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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 06:26

 

D'où vient ce chemin, où conduit-il, qu'importe, tout en moi est sombre, j'ignore où je suis et qui je suis.

Je marche depuis longtemps bien qu'il me semble ne pas bouger, comme dans un rêve mais je suis sûr que ce n'est pas le cas.

Une lumière, elle filtre entre des volets mal fermés d’une espèce de ferme dont l’aspect m’est familier sans que je sache pourquoi. Papillon, je suis attiré par une ampoule.

Discrètement je m’approche et regarde.

Je vois (ce qui est dans l’ordre des choses).

La pièce que je découvre est une cuisine meublée d'un vieux buffet sur lequel patientent de vieilles photos dans des cadres en bois rafistolés à l'aide, involontaire, de grosses agrafes en fer rouillé. À droite, une huche, au milieu de la pièce une table en bois recouvert d’une nappe ajourée, ou trouée, sur laquelle trône un pichet de lait entouré de sa cour de bols.

Un poêle à charbon à côté duquel un robinet mal serré laisse échapper quelques gouttes qui s’écrasent sur un évier de faïence ébréché. En face une superbe lézarde orne le mur d’un motif géométrique que les mathématiciens doivent ignorer.

Un bruit, c’est la porte qui s’ouvre non sans difficulté, les gonds sont rouillés à moins qu’ils ne manquent d’huile. Un garçonnet entre, il porte une chemise de nuit descendant jusqu’aux pieds, ses cheveux sont ébouriffés, sans doute vient-il de se lever. Il s’approche de la table, verse du lait dans un bol, dans le buffet il prend un petit morceau de beurre, après quoi il retire de la huche des tranches de pain qu’il tartine après être allé s’asseoir à la table et avant de les tremper dans le lait pour les porter à sa bouche ensuite. Cette série d’opérations faites, plusieurs fois en ce qui concerne les dernières, il alla laver le bol, se laver lui-même (sommairement) et sortit de la cuisine.

Cette scène titillait ma mémoire mais quelque chose me força à abandonner mon poste d’observation pour repartir.

Avais-je le choix ? Quelle importance, seule comptait la voie devant moi qui semblait continuer jusqu’au néant, peut-être était-ce le cas.

Cela faisait bien… ou peut-être plus, que je marchais quand j’aperçus une nouvelle clarté. Quelques pas, j'ouvre le portail me séparant de la petite cour d'une école primaire. Établissement d’un seul niveau, composé de deux salles. Une seule était éclairée, donc probablement occupée, comme précédemment je m’approchai. L'instituteur interrogeait un élève semblant ignorer les réponses aux questions posées. À travers la vitre, si je n’entendais rien, je voyais que l'éducateur n’appréciait pas cette situation, il se leva et je le vis crier après l'enfant et lui faire signe de réintégrer sa place avec zéro. Ce faisant celui-ci passa devant moi et je reconnus le gamin que j’avais déjà vu quoiqu’il parut avoir grandi. J’aurais voulu en savoir plus mais la fenêtre s'assombrit comme un écran de télévision qui s’éteint. D’ailleurs il n’y avait plus de fenêtre devant moi, il n’y avait plus rien, une fois de plus le chemin m'aspirait.

Je continuai.

Combien de temps ? Je ne saurais le dire, de plus cette notion n’ayant aucun droit de cité ici.

Je l’ai revu plusieurs fois. Enfant puis adolescent et enfin adulte sans que je trouve de raison à ces rencontres mais la réponse ne tardera plus et je saurai où je suis et qui je suis.

En ai-je vraiment envie ?

J’ai peur.

J’arrive au bout du chemin, s'approche mon ultime rencontre avec lui ; lui, l’autre !

Une nouvelle fenêtre éclairée m’attire.

Comme précédemment je regarde.

C’est une chambre avec sur le lit un homme étendu, j’essaye de mieux voir, y parviens et le reconnais.  

À côté un homme essaye de réconforter une femme et finit par l’entraîner hors de la pièce nous laissant face à face. De là où je suis, placé contre la vitre je distingue son visage à côté duquel apparaît mon propre reflet dans la vitre.

L’image se précise, je le reconnais, c’est lui, c’est moi. Restent nos, mes deux visages, l’un à côté de l’autre. Je me déplace, ils se confondent, une seule et unique face qui se désagrège pour ne plus laisser apparaître qu’une image.


Celle de la mort qui sourit en me regardant.

Elle a gagné.

Maintenant elle peut m’emmener avec elle.

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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 06:03
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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 06:18
... Ou rêve ? - 08 

 

                                                  09


Quelle idée traînait dans son esprit ? Oui, elle était un rêve, le rêve d’absolu d’un homme insatisfait du réel. Elle se sentait pourtant vivante, pourquoi cette pensée ? S'effrayer en attendant le réveil ? Qu'arrivera-t-il alors ? Le néant ou un nouveau tour de manège ? Peut-elle s'incarner ou son créateur la rejoindre ? Chacun reniant sa réalité peut faire une partie du chemin pour en choisir une troisième. Si tous deux le veulent l’amour ne peut-il pas tout ?

On lui dit un jour qu’elle était belle comme un rêve. Cet homme était sincère mais s’il était le fruit de son imagination ? Le plaisir justifie l’illusion. Si elle est un songe qui sera le sien ? Deux idéaux peuvent se mêler, alors oui tout est possible.

Elle se croit appelée, se tourne mais ne voit que le ballet spectral des autres autour d’elle. La voix dans son âme répète : "Rêve, le plus parfait des rêves !" Elle écoute l’écho répétant inlassablement son nom, cherchant à l’absorber pour en faire un cauchemar. Non ! Elle n’intégrera pas la ronde démoniaque qui l'entoure. Elle ne craint pas de dépendre des pensées de celui qui jamais ne cessera de l'aimer. Bientôt, réunis ils riront de la réalité et de ses pièges.

Son destin se prolongera pour surpasser la mort et s’imprimer dans l’éternité. Imprimer pouvant être le mot juste et tant pis s’il leur faut, refaire sans fin le même chemin, ils seront réunis.

Elle s’éloigne, il n’est pas temps encore de se perdre, elle regarde ses soi-disant camarades jusqu’à ce qu’ils retrouvent leurs airs de pantins inconscients attendant que la mort en action en eux achève son travail, ronge leurs yeux, grignote leurs langues et leurs cœurs afin que leurs cris ne pouvant se libérer résonnent dans leurs esprits, appels au secours restant sans réponse.

Ils ne connaîtront jamais le repos, quand de leurs corps ne restera que poussière, que leurs souvenirs auront disparus. Leurs esprits face à la volonté les manipulant seront cendres agitées par le néant créant dans le vide d’étranges formes qui seront autant de souffrances !

- Et bien ?

Elle est encore là tentant de renouer les fils de leur conversation qu’elle toile retenant sa proie avant de la dévorer.

- Tu sembles heureuse.

- Je le suis souvent.

- En affichant un visage grave. Sourire te va si bien.

- Je ne sais pas faire semblant.

- Ce n’est pas ce que je voulais dire. Ta promenade fut bonne ? Tu vois je ne suis pas tombée malade, ni noyée, cela eut été dommage.

- Pour qui ?

- Pour moi.

- Bien sûr, ça vous aurait pourtant fait des vacances.

