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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 06:22

 

Je suis là, si proche,

Tu ne peux me renier,

Parfois c'est un reproche,

Et tu veux m'oublier.


Je sais, je suis brutale,

Et souvent c'est la nuit,

Que tu ressens ce mal,

Qui te gêne et t'ennuie.


J'interviens doucement,

Espérant te surprendre,

Jouant cruellement,

Sur ton désir d'attendre.


J'étreins tous les boyaux,

Nul ne sait m'échapper,

Roturiers ou royaux,

Leur trône a bien changé !


Grâce à moi tu retrouves,

Le sens de l'humain.

Où que tu te trouves,

N'oublie pas d'où tu viens.


Tu te crois pures pensées,

Mais reviens au réel,

Tu devras t'alléger,

Avant d'aller au ciel.


Ni foi en tes rites, ni sentiment,

Nomie aussi sera de trop,

Fidèle, jamais je ne te mens,

Appelle-moi gastro !

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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 06:18
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29 janvier 2009 4 29 /01 /janvier /2009 06:39


 

J'entends un bruit, lointain, diffus, comme un souvenir qui s'efface, une brulure qui s'estompe dans une nuit si profonde qu'elle semble ne pas devoir finir. Enfin dois-je dire, je touche à cette rive que j'ai toujours cherché. Des ombres de mes voyages subsistent, plus profondes que celles de ma jeunesse quand la poésie m'emportait que celle des continents lointains que j'ai voulu découvrir.


Ce n'est pas qu'une saison en enfer qui m'attend mais probablement davantage, peu importe, il pourrait être l'ailleurs que je convoitais.


Peut-être sera-ce sur un bateau que je vais m'éveiller ou au sommet d'une haute tour, peu importe, mon vrai but était de dormir et ces mots sont les derniers que j'écrirai, eux qui furent pourtant les amis de ma jeunesse et m'aidèrent à la supporter plus qu'à la surmonter. Mon âme était emportée, charriée, brinqueballée et à chaque embardé de mon imaginaire je ressentais une douleur telle que je devais l'exprimer, l'expulser, que ne me suis-je exorcisé plus tôt j'aurais pris une voie différente et peut-être... Mais de ce qui n'advint pas et seulement l'aurait pu il est vain de parler puisque cela revient à évoquer le néant.


J'ignorai quand je pris le train pour la première fois que j'irais aussi loin, j'emportai l'espoir dans mes bagages mais quand je les ouvris il avait disparu à sa place des corbeaux s'envolèrent emportant chacun une part de moi.


Nul ne m'appelle, nul ne m'attend, il ne me reste plus rien à voir, probablement est-ce pour cela que la nuit est si dense, mes sens déréglés s'usèrent plus vite que chez d'autres. A tout prendre j'en suis heureux, à quoi bon avancer si c'est pour aller nulle part, au moins aurais-je vécu. Le feu que j'ai volé m'aura éclairé puis brûlé, sans doute devait-il en aller ainsi.


Ces phrases disparaîtront avec moi, je doute qu'un vivant les lise jamais, je préfère les offrir à l'inconnu que les destiner à...




Maintenant je sais que Je est un autre qui n'existe pas.

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 07:17
Dans l'Ombre des Murs - 5 
 

                                                  06


- Finalement les rôles s’inversent. Les paroles de votre grand-père vous hantent, vous voudriez réussir où il échoua pour justifier son espérance. Pensez-vous que ce chemin vous mènera quelque part ?

- C’est celui de la vie. Comme lui je me consacre à mon travail au détriment d’une vie personnelle qui pourrait être plus riche. Je ne le regrette pas, pas encore si vous voulez. Je tâtonne et si je ne trouve rien j’aurais au moins la satisfaction d’avoir essayé. Auriez-vous la même impression si la mort vous posait la question ?

- Je ne sais pas. Personne ne m'indiqua ni chemin ni quête à suivre. J’ai avancé, poussé ou tiré par des forces que je ne contrôle pas, vous avez poursuivi consciemment votre voie. Emprunter un sentier inhabituel est risqué. Si je suis allé trop loin j'espère avoir laissé des traces qu’un successeur découvrira au détour de ses interrogations. Rassuré de n’être pas le premier, économisant ses forces pour me dépasser.

