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1 juin 2009 1 01 /06 /juin /2009 05:50

 Survivre au Mal - 7

                                                  8


Les communiqués de la préfecture sont sibyllins, difficile de masquer le vide d’une enquête débutant. Comment en un jour mettre la main sur un tueur intelligent et pervers ? La routine est utile, vérification des individus fichés, des malades mentaux plus ou moins en liberté, mais les pires savent se dissimuler et si, parfois, un pensionnaire en récréation d’asile se fait prendre d’autres ne sont jamais repérés et mourront en emportant leurs secrets et leur tableau de chasses.

Il ne croyait pas à une piste trop évidente. Certes la folie progresse, elle apparaît tôt mais ses premières manifestations ne sont pas des homicides, seulement des comportements particuliers que les parents voient rarement, trop de changements interviendraient. Là, proche, l’étrange et le monstrueux se font concurrence et nous évitons le miroir qu’ils tiennent devant nous.

Tuer des mouches ? Empoisonner les chiens du voisinage, casser ses jouets ? Un enfant agissant ainsi ne devient pas, forcément, un tueur en série. La démence dangereuse laisse une place à la lucidité afin de savoir comment dominer discrètement afin d’agir plus violemment ensuite. Elle astique ses serres derrière une apparence trop sage. Oui, méfions-nous d’abord des enfants trop tranquilles jouant dans leur coin sans s’intéresser à leurs camarades, lesquels se tiennent, instinctivement, à l’écart. La folie leur tend une main secourable et leur offre les paysages infinis du délire.

Tuer c’est aussi couper son propre cordon ombilical, trancher la corde qui fait lien avec le réel et autrui, une corde qui serre, retient l’esprit voyant s’ouvrir devant lui un espace infini prometteur de plaisirs et de satisfactions prodigieuses. Il lui suffit de céder à la tentation. Qui peut séjourner dans le désert et continuer à dire non ?

Qui ?

Diatek sait qu’il pourrait n’être que le second !

Un criminel de ce genre revient rarement sur les lieux de son crime, il l'emporte et le revit jusqu'à ce que sa faim se réveille.

Les regards les plus avides sont ceux des innocents. Mais… N’être pas coupable est-ce être innocent ?

L’expression contrite dissimule le regard souriant, la mine apitoyée étouffe les murmures déçus de ne pas en voir plus, de ne pas avoir été là alors que ceux qui ont ce regret ne l’auraient pas supportés.

Il manque de criminels tant le nombre de victimes "méritantes" est élevé !

Témoignages à compiler, affirmations à vérifier, recoupements à effectuer. Un troisième crime différent, la victime est sortie d'elle-même sans se douter de ce qui l’attendait. Pas de lutte, tout fut rapide, une main frappe un enfant content d’échapper à la protection parentale, si pesante, si utile. Il n’a pas compris. Comment dans une société refusant la mort, injectant du formol mental pour faire croire à l’éternelle jeunesse, à l’éternité bientôt accessible. Comme si cette dernière n’était pas la pire malédiction.

L’assassin joua finement, se tenant sur les dalles de pierre formant chemin pour ne laisser aucune trace derrière lui.

Outre le sang figé du cadavre est évident celui, froid, du tueur, qui appela sa victime alors que ses parents étaient proches. Le rendez-vous avait été pris avant, ainsi l’enfant n’avait-il pas été étonné.

La petite rue est si tranquille. Peu de fenêtres en hauteur, encore que l’hiver fasse qu’elles sont fermées pour se protéger d’un froid que le garçonnet brava pour s’approcher d’un autre plus profond et définitif.

La première victime avait été choisie, le forfait mûrement réfléchi, une fois commis il interdisait tout recul. Le deuxième enfant s’était présenté de lui-même, manipulé par les circonstances. Le pli était pris, la folie meurtrière ne pouvait plus se satisfaire d’images, se nourrir d’attente, elle voulait être alimentée encore d’où la nécessité de puiser dans l’environnement une proie facile. Ce troisième cadavre sentait le coup de fringale à contenter sur-le-champ. La mémoire avait été ouverte au chapitre des connaissances, l’obsession était impérieuse. Tuer est un soulagement temporaire.

Diatek le comprit rapidement, c’était écrit en lettres invisibles sur les feuillets de l’évidence. La silhouette du tueur ne lui apparaissait pas, pas encore. Il redoutait de s’en approcher pour mieux la distinguer, pour laisser passer en lui les flots de peur expliquant ces assassinats.

Malheureusement il ne put couper à la conférence de presse, trois cadavres sont une pâture attirant trop de bêtes à micro, à caméra, à stylos. " Nous faisons le maximum… Tout ce qui est en notre pouvoir… Moyens considérables en hommes, en matériel… Nous… "

- Et vous commissaire ? Vous semblez jeune pour mener la traque ?

