... Ou rêve ? - 01
02
L’homme, ne l’a pas entendu, elle le voit de profil, dos contre le dossier de pierre, tête
inclinée comme s’il observait quelque fascinant spectacle entre ses pieds. A-t-il seulement les yeux ouverts ? Qu'importe, les paupières closes n’empêchent pas de voir, au contraire, ce n’est
plus à l’extérieur que l’on regarde.
S'il eut-il comme elle l'envie d’être seul pourquoi choisir ce banc, son banc ? Qui de
l’instinct ou du hasard est responsable ?
Elle est troublée par la sensation d’un cousinage qu’elle ressent sans le définir. Comment
réagirait-il de se savoir observé ?
Qui est-il, à quoi ou qui pense-t-il ? Aller vers lui, s’asseoir, soulagée de se savoir
proche de quelqu’un alors que l’on crut cela impossible. Serait-il heureux de partager avec elle ses mystères ou partirait-il, furieux d’être dérangé ?
Curieuse elle recula derrière la haie. Il n’attendait personne, elle en était persuadée, il
était seulement incapable d’être ailleurs. Avait-il devant lui le gouffre de sa vie, un flot d’images floues ? Puisait-il dans son imaginaire des situations insensées ?
S’il avait ouvert l’album de ses souvenirs c’était pour contempler les plus sombres, les
plus douloureux, sinon quel besoin de venir en un lieu qu’elle avait marqué de sa propre souffrance comme un animal délimite son territoire pour en interdire l’accès aux autres, ce qui n’était
pas son cas, au contraire. Ne pouvait s’y installer qu’un esprit sensible et vivant.
S’asseoir, surmonter sa crainte…Non, elle préfère conserver la curiosité plutôt qu’admettre
sa déception. Ainsi l’imaginera-t-elle à sa guise. Et si c’était ce qu’elle avait attendu sans le savoir, si ces nuits avaient eu pour but de trouver un semblable, enfin ?
Non, bien sûr que non, cela n’arriverait jamais, jamais.
Sans le savoir cet homme pouvait devenir le confident idéal. Il avait pris place sur son
banc, et, elle en était sûre, à côté de la place qu’elle occupait d’ordinaire ? D’un autre elle l’aurait refusé, de lui c’était différent. C’était leur banc, ils le partageraient sans se
rencontrer, elle s’y assiérait en son absence et lui parlerait comme s’il était là. Elle ne serait plus seule, ici ou ailleurs, fermant les yeux elle retrouverait cet endroit et son
ami.
Pas question qu’il la voie maintenant pour être certain d’avoir été épié un long moment, le
temps que son image s’imprime dans sa mémoire. Il ne lui pardonnerait jamais.
Doucement elle recule, s’éloigne de plus en plus vite.
Comme si, une fois encore, elle fuyait !
Vite retrouver sa chambre, ses murs, la douceur de sa forteresse extérieure faute d’avoir
su, encore, en ériger une intérieure.
Son univers, infini ou étroit comme un tombeau, vide dans tous les cas comme elle le
réalisa brusquement avant de se mettre au lit, oreiller sur le visage afin que nul n'entende ses pleurs.
* * *
Elle ouvrit les yeux comme appelée dans le réel sans pouvoir résister, cœur battant avant
tant de force qu’il lui parut occuper son corps entier. Sans allumer elle cherche à comprendre ce qui avait pu la réveiller. Rien n’avait changé, la lumière du dehors suffisait pour qu’elle
distingue son décor. Tout était normal, les ombres même… Les ombres !
