05
Répondre à cette question m'éviterait-il de le vivre ?
Ce décor semble un rêve trop parfait pour ne pas être un cauchemar.
Les caméras et les micros ne perdent rien. Quel comportement dois-je adopter ? Me jeter sur le mur, tête la première, grimper à l’arbre, nouer un vêtement à une branche, l’autre extrémité autour de mon cou... J’en aurais le temps mais les produits aiguisent ma lucidité (?) sans alimenter ma rage. L'affrontement viendra après. Suis-je observé ou contrôlé par un ordinateur programmé en fonction de mes paroles, de mes actes, ne laissant rien passer. Pour l'instant.
Ces murs amicaux bornant mon univers extérieur laissent l’intérieur accessible, je me connais, je céderais à la tentation d’observer quelque chose, quelqu’un, n’importe quoi pour gaspiller du temps. L’espace est restreint, comme celui dans lequel j’écrivais, d’abord ma chambre, puis un placard que je remplis de livres jusqu’à avoir juste la place de m’installer devant la machine pour travailler, pour courir sur le papier vers les mondes qui m’attendaient. Un espace trop grand m’aurait incité à me disperser, j’avais besoin d’une enceinte de confinement. Comparaison osée mais précise. Besoin de densité, de me comprimer pour provoquer une réaction utilisable.
J’avance autant sur le chemin que dans mes pensées, cherchant mes souvenirs entre ceux de mes discussions avec le professeur, mélangeant le tout, tissant la corde me permettant d’avancer. Que je ne crois plus en elle et je sombrerais dans la démence.
La réalité se fait incarnation de l’esprit, par une j’explore l’autre, comme je peux, certes, mais efficacement malgré tout… Je regarde mes jambes, mes muscles se réhabituent à fonctionner. Ils prouvent que mon cerveau peut en faire autant, qu’après une longue période d’inactivité il peut fonctionner comme avant. Ou pire, mieux !
Poser les mains contre le mur, en ressentir la minéralité d’où toute vie provient. Rêver qu’ils disparaissent, où que je me retrouve pierre, sans pensée ni interrogation. Le silence coulant autour de moi en un flot ininterrompu. J’écoute, attends ses confidences, je voudrais percevoir un chant mystérieux venant du fond des âges, écho de ce hurlement primordial qui aurait vu la naissance de notre univers. Je sais où je me trouve si ce que je suis reste douteux. Je sais la fraîcheur des murs, ce décor, je me vois d'en-haut, yeux clos, espérant, mieux qu’un miracle, un bouleversement sans fin.
Les remparts les plus hauts sont en moi, j’ai grandi dans leur ombre, imaginant un soleil dont j’entendais parler, un ciel amical et le vent en compagnon de jeu. Mais non, l’univers reste celui des ténèbres. Les mots tissèrent mon espoir d’ailleurs, me laissant croire qu’ainsi j’y accéderais mais je n’eus pas le pouvoir d’entrer en eux, comme à nouveau je ne peux m'abstraire du réel. Croire en mes délires ne me conduirait pas où je souhaite, du reste je ne souhaite rien, si devant moi s’ouvrait le monde que j’imagine il serait invraisemblance et chaos. La réalité doute d’elle-même.
Un pas… Mais non ! Mes oreilles me jouent des tours parfois. Sur le coup j’eus l’impression d’un élève pris en faute. L’habitude d’être surveillé, épié, de devoir faire semblant d’être un enfant comme les autres, le pire sera atteint quand je devrais feindre d’être anormal.
La solitude est le prix à payer par celui qui se veut le dernier, ou le premier. Dois-je admettre que mon destin est scellé à jamais ?
Je suis bien ainsi, loin sans être ailleurs, aux confins du réel, au bord d’un monde : L’autre ! De derrière-moi me parviennent les échos de celui que je vais quitter, pour plonger dans une lumière qui me détruira si je ne la comprends pas.
