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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 07:19

 

Oublié sur un quai je me souviens, jadis,

J'allais un peu partout, villages ou capitales,

Emportant gens et biens, combats et armistice,

Charriant joies et soucis, du futile au vital.


Qui gratterait un peu le bois de mes parois,

Trouverait du passé, des rires et du sang,

Du cambouis, de la suie, même l'ombre de rois,

Des cris exaspérés ou des gémissements.


Près de moi ont couru des adultes pressés,

Mille enfants excités d'aller en colonies.

Des soldats enjoués partant se faire tuer

Aux bestiaux trop nombreux dans l'espace réduit.


Je suis allé très loin, l'enfer dirent les humains,

Conduisant vers la mort des fantômes tremblants,

Que des zombies moqueurs emmenaient vers la fin,

Pour apaiser la peur empoisonnant leur sang.


Dans mon coin je suis bien, pourrissant en silence,

Rejoignant le néant mais passant en second,

Inanimé, heureux, et, voyez-y offense,

Objet dispensé d'âme, je ne suis qu'un wagon !


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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 07:11
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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 06:39
... Ou rêve ? - 06 
 

                                                  07


L’ombre ultime guette derrière le rempart aquatique, l’enfant en devine la silhouette, elle frissonne mais ne recule pas. Pourquoi craindre l'inévitable ? Le cœur faiblit mais l’âme sourit. La mort est émue par la beauté, elle pleure des larmes de pluie ? Va-t-elle s’écarter pour laisser une vie se continuer éternellement ?

Elle est heureuse d’avancer, des mots qui l'accompagne, d'être loin du monde. Les cendres ont disparues, le sol est nu, aucun être vivant ne vint jusque-là. Elle a atteint le point à partir duquel elle découvre un univers sur lequel nul regard ne se posa jamais. La clarté est douce pour qui la mérite, clarté de la vie effaçant les illusions, diluant les fantômes et chassant les impurs. Tout est simple, la vie ne s'anticipe pas, il suffit de l’accepter. Les définitions, les explications sont des façons de l’éviter. Seul qui fait semblant s'en satisfait.

Peu à peu elle retrouve ce que les autres nomment réalité. Certains voyages demandent une vie entière. Il est agréable de savoir que l’on voit au travers du masque de la vie, que l’on évita le piège dans lequel tombe qui y voit un abri. Ceux qui voient le chemin continuant craignent la suite et optent pour le réconfort de la routine, l'abri du troupeau. Sensation gommant la peur, le doute, l'envie de se noyer dans la masse. Trop tard, il faut continuer, attendre une seconde de calme pour une heure de terreur. Encore et encore jusqu’à la fin du chemin qui bien que souvent souhaitée vient toujours trop tôt !

La porte de son immeuble, ennemie grinçant pour cafter. A plat dos elle se laisse aller, regarde la pluie diminuant. Le vent secoue les enseignes, fait voler les déjections d’humains marquant leur territoire comme les chiens pissent à chaque coin de rue. Avant que la porte ne claque elle entend le hurlement du vent circuler dans les rues, courir sur la terre comme seul le maître des lieux peut le faire. Par jeu il arrache quelques antennes, les paraboles c’est plus difficile. Combien le maudissent, se retrouvant sans le sujet de conversation idéal : Qu’allons-nous voir ? Facile de regarder une télévision animée… De quelles intentions ? Des couleurs, des sons, c’est presque aussi vivant qu’un téléspectateur assidu !

Atteignant les premières marches le silence s'impose dans les rues, celui qui suit la tempête.

Enfin chez elle, la salle de bain où elle s’observe dans le miroir, visage trempée, cheveux pendants, intriguée. Quelques grimaces avant de se décider à laver sa chevelure, douce amie, tendre confidente.

Les yeux clos elle se brosse avec l’impression que d’autres mains se joignent aux siennes, doigts effleurant, caressants, jouant avec elle. Elle frémit. si cette sensation pouvait durer toujours, toujours…

Quand elle relève les paupières sa crinière est sèche, elle brille comme jamais. Pouvoir l'utiliser comme ce personnage de bédé capable de tout faire avec. Mais elle est une enfant normale pas la mutante qu’elle voudrait parfois incarner.