- Facile d’imaginer une postérité achevant l’œuvre que vous n’auriez pu conduire à son terme.

- Votre aïeul manipula son héritier, l’orienta pour vivre à travers lui. J’ai perçu sa présence, plus en vous que dans ces murs, derrière vos yeux que dans les objets lui ayant appartenu. L’horloge l’observait plus que l'inverse. Je les entends, lui posait des questions, attendant d'improbables réponses., elle, immuable dans sa sérénité, continuant à indiquer l’écoulement d’une force que la pensée ne peut contrôler. Mon absence de JE fut la qualité me permettant d'avancer, ballotté par des interrogations contradictoires. Le temps mettra en évidence mon échec ou ma réussite. Si je laisse l’exemple d’une vie ratée, d’une œuvre inutile ? Et alors ? Elles n’affecteraient personne, mais s’il y a une chance que le contraire s’avère alors j’aurais eu raison, quoi qu’il en soit je ne peux rien laisser de négatif.

- Nos point de vue s'affrontent mais pourraient se comprendre.

- Découvrir l'autre permet de s'entrevoir, vous disposez d’un je ayant du mal à exister, prisonnier d’une ombre tutélaire et directive.

- Un je…

- Oui, des envies personnelles. Assumer un héritage est louable mais vous disposez du droit de refuser celui qui n’est que dettes. Votre grand-père vous fit un cadeau empoisonné. Belle idée que continuer sa quête, mais le Graal qu’il cherchait, s'il existe, est-il trouvable en dehors de soi ? Je ne vais pas vous faire un cours mais souvent l’individu extériorise des interrogations qu’il craint de diriger dans la bonne direction pressentant de déplaisantes découvertes. Vous redoutez la vacuité de votre existence, craignez de comprendre qu’à tourner en rond l’on fait semblant d’avancer. Cet endroit est défavorable à l’existence personnelle, trop de troubles, la folie est ce mur que vous entendez traverser, vous l'observez, avancez, tendant l'esprit pour l’atteindre, sans y parvenir. Je vous devine allant dans une chambre, la mienne, restant assis, humant l’air, les yeux clos, palpant les parois, cherchant dans leur douceur des murmures oubliés. Vous n’entendez rien ? C’est qu’il n’y a rien à surprendre. Vous avez pensé demander à ce que l'on referme derrière vous, sans passer aux actes. Ne le faites pas ! Vous y gagneriez déceptions et frustrations d’une vie qui n’est pas la vôtre. Il ne s’agit pas de trahir mais d’exister en dehors de fils attachés à un manipulateur spectral n’existant que dans votre esprit. Coupez ces liens et vos pas vous dirigeront vers votre véritable existence.

- Démonstration parfaite, vous n’avez rien perdu de votre aptitude à jouer avec les mots. Ils sont les filets que vous tendez vers autrui afin de l’amenez à faire ce que vous voulez.

- Les déments sont de grands manipulateurs pour survivre, ils s'abritent à leur façon. Ce que votre grand-père fit. C'est évident, il vous a parlé d’enfermement, de son désir d’expérimentation comme s'il pouvait défier la démence sur son terrain avec une chance de la vaincre. J’admets, l’effort fut louable, mais vain. Nous parlons franchement ? Manipulation dites-vous ? Il vous tenait sur ses genoux comme un ventriloque avec son pantin, une main passée derrière le dos, en l’occurrence son esprit pénétrant, déformant le vôtre. Ces mots vous touchent, vous y aviez pensé, sentant le carcan comme le piège qu’il est et dans lequel vous êtes tombé trop jeune pour en être conscient. Maintenant vous pouvez briser ce joug.