- Je semble seulement. La valeur n’attend pas le nombre des années vous le savez. L’âge ne porte pas en soi les qualifications requises. Je connais mon métier. Tous nous souhaitons conclure rapidement, cela implique une discrétion déplaisante mais nécessaire.

- Vous semblez faire peu de cas de vos obligations médiatiques ?

- Merdiatique.

- Grâce à nous vous deviendrez une vedette.

- Je laisse ce désir aux Mères Denis de l’actualité.

- Passer de l’ombre à la lumière vous éblouit.

- Celle que vous offrez est artificielle.

- Les médias font partie du paysage maintenant.

- Comme les tours de béton et les décharges publiques, oui.

- Vous ne souhaitez pas entretenir de bons rapports avec nous ?

- Pour ce qui est des rapports je les préfère autres, quand à ce pluriel de majesté à vous de savoir s’il est justifié ou révélateur. Les obligations périphériques à mon métier sont de pénibles contraintes. Je suis policier, rien de plus.

- Et nous journalistes, rien de moins.

- Et pour cause !

- Vous avez besoin de nous.

- Je ne parle pas de mes besoins en public.

- Ce n’est pas ainsi que vous obtiendrez notre collaboration.

- Qui dit que je la recherche ?

- Vous préférez travailler dans l’ombre et le secret.

- Je préfère la méthode qui me convient, du moment qu’elle donne des résultats c’est suffisant pour moi. D’autres dans la profession sont heureux de se montrer, de faire parler d’eux, maintenant vous faites partie du décor, vous arrivez plus vite que les mouches. A la différence qu’elles sont utiles. Aucune de vos questions ne concerne l’enquête, quand celle-ci aura donné des résultats nous aurons peut-être l’occasion de nous revoir en attendant vous pourrez dire du mal de moi ça n’a aucune importance.

Tranquillement le policier s’éloigna, laissant derrière lui micros et caméras. Kah l’applaudit silencieusement, heureux de n’avoir pas eu à affronter la horde des charognards.

- Pas mal, vous avez l’habitude de vous exprimer ainsi ?

- Je vais me faire taper sur les doigts. Je n’attends pas d’articles élogieux, quand au contraire ça m’indiffère complètement. A mon avis il n’en diront pas lourd, ils garderont ça pour une prochaine fois, je leur souhaite de la patience. Facile de tenir tête à ceux qui ont de grandes gueules mais de petites dents.

- Jolie formule.

- Oui, j’en suis content.

- Être populaire vous paraît inutile ?

- Populaire est un mot que j'associe à soupe… Un journal n’est pas le meilleur papier pour s’essuyer ! Je ne vise pas de siège électoral, de poste important, je n’ai pas à ménager de susceptibilités, de fausses vedettes. Se mettre à genoux n’est pas la solution, au contraire

- La diplomatie est une qualité.

- Je sais en faire preuve quand les circonstances l’exigent.

- Ce n’était pas le cas ?

- Oh non ! L’obligation de paraître me dérange. Si le tueur est arrêté rapidement mes déclarations passeront et ils m’emmerderont moins dans le futur. Média et médiocre ont une même origine étymologique. Vous aimeriez devenir une vedette ?

- Vedette est un grand mot, je me souviens de célèbres commissaires venant à la télé expliquer leur travail, c'était intéressant.

- Tout dépend de qui maîtrise le jeu. Ne vous laissais pas griser. Quand nous aurons solutionné cette enquête vous serez au premier plan, moi je suis un sauvage.

- Vous ne redoutez pas qu’un journaliste soit intéressé par votre personnalité, qu’il soit tenté d’en savoir davantage sur vous ?

- Et alors ?

- Vous êtes un homme étonnant, un policier… Comment dire ? Qui eut une carrière discrète, sinon obscure.

- De quoi intéresser des fouille-merde…Pourquoi se faire du souci par avance ? Affrontons les problèmes quand ils sont devant nous. S’il faut prendre des cours de communication pour faire son métier...

- Si nous changions de sujet.

- N’oublions pas que nous avons un tueur quelque part, actif, féroce et efficace. Chaque crime le rapproche de nous, pas l'inverse ; nous le poursuivons mais lui s’efforce, avec des moyens personnels et dramatiques, de briser la cage de silence qui l’entoure.

-C’est étrange de fonctionner ainsi, par impression.

-N’est-ce pas ? Le flair est-ce un mélange d'expérience et d’intuition, la capacité à laisser son cerveau fonctionner sans le contraindre par d’abusives règles. Est-ce si étrange de se passer de chaînes ?

-C’est inhabituel.

-Le mot est bon, inhabituel. Anormal diraient certains qui prennent la routine pour un obligation alors que c’est seulement un tranquillisant.

- Il se peut que je me trompe mais il me semble que vous prenez très à cœur cette enquête. Qu’elle a une signification personnelle ?