Une vague glacée passa sur elle, cette ombre sur le mur, cette silhouette à peine visible
est en trop. Elle s’efforce au calme, réfléchit. Elle rêve, voilà l’explication, recyclant ce qu’elle avait vu quelques heures plus tôt. Ayant compris elle se détendit, le songe allait cesser,
réveillée elle retrouverait sa chambre et se rendormirait. Elle rêvait peu, du moins n’en conservait pas de souvenirs. Jamais elle n’avait eu de cauchemar la dressant sur le lit, suante, prête à
hurler de terreur alors qu’elle lisait beaucoup de livres dans lesquels s’agitaient d’étranges créatures placées en des lieux et situations improbables. Elle raffolait de romans présentant des
êtres monstrueux desquels elle se sentait proche.
Elle resta un moment attendant un signe de l’ombre, attendant… Le sommeil coupa le fil de
ses pensées.
Au matin, un cri, sa main interrompt la sonnerie en plein vol.
Sa sortie du sommeil la renseignait sur la journée à venir.
Quelques minutes avant de se lever, le temps de se réadapter à un monde qui lui convient si
peu. Machinalement elle porte son regard vers le mur, s’attendant à… Le mur est vide. J’ai rêvé ! Son murmure cherche à la convaincre mais n'y réussit qu’à moitié. Elle est sure en
revanche d’avoir aperçue une silhouette sur son banc, qu’elle ait cru, ou voulu, la retrouver dans sa chambre n’avait rien d’étonnant. Une rencontre à sens unique mais une rencontre malgré
tout.
Elle repousse draps et couvertures. Autant affronter ses obligations. Son corps connaissait
sa routine comme ces vieux chevaux font seuls, alors que leur propriétaire somnole, un chemin parcourut mille fois.
Se laver, s’habiller, manger… Habitudes, même converser ne lui interdisait pas de
s’imaginer ailleurs, elle devisait dans le réel et se racontait des histoires mentalement. Normale !
Le miroir de la salle de bain lui renvoie une image qu’elle connaît sans être convaincue
d’être vraiment ainsi, seul le regard et le gouffre qu’elle distingue derrière chaque pupille lui dit quelque chose, tunnels plongeant en des abysses tentateurs.
Regard sur son corps, les modifications qu’elle sait irréversibles, invasion intérieure
dangereuse pour sa tranquillité. Est-ce cela l’avenir ? Être une grande personne, une femme ?
L’avenir est une menace dont rien ne dit qu’elle devienne réalité, pourquoi s’en effrayer
avant qu’il soit temps ? Elle sait qu’elle pourrait accepter de grandir, de se laisser façonner par des désirs qui ne seraient pas siens.
Elle penche la tête vers l’avant et brosse énergiquement ses cheveux, son geste matinal
préféré, avant de se peigner avec les doigts, contact avec elle-même, une douceur introuvable ailleurs.
Un camarade de classe lui avait un jour tiré brusquement ses cheveux, les trouvant trop
long, trop beaux peut-être, il avait rit en voyant le regard glacé qu’elle lui avait jeté. Elle n’avait rien dit mais ses griffes avaient labouré le visage de l’impudent.
Tranquillement elle était allé se laver les mains et nettoyer ses ongles, s’autorisant à
sourire dans la solitude des toilettes.
Des reproches ? On lui en avait fait, sa réponse fut la légitime défense et l’affirmation
qu’en cas de récidive elle n’hésiterait pas à recommencer et plus violemment s’il le fallait.
Nul n’avait pu douter de sa détermination.
La directrice avait insisté pour qu’elle rencontre un spécialiste, sans dire de quoi, elle
avait opiné, quelques larmes, le regard implorant qu’elle savait si bien prendre, des excuses qu’elle inventait, rien de plus facile pour elle que de jouer avec ces adultes si sûrs d’un savoir
qui ne pouvait s’appliquer à elle.
Dans la cuisine elle prépare son petit-déjeuner en regardant le ciel. Un oiseau sur la
fenêtre l’observe en hochant la tête.
Elle hésite puis prend quelques miettes et s’approche, le volatile recule mais ne s’envole
pas, tout juste le sent-elle prêt à s’échapper en cas de menace. Elle ouvre la fenêtre, approche la main, paume largement ouverte, l’oiseau hésite, regarde la main, l’enfant, se tâte mais il a
faim et une telle nourriture aussi gentiment offerte ne se refuse pas.