- Est-ce possible ? Vous-même avez vous jamais eu envie de réussir cet exploit ? L’arracher, le jeter à terre et partir en l’oubliant. Le prendre en mains, le définir… Vous saviez que réussir briserait l’unité de votre être, vous tomberiez en poudre mentale comme une momie qu’un souffle d’air frais vient caresser. La belle au bois dormant poussant son dernier soupir dans la bouche du prince charmant penché sur elle. Il est des choses, et vous l’avez mentionné, que l’on peut penser, définir objectivement, mais sur lesquelles rien n’est possible puisqu’elles font appel aux puissances qui nous construisent, comme s’il fallait se détruire soi-même. Vous et moi sommes prisonniers de vies contraignantes, de moules interdisant certaines expansions sociales ou mentales mais nous ouvrant parallèlement des gouffres en lesquels nos regards plongent. Le vôtre plus que le mien, en des profondeurs que je me sais incapable d’atteindre. Vous direz que c’est mieux. Nous ne pouvons aller contre nous-même. Appelons cela destin, définissons une chaîne dont nous sentons le poids sans pouvoir l’enlever. Que resterait-il de nous ? Un je trop faible pour exister, engoncé au cœur d’une personnalité cocon/nid protectrice.

- Vous avez raison, cousinage intéressant, chacun apprend de l’autre, exprimant ce qu'il pense sans oser se l'avouer, progressant sur la voie d’une rencontre avec soi Miroir nécessaire, difficile d’approcher ce reflet, de l’accepter. Avez-vous encore la possibilité de réussir où je ne peux qu’échouer ? Je n'eus personne pour me façonner. L’enfant que vous étiez sur les genoux d’un vieillard n’eut pas le droit de grandir. Il le peut désormais.

- Pour quoi ? Un bonheur banal, une vie normale. Ai-je envie d’une existence de ce genre ? Si ma situation est pénible, au moins me laisse-t-elle percevoir la vie avant de la croiser dans le regard de la mort. Une existence de beau au bois dormant rêvant d'une impossible perfection, s’éveillant au contact de la mort. Est-ce la sensation qu’au dernier moment s’arrache le voile masquant notre lucidité qui fait que mourir est terrifiant ?

- Pourquoi pas, mais pouvons-nous définir la vie ?

- Chacun comprend la sienne sans se croire dans une geôle sociale. Mon grand-père me voulut à son image mais je lui ressemble. Cela réussit par la communauté de notre patrimoine génétique. La cire de l’hérédité fut sensible à ses pensées quand une autre n’aurait enregistré racontars de vieillard rattrapé par la sénilité. Je n’ai qu’une vie, pas moyen d’en essayer une autre pour choisir. J'en serais incapable, je me demanderais si une troisième et puis une quatrième, et ainsi de suite sans être jamais satisfait ni être certain que c’était la bonne. Il est impossible de changer ce qui est, nous le savons.

- Au moins sommes-nous éveillés, allongés sur le lit de l’illusion mais les yeux tournés vers le réel, tentant de comprendre et nous préparant à survivre à ce que nous verrons.

- Vous exprimez ce que je ressens.

- Discussions à bâtons rompus, loin des sujets prévus. Tant de zones d’ombres subsistent impossible à résorber comme à éviter. Que serait une vie uniquement faite de cases blanches, sinon l’illusion de l’idéal atteint ? Le drame du fou c’est de n’avoir droit qu’à une seule couleur.

- Formule heureuse.

- Magique ?

- Riche de sens, simple mais profonde aussi.

- Ignorez-vous que tout flatteur…

- Pas plus que vous.

- Je crains qu’un autre ne mange notre fromage. Qu’importe ce vil plaisir attaché à la satisfaction de basses pulsions organiques. Êtes-vous obligé de rendre compte de vos travaux avec moi ?

- Si rien ne sort de nos entretiens ce sera plus vite fait, si j’en tire un ouvrage je devrais faire état de nos échanges et les assumer.

- Sans avoir à le faire pour mes déclarations ?

- Dans certains cas contourner l’ennemi est le meilleur moyen de le prendre de face.

- Cette formule vous honore.

- Elle est digne de vous.

- Digne… C’est d’avenir que nous parlons. Je m’interroge, lequel de nous est la belle dormant, lequel le prince ?

- À moins que l’éveil de l’un n'appelle celui de l’autre, qu’une gémellité spontanée nous fasse ouvrir les yeux simultanément. Seul, l’un n’aurait pu, avec l’autre c’est possible. Nous rêvons ensemble, ou parlons dans un demi-sommeil, espérant être entendus. Le destin a prévu le coup depuis le début. Chacun est la face cachée de son simili jumeau, sa complétude. N’ayons pas peur des mots. Nous avons une chance de supporter la réalité.

- Une chance pour deux, à partager pour un seul .