- Je l’utilise ainsi, symboliquement bien sûr. Chaque événement évoque en nous des échos utilisables, pose devant nous un miroir dans lequel découvrir une image nouvelle, et inquiétante, de nous, est possible. Pourquoi un crime d’enfant nous touche-t-il, ou un meurtre de vieillard ? pourquoi sommes-nous indifférents aux milliers de décès quotidiens ? La mort est présente, active, nous faisons notre possible pour ne pas le comprendre, pour ne pas l’admettre. Nous la voyons frappant un enfant, nous baissons les paupières devant les ravages de sa faux.. Combien de morts seraient évitées avec de petites modifications de comportements. L’époque trouve là une expression révélatrice de ce qu’elle est, de ce qu’elle veut ou vaut. Pourquoi la folie meurtrière tient-elle la vedette alors qu’elle n'est pas nouvelle ? Que nous dit-elle d’une nature humaine refusée et qui a trouvé cet alibi pour se libérer ? Quelle soif étanche-t-elle ? La société nous pose de plus en plus de poids sur le dos, nous sommes partagés entre la satisfaction de nous courber, d’être comprimé, encadré, dirigé et la volonté ancrée en nous de nous redresser pour choisir un chemin plus satisfaisant. La vie ne se satisfait pas de lâcheté et s’exprime à sa façon. Nous habitons des hôtels particuliers ou des HLM mais tous nous oublions sur quoi ils sont érigés.

- Voilà qui captiverait les journalistes, les vrais, les curieux.

- Nous évoquerons le sujet plus tard. Nous avons tant d’informations à collecter, ces crimes sont des lignes qui se recoupent. Il suffit de si peu pour découvrir une piste et attraper l’assassin. Un indice nous crevant les yeux sans que nous comprenions son importance. L’intuition est utile dans ces circonstances, laisser en nous les pensées s’interpénétrer et espérer qu’une illumination viendra éclairer nos doutes et solutionner nos interrogations.

- Un quatrième aurait d’importantes répercussions. La ville est en état d’alerte, tout peut arriver maintenant.

- Une étincelle mettrait le feu aux poudres. Rien de tel que de bons dictions puisés dans le savoir populaire pour résumer une situation.

- Une étincelle de démence embrasant une poudrière de folie.

- Une formule digne de moi !

- Je le prends comme un compliment commissaire.

- C’en est un. La folie… Ce genre de crimes est-il inutile ? Nous baignons dans une lumière artificielle, nous immergeons dans une société virtuelle, quel moyen pourrait employer la nature pour secouer notre assoupissement ? Elle est attirante, présentée comme une porte vers la liberté. Une vitrine plutôt ! Je comprends qu’il soit fascinant de disposer du pouvoir de vie et de mort, mais c’est une illusion, tuer n’est pas cela, au contraire. Une liberté sur écran, pour spectateurs assoiffés d’hallucinations ! Comme l’univers, supportable par la télévision, redoutable, seul, la nuit, par l’évidence mise sous notre nez. Mais cela nous éloigne de notre affaire.

- Vous revenez dans votre ville pour vous poser ces questions et voilà que ce sont elles qui vous sautent sur le dos.

- Elles me guettaient.

- Vous espéraient.

- Comme si leurs réponses devaient me conduire au tueur.

- Symboliquement, par une libération intellectuelle.

- C’est tout à fait ça, vous étiez bon en psycho ?

- Pas mauvais, et vous ?

- Aussi.

- Mais vous avez raison, nous dérivons.

- C’est mieux que de délirer. Le problème en la circonstance est que nous ne pouvons déguiser un policier en nourrisson.

- Le tueur ne se laisserait pas prendre. Il tourne à plein régime et ne tiendra pas longtemps. Les ténèbres l’envahissent, le dissolvent.

- La liberté se masque d’ombre.

- C’est magique de parler si bien.

- C’est facile, tentateur pour aligner des phrases semblant sensées mais ne voulant rien dire. C’est le moyen de critiquer et de se placer au-dessus des autres, j’y cède souvent alors que je ne suis pas si différent que je le voudrais. Si nous pataugeons dans la merde c’est qu’il y a partout des trous du cul la produisant et je dois à la vérité de dire que j’en fais partie.

- Il y a une bonde quelque part pour l’évacuer ?

- Espérons-le, mais qui plongera pour la chercher.

- Un fou.

- Oui, un…

                                        * * *

Cette vitre est une transparence trompeuse, elle fait de cette prison sans barreaux au fond de laquelle croupit une âme qui sait que pleurer ne résoudrait rien, qui ne veut plus chercher, ne peut plus comprendre et en souffre encore davantage.

