidant, lui permet d'acquérir une certaine notoriété. Son premier album longue durée sort en 2006.

Voix originale et univers intimiste, voici 8 titres pour découvrir une artiste à part dans la chanson japonaise :

 

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14 août 2010 6 14 /08 /août /2010 05:22

 

 

                              05

 

Les brimades commencent, il s’adapte, répond, baisse les yeux, simule alors que son esprit reconstruit et s’ouvre des monde incomparables. Le rêve s’offre, il ne reculera pas, c’est trop tard.

Il regarde autour de lui, il entend… On dirait qu’il me voit.

On dirait ?

Le chemin n’est pas celui attendu, savoir incite à reculer, à refuser, quand l’avenir fausse le jeu il en fait le prix. L’épouvante peut être belle… ou alors… Si c’était l’inverse ?

Il n’est pas seul, certains esprits se jouent du temps, la pensée ignore les lois de la physique,ce cadre étriqué et sommaire, lui et moi ne faisons qu’un sans que l’un ou l’autre soit perdant. Au contraire, le temps nous rassemble. Il n’aura pas l’occasion d’écrire, peu importe, la perspective efface les règles que voudraient imposer les primitifs gorgés de définitions.

Allongé il cherche en son cœur une image anesthésiante.

                                            § § §

Ce monde est cruel, le ciel bleu obscurcit les limites du camp, le soleil trop vif se moque de tous. Les souffrances s’étalent devant moi, des milliers d’hommes et de femmes plongés au cœur d’un destin impitoyable, la vie ignore les difficulté, à croire qu’elle n’apprit pas de ses créations le sens de l’émotion.

C’est ce qu’elle cherche c’est ressentir.

Le sait-elle ?

Cette nocivité me remplit, sans gêne ni répulsion, au contraire, la plaie est belle, l’agonie est douce, le vampire peut se dire qu’il n’a pas choisi, de la morsure d’un autre lui vient l’obligation de mordre à son tour, mais moi, ai-je le droit de mentir, de dire : Je ne sais pas ! Je voudrais crier : Je ne peux pas !  Mensonge. Certes je n’ai pas choisi, prémédité ni décidé, je suis responsable pourtant par cela seul que je le dis alors que la peur gît devant moi que je crains de caresser, non qu’elle pourrait me mordre mais elle pourrait me lécher la main et ronronner.

J’attendais ce rôle !

J’entends ces pensées contradictoires, un battement d’espoir, un soupir d’affliction, le temps ne laisse rien de côté. Les doutes, la haine, les cris, les coups, des ombres en costume rayé.

Que, pas qui, suis-je pour être à mon aise dans cette ambiance ? Je me sens divers, flou, hésitant pour gagner du temps, très peu, le nécessaire, pas un souffle de plus.

Aucun poumon ne résiste à l’acide cyanhydrique. Certains se jettent contre le mur pour s’y briser le crâne, d'autres prient. Je les vois, les sens, les vis ces millions d'agonies comme autant de cellules transcendées par l’épreuve. L’esprit qui transperce la mort hurle sa souffrance, à travers le temps ceux qui voulurent faire de même lui répondent. Ils me soutiennent, la victoire d’un seul sera le triomphe de tous.

Nous ne sommes qu’un !

Transformés, transmutés… Le feu a ce pouvoir, mais quelle flamme a-t-elle la force d’atteindre l’âme ?

La peur devait me griser, me disperser, ce fut l’inverse et le plaisir que m'offre cette souffrance est indicible.

J’attendais de rire devant les supplices, de profiter de ces derniers soupirs, de me rouler dans la fange, j’espérais un autre chemin et je ne peux pas reculer, le temps me pousse, murmure et me tient trop doucement pour que j’ose l’abandonner. J’aime cette souffrance qui me secoue. Je ne la vole pas, au contraire, je puise en moi une force capable d’affronter la vie pour la dévorer, pour qu’en moi elle découvre ce qui lui manque.

Le sein que je tète n’est pas celui d’une charogne, le corps que je désire n’est pas un cadavre huileux et gluant de mon cauchemar, l’horreur n’est pas la plus forte.

Bientôt le silence reviendra, les cris s’éteindront, une douceur tremblante et tiède qui accordera à chacun ce qu’il mérite.

Seulement ce qu’il mérite.