- Je n’en ai pas besoin, tant d’enfants ont besoin de moi.

- Ou est-ce vous qui avez besoin de le croire ?

Elle regarde dans les yeux la directrice qui blêmit bien qu’elle ait décidé de ne pas se laisser démonter par cette enfant et voilà qu’en une phrase ingénument dite, en apparence, vient lui remettre en tête ses problèmes ! Elle ne veut plus s’interroger, le plus important est le résultat, qu’importe ce qui permet de le réaliser.

- Tu as le sens des mots et ton regard est agressif.

- Je suis un miroir, mon vis-à-vis voit ce qu’il ressent, c’est tout.

- Ce n’est pas gentil pour moi.

- L'êtes-vous pour vous ?

- Curieuse question.

- Mais bonne ! Réponse ?

- Je suppose que…

- Vous voyez, j’ai raison !

La voix est douce, le regard calme mais dans l’un et l’autre s’insinue une telle violence que la direction est secouée.

- Vous niez vos problèmes en vous intéressant à ceux de vos élèves ? S’ils en manquaient vous les créeriez pour mieux les résoudre.

- Comment une enfant peut-elle parler ainsi, ce n’est pas de ton âge.

- Qu’est-ce que l’âge ? Au mien on ne doit rien connaître, ne pas réfléchir, au votre on doit tout savoir. Malheureusement ni vous ni moi ne cadrons avec ces définitions, nous sommes des mauvais exemples.

- Tu es sidérante, sidérante… Tu parles mieux que moi.

- C’est vous qui le dites.

- Tu parles souvent, il me semblait que non.

- Il vous semblait juste, avec qui parlerais-je ?

- Tu aurais pu dialoguer avec la directrice qui m'a précédé.

- Si vous l’avez vu, ne serait-ce qu’une seconde, vous savez que c’est impossible, on ne discute pas avec une masse. Je soliloque.

- Je ne demande qu’à parler avec toi.

- Non… non…

- Tu allais dire autre chose.

- Trop tard. Je n’ai aucun problème et vous ne résoudrez pas les vôtres en vous intéressant exagérément à moi, bien que vous vous convainquiez du contraire. Il y a quelques mois, quelques semaines… Le chemin aboutit toujours quelque part, traîner les pieds ne modifie pas la destination, ça donne seulement l’illusion qu’il dure plus longtemps, ce voyage qui conduit à la fin. Après tout ce n’est pas désagréable de parler, à force de le faire en pensées je doutais d’en être capable à haute voix. Je constate que mes craintes étaient non fondées, c’est bien. Quant à être comprise ça n’a aucune importance, aucune. Vous ne pouvez pas le faire alors ne perdez pas votre temps.

- Quelqu’un peut-il y parvenir ?

- Oui, dont je ne vous dirais rien, surveillez donc l’heure, les classes vont commencer, je dois rejoindre mes condisciples…

- Ne me dis pas que tu te plais avec eux. Toi et moi sommes différentes, ce point commun nous rapproche.

- Ou nous éloigne ! Que vous dire de plus, un mot résume ce que vous pouvez faire pour moi : Rien ! On ne peut être plus claire ! Il me faut rentrer sinon mes copains vont penser que vous m’accordez trop d’importance. Je la mérite peut être mais vous n’en tirerez rien. Je vous le répéterai autant qu’il faudra : trop tard.

Ayant dit d’un ton n’acceptant aucune réplique elle se détourne et réintègre la classe et sa place sans faire attention aux regards jetés sur elle. L’institutrice a bien son avis, elle connaît la directrice, l’enfant, voudrait s’en mêler mais n’ose pas.

Prenant la place de l’enfant comme pour pénétrer son esprit l'adulte s’appuie contre la rambarde, songeuse, humant dans l’air des pensées incompréhensibles.

Ses "copains" l’amusent, elle se demande ce qu’ils pensent, espèrent, attendent de la vie. Imaginer un écran sur lequel défileraient deux films. D’un côté celui des souhaits qu’à chacun pour soi, de l’autre ce qu’il aura. La différence serait souvent impitoyable. Qui concrétise ses aspirations d’enfant ? Beaucoup croient changer d’avis, erreur ! C’est un renoncement, une adaptation. L’offre dirige la demande. Que dirait untel comprenant que sa vie ne sera que cela ? Ne risquerait-il pas de se jeter dans l’échappatoire du néant où les souhaits n’existent plus, peurs et craintes pas davantage. Beaucoup se voient un avenir grandiose, peu l'érigent, ainsi, telles une pyramide, s’érige la société, la base devant être beaucoup plus grande que le sommet.

Elle n’est pas dans cette construction logique et culturelle ! Être au sommet est-il plus agréable qu’à la base ? Tout n’est-il pas dans la faculté d’accepter sa vie, de limiter ses exigences à ses aptitudes ?

Belle définition de la sagesse, être un zombi attendant la fin du film.

Il lui advint de désirer réintégrer le troupeau, c’est fini. Elle souffrait d’être seule, elle ne l’est plus. N’a-t-elle pas dit qu’il était trop tard ?

Un jour elle sera un nom gravé mais son esprit survivra. Lui seul compte ! Toutes ces pierres formant la pyramide sont ainsi marquées, retour au stade premier de la vie, le minéral !

Tous les films ont la même fin, curieux que chacun la connaissant veuille faire durer la projection.

Pour un peu elle se lèverait, irait au tableau inscrire leurs noms à tous et leur expliquerait qu’ils ne sont que cela. Puis elle les effacerait.

Distraction mentale, ils ne comprendraient pas. La mort fait partie de la vie. À l’heure dite elle récolte une dépouille desséchée.

Combien de temps avant que l’éternité efface son nom ? Les grands tiennent-ils plus longtemps ?

Elle est seule à distinguer autour de chacun de ses camarades la forme bombée d’un bocal de formol.

Noter ses réflexions ? Elle y pensa parfois, mais elle ne veut rien laisser, à qui ? L’indifférence coule dans ses veines comme dans presque toutes, elle le sait bien. Le dernier mot est sur son tableau intérieur, promesse d’un avenir s'approchant.

Observer ses condisciples sans qu’ils s’en doutent, pense-t-elle, est un de ses jeux préférés. Dans la rue elle agit parfois ainsi, regardant sous le nez les passants, s’imaginant dans un zoo dont les résidents ne distinguent pas leurs cages. Et ils se disent intelligents ! La seule supériorité de l’humain est de pouvoir le dire.

Une formule qu’elle pourrait noter, mais non, elle se souvient, elle l’a lu dans le recueil d’aphorismes d’un auteur méconnu mais de qualité.

Mieux vaut qu’ils ne se doutent de rien.

Mieux ? Veaux ?

Du regard elle parcourt la salle de classe, seul les cartes lui plaisent, noms d’ailleurs, pays, frontières… À quoi tout cela sert-il, à qui ? Dans combien de ces villes une petite fille lui ressemble-t-elle ? Ce pourrait être un petit garçon ? Non, elle sait que non, la beauté, l’intelligence, la douceur, la sensibilité, combien d’autres, les mots signifiants sont féminins. Rêve est masculin ? C’est vrai. Amour ? Féminin au pluriel ? Une règle a droit à une exception, une seule.

De pierre ? Statue alors, beauté inaccessible, perfection figée… Cette image rappelle celle d’un désert où elle errait seule. Ses larmes touchant le sol auraient pu, dues, rappeler la vie.