Est-ce le souhait du professeur ? Que je lui indique un chemin qu’il pourrait suivre ? Je lui ai dit qu’il espérait en un destin au-dessus de ses moyens. C’est la nature humaine qui le veut. Se contenter de ce que l’on a empêche d’avancer, de marcher, de courir, d’aller plus loin. Qui se repaît de ce qu’il a perd l’habitude de vouloir. Je ne l'ai jamais acquise. Par l’imaginaire tout m’était permis, tout m’était possible. Dès-lors qu’avais-je à faire d’un monde qui ne voulait pas de moi, de contraintes entre les quelles je n’appris pas à vivre.
Le monde ne convient qu’aux pantins, pas aux êtres vivants.
Sympathique ce prof, je le comprends mais sa quête est surhumaine. Il est poussé par une curiosité qu’il ne comprend pas, mais quelle importance, la vie se satisfait du désir d’être pas d’être réellement.
Les graviers attaquent mes semelles, je ne dispose que d’une ridicule paire de pantoufles, tel un prisonnier je n'ai ni lacet ni ceinture, seulement un mouchoir. Si je voulais mettre fin à mes jours...
La mort viendra, le monde vivra alors comme si je n’avais jamais existé, moi-même j’ai des doutes à ce sujet, alors…
* *
- Vos pensées vous emportent.
- Trop loin. Comme au réveil les rêves s’évanouissent. Des images, des embryons de pensées indiquant que le cerveau fonctionne. Je ne médis pas professeur, j’exprime ce que je ressens, mes pensées tendues vers des souvenirs introuvables. Me débranchez-vous pour me mettre en veille entre deux rencontres pareilles aux remontées du dauphin avant qu'il ne replonge. Dois-je retrouver une géhenne peuplée de visions bouleversantes et inacceptables que vos médicaments occultent ? Est-ce qu’à trop de lésions cérébrales correspond l'incapacité à exister en dehors de récréations lucides ? Je constate la réalité et avoue qu’elle n’est pas celle que je voulais.
- Ainsi vous savez vouloir ?
- J’ai su rêver, désirer, dessiner sur le vide le monde que j’attendais. Est-ce médiocrité de ma part de ne point y être parvenu, suis-je le génie que j’espérais être ? Incapable de me dominer, prisonnier d’une imagerie de normalité en laquelle je ne peux trouver ma place, trop différent pour avoir encore envie de faire l’effort de feindre. C’est au-dessus de mes moyens. Est-ce grave que j’existe en pointillés si durant mes instants d’être réel mes pensées perforent le cadre de la médiocrité, de la normalité ? Que les autres s’en satisfassent, je n’ai pas, moi, à avaliser leur vision en m’y soumettant.
- C’est pourtant difficile.
- Certes ! Tant d’années d’endoctrinement, de siècles d’habitudes, je suis programmé mais quelque chose en moi fait que j’aspire à fonctionner différemment. L’homo sapiens utilise de plus en plus d’ordinateur pour ne plus s’interroger sur lui ni chercher ce qu’il doit faire, l'esprit noyé dans un logiciel. Je le vois, somnolent, redoutant au réveil la découverte d’une insoutenable réalité. Après tant de millénaires d’illusions, de religions, de dogmes insipides et nauséeux il confie son avenir à la machine. Il n’y parviendra pas, la vie est plus forte, elle se dispensera de ceux qui opteront pour cette (dis)solution.
- Remarquable démonstration.
- Remarquable ? Délire ! Lisant ce que je viens de dire j’imagine ma réaction. Si je tins ce genre de discours publiquement je comprends ma présence ici, aurais-je pu échapper à cette étiquette de "fou" ? La plus difficile à décoller. Même en affichant un comportement normal reste le doute dans le regard de l'autre s’attendant à ce que je pète les plombs. Pourtant je semble normalisé, assassiné spirituellement, douze médicaments dans la peau, dans le cerveau ! Qu’importe, lutter contre l’adversité est valorisant même si elle est imaginaire. Le délire de grandeur se retrouve chez certains aliénés, ils se prennent pour des prophètes ayant un message capital à proclamer. Tel n’est pas mon cas, je ne souhaite pas hurler, tout au plus murmurer, savoir qu’une oreille m’entend me satisfait. Être n’est pas un choix.