- Le temps apportera la réponse quand il sera trop tard. C’est mieux ainsi, nous nous affronterions poussé par l’instinct, chacun voulant l’emporter, nous précipiterions notre double perte.

- Ce serait dommage professeur. Ne nous regardons pas en chien de faïence, la vie nous départagera, ni vous ni moi ne sommes sûrs de réussir, l’espérer est le signe de notre humanité. Rêvons, maintenant-nous en vie de cette façon. En chacun se trouvent des coins d’ombre, comme si un feu était passé en nous, plus violemment en moi. Il couva longtemps, les braises eurent du mal à prospérer en belles flammes rougeoyantes, quand elles le firent ce fut avec un appétit multiplié par la frustration. Un incendie de forêt semble ne rien laisser derrière lui, de près on s'aperçoit que certaines zones résistèrent. Elles prospéreront par la destruction d’éléments gênants.

- La destruction ?

- Je radote ! Souvent j'ai évoqué ma propension à la violence dans mes textes. Sous couvert de fantastique ils mettaient en scène des êtres ou des forces manœuvrés par une rage intérieure incapable de s’extérioriser autrement. J’apprécie l’image du feu en soi, vision d’une terre condamnée à la stérilité. J’aime l'idée de l’inutile dévoré afin que reste l’important. Dans ce décor il devrait me sauter aux yeux.

- Sont-ils ouverts ? Dans ces bois vous vous dissimuliez autant à vos camarades qu’à vous-même, et l’incendie détruisit les souvenirs d’un passé auquel vous vous accrochiez.

- Creuser, chercher l’endroit sensible où survit celui que je fus.

- Vous autorisez-vous à voir ?

- Non, les murs sont là, murs de peurs, de lâcheté, du refus d’aller voir plus loin si j’y suis, murs de terreurs inventées pour les regarder danser. Tant de mots jetés pour croire en eux, temps de vie que j’offris pour ne pas comprendre que je fuyais un passé qui, la vie tournant en rond, désormais me fait face. Est-ce moi qui parle ainsi ou la folie qui me permet de tenir un discours faussement cohérent alors que dans vos oreilles il est le délire d'un psychotique ? Vous n’êtes pas là pour me répondre, le feriez-vous que je ne vous croirais pas, pensant que vous me dirigez, que vous… ou son contraire ! En moi est la solution, la foi en un avenir au-delà de l’apparence que je voulus si fortement que je la pris pour réalité. L’incendie n’est pas entré partout, il a couru sur moi, je l’ai senti venir, j’ai vu ses effets, sa chaleur fut une agréable sensation, la peur qu’il ne me dissolve en totalité fut moins plaisante mais il n’a pas ce pouvoir. Je suis capable de lui résister, il prend ce que je lui abandonne.

- L’inutile ?

- Le superflu dont je me servis jadis, jouets d’un enfant refusant de grandir. Ainsi furent les crimes odieux qui me distrayaient lorsque j’étais adolescent. Faut-il pour grandir que je les abandonne ?

- L’ombre est protectrice.

- L’enfermement protège.

- Du dehors ?

- Aussi ! Mais les éléments les plus nocifs sont derrière des remparts intérieurs. Je suis entre deux parois se rapprochant. Se rejoignant elles me détruiront. Flammes ai-je dit ? Celles dans lesquelles je voyais disparaître mon œuvre. Feu nourri de pulsions, d’envies, d’instinct, forces qui me tenaient debout. Nourri de ce que j’ignorai être. Le feu crépita longtemps. Qu’à-t-il laissé derrière lui sur ce champs de restes noircis ? J’espère que vous enregistrez, dans ce fatras pourrait se trouver une remarque intéressante. Belle collection d’âmes que la vôtre professeur, vous choisissez les éléments les plus rares. Dans ce lieu il y a une aura une vitrine. Je vous vois guidant les visiteurs, vous arrêtant devant une porte, ouvrant l’œilleton large qui ne laisse rien dans l’ombre. Expliquant le cas particulier apparu qui s’approche de vos visiteurs qui s’effraient, reculent, redoutant une exaction pourtant impossible. La camisole chimique est efficace. Ils regardent, écoutent vos commentaires, vous expliquez le cas, ses particularités, ce qu'il vous enseigna avant de continuer. Votre grand-père était un chasseur croyant sa liste complète mais découvrant que manque l’élément le plus important, le plus rare. Il se mit à le traquer refusant d'admettre qu’il était l’ultime élément. Il y a quelque chose de fou dans la hantise de ce qui manque sans se satisfaire de ce qui est présent. Il aimait comprendre comme les Jivaros aiment réduire les têtes. Le cas enregistré ne représentait plus rien. Il comprit en venant s’asseoir, il cherchait l’incompréhensible, une quête hors de sa portée. Alors il cessa de lutter, laissant un bilan positif mais regardant son destin comme un pantin regarderait ses fils. Il fut un prédateur ayant compris que l’humain est l’adversaire le plus redoutable, le psychisme le terrain le plus difficile. Derrière son bureau il pensait à sa proie sans besoin de sa présence, préparant le piège.