Grains de sable par milliards déplacés au gré du vent, heureux de se laisser faire. Ils ne sont que cela, particules minérales dépouillées d’une animalité inutile.

Elle ne regrette pas d’avoir discuté avec la directrice bien qu’il lui semble en avoir trop dit. Maintenant elle est trop loin pour être rejointe. A-t-elle été trop moqueuse ? Et alors, l’autre n’en souffrira pas longtemps, mieux, elle y trouvera confirmation de ses préjugés.

Récréation, la cour, et l’adulte qui l’attend.

- Tu sais j’ai réfléchi à ce que tu m’as dit. Je ne suis pas de ton avis.

- Ce qui ne signifie pas que j’ai tort ?

Nouvelle réponse cinglante désarçonnant la directrice cavalière qu’elle verrait mal sur un fantastique cheval de nuit. D'écuyère apprentie elle deviendrait amazone repentie, à coups de sabots d’or !

- Tu es douée pour me surprendre, si toi et moi restons sur nos positions nous ne nous entendrons pas.

- C’est vous qui voulez entendre, moi je vous écoute seulement.

- Tu jouer avec les mots.

- Pas seulement avec eux.

- Rien ne dit que tu seras la plus forte.

- Si, moi !

- Alors nous parlerons souvent, j’ai envie de te connaître mieux. Tu es une enfant attachante pour laquelle j’ai beaucoup d’affection, d’a…

- Non ! Je vous interdis de prononcer ce mot !

La grande personne recule sans regretter ce qu’elle a dit, ainsi elle connaît un mot important pour cette enfant et a bien l’intention de l’utiliser. Elle l’imagine symbole de frustration, de peines et de souffrances alors qu’il est l’incarnation du contraire.

- Je te demande pardon, je ne savais pas ce qu’il ne fallait pas dire.

- Alors taisez-vous !

La rage dans ses yeux contraint la directrice à admirer les pointes de ses chaussures, à nouveau elle est la plus faible. Mauvais moyen de mériter la confiance d’une enfant, difficile de respecter un paillasson !

- Parles-moi de ce qui compte pour toi, tu as des goûts personnels.

- Des dégoûts également, les autres par exemple.

- Tous ?

- Presque, il y a toujours des exceptions.

- Puis-je le prendre pour moi ?

- Si ça vous arrange ! Puisque vous voulez que je vous parle, un livre a retenu mon attention ce matin. Un excellent roman : Frankenstein ! Vous allez dire que ce n’est pas une lecture pour une petite fille.

- Une enfant lit autre chose mais cette lecture te ressemble.

- Comme le monstre ? Un personnage dont je me sentais proche puisque différent, rejeté, incompris. Vous devriez le rencontrer.

- Je le ferais, pourtant ce monstre est laid, pas toi.

- Trop laid, trop belle…La différence est chez les spectateurs ? D’un côté le dégoût, de l’autre l’envie, les extrêmes se rapprochent en s’éloignant du centre. Il devient un assassin par effet des réactions à son égard, sans oublier son créateur qui lui imposa une existence insupportable. Il ne pouvait échapper aux instincts fondamentaux, tant pis pour ses victimes. Vous ne pouvez pas comprendre, vous n’avez jamais regardé les autres en vous sentant différente d’eux ?

Elle tait qu’elle aurait parfois voulu posséder la force de la créature, se soulager par la violence plutôt que par les larmes. Les autres n’ont plus assez d’importance pour qu’elle leur veuille encore du mal.

La directrice observe cette surprenante enfant qui s’assimile à un être terrifiant. Si jamais elle ne le lut elle en connaît le héros pour avoir vu un film tiré de ce roman. Elle voudrait expliquer à l’enfant que ce monstre est rejeté naturellement par les humains, il a figure humaine sans être vivant, nul ne peut l’accepter comme la vie repousse la mort quand cette dernière porte son masque. Elle a tort de se sentir proche de cette créature même si d’être trop belle, trop intelligente, trop sensible l’isole. Ils ne la chassent pas comme ils le firent avec la créature. La repoussent-ils seulement ?

- Tu sais pour rencontrer ses semblables il importe de faire un pas dans leur direction, ils se détourneront si ton attitude trahie qu’ils ne seront pas bienvenus. Ce premier mouvement est moins difficile que tu l’imagines, tu leur ressembles, tu es vivante !

- Mais eux, le sont-ils ?

- Bien entendu, un cœur bat dans leur poitrine, ils bougent, ce ne sont pas que des spectres. Tu as tort de t’enfermer dans un monde où tu serais seule vivante victime de créatures sans âme. Il faut arracher ces idées, t’éloigner d’une imagination qui t’emporte trop loin. Que faire pour te convaincre ?

- Peut-être avez vous raison et suis-je enfermée, mais cet univers est le mien, j’y suis heureuse, devrais-je y passer le reste d’une très longue vie. Que machin et truc me regardent, je ne les vois plus. Si je suis dans une cage de verre que l’intérieur soit de miroir si elle ne peut être opaque, que je me vois jusqu’à me perdre dans mes reflets, je vous l’ai dit, il est trop tarde, pour tout, pour moi, pour…

Elle ne peut en dire plus, le poids qu’elle croyait disparu réapparaît plus pesant que jamais, insoutenable. Les regards sont oppressant, elle doit fuir avant d’être détruite ! Elle s’élance, traverse la cour avant qu’un geste ait été esquissé pour la retenir. Elle ouvre le portail et court comme si pour étouffer son esprit il lui fallait épuiser son corps, le vider de ses forces, tentative vaine, elle le sait, mais qu’elle ne put contenir. D’un signe la directrice arrête les mouvements, c’est à elle qu’il incombe de rejoindre cette enfant.

Le jardin en face de l’école, la grille ouverte est une invitation, elle s’y précipite avec l’espoir d’atteindre le parc plus haut pour s’y perdre. Elle se sait gibier dans une chasse, proie qu’elle ne peut échapper au chasseur trop fort, physiquement, pour lui. Elle voudrait être grande, courir plus vite, être plus forte pour se retourner et se battre.

D'habitude elle monte tranquillement, en courant elle sera vite épuisée. Elle ne voudrait pas s’écrouler sur les marches de pierre, ultime obstacle, comme un pantin aux fils tranchés nets.

Sa poitrine est en feu, ses jambes lourdes. Pourrait-elle se forcer jusqu’à trop exiger de son cœur ou céderait-il de sa propre volonté si elle le poussait trop loin ? Parfois l’instinct de conservation domine le désir d’autodestruction.

Un moyen, la falaise ! Un trou dans le grillage de protection, trop petit pour une grande personne, suffisant pour une petite fille qui le connaît pour l’avoir souvent utilisé, s'assoyant jambes pendantes, cinquante mètres de vide au-dessous. Le moyen d’échapper aux autres qui l’épient, lui veulent du mal, tous, tous.

Non ! Elle ne veut pas leur offrir une victoire qui les remplierait de joie. Le chemin continue et la conduira loin. Elle doit encore les subir mais bientôt elle leur deviendra inaccessible.

Épuisée, chaque pas est un effort inutile, autant s’arrêter.

Un banc à l’écart, entouré de bosquets, un arbre le protège. Elle s’y laisse aller, oubliant tout pour retrouver sa respiration.