Fini les larmes, les cris, seul subsiste le silence renvoyant les échos d’un vide qui ne mérite pas ce titre alors que rien ne pourrait le combler. Il n’y a plus de mots, de bouche pour en prononcer, de main pour se tendre loin de ces murs devenus rassurants maintenant, plus loin, au-delà, ce pourrait être pire que le pire.

Le corps bouge, se manifeste, programmation sociale, rien de plus. Ne peuvent en voir l’aspect véritable que des spectres gorgés de terreur, damnés, ils ne sont pas aussi nombreux qu’on croit !

Des bancs de brume veulent échouer l’esprit, se retirant ensuite afin qu’il constate sa réalité, que son désespoir grandisse de se sentir proche du salut sans pouvoir l’atteindre.

L’agonie devient parfois promesse de paix.

Les mains ne savent plus, la bouche a oublié sa nature, le regard perçoit un amas de formes en mouvements. L’appartement est joli, les parois couverts d’un beau papier. Mais qu’y a-t-il derrière? Quelles monstruosités coulant des parois pour submerger le monde ? Quelles horreurs errent-elles dans les rues et les chemins en riant d’une satisfaction diabolique ?

Les doigts perçoivent la dureté des murs, la joue demande un froid qui ne peut, encore, s’imposer. Le rempart n’est pas achevé, il est nécessaire d’en boucher chaque interstice, qu’il soit opaque.

Les voix du dehors sont un piège, un tas de mensonges, des mâchoires en quête d’une proie tendre et délicate, des crocs, des crocs… Bleus.

 

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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 06:42

 

Écrire, raconter ma vie, cela me semble vain, pourtant j'en fais encore l'essai, sachant qu'il ne sera pas transformé, le besoin de clore mon histoire me fait retrouver cette habitude. Enfant je tenais mon journal, notant ce qui me passait par la tête ou m'arrivait, en vrai ! Tout me semblait fantastique, et l'était ; tout était découverte, le monde était paré de mille couleurs. Elles sont passées, mes illusions ont été aspirées dans l'abîme du réel, antre obscure où le quotidien détruit les rêves. Je n'ai pas de regret, qu'en faire ? Mon quotidien est banal au point que chacun peut l'imaginer.

Flashback, il y a quelques semaines j'apprends que mon géniteur est au plus mal, la nouvelle ne me surprend pas, elle ne me touche pas davantage. N'était-il pas responsable de mon acte ?

Ce secret l'accompagna vingt ans. lui aussi !

Mais que restait-t-il de vivant en lui, comme en moi ? Pendant des années je ne me suis plus posé la question, c'était loin, ailleurs, dans les pages du journal qui reçurent mes aveux. J'ai crié sur une page, pleuré sur la suivante. Échos résonnant dans une ancienneté telle que nulle curiosité ne devrait les retrouver. Mes larmes sont fossilisées.

Bref, j'appris l'agonie paternelle, son fantôme était mort depuis...

Deux puits ? Voilà ce que nous fûmes, l'un est comblé maintenant, j'occupe l'autre. Loin, au-dessus, une tache d'espoir se moque mais il m'est interdit de l'atteindre. Dans l'obscurité mon esprit s'interroge, ma solitude est-elle aussi totale que je pense le souhaiter ?

Je me perds dans ces feuillets, écrire est difficile, les mots pèsent et l'encre devient rouge devant moi. A quoi bon l'émotion, n'est-elle pas inutile puisque ce cahier attendra sous un linceul de poussière d'être lu. Qui, déchiffrant mes pattes de mouches devinerait leur sens ?

Au seuil de la mort peut-être le brûlerais-je, pour tout effacer, pour que personne ne sache, ou je l'emporterai dans mon cercueil, il me tiendra compagnie, il me rappellera, il m'interdira d'oublier.

Je ne suis allé le voir qu'une fois, je ne l'ai pas touché, il me répugnait, les vieux, les malades me dégoûtent, nous nous sommes regardés un moment, les mots étaient inutiles, nous savions à quoi nous en tenir, je n'avais pas pardonné, ni à lui ni à moi. Comment l'aurais-je pu ?

Les souvenirs sont implacables, je n'ai rien oublié, rien... ni du bruit, ni de la peur qui me tenait, le fusil était si lourd... Qui se douterait que c'était moi qui l'avais chargé ? Mon oncle aimait chasser, il était fier de ses armes, il a cru que je jouais, et puis il a croisé mon regard, avais-je des yeux d'enfants à cet instant, je parierai que non, je pleurai en relevant le canon, il s'est approché, j'ai tiré...

Le soir même j'ai dit à mon père que je l'avais tué, que je l'avais tué, lui, par personne interposée ! Il était mort et personne ne le voyait, seuls lui et moi savions. De cet instant il n'osa plus m'importuner.


Sa seconde mort est la mienne, je m'en aperçois en l'écrivant ; d'une balle je fis trois victimes, dont une innocente... Je n'en conçois pas de remord, je suis le fils de mon père !