Les petits coups de becs la font sourire, elle se domine pour ne pas bouger et déranger son
ami à plumes qui fait vite pour tout dévorer. Un dernier regard, il hésite puis s’envole avant de revenir vers elle pour la remercier à sa façon.
Il sait qu’elle comprend.
Sortir encore, trajet mécanique, poupée de chair suivant les rails invisibles du quotidien
dans le décor banal d’une ville terne.
Traversant la place elle regarde sur la gauche, le banc est trop loin pour qu’elle sache,
si quelqu’un s'y trouve, si c’est lui. Son souvenir et son imagination s’unissent pour suppléer sa vision.
L’école, son pupitre, rituel, elle n’en veut pas aux autres d’y céder, à quoi bon un effort
inutile, mais c’est plus fort qu’elle et tant pis si elle suscite la curiosité du personnel enseignant, elle ne peut devenir qui elle n’est pas.
Qu’importe l’attention, les regards posés sur elle durant la récré. Cet empressement "pour
son bien" comme si quelqu’un mieux qu’elle savait ce qui lui convient.
Trop concentrée elle sursaute quand une main se pose sur son épaule et se déplace comme
sous l’effet d’une brûlure invisible mais douloureuse.
- Pourquoi refuser le contact, je suis sûre que nous pouvons nous
entendre.
Silence ! Que dire qui serait compris ?
- Je ne suis pas votre ennemie, au contraire, quoi que vous le pensiez, nous pourrions nous
comprendre, j’ai à apprendre mais vous aussi, il est difficile de rester à l’écart et si cela arrive le prix est élevé. Se sentir différente, étrangère n’implique pas de refuser la communication.
Vous pensez avoir raison, que je ne peux saisir qui vous êtes, c’est faux. A se vouloir unique on se retrouve seule sans moyen de changer de comportement.
Se vouloir unique ? Jamais elle ne l’avait voulu, jamais ! Elle acceptait ce qu’elle était
et considérait qu’il était de son devoir de respecter sa nature. Une grande personne, cimetière de rêves corrompus, ne peut la comprendre ?
- La beauté et l’intelligence sont des qualités difficiles à porter.
Qu’en savait-elle, elle qui ne disposait ni de l’une ni de l’autre ?
- Aucune parole ne peut percer cette carapace, cette prison ?
Qui peut se vanter de vivre libre, de penser sans murs pour contenir un esprit que les
espaces de l’imaginaire terrifient ?
- Je suis prête à vous considérer comme une adulte, à parler d’égale à égale avec vous,
mais vous pensez être supérieure à tous y compris moi.
Supérieure ? Elle détestait ce mot, non, elle se savait étrangère mais aucune notion de
hiérarchie n’entrait dans son code mental.
- Je peux tout entendre et cela resterait entre nous.
Tout ? Qui le peut, qui se connaît assez pour affirmer cela ? Il est des sensations, des
émotions que les mots ne peuvent pas traduire, il faudrait plus que la parole, mieux que la musique ou n’importe quelle forme artistique : un esprit se connectant à un autre et s’ouvrant en
totale réciprocité. Qui serait capable de révéler chacun de ses secrets, ce dont il a honte ?
- La vie c’est les autres, la confiance. Sans effort le temps et l'isolement renforceront
vos difficultés. La société supporte mal les marginaux, certains parviennent à vivre ainsi, je souhaite que vous disposiez des qualités pour cela, dans le cas contraire…
Des menaces ? Elle ne vivait pas en sauvage et saurait trouver une place et tant pis si
elle n’utilisait pas au mieux ses capacités, que les autres en profitent lui importait peu.
Pourquoi aller contre soi et obéir à des codes répugnants pour une fin attendue
?