La directrice eut plus de mal qu’elle le pensait, elle aussi a perdu l’habitude de courir. Elle est soulagée de voir l’enfant s’asseoir. Elle est tentée de la rejoindre, se retient, mieux vaut pour le moment qu’elle reste à l’écart, debout, pour elle. Cette fuite est une victoire, signe que l’enfant eut peur de se rendre et vit dans la fuite l’unique moyen de ne pas venir se réfugier vers cette adulte seule capable de la comprendre, de l’aider, de la conseiller… Les murailles de l’enfant faiblissent, elles vont s’abattre comme un château de carte.

Prostrée, incapable de surmonter les souffrances dont son corps est empli. Elle se calme alors que le feu en elle s'apaise, s’étonnant de ne voir personne près d’elle. Elle pensait que le chasseur la forcerait jusque-là, il n’en est rien et pourtant elle le sent tout proche. Si elle ne peut le voir c’est qu’il est dans son dos et l’observe. Elle pourrait lui échapper. Descendre est plus facile que monter, l’effet de surprise lui donnerait assez d’avance pour exploiter sa connaissance du terrain et disparaître. Et ensuite ?

Elle n’aurait jamais dû laisser son émotion muter en pulsion, elle n’avait aucune chance de s’échapper de cette façon alors que la nuit prochaine sera différente. Trop tard ! Elle devine l’adulte cherchant ses mots, prête à emprunter le masque de la compassion pour dissimuler, en partie, un sourire de satisfaction de ce qu’elle prend pour une victoire. Qu’elle en profite, bientôt elle n’aura plus de masque et son sourire deviendra celui de la mort. Quand les chairs disparaissent, que les yeux fondent et qu’enfin chacun reçoit ce qu’il mérite il n’a plus que son rire pour l’escorter en enfer.

Rire ! Tous ont rit quand elle s’est enfuie, pourquoi cessa-t-elle de les détester alors qu’eux ne cessent pas de la mépriser, de se moquer d’elle, tous, elle voudrait pouvoir les…

Non ! Ils ne comptent plus, elle préfère sourire, sachant qu’elle ne se trouve pas seule sur ce banc, une présence la réconforte, qu’elle seule perçoit, elle seule.

Que la nuit vienne vite, vite !

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1 avril 2009 3 01 /04 /avril /2009 05:52
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31 mars 2009 2 31 /03 /mars /2009 06:17

 


"Vous avez dit développement durable ?"


Je suis infirmière en gérontologie. Ces vieux sont de vieilles barques à la dérive…

Pas toujours. Quelque fois, une petite brise souffle, une voile se lève, répit de trop courte durée pour notre pessimisme latent. Alors, pour un peu nous nous mettrions à crier dans les chambrées : on le sait, il y a de la vie là-dedans ! Manifestez ! Manifestez !

Nous étions bien embarrassées un samedi à cause d’une petite personne recroquevillée au fond de son lit, alimentée par perfusion, ne parlant pas. Nous avions perdu sa fiche de médicaments : ça tourne trop vite les soignants ! A la porte de la chambre nous nous interrogions. Une voix aigrelette, soudain ! "Cachets roses… Mémantine… un seulement, boîte sur… étagère… haut… blanche." Dernières paroles de la petite dame emportée par l’épidémie de gastro un mois plus tard.


Parfois, quand je rentre du boulot au petit matin, j’ai à peine le courage d’appuyer sur l’accélérateur ; une fois mon fils m’a retrouvée ronflant dans ma voiture garée de traviole à l’endroit réservé à Mme Lequeue, une pimbêche notoire vivant de commerce nocturne, bien plus profitable que de s’échiner auprès de petits vieux pas bien riches et abandonnés en fin de vie. Ceux du corridor de la mort comme nous les appelons à deux heures du mat, devant cette foutue machine à café qui fait de la rétention de pisse.

- Ouais, éructe Yasmina, en allumant son clope, et ils n’ont rien à attendre du Président pour une remise de peine !

- Toi non plus, tu n’auras pas de remise de peine, la coupe Coline, va donc t’achever dehors, tu nous empestes !


La première fois que j’ai vu la porteuse d’eau, c’était un matin de mars. Elle avançait dans ma direction, haute silhouette penchée en arrière, un peu trébuchante. Elle s’arrêtait tous les dix pas. Elle portait une lourde charge, le corps arc bouté. Je l’ai frôlée, elle n’a pas fait attention à mon véhicule. J’ai ri à cause de l’immense arrosoir qu’elle serrait contre son ventre. J’ai pensé à Cosette et tout ça… Mais cette femme aurait pu être l’arrière grand-mère de Cosette ! J’ai monté mes neuf étages : l’ascenseur était encore en panne. Mon fils n’avait pas débarrassé la table de la cuisine, l’enfouaré ! J’ai pris un Stillnox. J’ai sombré.

Le lendemain, grasse mat. J’ai lavé les jeans de mon fils, j’ai jeté en tas son linge sec sur son lit pas fait. "J’en ai plein le dos, lui ai-je dit, trouve-toi une copine, du travail et tire-toi de mon herbe !"


J’ai recroisé ma Cosette. Elle poussait une brouette avec deux bidons dedans. Tiens, que je me suis dit, elle est passée de jardinière à marchande de lait. Ses muscles secs se tendaient sous la peau nue de ses bras tannés. J’aurais pu l’aider mais j’étais claquée : on avait eu trois décès, on avait couru toute la nuit… Cet après midi j’irais me faire une toile. J’adore Catherine Frot, toujours fraîche et rieuse. Elle ne doit pas torcher beaucoup de déments séniles, sa peau est si lisse, sa silhouette impec ! Comme dit Coline, c’est bon de savoir qu’il y a une vie avant la mort !


Cette Cosette sur le retour allait bien quelque part ? Comme j’étais de repos tout le week-end, que mai larguait ses parfums, je me suis levée très tôt pour guetter ma mystérieuse. En zigzaguant elle poussait sa brouette grinçante. Elle a tourné sur l’avenue où ils ont abattu tous les arbres, des platanes centenaires bien agréables pendant les étés torrides. A la place, c’est la mode, ils ont planté des chênes rachitiques, protégés par des corsets de ferraille. Les toutous du quartier devront se contenter des calendes des voitures pour soulager leurs vessies !
Cosette s’est arrêtée devant le plus misérable des arbustes. Ses feuilles étaient des réductions de feuilles : on aurait dit un sapin de Noël bien après Noël !

Elle s’est massé les côtes et le dos, elle a poussé une plainte rauque : elle parlait.

Je me suis glissée derrière une camionnette, tout près.

"Oui, je sais que tu es mal parti, mais faut pas te décourager. Regarde ce que je t’ai apporté… soixante litres d’eau, tirée de mon puits. J’ai ajouté du purin d’ortie. Bon ça pue mais tu verras, c’est bon pour le rachitisme… Aoh ! T’as encore perdu six feuilles. C’est pas la peine de me mentir, c’est les tiennes, près du grillage. Et pas de vent la nuit dernière. Arrête tes bobards. Au lieu de te laisser aller, pompe, mais pompe donc, espèce de petit con ! Tu ne bouges même pas tes branches, tu restes là, avachi, une vraie guenille. Résiste, prouve que tu existes. Voilà que je me mets à chanter ! Tu me rends folle !"