La justice humaine ne m'atteindra jamais, peut-être, un jour, devrais-je passer devant l'autre, si Elle existe.


Peut-être...


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31 mai 2009 7 31 /05 /mai /2009 06:30
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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 06:10

 

L'on me voit en symbole,

Plein de magie, une auréole,

J'impressionne le manant,

Même au sommet d'un fainéant !



À l'autre bout du temps,

C'est la pierre que je décore,

Dernier abri du précédent,

Je suis de fleurs et non plus d'or.



Dans un pli du portefeuille,

Couvrant un chicot de baronne,

Du trône jusqu'au cercueil,

Quoi de mieux qu'une couronne ?


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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 05:52

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 05:54
Survivre au Mal - 6 
 

                                                   7
 

Il s’est nourri d’émotions violentes, de plaisirs pervers. Fuyant sans bouger, hamster dans une invincible cage, usant ses pattes sur une roue de vie pour moudre un temps qui n’existait plus.

Quand il s’arrêta un grain de sable tomba dans le sablier.

La nuit est lente, l’obscurité s'emplit d’anciens murmures tissés par mille derniers souffles. Il écoute les voix émanant de mondes qui ne devraient pas exister, distingue les corps qui jamais ne grandiront et qui sont là, près de lui, bûchers d’enfances détruites prêtes à se sacrifier, à s’offrir pour, par lui, goûter la vie et mériter le néant.

Une âme massacrée peut encore trouver le repos. Et la sienne ?

Il ne lutte pas, encaisse les chocs, le séisme mental venu du fond des âges et qui l’atteint par les failles de son passé.

Mais qui survit vraiment ?

Il sourit des mots qui viennent, des phrases naissantes. "Tu fais trop littéraire…" Voilà ce qu’elle lui dirait, elle, si proche, une vie que la main peut saisir, que le cœur peut mériter quand l’âme bat le rappel de ses souffrances comme d’autant de raisons de ne pas bouger.

L’amour ? Un corps sur un autre, sur du vide, le néant qui s’amuse.

S’il y croyait encore…

Deux âmes sur un chemin, similaires. La souffrance appose son sceau sur les esprits et leur permet de s'identifier. Dommage qu’ils s'évitent. Voir son semblable masqué peut amener à lâcher le sien.



Un bruit sourd, des fragments sur le sol, un courant d’air sur le visage, le désir à nouveau de respirer, l’affolement en constatant que c’est possible. Peur ?

Tuer est impérieux, tuer l’autre faute de se trouver. Satisfaction qui, assouvie, disparaît. Un peu de temps gagné à cultiver un faux espoir.

La mort est le salut, ils le savent et l'appellent en fuyant. L’amie aux bras si doux, si rassurants. S’y perdre, ne laisser de soi qu’une flaque de néant sur laquelle les autres marcheront sans la remarquer.

Il sait, il sent. Ses… Leurs sensations, leur similitude. Le monstre est proche et l’aide plus qu’aucun ami ne l’aurait pu.



Derrière les volets clos chacun sait ce qu’il faudrait faire. Les mesures sont faciles à prendre afin de rétablir la sécurité, rassurer les braves gens. Les enfants sont surveillés, un monstre peut surgir de la nuit, frapper, tuer, laisser en s’en allant le corps brisé d’un enfant.

Si c’est chez le voisin…

La nuit est glacée, le ciel trop clair laisse fuir la faible chaleur de la veille. Le tueur est-il dans cette famille heureuse ? Est-ce cet homme seul que ses voisins ne remarquèrent jamais, avant aujourd’hui ?

Discret rime avec suspect. Coïncidence ?

Avec le temps un peut être ressemble à une preuve.

Des couples s’agitent pour oublier un danger qui ne les menace pas. Qui peut s’affirmer à l’abri derrière les statistiques ? Le calme est excitant pour qui vampirise la douleur des autres.

Diatek tourne la tête, sur la chaise nounours le regarde, un cadeau avec son nœud papillon rouge de travers. Il a passé l’âge de lui parler et pourtant il a envie d’un geste, de le prendre, de se réchauffer au froid d’une peluche.

Jouet ?

Tous ne sont que cela ! Joujoux sans valeur qu’un caprice peut briser. Faible risque, pour laisser de côté celui d’affronter sa conscience. Le vide se remplit à coups de désespoir, de larmes, d’instants de rage.

Il l’aurait voulu…

La loi est peu distrayante, le permis est moins stimulant et libérateur que l'interdit, maintenant abattre un tueur d’enfants lui serait difficile, même si cet assassin eut le bon goût de n’occire que des mâles. C’est masculin, c’est moins que rien se plait-il à dire.

En espérant que ce soit vrai !