- Vous le subissez.
- Je l’endure ! Un poids m’incitant à courber l’esprit ou à croire que j'y suis contraint. Le faix est plus pesant de ne pas exister, l’expression de la peur de se redresser, de se découvrir capable de regarder, de marcher sans entrave dans la direction de son choix, capable de penser… Mais cette qualité est si rare, si rare.
- Vous en disposez ?
- Je ne sais pas, je m’écoute mais dans un tel cadre je doute de la validité de ce que je dis, du cadre, je m’interroge sur ce qui est ou n’est pas. J’ai longtemps fait semblant, seul, face à l’océan de papier je pouvais me laisser être, choisir une différence amicale. Délire mégalomaniaque, auto encensement. Que je ne me prenne pas pour Napoléon vient de ce que je lui suis supérieur.
- De pouvoir le dire.
- Génie avez-vous dit ?
- Les faits le prouvèrent-ils ? Vous avez la réponse, que vous m’ayez convié à vous rencontrer ici m’incite à penser que j’affichai des aptitudes anormales, géniales, ça... Celui-ci se prend pour Napoléon, celui-là pour un génie, une belle paire de cons ! J’étais bien dans mon coin, irresponsable. Je me souviens de ce terme quelqu’un me l’avait au visage pensant m’offusquer, erreur, je le pris pour un compliment, m’empressais de l’accepter, mieux, de le revendiquer.
- Irresponsable ?
- Oui, spectateur, regardant le monde, conscient que quoi que je dise cela ne changerait rien, c’est vrai, n’est-ce pas professeur ?
- Vous attendez en vain une approbation de ma part.
- C’est normal, normal…
- Je pensais que ce mot ne vous convenait pas ?
- Il rode dans mes gènes, j’ai envie de l’en arracher. Les mots ne coûtent rien, les transmuter en faits c’est différent.
- C’est le propre de la transmutation, elle survient par un changement intérieur, elle le traduit, rien de plus.
- Difficile d’accepter son destin, ce mot effraie, chemin tracé duquel on imagine pouvoir sortir avant de réaliser que c'était prévue, que ce que nous prîmes pour la route était un leurre pour nous faire croire à un illusoire libre arbitre. Ce lieu est un observatoire, j’ai tenté de briser ce lien, de rompre avec une obligation, le temps d’admettre que c’était folie de ma part, la folie comme moyen d’échapper au rôle dessiné pour nous. La folie comme promesse et menace, promesse de trancher les fils de la prédestination, menace de se retrouver dans une jungle de pensées où rodent des prédateurs inconcevables.
- Même par vous ?
- Même ! Demain est une ombre de plus et ce qu’elle contient ne me dit rien. Je me voulus médiocre, génie raté… Je devine un sourire, pas le vôtre professeur, celui de la destinée constatant mon incapacité à lui échapper. J’ai tranché mes fils. Elle le voulait, l’attendait, me tendait les ciseaux mentaux pour cela, elle me vit tomber à genoux, lutter pour me redresser, explorant des zones imprévues, pour arriver là où elle m'attendait moqueuse et rassurée.
- Curieux ensemble.