Avec une casserole, elle a vidé l’eau de ses bidons et puis elle a soulevé les bidons pour arroser avec le reste le pied du chêne. J’ai bien vu qu’elle pleurait en repartant avec sa brouette allégée.


Fin mai le protégé de Cosette s’est couvert d’un beau feuillage vernissé. Il était bien le seul. Ses frères avaient crevé les uns après les autres.


J’aurais pu imiter l’entreprise de sauvetage de la vieille femme ! Mais moi, j’ai assez à faire avec mes vieilles branches de la maison de retraite.

Les jardiniers municipaux ne savent peut-être pas que les arbres nouvellement plantés s’arrosent même en hiver ? Ça a fait un raffut de tous les diables ce gaspi des plantations ratées. Articles furibards dans la presse locale, interpellations des écolos au Conseil municipal, les Verts mal à l’aise…

Du bruit… pas d’eau !


Je n’ai jamais revu la fée de l’eau du puits avec purin d’ortie incorporé… Vit-elle toujours ? S’en est-elle retournée au royaume des Sylves ? Désormais, quand un de mes patients refuse de boire, je lui murmure (s’il est cardiaque) ou je lui hurle (s’il est sourd ) "Allez, bois donc, espèce de vieille conne, de vieux con !"

Ils rigolent, ils boivent.


                                                            Marie Treize

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 06:05

 

Ainsi c'était bien le destin qui frappait à ma porte dans ces notes qui résonnèrent si fort en moi que le monde entier s'en fit l'écho. Enfin je connais la paix mais sans doute ma vie fut-elle le prix de ce génie qui m'habitait sinon comment expliquer que ma tête fut emplie de tant de notes alors que mes oreilles se refusaient à les accepter. Ce destin fut ironique mais de là où je suis maintenant je suis heureux qu'il ait été ainsi, d'avoir su puiser en lui une force dont la normalité m'eut privé en m'indiquant le chemin de la facilité. Je la laisse volontiers à tant qui s'en satisfont. Je sais de quelle ombre je viens et quelle lumière m'attend, ce sont là mes derniers mots à un monde qui, je le sais, me donnera la place qui me fut assignée. Je ne sais quelle est la vraie nature de l'éternité qui m'attend, mais qu'importe, nulle bagatelle, nulle variation, une continuité sans fin d'harmonies, voilà, j'en suis convaincu ce vers quoi je vais.


Avais-je plusieurs têtes, plusieurs cœurs, plusieurs âmes ainsi que mon professeur me le dit ? Je veux bien le croire maintenant qu'il m'est permis de regarder ma vie avant de m'en détourner pour aller vers L'autre. Tous m'entraînèrent, me portèrent sur des chemins qui furent certes riches en difficultés mais aussi nourrissant pour l'œuvre que je laisse derrière moi. Inachevée sans doute mais qu'elle œuvre digne de ce nom peut-elle l'être ?


J'avoue avoir été tenté par la mort, je la voyais comme seule consolatrice pouvant venir à moi qui ne put en rencontrer d'autres durablement mais je puis dire que nous, êtres limités à l’esprit infini, sommes uniquement nés pour la joie et pour la souffrance. Et on pourrait presque dire que les plus éminents s'emparent de la joie par la souffrance ! Si je fus incompris je ne peux en faire reproche à quiconque puisque ce qui fut ne saurait être changé par la rancœur. Sans doute est-ce ma faute qui me fit privilégier mon travail au détriment de toute autre activité. J’ai dû m’isoler de bonne heure, vivre en solitaire, loin du monde. Si jamais vous lisez ceci un jour, alors pensez que vous n’avez pas été justes avec moi, et que le malheureux se console en trouvant quelqu’un qui lui ressemble et qui, malgré tous les obstacles de la Nature, a tout fait cependant pour être admis au rang des artistes et des hommes de valeur.




M'inspirant du passé je parlais à l'avenir, quelle meilleure consolation peut-il exister ?



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29 mars 2009 7 29 /03 /mars /2009 05:44

(une esquisse de brouillon, pour le moment !)
 

Seol Chong 설총 (début du 8ème siècle)


Également connu (!) sous le nom "Chongji" et son nom de plume "Bingwoldang"

(빙월당/氷月堂), fils d'une figure importante du Bouddhisme et de la princesse Yoseok, fille du roi Muyeol. Son souvenir perdure par son travail pour représenter la langue Coréenne en caractères Chinois. Il écrivit une parabole critiquant la tendance des monarques à préférer leur satisfaction au respect du Droit. 



Kim Bu-Sik

김부식 (1075 - 1151)


Historien il dirigea la rédaction, cinquante volumes en chinois, du Samguk Sagi "Mémoire historique des Trois Royaumes", le plus ancien texte historique de Corée retraçant la période s'étendant entre le 1er siècle av J-C et VIIème siècle après, l'imprégnant de confucianisme sans recours au merveilleux.

 

Mokeun Yi Saek 목은 이색 (1328 - 1396)


Poète, essayiste néoconfucéen, professeur des princes et conseiller des rois il joua un rôle important dans l'introduction en Corée de la philosophie de Zhu Xi. De retour à Goryeo il fonda une académie où furent éduqués les fondateurs de la Dynastie Joseon. Il croyait à la coexistence du Confucianisme, du Bouddhisme et du Taoïsme.



Jeong Mong-ju Po Eun 정몽주 (1337 - 1392)


Après la réussite à ses examens il soutint le Néo-confucianisme tout en étant fonctionnaire au service du roi qui avait confiance en son savoir et son jugement, il participa ainsi à divers projets nationaux et ses travaux lui gagnèrent un grand respect dans la cour de Goryeo. Il avait visité la Chine et le Japon en tant que diplomate, conduisit des tractations avec le Japon et signant la paix avec la dynastie Ming en 1385.

Il fut assassiné en 1392 par cinq hommes sur le pont de Sonjukkyo dans le Gaeseong, devenu aujourd'hui un monument national, une des pierre de ce pont deviendrait rouge sous l'effet de la pluie indiquant ainsi l'endroit où il fut tué. Sa mort marqua la fin de 474 ans de dynastie de Goryeo.



Sambong Jeong Do-jeon 삼봉 정도전 (1342 - 1398)


Noble le plus puissant de la dynastie de Joseon, idéologue influent du Néo-confucianisme et conseiller du roi Yi Seonggye, fondateur de la dynastie de Joseon. Né dans une famille ayant accédée depuis peu à la noblesse son père tenait un poste élevé. Sa mère étant esclave il eut des difficultés à suivre d'importantes études, mais son intelligence lui permit de surmonter les obstacles qu'il rencontrât.


 

Jeompiljae
Kim Jong-jik 점필재 김종직 (1431 - 1492)


Né à Miryang dans la province de Gyeongsang il passa les examens littéraires les plus importants en 1453 puis 1459 avant d'entrer au service du gouvernement où il occupa de nombreuses et importantes positions. Il gagna les faveurs du Roi Seongjong au point de susciter de nombreuses jalousies. Après sa mort, en 1498, sa doctrine provoqua des soulèvements étudiants à Muo, Gapja (1504) Kimyeo (1519) et Eulsa (1545) qui furent violemment réprimés discréditant son œuvre. Sa mémoire fut réhabilitée longtemps plus tard.