Mais oui, c’est une menace, la pire possible.

Pourquoi tant de souffrances ? Un miroir noir présente une image précise jusqu’à l’insupportable, tous reculèrent, j’aurais voulu, je n’ai pas pu. Je me voulus intellect et me découvre émotion.

J’aime.

Fantôme, moi ? Non, vivant ou redoutant de l’être, errant dans les territoires de la mort pour y découvrir le secret de la vie. Il ira où il semble ne pouvoir exister, son apparent contraire ?

Le gaz s’évacue, le sinistre ballet reprend, pantins aux rôles bien connus. Aller vite pour faire place à d’autres, condamnés pour être né, pour être, condamnés par qui nie sa propre vie.

Je vois par les yeux du commandant, entends ses ordres, devine ses sourires. Il ne m’intéresse pas, coquille vide que j’occupe le temps de quelques pensées.

Les bras saisissent les cadavres dont certains ne méritent pas, encore, ce qualificatif. Ainsi celui-ci dont le cerveau fonctionne sans pouvoir commander à son corps, il sent qu’on le jette sur d’autres, qu’on le déplace, vers quoi... La chaleur le renseignera, alors il se tendra, se libérera pour mourir dans le feu.

Qu’imaginais-je ? collectionner des visages d'enfants dont j'aurais utilisé la peau comme parchemin, le sang comme encre.

On peut difficilement être plus con.

Ces gueules infernales ne m’effraient pas, leurs flammes sont douces, le cœur des étoiles est plus chaud encore.

Je suis là pour trouver ce que j’évite depuis longtemps, ce qui m’a été ravi et protégé. Un trésor indispensable pour continuer. D’une rencontre une naissance est la suite logique, de l’union des contraires s’impose un tout qui les dépasse. Tu enfanteras dans la douleur fut-il dit. Si cela ne s’adressait qu’à la femme.

Cette naissance n’est plus si loin maintenant.

La conscience brûle mais ne consume pas. Elle feule de rage, une force nouvelle l’envahit, la peine n’est que l’apparence des choses, mais cela une conscience seule peut le percevoir, dépasser l’instant, déchirer l’image et chercher de l’autre côté du miroir sa propre vérité.

Je me voulus pantin, animé d’une force étrangère. j’aurais fait plus vite.

La vie domine l’émotion, quel champion d’échec elle ferait.

Cela fait si longtemps que je porte un masque, posé par une nuit trop dense, collé par la panique. Maintenant j’ai peur en l’ôtant de me retrouver monstre à la face sanguinolente. Je voulus être ainsi, une plaie. Comment attirer le regard, comment susciter l’amour, lui seul peut arracher le loup posé sur mon visage.

Est-ce l’endroit pour évoquer l'amour ? Il peut surgir et s’imposer dans le lieu le moins propice : en moi. C’est dire !

L’avenir m’attend. L'aléatoire des circonstances me guide, bientôt les empreintes ayant disparues je ferais face à l’inconnu.

Porteur de lumière ? Oui mais en soi, pas à la main ! Je suis ce feu. Si je ne l’avais pas compris il m’aurait détruit.

Ballotté, entraîné par le courant. Des récifs voulurent me briser, ils lézardèrent ma carapace. Nulle puissance ne l’éliminera, cette force viendra de moi, seulement. Il ne vint du miroir que l’image de ce qu’elle tait. Mon armure devenait une prison. La chenille doit se libérer de sa chrysalide pour devenir papillon. Hésite-t-elle en percevant la brièveté de son parcours ? Peu importe, un éclair a plus de ressources qu’un tunnel sans fin. Ce bain de cadavres est régénérant, comme l’acide à l’intérieur duquel disparaît cette protection, attention, le jeu consiste à sentir le moment d'en sortir, ni trop tôt, ni trop tard, dans le premier cas la carapace se reformerait dans le second les blessures ne cicatriseraient jamais. Être la main qui frappe, manipulée par la haine, et celui qui, recevant le coup a envie de se rebiffer. Qui sait l’inutilité d’une agression peut la désirer sans rien tenter pourtant. Et pourquoi pas qui ne tente rien n’a rien dit-on.

Qui essaie peut perdre, jeu passionnant. Je suis le bourreau et sa victime, l’arme et le crime. Tout est bon. Quel est cet animal qui, sitôt né, se nourrit de sa protection, même de sa mère ? L’avenir peut absorber le passé, c’est lui qui prime.