- Vous aimez l'idée d'inverser les rôles. Le gibier devenant traqueur.

- Ce mot me définit correctement. Vous avez aimé la chasse.

- Jadis, un matin, guettant des proies que je ne mangerais pas je pris conscience du ridicule de ma situation. Affligé de mon comportement j’ai brisé mon fusil et n’ai plus recommencé.

- Dès cet instant votre métier fut plus passionnant.

- Vous avez raison, il y a une forme de chasse dans ma profession, et le péril est plus psychique que physique mais pas moins inquiétant. Je préfère ma position actuelle, la folie est une ennemie fascinante.

- C’est en soi qu’elle devient un adversaire digne d’être affronté, au plus près. Vaincre est impossible, tel Antée elle retrouve ses forces en touchant le sol. Il convient de lutter intelligemment avec elle, sans confrontation violente. La sauvagerie lui appartient. Le mieux est de l’aimer plus que de la haïr, ainsi avons-nous une chance de faire durer le combat, sans réelle possibilité qu’il s’achève en notre faveur. Vous avez dit que vous ne mangiez pas vos victimes, mais ne peut-on, ici, parler de cannibalisme mental ?

- Le concept mérite qu’on s’y attarde, il pourrait être adapté à bien des comportement. Nous sommes des animaux régis par des lois que nous refusons mais qui n’en sont pas moins puissante, au contraire. Prédateurs, gibiers, la société s’explique ainsi.

- Finalement je préfère un rôle non basé sur de simples réactions au contexte, à la seule observance de lois archaïques et organiques.

- Vous êtes terriblement lucide sur les comportement humains, bien que vous vous soyez efforcé de vivre hors de la société.

- C’est l’inverse ! D’avoir compris mes contemporains j’ai préféré m’éloigner, chercher d’autres aspirations, ces tourbillons psychiques que je voulus connaître de plus près. Tourbillon, joli mot, vortex, tunnel s’ouvrant devant moi, m’attirant, j’ai envie de plonger, de disparaître d’un monde qui ne fut jamais mien. Physiquement je ne l’ai pas fait, semble-t-il, reste que ce tourbillon est un vieil ami, je comprends son langage, j’entends ses promesses.

- Ce n’est pas tout n'est-ce pas, une image revient et vous intrigue.

- Un pont, une rivière, des tourbillons, le mot est bien fort, quelques remous violents quand le débit est important. Je l’ai observé souvent, longtemps… Quelque chose se produisit en ce lieu, brutal comme un voile se déchirant ou se resserrant autour de moi. La nuit s’impose comme elle le fit alors que l’eau m'offrait une paix méritée.

- D’où veniez-vous ?

- De chez moi. Je me vois cessant d’écrire, sortant, ensuite nulle image ne me revient, nulle vision dont je sois sûr qu’elle vienne de ce temps. L’imagination s'appuie sur ce qui dû, logiquement, se produire. La brume épaisse envahit mon esprit. Je tente de trouver mon chemin, j’observe l’eau, l’écoute, la désire… Ai-je plongé ? Je l’aurais pu, qui aurait pu me secourir, m’empêchant d’aller vers mon avenir ?

- Le destin.

- Sommes-nous ses pions ? Sauter ! L’imagination est une complice, est-elle une amie ? Une gardienne m’aidant à délirer pour survivre.

- Vous redoutez ce pont ?