Il ne sème pas, sinon de petits lambeaux d’être dans l’idée à peine reconnue de pouvoir reculer pour se retrouver.

Victime n’est pas une qualité ! Il n’existe pas de contes créditant la douleur que le titulaire pourrait utiliser. La souffrance passée ne se dépense pas sur les autres.

L’enfant mort ne sent plus rien, lui !

Une famille s'ignore amputer, la mort prit le visage convenable.

La peur a faim.

Diatek ne se voit pas le tuer, sa haine est éteinte, le dégoût de soi qui rejaillissait sur les autres. Pourtant un monstre est plus rassurant mort qu’emprisonné avec lequel on se trouve des ressemblances.

Dire qu’il préférait le couteau... Le contact humain.

La fatigue semble amicale, le danger est patient, son sourire écarlate difficile à écarter.

Des ombres attendent derrière la porte, espérant leur fin proche. l'enfant a peur mais joue avec elles quand il n’a personne d’autre.



Le silence était total, il avait oublié qu’il avait oublié, dormant avec la radio pour s’éveiller loin de son désert, ridicule ! L’homme intelligent n’est jamais seul, dit-on, mais être homme c’est être solitaire. Alors ?

Les larmes ne submergèrent pas les souvenirs, son supplice l'ancra dans le réel. Sa recherche de cousins d’âme était quête de la sienne.

Un couteau, manche bleu, tuer, tuer… Tu es…

Rien murmure l'ombre, un mirage pour toi que les murs contiennent.

La lumière fait mal en réveillant, la part de soi que l’on refuse en est plus puissante. Nier sa culpabilité ne l’altère pas. Se vouloir étranger n’atteint pas la réalité.

Enfant, des monstres dansant autour de son lit, il s’endormait, certain d’être protégé.

De qui ?

" Tu es le Diable ! " Lui dit-on un jour. Il aurait voulu n’être que cela !

                                        * * *

Difficile de définir le bonheur, il se fait remarquer plus par son absence que par sa présence, par le bruit qu’il fait en partant.

Une mère se lève, un jour normal, aucune raison qu’un événement vienne désorganiser la routine familiale. Les enfants à réveiller, le petit déjeuner, bref les activités ménagères qui lui sont dévolues.

Si l’imprévisible était attendu il perdrait tout intérêt. Le temps d’un regard tout est changé, un faux pas, un moment d’inattention, une autre direction prise. L’erreur se concrétise, on veut reculer… Trop tard ! La nouvelle réalité s’impose sans même y prendre plaisir.

De loin c'est parfait. Couleurs vives, formes douces, paysage ouvert. De près les teintes sont criardes, les formes fragiles guettent le souffle destructeur. Le sol est nu. Les autres continuent pourtant, leur chemin est-il différent où ne voient-il pas ce qui se passe ?

Chacun des enfants a sa chambre, au rez-de-chaussée une grande pièce fut divisée afin que chacun se sente chez soi, responsable de son espace. Une fenêtre étroite donne sur un petit espace vert, plus loin un muret protège de l’extérieur. Une rue tranquille. Quelques arbres luttent contre le froid, le printemps leur fera du bien.

Pour eux il reviendra.

L’habitude la guide, d’abord le plus jeune, c’est lui qui met le plus de temps à se lever, ça lui passera dans quelques années…

Une seconde donne l’idée de l’éternité. Le temps d’ouvrir une porte, que naissent sur les lèvres quelques mots qui se perdent dans un murmure d’incompréhension.

D’un coup le silence est trop lourd, la ville trop lointaine, ce lieu si tiède exsude un froid angoissant, insupportable.

Allons ! Elle se rassure, le garnement a voulu faire une farce, c’est tout lui ça, il s’est réveillé tôt et en profite pour se faire remarquer, il aura droit à une sévère remontrance sitôt qu’elle l’aura trouvé.

L’autre chambre, le grand, sûr que c’est un coup mis au point entre eux, elle va attendre, faire semblant de chercher, ils croiront avoir réussi leur affaire.

Un doute pourtant, et s’il n’était pas là ? Impossible, elle les connaît ces petits diables, toujours prêt à la faire bisquer, sans méchanceté, par goût de blaguer, pour mettre de l’animation dans la maison.

Le pire n’arrive qu’aux autres c’est connu, pourtant une crainte subtile s’insinue en elle. Elle a peur pour rien, combien de fois imagina-t-elle le pire alors que l’un des deux s’était attardé chez un petit camarade ? Jamais elle ne vit ses craintes confirmées, jamais…

La lumière du couloir éclaire l’autre chambre. Le lit… Une seule forme y est étendue.

Le temps d’une profonde inspiration, quelques pas… Personne sous le lit, derrière le petit bureau, force lui est de se rendre à l’évidence, il n’y a qu’un seul enfant ici.