Saveur de la torture, du mépris de l’autre, de soi, jusqu’à lever les yeux devant une image tentante d'être le reflet de soi. Un apprentissage est nécessaire avant qu’un primate se reconnaisse dans un miroir. J’en suis là, c’est bien. Épouvante et atrocité furent mes prises dans le réel, je m’y accroche et pourtant j’en devine d’autres, plus haut, à la surface, en pleine lumière. Je fais semblant d’avoir un désir, j’obéis, cède à un pouvoir qui me dépasse, dont je ne suis que l’expression. J’ai tant voulu être rien que me découvrir, même minable, fut salvateur.

Les images se superposent, risques et chances s’équilibrent. Un souffle ferait tout basculer. Les pieds dans la boue, entouré de millions de morts, ils sont tous là. Me sentir confluence me trouble. Qu’importe si ces mots me dépassent, ils sont des jalons qu’un autre suivra pour arriver où je n’aurais pu aller.

La nuit est claire, les étoiles s’amusent de cet être voulant jouer parmi elles. Elles ne me sont pas étrangères, elles dont je porte les traces que le temps ne put effacer. Au contraire, c’est lui qui les préserve, il n’est là que pour ça.

 

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13 août 2010 5 13 /08 /août /2010 17:30

 

 

L’Aquilon parcourait les champs et les forêts,

Ne regardant rien, ni l'avant, ni l'après.

Quand il vit le Zéphyr flânant sur la rivière,

Il s'approcha de lui, paradant, tel'ment fier !

Qui es-tu si petit que même le feuillage,

Pourtant si fragile sent à pein' ton passage ?

Ignores-tu l'ivresse que donne le pouvoir,

D'avancer sans arrêt du matin jusqu'au soir ?

Le Zéphyr prit un temps, c'était son habitude,

Aussi ne pouvait-il changer cette attitude.

Je suis faible il est vrai, n'aie pas votre puissance,

Alors pour moi le temps est celui des vacances.

Il y a tant à voir sur le bord des chemins,

À sentir, caresser, j'ai un nez, j'ai des mains,

Chaque instant est nouveau, porteur de découvertes,

Dont vous ne savez rien, vous, toujours en alerte !

Et pour la première fois l'Aquilon reconnu,

Qu'il savait se calmer, faire preuve de retenue.

 

 

Ainsi qui prend le temps, rencontrant son contraire,

De parler avec lui, et aussi de se taire,

Peut prendre des leçons, sur l'autre comme sur soi,

Parfois l'on se méprise sans même savoir pourquoi.

 

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 05:31

 

 

 

Dom Cobb pratique l'espionnage industriel d'une façon inhabituelle, en effet c'est un« extracteur », rien à voir avec la ventilation, il entre dans les rêves des gens pour y voler des informations qu'il revendra ensuite. Une occupation prenante mais risquée.

 

Un jour l'opportunité lui est offerte de pouvoir tirer un trait sur le passé en pratiquant une inception, c'est-à-dire l'implantation d'une idée dans les tréfonds du subconscient, opération bien plus périlleuse que son contraire.

Pour cela Cobb s'entoure d'une équipe de spécialistes, la mission étant complexe et requérant des compétences diverses. Tous doivent pénétrer l'esprit d'une cible entraînée à résister à cette intrusion. Le but est d'implanter dans l'esprit de Robert Fisher, fils d'un puissant homme d'affaire, l'envie de disloquer l'empire paternel pour faire ses preuves par lui-même. Le commanditaire étant le principal concurrent de Fisher père incarné par Ken Watanabe que nous avons déjà vu dans Lettres d'Iwo Jima. Pour réussir Cobb et sa troupe doivent arriver à implanter un rêve dans le rêve et faire croire à Robert qu'il vient de s'échapper d'un guet-apens mental pour retrouver la vérité vraie, alors que ce ne sera pas le cas bien sûr.

  

 

 

 

Outre la complication de la mission (impossible ?) Cobb ne peut contrôler son propre inconscient qui projette au cours de l'opération des images personnelles, de sa femme, de ses enfants... Impossible pour moi d'en dire davantage sans dévoiler des éléments importants d'une intrigue complexe où s'entrecroisent falsifications mentales, manipulations affectives et souvenirs gorgés de culpabilité.