- Oui ! Le brouillard monte de la rivière, il pénètre mes os. J’ai du mal à maîtriser mon tremblement, je suis là pour plonger, le froid est un ami. Dans l’eau glacée mon agonie sera brève. Je suis partagé entre ce désir et son contraire : Mourir lentement, comprendre ce qui se passe, et, puisque mourir c’est se refroidir, dans ces eaux glacées je trouverais une mort à laquelle m’acclimater. Je lui lance le défi, la regarder sans baisser les yeux. Vous ne me direz pas ce qui advint, si j’ai sauté et croisé la mort. J’imagine mon corps se figeant, mon sauveur m’extrayant de mon tombeau liquide. Elle était douce et des mains hostiles m’empêchent de la rejoindre. Mon cerveau subit de graves lésions, je me souviens d’individus ramenés à la vie alors que leur température corporelle était tombée bien bas. Ce pourrait être mon cas. Au prix de ces cases noires dans mon esprit. Je vois l’avenir, mon corps se flétrir, mon esprit perdre ses capacités. Le moment venu laissez-moi mourir sans me placer dans une machine. Je veux bien être un cobaye de mon vivant mais à l’instant de mon agonie laissez-moi partir en paix. Être le repas des vers, vous savez que c’est le destin que j’attends. Nul ne me pleurera. Je suis une ombre du passé qui laissera derrière elle une trace vite effacée. Restera de moi le cas que vous présenterez, l’utilisation que vous en ferez, ne me trompez pas, ne me grandissez pas non plus. Vos confrères sont-ils là, en direct ? Y’a-t-il des caméras partout ? Est-ce l’arène nouvelle et moi le martyr livré au lion de la science que vous êtes ? Ce serait agréable, résister puis reconnaître ma défaite. Parler est un jeu, je laisse couler comme un orpailleur fouillant la rivière, cherchant une pépite, n’en trouvant pas. Ai-je le temps, le mur de l’oubli peut-il se fissurer ? Le brouillard est sournois, inconsistant, il fait perdre le sens de l’orientation. Je suis perdu, autour de moi une espèce de ouate se referme comme une eau s’infiltrant, noyant mon âme.

Dans l'Ombre des Murs - 7

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28 janvier 2009 3 28 /01 /janvier /2009 07:13
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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 07:09

 

Mon loulou,


Je suis bien aise de pouvoir t'écrire, cela faisait des siècles que j'en avais envie mais nul esprit ne m'avait confié sa plume pour cela. Nul doute que cette lettre arrivera devant tes grands yeux et tu la liras avec plaisir.

Combien de petites filles tremblent-elles en pensant à notre rencontre, de désir plus que de craintes, j'en suis certaine mais le reconnaître serait malséant n'est-ce pas, il est des choses que notre corps exprime, que notre esprit ressent mais que notre bouche ne peut exprimer clairement.

J'ai bien fait de ne pas suivre le droit chemin indiqué par ma mère, je suis convaincue que si elle le fit ce ne fut pas sans regret et que dans son inconscient, comme l'on ne disait pas à son époque, elle espérait pour moi des découvertes qui la faisaient frémir.

Te souviens-tu de notre première rencontre dans ces bois touffus desquels tu surgis pour m'interroger et que par mes réponses je t'indiquais le chemin de mon aïeule... Probablement elle aussi fut-elle heureuse de ta visite, qu'au moins une fois dans sa vie elle te connaisse, aujourd'hui l'âge n'est plus l'obstacle qu'il était de son temps.

Aujourd'hui tu n'es plus effrayant, au contraire et bien des jeunes filles sont heureuses de te rencontrer à maintes reprises avant que l'âge venant elles ne doivent rentrer dans le rang d'une banalité à laquelle j'échappe par la magie des mots qui me laissent vivre et revivre sans fin des instants bouleversants.

Nous sommes destinés à ne jamais nous séparer et ce que nous représentons est évocateur pour n'importe qui lisant ces lignes, que ce soit à ta place ou à la mienne.


Tes grandes dents me manquent, il est des morsures si douces que l'on en aime les cicatrices...


A très bientôt donc.


                                                                 Ton Chaperon

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27 janvier 2009 2 27 /01 /janvier /2009 07:04
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26 janvier 2009 1 26 /01 /janvier /2009 07:02
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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 19:19
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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 15:15
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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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