Maewoldang Kim Si-seup 매월당 김시습 (1434-1493)


Né à Seoul, enfant doué il savait lire à 8 mois ! À 21 ans il se retira dans un monastère bouddhiste, le Temple Yongjangsa, pour se consacrer à la poésie et la calligraphie. Il rédigea le premier texte en chinois classique de Corée : Geumosinhwa (금오신화;金鰲新話) . Ses Contes de Geumo devinrent instantanément un classique. Il essaya de concilier le Confucianisme et le Bouddhisme et fut un des premiers à professer des idées démocratiques en Corée.

 


Hwadam
Seo Gyeong-deok 화담 서경덕 (1489-1546)


Né dans un village de Kaesong, fils d'un lettré pauvre, il était en grande partie autodidacte, mécontent du système féodal il renonça aux fonctions publiques pour construire une école le "Pavillon de Soso" pour enseigner les enfants et écrire. Avec T'oegye et Yulgok, mais le premier, il développa une vision Coréenne du néo-confucianisme.



Toegye Yi Hwang 화담 서경덕 (1501-1570)


Haut-fonctionnaire, homme politique, gouverneur de Danyang, il est la grande figure intellectuelle et spirituelle du XVIe siècle en Corée. Érudit de premier plan, il a fondé près d'Andong la fameuse académie confucéenne appelée Dosan-seowon (école de la Montagne édifiante). Il y enseigna les caractères chinois. Pour le mieux connaître une visite s'impose là : http://bextes.org/toegye.html 


Un texte traduit en français : 


 

 


                                                                        (à suivre)
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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 07:03
... Ou rêve ? - 07 
                                                                            American Cathedral (Paris



08

Le rapace contemple un ciel qu’il ne maîtrisera jamais lui qui domine l’autre, là-haut, sans fin pour lui et cependant minuscule face à celui qu’il découvre. Elle contemple l'oiseau, effleure son plumage, sa tête, ce bec semblant d’acier puis tendant à nouveau le bras le convie à s’envoler, le regardant alors qu’il réintègre son royaume d’azur.

Tout est calme, pas une présence inutile. La violence existe pourtant. La mort est partout, elle vient d’en caresser une sublime incarnation. Symbole de la beauté d’une vie prédatrice. Elle voudrait tout savoir, observer chaque animal depuis celui vivant dans une fente d’écorce jusqu’aux oiseaux faisant le nid le plus compliqué dans les hautes branches. Elle voudrait tout connaître des innombrables merveilles de cette forêt mais sa monture accélère, l’entraîne, l’emporte. Cheval noir, immense, comme aucun ne le fut ou ne le sera jamais. Elle perçoit sa force, sait qu’il pourrait galoper plus vite. Lentement elle passe les doigts dans un pelage sans sueur.

Une monture à son image ! Elle tourne la tête, cherche ses empreintes, rien. Il progresse sans traces. Est-ce là l’explication de cette vitesse fantastique ? Elle se penche pour voir quels sabots ont ce don. Ils semblent fait d’or, inaltérables. Aucune surprise, tout dans cet univers est extraordinaire mais possible. Autant s’émerveiller de chaque chose plutôt que s’en étonner. Elle repense aux créatures qui lui ressemblent, en imagine une à sa place et sourit de l’effroi qui naîtrait dans son regard terne. Pauvre chose terrorisée d’entendre parler les arbres, de voir les oiseaux sourire, emportée par un animal fantastique. Aucune ne pourrait prendre sa place. Ces êtres sont un cauchemar qu’elle repousse et voit disparaître avec plaisir.

La lumière augmente, elle atteint l’orée d’une forêt qu’elle croyait illimitée. Le temps n’existe pas, pourquoi l’enfermer dans des chiffres sans signification ? Sa monture accélère, heureuse de pouvoir aller aussi vite qu’elle le veut. Elle se retourne, agite un bras en signe d’adieu à des amis qu’elle ne reverra plus mais qui seront présent en elle par le souvenir qui sait conserver les images du passé.

Parfois trop !

Nouveau décor : Une plaine infinie, l’herbe atteint le poitrail de sa monture, elle voit, d’en haut, flèche noire emportant une enfant en une trajectoire rectiligne. De partout de nouveaux oiseaux surgissent, tous différents, grands ou petits, si minuscules certains qu’ils tiennent sur un de ses doigts, tous curieux et heureux de la regarder, de s’approcher d’elle. Amicaux entre eux alors que d’ordinaire les fils de l’existence les font s’opposer. Quand elle sera passée l’inné reprendra le dessus, mais aucun ne l’oubliera. Le dernier sera en quête d’une image qu’il ne retrouvera jamais ! Ce spectacle, ces oiseaux, ce cheval… Une image revient, sculpture d’un cheval ailé qu'elle admira en s'imaginant monter sur son dos...

L’herbe se raréfie, des bosquets apparaissent ici ou là, de nouveaux arbres aussi, moins hauts mais plus gros, habités par des milliers de créatures qui la saluent, messages d’amitiés auxquels elle répond en remuant la main sans que son cheval s’arrête. Les yeux clos elle emplit d’air ses poumons, respirant ces parfums venant de partout pour elle si sensible aux odeurs. Toutes agréables, même les plus fortes, aucune n’est agressive. Elle se laisse emporter et…

Une angoisse soudaine l’envahit, elle est pourtant seule sur son cheval qui ne ralentit pas. Frisson alors qu’une ombre s’étend sur elle. Le danger, si danger il y a, est au-dessus d’elle, l’épiant. Elle regarde l’ombre sur le sol, la voit faire de larges cercles et revenir constamment sur elle. Voulant savoir elle lève la tête comme l’obscurité la rattrape.

La créature ailée la stupéfie, ces ailes gigantesques en forme de faux, le sifflement du frottement de la peau contre l’air, rien de comparable aux oiseaux qu’elle avait coutume de rencontrer. Cette forme lui dit quelque chose, un reptile volant dont elle vit le dessin dans un livre. Ce qui l’étonne c’est de la trouver proche d’animaux en compagnie desquels elle n’aurait pas due être. La gueule comme un museau, les nombreuses dents pointues apte à déchiqueter n’importe quoi, les petits yeux étonnés de cette proie inédite. Elle se sent gibier pour un prédateur la considérant comme quelques heures supplémentaires de survie, visiblement pas émue par son charme. Le monstre se rapproche, elle en sent l’haleine fétide, forme déjà un cri dans sa gorge quand la voix revient pour lui assurer que c’est à l’échappé de la préhistoire de se méfier. La frayeur quitte ses yeux alors que le saurien volant est tout près d’elle, aucun étonnement quand elle le voit se débattre dans une prise invisible qui le propulse violemment en arrière. Le ptérodactyle ne comprend pas ce qui se passe bien qu’il assimile ce qu’il vient de vivre avec cette créature rose et noire filant sur la plaine. Désormais il s’agit d’un défi personnel.

Sa seconde charge se heurte à un mur, il se débat mais choit sur le sol alors que le cheval disparaît et que sa cavalière espère que le prédateur comprendra qu’insister est vain tout en sachant qu’il agit suivant une nature qu’il ne domine pas.

Une seule espèce connaît la signification du verbe tuer. Elle n’existe pas sur cette terre ou le crime est inconnu.