 

La mise en scène de Christopher Nolan est impeccable, les effets spéciaux bluffant, le rythme est rapide avec des pauses, pour laisser au spectateur le temps de respirer, mais pas plus, le temps pour les membres du commando de se connecter entre eux mais aussi avec nous qui sommes assis et captés par des réalités semblables à un ruban de Möbius inquiétant comme si nous accédions ainsi à une rêvalité, fille de l'inconscient et de la lucidité, cette dernière étant soumise à rude épreuve fini par ne plus savoir ce qui est vraiment vrai, par ne plus percevoir ce qui est réellement réel. Après tout ce que nous appelons vérité n'est que conventions, sommes-nous (r)éveillés ou produits par un imaginaire incompréhensible ?

 

Bien sûr si j'avais la réponse je ne vous la dirais pas !

 

Je lance ma toupie...

 

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11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 05:21

 

 

                              04

 

Le gaz est l’haleine d’un espoir passé, que jamais la conscience ne s'insinue dans l'esprit pour y instiller l'Âme, atrocité à l'appétit inextinguible. Toute la haine vient d'un si petit, si lointain point de départ ; un cri de refus pour, à travers le temps étreindre le responsable de ces misères afin que jamais la pensée n’existe, que jamais la conscience ne soit, que jamais la lucidité ne vienne, trinité d’une vie souriant des mots qu’elle m’inspire.

Logique de destruction, se chercher en sa victime, briser le miroir dans lequel se retrouver serait possible. Tuer celui que l’on sait soi avant d’aller au terme du raisonnement. Le crime est rarement une issue, c’est une prison n’apportant aucune paix, le pire parfois est d’avoir la tentation d’y entrer sans y parvenir.

Je voudrais être l’ombre de ces mots, les regarder suinter de moi pour emporter quelqu’un d’autre, n’importe qui, tous, je sais que cela ne sera pas, affrontant la lumière, j’ai découvert une noirceur qui ne peut plus me vaincre.

Corps traînés sans ménagement, doigts cherchant dans les bouches une dent en or, explorant pour trouver quelque chose, et cela arrive. L’enterrement se fera sans cérémonie, ainsi les morts attendent-ils que leurs tourments soient justifiés avant de découvrir la paix. Un gardien laisse filer une prière, un souvenir, ultime râle d’une âme morte. Un catalogue d’atrocités naîtrait des esprits regardant passer les cadavres. Cet homme qui se dit que puisqu’il n’a aucune chance avec une femme vivante il en aurait avec une morte, encore tiède, le rictus figé de l’agonie passerait pour un sourire complice. Un autre contient mal son désir de voir ces corps dépecés, ou une collection de têtes qui ferait sa fierté. L’esprit humain seul est capable de concevoir cela, et pire, tellement pire.

J’en sais quelque chose.

La terre me recouvre, j’ai envie de me perdre dans son silence, avec mes semblables. Mon esprit survivrait, sa peur ne vient pas de ce qu’il vit ou subit mais de ce qui vient. Corps contre corps, espérer le froid, imaginer ces cadavres se relevant, ils ne le feront pas dans la réalité et pourtant combien d’esprits revivront-ils ces instants ? Eux aussi mériteraient la paix.

Refuser un souvenir le rend méchant, dans la nuit de la terre le cadavre dont la mort ne veut pas est maudit entre tous. J’ai cherché la dissolution mais les barreaux sont si durs que je ne peux les briser pour m’enfermer dans la cage. Derrière le rideau de charogne m’attend une douce réalité, c’est elle qui m'effraie, elle que je veux fuir sans trouver une impossible sortie. Tant de maillons forgés dans la souffrance, dans le feu et la terreur pour être indestructible.

Je sais d’où je viens, réaliser le présent serait tendre les bras à l’avenir, loin de la liberté et de ses rêves de trahison.

Le temps passe, déjà je me liquéfie, la terre m’absorbe mais recrachera le pire. Je voudrais apprécier ces instants mais la force qui me tient est trop grande, le temps me tient par la main ne veut plus me lâcher, à moins que ce ne soit moi qui m’accroche, simulant des désirs de fuite pour apaiser ma peur. Je suis assez pervers pour jouer ainsi.