Est-ce contradictoire de regretter d’être vue et d’avoir une chevelure capable d’attirer l’attention ?

L’heure lui saute à la figure. Le temps est passé si vite, son réveil ricane mécaniquement. Déjà l’heure de manger, comme tous les jours elle prend sur elle pour ne rien montrer, pour ne pas dire qu’elle a envie d’être seule et de rêver comme elle l’entend. Journée banale ! dit-elle, c’est presque vrai. Aucune question, peur de la traumatiser, sur l’agression dont tout le quartier parle, cela lui évite de mentir, ce qu’elle déteste, d'ordinaire elle élude les interrogations, technique efficace ne trahissant pas sa conception de l’honnêteté. Simple de se dissimuler, le choix des termes suffit, chacun comprend ce qu’il veut, en restant proche de la vérité. A ce jeu elle se sait douée, la nécessité est un moyen performant pour trouver en soi des qualités qui sans elle resteraient inexploitées. Les mots sont ses amis quoi qu’elle les sache pernicieux quand ils infiltrent son esprit, avides de trouver une idée, de l’entourer, prédateurs inverses puisqu’ils la nourrissent, la font croître, multiplier les dendrites de ses interrogations.

Sont-ils aussi vivants qu’ils le paraissent ou sont-ils portés par des courants que la conscience ne perçoit pas, sous-jacent à l’intelligence, voguant sur la toile séparant la lucidité de l’inconscient. Elle sait cela, représentant ainsi l’intérieur de son cerveau… avec des mots !

Agréables compagnons de jeu… au début !

Sont-ils portés par une exigence intérieure désireuse d’être reconnue, sinon pourquoi tant de récits, d’essais, d’œuvres vides de sens pour qui les lit, crues pleines de signification pour qui les écrivit.

Difficile de briser le bâillon d’oubli minéralisé par le temps étouffant le subconscient. Dangereux de le sentir devenir poreux, de percevoir l’émergence de questions voraces. L'inconscient regorge d’angoisses, de fantasmes multiples et (a)variés, de souvenirs guettant l’occasion de surgir. Que la conscience décroche du réel et le pire peut survenir.

En mangeant elle réfléchit, examine ces pensées qu’elle tait et qui, de ce fait, occupent de plus en plus de place en elle. Peut-elle d’un regard tout ce qui réside en elle ? Elle en est incapable mais elle sait que c’est mieux ainsi.

Elle s’imagine hors d’elle, s'observant manger et penser, contraste entre le calme affiché et l’agitation ressentie. Ne laissa-t-elle pas trop de liberté aux idées errant dans toutes les directions, se contentant du rôle (?) de spectatrice. Installées, il est trop tard pour les chasser.

On la regarde, elle sourit, en pensant à autre chose, ainsi sont-ils rassurés. Quelle surprise si elle avouait ses secrets.

Les humains arrangent les choses en fonction de ce qu’ils pensent, les normes sont les moules dans lesquels les circonstances de la vie doivent s’insinuer. Quitte à les forcer un peu.

Mais juste un peu.

Un gros peu !

Ils sont déjà dans un moule, en bois, reste à visser le couvercle, de l’intérieur c’est ardu mais leurs efforts sont à encourager.

Pour une fois elle fait honneur au dîner, d’ordinaire chipoteuse elle dévore ce qui passe devant elle. C’est bon signe ! penseront-ils.

Heureusement, la machine à lire les pensées reste à inventer, certains qu’elle connaît auraient l’appétit coupé net. Une belle idée pourtant, une seule condition pour l’apprécier : Ne pas craindre le vertige.

Repas fini, heure du dodo, elle se lève pour retrouver sa chambre, pas question de perdre son temps devant la mangeoire cathodique. Elle est fatiguée mais n’a pas sommeil, elle attend, cette nuit elle ne sortira pas.

