J'apporte la clarté, le réconfort souvent,
A l'occasion je sais mordre cruellement,
L'impudent me voyant en animal dormant,
Docile dans mon coin et ronflant gentiment.
On me laisse le choix et soudain je rugis,
Mes crocs sont sans pitié et ma faim sans limite,
Partout je m'insinue et je cherche la vie,
Dévorant à loisir ce décor qui t'abrite.
Ce qui est amusant ? Je te suis nécessaire,
Sans moi tu serais mort depuis des millénaires,
Dévoré par le froid, qui lui est mon contraire,
Ou par des animaux explorant ton repaire.
Je suis d'enfer, de joie, mais aussi de Bengale,
L'été je cours les bois, qui peut dire qu'il m'égale ?
Du rasoir ou follet, sacré ou bien roulant,
De l'action ou petit, de tous bords ou à sang.
J'ai mille aspects et noms, en héros, dessiné,
Des représentations, je fus divinisé.
Connais-tu le premier qui osa me dompter,
S'approchant lentement, me montrant du respect.
Je suis doux, je suis fort, pourtant je peux mourir,
Je m'éteins lentement, pousse un dernier soupir.
Tu viens souffler sur moi, tu ne peux plus rien faire,
Le gel saisit tes doigts, la nuit te désespère.
Mais le pire est ailleurs, je suis élémentaire.
Je vis dans l'univers, venant parfois du ciel,
Souvent des profondeurs, du sous-sol je suis fiel.
Pour effacer tes traces je serai nucléaire.
Ton univers me va, j'y ai posé ma marque,
J'ai tout appris de toi en l'art de la cuisine,
Pour apprécier les plats d'une façon plus fine,
Ami de Désiré, j'ai dégusté Jeanne d'Arc !

