J'aime la nuit, surtout quand elle est douce comme celle-ci. Les nuages cachent la lune mais la pluie s'est arrêtée depuis un moment, dommage, le bruit des gouttes me rappellent mon enfance, dans le silence de ma chambre je m'endormais rasséréné.
Mais je ne suis pas là pour somnoler, j'attends qu'elle se réveille en écoutant le souffle de sa respiration, si régulier qu'il semble ne pas être naturel, ça tombe bien, il ne l'est pas, c'est l'effet du gaz que j'ai diffusé dans leur maison et qui me permit d'y progresser comme chez moi.
Le hasard décide, je les ai croisés dans la rue, elle était si jolie que je me suis retourné sur son passage, admirant les courbes de son corps, imaginant tout ce qu'elle et moi pourrions faire. Je l'ai suivi, elle et celui que j'imaginais être son mari, fier d'avoir à ses bras une femme trop belle pour lui.
Belle maison, un quartier tranquille, pas de voisins à proximité, leur bonheur est tel qu'ils n'imaginent pas sa fragilité. Ça tient à si peu de choses, une mauvaise rencontre et l'édifice patiemment bâti s'effondre en quelques minutes.
Le destin est ironique.
Ni chien, ni enfant, une porte de derrière facile à forcer, quand tout est trop simple le plaisir que j'y trouve se réduit, je suis obligé de me rattraper par la suite.
Sur elle !
Le meilleur moment sera son réveil, les yeux dans le vague, une indéfinissable impression d'anomalité puissante comme une lumière en plein visage. Elle va se tourner vers son mari, tenter de lui parler, de le réveiller, deux choses impossibles, ses cordes vocales sont paralysées et lui est mort, la chimie permet de s'amuser proprement et discrètement. Je lui expliquerai alors ce qu'elle et moi allons connaître.
Inutile que j'en dise plus, qui sait si quand vous vous réveillerez je ne serais pas près de vous...