- Moqueuse, c’est sa nature, et ce qu’elle voulait arrive. Rassurée puisqu'elle n’était sûre de rien. Combien avant moi acceptèrent ses promesses fallacieuses, combien croyant s’enfuir s’égarèrent ? Je me rassure en passant inaperçu comme toujours, invisible. Ne pas attirer l’attention, ne rien demander, ne rien devoir, pouvoir m’enfermer, travailler, que nul ne vienne m’arracher à mon œuvre. Combat solitaire, besoin de réunir mes forces pour reconnaître que d’autres ficelles me dirigent. Là, quelque part en moi, s’amusant de mes émotions, se nourrissant de mes angoisses et de mes envies. A qui voulais-je échapper ? A ceux d’un extérieur inoffensif ou à une force dont je discerne maintenant la réalité ? Ma solitude était protectrice. Besoin d’elle, de son contraire. Dans un endroit aussi clos que mon antre j’imaginais ce que je voulais, une masure, un palais, l’image s’imposant était celle d’un ancien château en ruine, quelques pièces habitables seulement mais la perception des siècles passés, des vies s’y étant succédées. Des remparts sur lesquels j’observais le monde, les bois… Château rêvé que la réalité n’aurait su accepter. Pièces immenses dont le maigre éclairage à ma disposition augmentait les dimensions, couloirs sans but, oubliettes gorgés de squelettes, de chaînes, d'instruments de tortures encore couverts de sang. Mon besoin d’émotions suscitait mille scènes atroces, de situations absorbant mon âme. J’ai parlé de fuite, mais courir c’est encore aller quelque part. Ce lieu le meilleur pour que je ne perde pas le fil de mes pensées. Violence, fureur, engagement de mon esprit dans mes mots, par eux je vis des situations que la réalité aurait transformées en pièges. Je ne pouvais aller plus loin, plus vite. Quoi que je crus vouloir ce fut à quelque ordre intérieur que j’obéis. En moi un espoir me dépassait autant qu’il me portait. Sommes-nous limité à ce bureau professeur ou pouvons-nous sortir ? J’aperçois un petit parc privé, je devine que vous aimez y marcher, penser en déambulant est une attitude que j’apprécie. Je fus longtemps un grand promeneur et s’il advint que je le fus moins j’en payais le prix par la suite. Vous aimez être seul, un luxe que vous appréciez à sa juste valeur tant vous êtes occupé. Mon contraire, nous sommes inverses, je suis le négatif, vous le positif… Ou le contraire !
- Sur ce plan, sûrement. Mes instants d’isolement sont rares, j’aime à penser en marchant, sous le soleil ou la pluie, suivant ce sentier qui finalement représente bien ce que nous vivons. Nous tournons en rond et un jour ou l’autre retrouvons notre point de départ.
- C’est vous qui avez décidé d’installer ce promenoir privé ?
- Mon prédécesseur s’en chargeât. C’était la résidence, au siècle dernier, d’une grande famille, et puis le propriétaire dut la vendre, un revers de fortune. Le nouveau proprio en fit un hôpital. Il aimait ce bureau, s’y retrouver dans le calme. Entre les malades et le personnel soignant c’était difficile. Ce parc était son havre de paix.
- Un homme en avance sur son temps. Pour réaliser ce genre de souhait il faut être poussé par la curiosité, il vous ressemblait. J’entends parler de lui pour la première fois mais je gage que vous continuez l’œuvre qu’il entama.
- Vous êtes subtil.
- Vous pourriez être, pas son fils, disons son petit-fils. Et vous l’avez connu. Il vous disait ce qu’il ne pouvait confier à quiconque. Vous avouant son ambition il se soulageait d’une incompréhension réelle ou supposée. Je le vois travaillant sa vie durant, étudiant l’esprit humain en un temps où cela surprenait. Ici il avait du temps pour disséquer l'âme de ses patients préférés. Comprit-il quelle quête il poursuivait ? J’imagine vos dialogues dans ce bureau, dehors peut-être. Est-ce vous qui aviez proposé de sortir, ainsi que je viens de le faire ? Vous prenez, enfin, en partie grâce à moi, la place de ce grand-père tant aimé, tant admiré, si peu compris. Ainsi êtes-vous. Admiré, je ne sais pas, je suppose, incompris, sûrement, et ces conversations font jaser dans votre dos. Je le dis au présent tant j’en suis persuadé. Voilà un homme que j’aurais aimé connaître. Entre vous, votre père, moins doué pour la science, davantage pour les affaires. Il fit prospérer la clinique, la transformant en un lieu réputé, vous permettant d’avoir les moyens de poursuivre les recherches que votre aïeul ne put achever.
- Vous lisez en moi mieux que je ne lis en vous.
