Je suis lisse et brillant, fait de bronze ou d'argent,
Les pies, les vaniteux sont nombreux devant moi,
Les autres n'osent pas, se regardent en biaisant,
Mais chacun veut se voir qu'il soit gueux ou bien roi.
Certains sont obsédés mais noient leur vérité,
Ils ne voient qu'illusion, leur reflet est mensonge,
Le faux est dans leurs yeux, le pire est évité,
Savoir ce que l'on est est l'acide qui ronge.
Regardes-tu ton front, cherchant la première ride,
Signe du temps qui passe, détruit pour reconstruire,
Ton reflet est moqueur, ta vie est insipide,
Si tu le comprenais tu n'aurais plus qu'à fuir.
Mais pour aller vers quoi, ton ultime reflet,
Celui d'un crane nu, souriant d'enfin savoir,
Que la paix vient souvent d'un ego désenflé,
Oubliant l'illusion et enterrant l'espoir.
Je suis lisse et glacé, tentant et menaçant,
Alors ferme les yeux, apprend ce que je sais,
Deviens ce que tu es, disait-on dans le temps,
Si moi je réfléchis tu pourrais bien penser !