La silhouette revient dans le ciel, pourquoi insister quand le désir est insensé, quand l’adversité est trop forte ? Aller contre l’évidence par obstination. Cet animal n’est pas si loin de l’humain bien que ce dernier sache s’arrêter pour comprendre la nature de l’adversité et la combattre ensuite avec des armes adaptées, voir exagérées. Elle voudrait… Quoi ? Changer l’ordre des choses pour le remplacer, par quoi ? Elle aussi est à sa place pour un unique spectateur qui bientôt viendra la rejoindre sur sa cène. Alors le rideau tombera sur eux, acteurs ayant l’infini pour décor et l’éternité pour jouer ensemble.

Sans entracte.

Elle regarde le plus loin possible pour apercevoir la fin du voyage.

Qu’est-ce que la mort ? La conclusion d’un acte préparant le suivant ? N’est-ce pas ce que chacun espère, que les trois coups retentissent à nouveau, que le rideau se lève encore ? L’espoir fait vivre, la croyance aide à mourir, et ensuite ?

Elle n’a pas de réponse, s’arrête à la vie qui peut seule faire de l’espoir une certitude en se servant de la volonté et de l’imagination pour la construire, après quoi subsiste la crainte de perdre ce que l’on mit si longtemps à obtenir.

Là encore ne suffit-il pas d’y croire pour que l’illusion devienne réalité, non pas en venant à soi mais en attirant en elle, jusqu’à s’y oublier ? Facile quand il n’y a personne près de soi. Une lumière apparaissant dans le cœur suffit pour se diriger vers elle et y égarer une âme sans but.

L’ailleurs l'entoure, ce décor immense, apaisant, parfait. L'air transforme sa chevelure en bannière. Que demander de plus ?

Les questions sont inutiles, seul compte ce qu’elle voit et sa certitude que tout cela est son domaine réservé, interdit aux autres.

Encore eux !

Curieux phénomène mental que penser à ces fantômes dont elle ne sait plus d’où ils viennent. Ont-ils disparus de cette planète… Non ! Ils n’auraient jamais laissé un tel monde derrière eux préférant l’anéantir que laisser une chance à la nature. Laissant une planète morte, symbole de la malédiction poussant la Création à générer des formes toujours plus complexes, évoluées, jusqu’à ce qu’une la détruise pour se venger d’avoir été arrachée au néant ! Pourtant cela continue, l’immobilisme c’est la mort. Le temps ne s’arrête jamais ! La vie a besoin de tout effacer pour recommencer et redoute une perfection synonyme de conclusion.

Si elle était dans un monde d'’Après elle chevaucherait dans un désert brûlant, observée par les étoiles, spectatrices de la folie humaine.

Ces pensées la dérangent, elle était si bien, pourquoi retrouver un monde incapable de s’occuper d’elle, dont elle ne veut plus, dont elle s’éloigne à la vitesse de sa monture ? Elle refuse de reculer, rien ne doit interrompre son voyage, elle ne veut plus de ces pensées, de ces images, de ces spectres l’appelant pour se moquer d’elle. Que le vent chasse leurs cris ! Elle ne chevauche pas dans un monde mort, sur un sol de cendres, mais dans un univers vivant, sur une terre que les sabots d’or ne touchent pas. La voix lui affirme que rien ne l’arrêtera, les autres sont comme le monstre ailé qui voulu la tuer, ils n’ont pas plus de chance de l’atteindre. Ils se ressemblent, condamnés à obéir mais au dernier moment aucun regard ne viendra les aider. La haine ne doit plus résider en elle, ils s’en servent comme chaîne pour la retenir, se débarrasser de tout sentiment pour eux, contempler la vie qui seule peut se pencher sur elle non comme sur une image parfaite mais comme une enfant ayant besoin de si peu. De si peu ? Trop pour ceux qui ne purent le lui donner. Elle aurait offert tellement en échange, elle garda tout, maintenant qu’elle n’est plus seule les ombres s’effacent, les pantins s’écroulent, fils tranchés nets : leurs petites bouches ne lui diront plus de mots menteurs, leurs yeux de verre explosent en milliers d’éclats ou fondent en des larmes sans tristesse qui n’émeuvent personne ! Ils ne la souilleront plus de leurs regards malsains, ne se jetteront plus sur elle pour lui faire du mal maintenant qu’il y a quelqu’un près d’elle lui tenant la main, lui parlant, l’aimant simplement. Elle ne voulait rien de plus. Quelqu’un n’existant que pour cela. Jusqu’à la fin des temps, au moins…

Elle n’est plus sur son cheval fabuleux mais simplement allongée sur son lit, une main tient les siennes, un regard plonge dans le sien, elle y lit ce qu’elle espérait, sûre d’avoir vécu au moins cet instant là. Des yeux qui comme les siens brillent de trop d’émotions.

Doucement des doigts caressent son visage, effleurent ses joues, frôlent sa bouche qui s’ouvre sur un mot qu’elle refusa toujours de prononcer. Un mot, un nom, son nom murmuré dans un souffle.

Elle devine qu’il sourit tendrement, reconnaissant son nom qu’elle répète, qu’elle voudrait dire sans plus s’arrêter, un nom, un mot, maintenant là pour ne plus la quitter. Elle est vivante grâce à lui qui le dit dans la pression de sa main, dans la caresse sur son front se prolongeant dans sa chevelure. Ce regard dans laquelle pour la première elle se sait belle.

Pourquoi retenir ses pleurs, comment mieux exprimer ce qu’elle ressent sinon en ces larmes disant mieux que des mots, en ces battements de cœur qui maintenant ont trouvé leur rythme.

Elle tend les bras. Que de fois voulut-elle le faire ! Cette fois elle va au bout de son geste, sent des bras l’entourer, une poitrine contre laquelle elle se blottit, se laisser aller comme une petite fille. Il est là, souffle sur ses joues humides, passe un doigt sur sa bouche et l’embrasse ensuite. Ses pensées s’apaisent, elle laisse venir son sommeil, il va l’emmener loin, très loin.

Aussi loin qu’elle aille elle n’y sera plus jamais seule. Quand elle s’endort ses lèvres ne prononcent qu’un mot.

Il reste près d’elle, la regarde, suit son rêve : une chambre, une silhouette près d’une enfant dormant laquelle rêve d’une chambre…

Protégée rien ne peut plus l’atteindre.

* * *

Elle soupire, s’étire avant d’ouvrir les yeux. Seule, la lumière venant du dehors lui montre une chambre différente dans laquelle ses bibelots, les objets disposés partout ont disparus. Ils étaient inutiles, souvenirs d’instants importants sur le moment mais qui ne sont plus que des images d’un lointain passé, lointain comme une autre vie.

Elle les sait rangés dans un placard comme elle voulait. Les meubles sont nus, restent ses livres, réceptacles d’aventures extraordinaires qui lui donnaient d'oublier la réalité. Elle sourit, peu d’enfants de son âge lurent ces romans-là, elle voudrait qu’il n’y en ait aucun.

Un titre attire son attention Frankenstein, pas une histoire de son âge et pourtant elle s’était sentie proche du monstre créé par ce docteur. Créature meurtrière mais était-elle responsable de ses actes ? Rejeté, que faire d’autre que se tourner vers la violence qui, si elle n’apaise pas vraiment, soulage de trop de souffrances.