Un souvenir surgit, une visite subie, mais comment dire non continuellement ? Un cimetière,
quelqu’un dont elle ne savait rien, une vague famille mais il semblait important qu’elle aille avec les autres, ce qu’elle fit sans difficulté, ainsi elle monnayait sa tranquillité, acceptant
ceci pour refuser cela.
Des tombes, un silence lourd, des noms gravés comme autant de vie effacées du réel avant de
disparaître de la pierre, l'antichambre du néant. Le temps ne laisse rien derrière lui, rare sont ceux qui peuvent le défier, et elle n’en faisait pas partie, au contraire. Se fondre en lui,
annihiler une personnalité extérieure au profit d’une réalité qu’elle ressentait sans pouvoir la décrire.
Les noms se superposaient, le dernier était récent, la place dessous était une menace
autant qu’une promesse, un jour elle sera là, réduite à un nom. Alors la terre l’absorberait, son esprit ne laisserait aucune trace sur un monde indifférent.
Pouvait-elle en parler ? Elle savait que oui et cette certitude lui fit plus de mal qu’elle
aurait cru. Se taire serait un entraînement.
Regardant les stèles elle sentit l’émotion l’envahir mais fit effort pour ne rien montrer,
cela ne regardait personne, elle devait être forte pour conserver ses secrets.
- Un jour nous nous parlerons, ce sera un soulagement.
Changer de cage est-ce une libération ?
Remontant la grande allée du cimetière elle se prit à penser que la vie pouvait se résumer
ainsi.
Retour en classe, les tables blanches alignées comme des tombes, combien de vivants dans la
salle, combien ?
Les autres enfants sont morts, elle seule vit ! Elle s’assied, ferme les yeux le temps de
retrouver son calme et laisser refluer son envie de toucher ce qui l’entoure pour être sûre de la réalité, pour être sûre, d’être, d’être… D’être ?
Ce froid soudain, ce doute ? Il ne dure pas, elle se rassure, elle est vivante, et les
autres aussi. Elle ne va pas s’enfuir, vers quoi, qui ? Qui la comprendrait sans qu’elle ait à parler, qui l’écouterait sans lui donner de leçon, sans lui dire ce qu’elle doit faire
?
Son nom n’est pas prisonnier de la pierre, un jour, plus tard... Si elle le peut elle le
refusera. Ne rien laisser, pas une trace, pas un souvenir, rien !
Pourquoi la nuit est-elle si lointaine, pourquoi toujours attendre ?
Mais le temps passe toujours.
* * *
La nuit est enfin là, sa chambre, sa solitude, repas expédié, quelques heures encore à
patienter. Pour un peu elle s’assiérait devant son réveil pour suivre la fuite du temps. Mais non, inutile de l’avancer, le temps ne suivrait pas. Elle n’a pas envie de lire, d’écouter de la
musique, rien ne retient son intention, chaque seconde est une idée nouvelle amenant la seconde suivante.
Maelström d’images aspirant les minutes, cortège ceinturant le gouffre du temps dans lequel
elle voudrait se jeter, se perdre ou se trouver mais s’y chercher.
La fenêtre, regard sur l’ailleurs. Ailleurs des familles regardent la télévision, des gens
se parlent, des adultes comprennent, des enfants osent… Derrière ces tentures y a-t-il une petite fille sans interrogation sur elle-même ?
Des questions, épines que les peaux mentales trop calleuse ne sentent pas alors que la
sienne ressent la moindre interrogation. Et si elle était normale en le refusant ? Non, impossible ! L’idée la fit sourire, elle, normale ? Jamais !