Pui(t)s je comprendre ? Ai-je envie d’être entendu, de qui ?

Comme si je ne le savais pas !

Le temps déchire ce qui ne lui convient plus, images jaunies d’un passé au goût d’une vie.

Quel chemin prendre ? D’un côté les bourreaux, de l’autre les suppliciés. Je serpente entre les deux, à les frôler, subissant les tourments venant de chaque côté. Alors seulement je découvrirai un monde à mon image. Je voudrais traverser la mort pour défier l’éternité qui n’existe que hors de lui.

La peur voulut détruire la pensée, elle lui donna une nouvelle chance en balayant les habitudes, s’inscrivant si violemment dans l’Histoire que lire l’une serait comprendre l’Autre.

Le rire que j’entends est celui d’une amie sachant sur quels rails j’avance. Ils semblent séparés à jamais mais dans un univers en deux dimensions, par le jeu de la perspective les parallèles se rejoignent. C’est ma destination.

D’autres convois approchent, beaucoup, des millions d’existences vont se dissoudre ici. La Vie est frappée, saigne et souffre, c’est alors qu’elle est visible dans son évidence la plus profonde.

Les rôles sont distribués depuis longtemps mais les acteurs découvrent leurs textes au fur et à mesure. J’en fais partie.

Parfois j'ai une hésitation, le temps de vouloir tout abandonner.

Mais qui doute ?

Comme si je ne le savais pas !

La peur donne le temps de réfléchir, d'échapper à la tentation de m'attarder en ce lieu sur des milliers de pages, mais non, il est trop tard, est mort en moi cet appétit vide de sens. J'absorbe l'indispensable. Ni peine, ni plaisir. Que mes pieds foulent des corps ne m’affecte pas, non par indifférence mais ces émotions me retiendraient dans l'ambre du passé. Ce n’est qu’une étape, d’autres viendront. Autant accepter ce que je ne peux arrêter.

Quand aube et crépuscule se rejoindront… Cela arrivera, je perçois le sens de ces mots et le dessein de leur union.

La raison voudrait ceci, l’intuition cela. L’intime conviction guide mes pas, le besoin d’harmonie, quand bien même paraît-elle difficile à réaliser. Je ne veux pas me précipiter, chaque mot est un pas, chaque pensée une nourriture dont je dois profiter.

Le suaire a glissé à mes pieds, mourir ne fut pas si terrible.

                                            § § §

Est-ce la fin du jour ou son début ? Où est la différence ? Les mêmes ordres, les mêmes cris, une scène se recopiant à l’infini, un cercle vicieux, une spirale destinée à se perdre dans une descente sans fin. Ils obéissent, jetés des trains sur les quais sous les regards des militaires, êtres étranges, si proches pourtant. Le tri est fait, matière première utilisable un moment, les inutiles seront éliminés sur-le-champ. Les bouches superflues iront se perdre en des gueules d’acier à l’haleine embrasée. Un vieillard supplie, évoque ses trésors, jure qu’il les donnera si on le laisse partir, ce à quoi on lui répond que oui, il va partir.

C’est presque avec joie qu’il reçoit une balle en plein front. Tous sont promis à un destin identique, nulle part est leur destination. Le sol est boueux, glissant, la pluie n’arrange rien, hommes d’un côté, femmes d’un autre, silence, les coups guettent une raison de s’abattre. Avant ? Mais il n’y eut pas d’avant, c’était un rêve, maintenant ils sont réveillés, prêt à affronter la vérité, les routes du réel se jettent dans la gueule du néant à la faim insatiable, abîme sans fond qu’il faut dépasser pourtant. Un prisonnier s'interroge, ses frères de misère le redouteraient, exemple contagieux. Comment rêver encore, comment oser prendre dans un tel décor la matière d’une construction de l’esprit ? Ceci n’est pas un jeu, et pourtant le voir ainsi serait un moyen de le dépasser ? Lui se rêvait écrivain, dans une autre vie, il restait des heures dans sa chambre, noircissait des pages, remplissait des cahiers, une hémorragie. Qu’adviendra-t-il de ses textes ? Il peut espérer que le destin les placera sous des yeux compétents, sa postérité sera sa victoire. Qu’importe qu'elle soit posthume. Et pourquoi pas une vie posthume quand ce qui compte n’existe que par les mots, quand autrui est aussi aimable et intéressé que les gardiens de ce camp, quand la vie ressemble à un chemin dénué de sens. Alors le pire semble amical, offrant l’occasion d’aller au bout de son rêve, ouvrant la nécessité de ne plus vivre que par lui. Non ! Ce n’est pas la folie, mieux et pire à la fois, c’est son moyen de savourer la vie dans un lieu destiné à l’annihiler détruire. Il est enfin au pied du mur, jusqu’alors il profitait de la situation, pensait à un improbable plus tard, aux efforts qu’il produirait. C’est maintenant !