- J’ai observé les gens. Si je paraissais indifférent il n’en était rien, j’étais aux aguets, j’écoutais, j’enregistrais. Votre histoire est d’une implacable logique. Cette horloge, votre grand-père la regardait souvent. Tenez, je me laisse aller, quand il mourut…Non ! Elle ne s’arrêtât pas, mais ce fut en la regardant qu’il sentit la mort venir. Il devait être très âgé, je pense qu’il fit un enfant, un fils, sur le tard, tant la science fut une maîtresse exigeante.
- Vous me parliez de sa mort.
- Je le devine là, incapable de renoncer à comprendre mais conscient
d'en être incapable. Il est assis, las de sa vie, de ses efforts, heureux de sa réalisation. Il sait sa fin proche, plusieurs fois déjà il eut de sérieuses alertes. Je le vois, tranquille, s’interrogeant en regardant ces murs, se demandant si en lui ne s’en trouvent pas qu’il découvre trop tard. Vous voulez y parvenir n’est-ce pas ? Mon propre grand-père lui connut la guerre, les tranchées… mais je digresse. Les mots coulent de moi comme d’un robinet j’ai du mal à les retenir. Bref, il marche, se questionne sur la validité de son existence. Il soulagea de nombreux malades mais il sent qu’il ne peut aller plus loin. Il pense à vous, sait avoir dans votre esprit si jeune, encore malléable, planté une graine semblable à celle qui crût en lui, il espère qu’elle prospéra. Ses semaines sont comptées, que valent quelques mois de plus dans ces conditions ? Ses attaques le laissèrent diminué, mais assez lucide pour s’en rendre compte. Il craint de mal finir, d’un assaut de la maladie plus fort que les précédents, il craint le fauteuil roulant, la dépendance, une fin indigne de lui.
- Vous voulez dire qu’il s’est…
- Non, simplement qu’il sollicita la mort par refus d’une vie tenant en lui par un fil. Il s’est assis, a regardé l’horloge sentant la mort venir. Ce fut un choc malgré qu’il l’eut souhaitée. Cette fois elle venait pour l’emporter. Il aurait pu appeler mais au point où il en était il ne lui restait qu’à partir, la faucheuse le comprit. Il garda les yeux ouverts espérant voir quelque chose… Une ombre traversant la lumière, une main prenant la sienne. Il espérait… Il s’est effondré sur le bureau.
- Auriez-vous un don de médium ?
- Sa présence est forte ici. Il vous ressemblait et en vieillissant cette ressemblance s’accroîtra. Je vous souhaite sa mort, plus tard que lui, les progrès de la science font reculer la mort ?
- Vous avez raison, grand-père était ainsi que vous le dites. Nous avons, ici, parlé si souvent. Il me racontait sa vie, ses espoirs, j’aurais voulu tout retenir, tout enregistrer pour pouvoir le réentendre et avoir une chance supplémentaire de le comprendre. Il me reste plus d’émotions que de phrases, de sentiments que de certitudes.
- C’est mieux ainsi. Il ne voulait pas vous faire une leçon que vous auriez apprise par cœur pour en faire un credo répété sans l’avoir compris. Il voulait plus et vous l’avez deviné. Cette époque fut la plus belle de votre vie. Maintenant vous poursuivez son chemin avec l’angoisse d’échouer. Vous espérez qu’avec moi comme guide vous ferez une découverte justifiant l’espoir de votre ancêtre. Le mur est là, noir, terrifiant passage par le côté sombre de l’âme. Impalpable, possible de l’approcher mais il semble reculer, limitant la possibilité d’avancer, pas celle de marcher.
- Ce sont ses mots, marcher sans avancer.
- Les grands esprits se rencontrent. Je n’ai pas entendu de voix me la souffler. Logique, vous tentez de lire à travers moi, espérant que je traverserai la limite pour entrevoir… Quoi, des secrets impensables, peut-être une terre desséchée faute de rêve pour la nourrir.
- Sans ambition l’humain peut se remettre à marcher à quatre pattes. Se projeter dans l’avenir le différencie des autres mammifères, rien d’autre. Je peux me fourvoyer mais sans espoir ne me resterait qu'à regarder l’horloge, espérant en une mort qui ne viendrait pas, alors, déçu, je continuerais à tourner en rond.