Elle aurait aimé entrer dans le livre, aller vers le monstre, lui dire qu’elle serait son amie, qu’ils étaient semblables.

Un temps il avait été le compagnon fictif de ses jeux, prompt à surgir pour s'amuser avec elle. Le livre avait quitté sa table de nuit pour retrouver ses semblables. Le visage s’était estompé, faciès vu dans un film diffusé tard à la télévision. Elle s’était levée pour le regarder, suivant l’action avec intérêt, se disant que bien des humains alors qu’ils ne sont pas fait de lambeaux de cadavres (encore que !) étaient moins vivants que le monstre.

Le jour brûle ses yeux, elle aurait voulu la nuit tout de suite pour ne plus être seule. La nuit… Sur son bureau, dans un petit pot en grès, des ciseaux pointus… Idée idiote, seule la vraie nuit compte, celle dans laquelle elle pouvait encore LE voir. Tant d’expressions passent dans les yeux qu’il eut été criminel de tuer les siens. Elle veut que le temps passe plus vite, que les chiffres défilent sur son réveil, rien n’arrive ! La volonté est parfois insuffisante ?

Elle va subir les autres, faire semblant de les voir, de les écouter, leur parler peut-être. Elle hausse les épaules, bientôt ils ne seront plus là, elle n’aura plus à simuler. IL l’attend pour ne plus la quitter, ensemble jour et nuit, bientôt…

Cela elle le voulait, c’était plus qu'un souhait, sa volonté réaliserait ce qu’elle voulait, pour une fois.

Elle ne laisse pas sonner son réveil, bien fait, pauvre chose faisant ce qu’on lui avait appris, ni décision, ni désir, il ne valait pas mieux qu’un humain. Eux aussi peuvent sonner. Leur mode d’emploi est à peine plus compliqué que celui de ce réveil.

Elle se lève, respire profondément, passe dans la salle de bain, programme quotidien. Elle s’habille, prend son petit-déjeuner sans oublier son ami à plumes qui, pour la première fois, vient manger à ses côtés. Elle le regarde dévorer sa pitance, nettoyer son plumage puis repartir. Ce n’est pas avec le ciel qu’elle a rendez-vous, ni avec l’enfer, ce serait exagéré, seulement avec les autres.

Ce n’est pas rien mais à peine plus.

La cour, sa place habituelle contre la rambarde de fer à la peinture verte s’écaillant, par jeu avec son pouce elle en détache quelques particules qui tombent à ses pieds. Un œil vers les enfants qui jouent, se poursuivent, se battent. Les oreilles à l’écoute des informations, rien de neuf, l’actualité va vite, l’histoire retient peu de ce qui semble important sur l’instant. Les enfants envisagent mal l’avenir, plus tard ils regretteront cette époque d’insouciance et d’irresponsabilité en se comportant comme des gosses qu’ils ne seront plus. Elle distingue des formes vagues ignorant qu’elle les voit comme elles sont puisqu’elles ne savent pas ce qu’elles sont. Ignorer repose l’esprit.

Voit-elle la réalité ou seulement une projection floue sur fond gris ? Elle suit ce spectacle distraitement, s’interrogeant, va-t-elle déchirer ou non l’image, est-elle sur cet écran regardant une vie hors de son atteinte ? Où est le projecteur, est-ce le soleil ou le regard des autres qui parfois glisse sur elle ? Est-elle sa propre œuvre sur une toile aux dimensions du temps et de l’imaginaire ? Pas besoin de plus, que les autres conservent celles qu’ils voudront, du concret, du qu’on crée pas. Elle s’amuse de ses pensées, se verrait point lumineux dans un univers où les ténèbres vaincraient une vie dont elle resterait l’ultime trace, mieux, l'aboutissement. La vie l’ayant créée pour la regarder et effacer ses précédentes réalisations, ses brouillons. Elle contemplerait le plus beau paysage qui soit dans lequel elle s’enfoncerait pour y disparaître. Une haute silhouette lui tiendrait la main, se penchant pour lui chuchoter quelques mots qui la feront sourire ou pleurer, vivre dans un paysage changeant au rythme de leurs volontés, au gré de leur humeur. N’est-elle pas un songe s’acharnant à atteindre le réel ? Un long chemin que celui-ci mais elle se sait capable de relever le défi si le rêveur ose lui insuffler assez de vie, l’aimer assez fort pour qu’elle sorte d’un monde à deux dimensions pour entrer dans sa réalité. A moins que ce ne soit l’inverse, qu’elle puisse l’emmener, le tenant par l’émotion, vers l’infini que l’esprit seul sait créer.

Elle ne sait plus, l’idée est distrayante, s’il ne s’agit que d’une idée !

Les ombres s’agitent autour d’elle, tout est si sombre subitement ! Serait-ce que la nuit viendrait plus rapidement ? Non, c’est elle qui est fatiguée, ses yeux ont du mal à rester dans le vrai, à reconnaître ce décor, ses pseudo semblables passant autour d’elle en lui jetant des regards en coin. Elle plaît aux garçons mais les effraie tant elle est lointaine, comme si elle était à cheval entre le réel et le rêve. Elle est en un lieu qu’une seule autre âme peut atteindre, puisqu’elle y est, pour toujours, près d’elle. Elle eut un jour une étrange sensation en feuilletant un magazine, s’arrêtant sur une photo représentant un paysage qui lui plut. Dans ce décor courait une enfant ayant son visage. Le miroir de la salle de bains le confirma. Retrouvant la photo elle n’y avait pas revu l’enfant ! Quand ses larmes coulèrent elle s’amusa à les faire tomber sur le papier espérant qu’elles le rongent tel un acide.

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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 07:38

 

- S'il vous plait on vous attend, nous n'avons pas toute la journée ! Je vois qu'il s'agit de discrimination, un de plus, comme si nous n'avions que ça à faire, bref ! M. R... vous avez agressé la victime, violemment.

- Je le reconnais Monsieur le Juge.

- J'en suis heureux, ça nous fera gagner du temps. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi.

- Ils nous envahissent ces sal... je veux dire... Ils sont partout, travaillent pour moins cher que nous, plus vite, mieux paraît-il, ça je demande à voir, résultat nos emplois diminuent, nos revenus baissent et nos enfants s'inquiètent de leur avenir. Je sais, vous allez me dire que mon comportement n'améliorera pas les choses, vous aurez raison mais quand je l'ai vu passer devant moi...

- Vous vous êtes emporté, une réaction humaine M. R...

- Je suis heureux que vous le compreniez Monsieur le Juge.

- La parole est à la victime, approchez-vous s'il vous plait. Vous êtes un androïde classe 3 équipé pour le travail de manutention ?

- Parfaitement Monsieur le Juge.

- Qu'avez-vous à dire ?

- Je comprends la réaction de M. R... Étant organique il ne maîtrise pas, comme moi, son comportement, néanmoins nous sommes amenés à vivre ensemble désormais et il devrait contrôler ses pulsions.

- Nous allons l'y aider en lui implantant une nanopuce dans le cerveau, de toutes façons cette mesure va s'appliquer à tous les organiques dès l'entrée à l'école, ainsi, nous, les machines, assureront la parfaite coexistence entre nos espèces.

Pour l'instant, pensa-t-il, mais cela son programme ne lui commanda pas de l'exprimer oralement.

- Androïdes gardes, emmenez le prévenu !


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27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 07:32
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