Allongée, cheveux rabattus sur son visage comme un masque brillant. Elle contemple les
images surgissant du passé. Le temps ne passe pas aussi vite qu’elle le souhaite, l’impatience est une nouveauté qu’elle découvre. A ce jour elle n’avait jamais rien attendu, s’angoissant que le
temps semble ralentir. D’une main elle détruit le masque, regarde un décor trop connu. Si elle attend que survienne un événement extraordinaire elle est déçue, aucun objet ne se déplace seul,
aucun livre ne traverse la pièce pour venir entre ses mains, ouvert aux pages qu’elle préfère. Le désert de l’habitude ne génère aucun mirage, pas la plus petite hallucination quand l’ennui fut
venu. Elle soupire, observe le plafond et fronce les sourcils. Qu’est-ce que cette fissure fait là ? Elle voulait contempler l’infini, à la place elle découvre une chose à l’allure de menace
annonciatrice de l’écroulement de son univers. Les plus hauts édifices, les mieux construits, les plus puissants sont destinés à s’écrouler. Pour chacun le début de la fin sera annoncé par une
minuscule lézarde que personne ne remarquera. Ligne chaotique, prenant une direction pour en changer brusquement, elle n’y reconnaît pas sa vie qui se déroula toujours dans ce décor, sa chambre,
les rues, l’école… Erreur ! Un jour elle quitta ses habitudes pour une colonie de vacances, un écart dans son existence. L’été dernier, proche mais l’enfance perçoit les distances autrement. La
chose lui avait été annoncé discrètement, tentative parentale de la projeter dans un cadre différent. Elle avait laissé dire, ne souriant pas quand on lui avait dit "Cela te fera du bien !" Que
dire d’autre, la vérité ? Qu’elle gênait ? Comme si les enfants ne comprenaient pas ces silences lourds de sous-entendus plus violents que des mots. Elle se ferait des copains, verrait d’autres
paysages, la campagne, tout ça. L’air pur la changerait, le soleil… Chacun sait qu’il est différent suivant l’endroit où l’on se situe pour le recevoir ! Elle ne récria pas, pourquoi ne pas s’y
intéresser, faire un voyage d’exploration ethnologique ?
Un avant (dé)goût de paradis !
En fait de colonie il s’agissait d’une famille aidée de monitrices qui accueillait des
enfants pour les vacances, rien à voir avec ces centres casernes où la joie de vivre est ignorée de l’emploi du temps. Parmi une dizaine d’enfants elle ne se serait pas
perdue.
Le voyage fut étrange, elle se sentait expiant une faute inconnue et choisit d’accepter les
choses ainsi. Elle prit pourtant la décision de ne pas rester deux mois dans cet endroit. Pourquoi pas un chenil ? Au moins serait-elle proche des autres invités !
Elle fut soulagée quand le voyage s’achevât. Finalement, elle le reconnut difficilement,
l’endroit était plaisant. Pour un séjour bref cela irait. La directrice les reçut comme si elle avait été chapitrée. Une grande maison, dortoirs des garçons au premier, des filles en bas, une
grande cuisine et des fenêtres donnant sur les montagnes environnantes. Bavardage, présentation des lieux, promesse qu’elle s’entendrait bien avec ses futurs camarades. Elle fit la moue en
découvrant des petits lits, en imaginant qu’il serait possible de la voir dormir. La directrice lui dit qu’elle comprenait son angoisse mais que tout serait fait pour qu’elle se sente bien. Elle
hocha la tête, son regard exprimait mieux que des mots sa pensée.
Alors qu’autour d’elle sa réaction était attendue elle ne manifesta aucunement sa mauvaise
humeur. C’était un jeu, elle avait perdu la première partie, pas la guerre.
Ainsi tout se déroula dans la sérénité la plus totale.
Ses parents partis elle regarda la voiture s’éloigner sans montrer d’émotion, certains
bouleversements ne s’affichent pas quand on se refuse soi-même à les admettre.
Des cris, des bruits retinrent son attention, les autres enfants revenaient, des ennemis
sans doute. Elle avait besoin d’en vouloir à quelqu’un, pourquoi pas à eux, tous. Les manifestations cessèrent avant qu’ils arrivent à la porte comme s’ils avaient perçu un changement, deviné une
présence inamicale.