La maison est grande. Il s’est planqué ailleurs, ce petit malin a prévu qu’elle irait voir chez son frère, il a trouvé une autre cachette.

La cuisine… Non ! le salon, derrière le divan ou le grand fauteuil, c’est sur qu’il se trouve… ailleurs ! Les toilettes, la salle de bain, derrière le rideau de douche, ce serait bien de lui d’avoir choisi cet endroit.

Mais non, tout est vide, froid, désert.

Son mari qu’elle est allé trouver la rassure, il s’est mieux caché qu’elle le pense, il a pu changer de cachette en cours de route, ainsi tout s’explique, inutile de se faire du souci.

Dans sa propre chambre, derrière la porte, sous le lit… Il n’y a personne, la porte d’entrée est fermée de l’intérieur, la fenêtre de la chambre aussi et… Non ! la fenêtre est juste tirée de l’extérieur, en la poussant elle s’ouvrirait, de même les persiennes sont habilement coincées pour donner l’impression d’être normalement close.

Si son épouse ne le trouve pas dans la maison c’est sans doute qu’il ne s’y trouve pas. Il pousse les persiennes, l’air glacé le fait à peine frissonner tant l’inquiétude le coupe des perceptions extérieures.

Se penchant il cherche des traces.

Il recule, titube en fermant les yeux, sa femme se précipite, le bouscule, à son tour elle regarde vers le sol…



La réaction de chacun trahit sa nature. Pour l’un c’est l’envie d’aider, pour l’autre la méfiance, chez un troisième la curiosité domine.

Le hurlement traverse la rue, frappe aux fenêtres, réveille les esprits. Dans le tas un pense à téléphoner à la police, on ne sait jamais.

La douleur trop violente s’anesthésie, au début, la souffrance est niée, la réalité recule, le passé n’a plus de sens, demain c'est quoi ?



Le cadavre du cadet de ce couple vient d’être emporté quand il tente de répondre aux questions, sa femme est alitée dans leur chambre, aidée par une injection pour trouver un calme précédant une tempête intérieure qui ne laissera rien intacte derrière elle.

Les caméras ont pris place autour de la maison, la réduction de leur taille les rend aisément transportables, un homme seul peut à la fois filmer, s’occuper du son, du commentaire et de l’investigation, sommaire, nécessaire pour le préparer. Quelques mots, le papier ne manque pas, en rouleaux !

                                        * * *

La mort est tabou de près, en vrai, en proche. Chez le voisin elle est spectacle, réjouissance, plaisir malsain mais plaisir avant tout quand elle passe dans la boite à horheures fixes.

Elle est belle et monstrueuse, la différence est ténue. Fascinante au loin elle terrifie à mesure qu'elle s'approche. Elle s’empara d’un enfant en giflant celui qui se voit hors de sa portée, croyant qu’existe un domaine où sa loi ne peut s’imposer.

Il est des esprits (?) se nourrissant de charognes pour oublier qu’ils sont corrompus, rongés, boursouflés par les gaz de la décomposition.



La camarde s’ennuie à moissonner ces épis si petits, si friables, rares sont ceux qu’elle met de côté comme promesses d’une récolte magnifique à venir. Ces graines éclatent entre ses doigts en libérant d’infects miasmes. Et pourtant la masse pourrissante des vivants recèle ici ou là, oui, là ! Quelques perles dignes de poursuivre leur chemin, de faire progresser la vie, de lui préparer un prochain festin.

Des mots murmurés, la laideur attire plus que la beauté, elle fait moins peur, sans doute parce que proche de chacun. Ce pauvre petit, innocente victime, un ange maintenant...

Une promesse d’avenir soufflée par la folie.

Promesses… Hitler ou Pasteur ?

La mort ne se frotte pas les mains, elle attend de se les laver !

                                        * * *

Des spectateurs défilent, vampires aux dents qui, pour être factices, n’en sont pas moins pointues. Le malheur des autres fait plaisir à voir. Pour les curieux habitant loin nul doute que l’office de tourisme, une fois l’affaire réglée, ne mette en place un circuit suivant les crimes, avec photos des victimes dans la pierre. À notre époque il faut faire flèche de tout bois, y compris celui des cercueils, s’ils sont petits il y en a moins, cela requière une plus grande efficacité.

La mort d’un enfant permet toutes les exégèses, ses parents le diront parfait, intelligent, riche d’avenir. Il sera sage, disponible. Pourtant combien de monstres eurent-ils la tête tranchée avant de pouvoir mordre, combien de dictateurs ne purent-ils s’exprimer, rendus muets par la pointe d’un couteau. Le drame a une saveur particulière quand il libère ses effluves de douleurs, d’envies sombres et refoulées, ses pulsions maléfiques que VOUS n’assumez pas. Rassurez-VOUS, tout près, un monstre œuvre pour NOUS.