Ainsi demain finit par s’inscrire dans le présent, et le rêve ouvre une porte sur un autre monde : le sien.

Ses mots étaient faibles, il n’osait pas leur communiquer la force qu’il portait, mais ses jours sont comptés, chaque minute peut être la dernière, pourquoi la gaspiller à se raccrocher à des illusions sinistres et sordides ? Non, il est plus intéressant, pour lui, de puiser une motivation dans l’ombre même de la haine.

Que lui disait-on ? Pense à ton avenir, travaille… ceux qui se moquaient de lui, méprisant son travail sont devant lui, courbés, morts déjà. La bouche du néant ne lui pas peur, il a envie de s’en approcher, de plonger son regard à l’intérieur le temps d’un cri, d’entendre ces échos qu’il attend. Si personne ne le comprit ailleurs ici il le sera ; des ombres, des spectres, de la mort même dont il sent la douce présence. Ensuite ? Vivre, mourir, chacun de ces mots possède une définition, la sienne est particulière, hors du temps et d’une société dont il voit ce qu’elle donne, satisfaisait, par cette prise de conscience, de ne jamais lui avoir apporté son aide. Tous sont responsable de ce qui passe, tous. L’innocence est un mensonge rassurant.

Le froid ? Il a l’habitude, les privations, il connaît, une épreuve qui s’impose, il n’en connaît pas les règles, détail, les découvrir sera plus amusant. Il ne cédera pas, quand son corps brisé s’abattra, quand ses poumons refuseront de fonctionner, quand son cœur cédera il aura le sourire de celui qui sait que l’Enfer est sur terre et que s’ouvre la porte de l’éternité du rêve.

Les bâtiments sont sales, la vermine y est à son aise, prête à tout pour survivre, les couches sont alignées, pas d’intimité, pas de protection contre les maladies, elles ont leur rôle aussi, un organisme affaibli attire les virus en tout genre.

Imaginer le salut ? Certains le peuvent, d’autres le voudraient. Serait-ce un test imposé par une sombre divinité pour sourire de l’adoration dont elle fait l’objet ? Le Seigneur vérifie l’obéissance de ses serfs.

Le jeune auteur choisit une planche, s’assied, déjà il plonge dans la fiction. Écrivant il entrait en transe, le réel s’effaçait, il visitait un autre monde, soudain apte à déchirer l’écran des apparences pour voir ce que nul ne doit découvrir.

Déjà lui vient un poème…

Il attendait une amie, tendit la main, n’eut que des refus, parfois souriants mais nets. Devrait-il se vêtir de vers, se nourrir de pourriture qu’il le ferait, son chemin passe par ce baraquement, pourquoi pas, le décor est intéressant, unique, comme lui.

 

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10 août 2010 2 10 /08 /août /2010 05:52

 

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9 août 2010 1 09 /08 /août /2010 05:10

 

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8 août 2010 7 08 /08 /août /2010 11:30

 

Yoko Ueno (上野 洋子) est une musicienne japonaise née le 11 octobre 1963 à Tokyo. Elle suit un parcours classique : apprentissage du piano à l'école primaire, intégration de l'orchestre du lycée, cours d'une école de musique puis d'une école de jazz et des débuts professionnels comme pianiste dans un club.
Au cours de sa carrière elle a été membre de différents groupes ou duos (Zabadak, Vita Nova, Marsh-Mallow, Oranges & Lemons), a collaboré en tant qu'auteur, compositeur et interprète au monde de l'animation (notamment pour la série Azumanga Daioh) et a enregistré plusieurs albums en solo.

8 titres pour découvrir une artiste complète, créative et inspirée :
 

 


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  • : Mes (ré)créations littéraires et photographiques.
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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