Des gens ont vus, entendus, des ombres furent aperçues, chacun porte en soi un soupçon dont il entend faire profiter la société, sans vouloir faire de tort à quiconque, bien entendu, ce qui est rapporté l’est au conditionnel, avec un sourire à peine est-ce qu'y sait.

La tension circulant dans les rues est perceptible, nul besoin d’avoir mauvais esprit pour deviner craintes et interrogations, maintenant chacun sait qu’il ne faut plus se fier à n’importe qui, qu’un sourire amical peut dissimuler des crocs avides, qu’une main offrant un bonbon peut le remplacer par un couteau, le pire est toujours proche, il prend n’importe quel visage, y compris le sien.

Voire… le MIEN !

La peur est agréable à petite dose, à distance, un danger lointain fait frémir, de plaisir, proche il devient angoissant. Que fait la police ?

Les caméras circulent, la ville sera montrée, utilisée, les endroits bizarres dévoilés, les particularismes soulignés. La monde a les yeux braqués sur cette cité moyenne et tranquille.

Diatek ressent cela, son expérience lui fait remarquer les détails par lesquels le trouble apparaît à la surface de comportements se voulant habituels mais révélant les efforts faits pour tricher. Lui qui espérait le calme pour son retour, qui voulait réfléchir dans un quotidien apaisant et routinier n’est pas déçu. Rien que pour cela il devrait en vouloir à cet assassin qui l’a attendu avant de se laisser aller à ses pulsions.

Il fut souvent confronté à la réalité du pire, à son appétit incoercible, de se remplir de la souffrance de l’autre, pour lutter contre la sienne.

La sienne, lasse hyène ?

Il regardait les cadavres, observait les blessures, supputait sur l’arme utilisée, la nature du criminel. Il y a là, près de chacun, des possibles auxquels peu osent penser.

La route normale est éclairée, au milieu, les bords sont obscurs, le sol est inégal, qui se penche dans l’ombre devine des formes curieuses, des apparences trompeuses, forcément, cela ne peut exister, ne peut être permis, on le saurait. Mais non, il est facile de refuser de voir, de s’interdire de comprendre.

Son plus grand regret est la célébrité qu’il voulait fuir et qui l’attendait chez lui. Il connaît les journalistes, leur culte du scoop, du n’importe quoi tenant le curieux en haleine. Une tache de sang, de l’inédit susceptible d’évoquer des mystères inquiétants. Est-ce le goût affirmé des téléspectateurs ou le leur ?

On ne peut pas avoir le leurre et l’argent du leurre !

Avec lui ils ne seraient pas déçus, sa carrière est une ombre gorgée d'atrocités, des moments à garder loin de la place publique.

Qui les supporterait ?

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29 mai 2009 5 29 /05 /mai /2009 05:48
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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 06:10

 

Il est doux de voir le monde de haut,

D'ouïr les clameurs de la foule,

Le vent est frais, le soleil chaud.

Entre ciel et terre par une étrange houle,

Bercé dans un univers rouge,

Je m'enfuis vers cet ailleurs,

Où plus rien ne bouge,

Et que l'on dit meilleur.


Rythmant le passage du temps,

Balancier d'os, de chair et de sang,

Par le chanvre soutenu,

Exposé aux regards, nu !


Au gibet le destin me mena !

Par les crimes qu'il me fit perpétrer,

J'ai mérité d'être là,

De ce point de vue vous observer.



Jamais de meurtres ne perpétrez,

Si en ce lieu ne voulez me remplacer !

 

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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 06:03

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 05:50

  

Pasticher du passé les plus grands auteurs :

Quel meilleur moyen de faire son beurre.


Un ovin s'abreuvait

Dans le bistrot d'un coin peu sûr.

Un canidé bourré, proche de la rupture,

Vint vers lui pour un brin discuter.

" Voilà qu'on nous ressort pour un pseudo hommage !

Articula le loup heureux d'être au chômage :

Nous sommes déjà passés à la postérité.

C'est vrai, lui dit l'agneau, nous l'avons mérité

Par mille bouches écolières ;

Nous avions oublié ces vers

Écrits il y a si longtemps

Par un auteur absent,

Dont profite ce Rony cruel ;

Pour reposer son imagination,

Lassée d'errer dans la fiction.

- Son texte finira à la poubelle ;

Nul éditeur n'en voudrait.

- Du moins aucun qui soit déjà né !

Bêla l'agneau ; sa mère le mit à la fourrière.

- Son pastiche est aussi gros que son derrière.

- Et dilué. - Il écrit comme un chien ;

Il use du passé, de naguère,

Avec des talents qu'il fait siens.

Oublions-le : Que jamais plus il ne nous dérange.

Ayant dit, à coups de tournées

Les deux amis s'en arrange,

Sans savoir qui paierait.


 

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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