La vie est faite d’attentes d’événements fugaces suivis de nouvelles preuves de patience, et ainsi de suite, jusqu’au dernier que personne n’espère vraiment. Demain sera vite là, le temps passe toujours ! Elle ne veut pas voir si loin. La nuit commence, le jour n’existe pas.

Elle s’allonge dans l’obscurité, habillée, les yeux clos. Elle ne sursaute pas en devinant une présence s’approchant pour se laisser aller sur son cou comme pour lui faire mieux ressentir son ronronnement de plaisir. La douceur l’emporte, la tiédeur de l’animal envahit son corps pour éliminer jusqu’à l’idée d’une autre sensation possible. La réalité s’enfuit, elle ne dort pas vraiment, elle est loin, le plus loin possible.

Elle se rêva souvent chatte parcourant de nuit les toits, ayant la ville pour elle et un univers inaccessible aux humains qu’elle regarderait de loin, satisfaite de ne plus être comme eux, fut-ce la nuit seulement. S’il y a des lycanthropes pourquoi pas des chats-garous ?

Un jour son instinct l’aurait fait se précipiter vers le seul pouvant la comprendre, à condition qu’il ne se transforme pas en souris ! Entre ses bras elle redeviendrait une enfant pour ne jamais le quitter.

Trop simple, elle est chat à la suite d’un sort lancée par une sorcière pour une raison quelconque, une erreur, dont elle avait à subir les conséquences. Vivre sous l’aspect d’un chat laid, borgne, efflanqué, pelé et un tas d’autres adjectifs moins ragoûtants.

Pour retrouver sa forme première un regard ne se détournant pas d’elle suffirait. La malédiction l’a rendue immortelle et à travers le temps elle cherche celui qui la verra sans esquisser de recul en l’apercevant. Elle traverse les époques survit aux maladies, aux chasses aux chats, les noirs sont mal vu des crétins, pour retrouver le temps de sa vie humaine.

Ce décor lui donne du courage, elle retrouve ses habitudes, un chemin menant vers un pauvre jardin public. Elle suit ses instincts, l’animal et l’humain s’associant pour la faire avancer. Là ! Sur un banc, une silhouette ! Elle s’arrête, hésite, voudrait aller vers elle mais craint une déception de plus, de devoir retrouver son point de départ et repartir pour un tour de manège. Elle s’approche, l’homme regarde le sol entre ses pieds, il ne l’a pas entendu, elle s’arrête devant lui, n’ose pas lever la tête mais sait qu’il n’a pas bougé, qu’il ne la chasse pas. A-t-il les yeux ouverts ? Elle ne sait pas, elle ne sait plus rien. Le voyage fut si long. Lentement elle redresse la tête dans un geste plein de fatigue usant son ultime espoir.

Les yeux près des siens sourient, pas de répugnance, deux mains se tendent alors que ses pattes ne la soutiennent plus pour la déposer contre une poitrine dont elle sent battre le cœur au rythme du sien.

Ou est-ce le contraire ?

Une seconde d'effroi à l’idée qu’en retrouvant sa forme elle ne meurt.

Ses yeux sont humides, l’histoire est inventée mais elle s’y retrouve tellement. Le subconscient prend de beaux déguisements, elle n’est pas un chat mais que deviendrait-elle pour celui qui saurait l’aimer ?

Le chat se déplace pour s’allonger sur sa poitrine, corps étendu, cœur contre cœur. Elle lui parle en le caressant : Tu as suivi mes pensées ? Tu me comprends, tu es différent des félins comme moi des humains. Lui aussi me comprendra, me regardera, me prendra dans ses bras pour ne jamais m’abandonner.

Elle pleure, doucement l’animal se dresse, tend la tête et avec sa langue râpeuse essuie les larmes sur ses joues avant de poser son museau sur ses paupières closes leur affirmant que les larmes ne sont pas inutiles, la souffrance mène toujours quelque part.

Ses pleurs, seul moyen d’exprimer ses émotions, cessent. Le temps se penche sur elle, il voudrait aller plus vite, plus lentement, l’aider, il ne sait comment. A son tour il connaît l’indécision.

Tout s’est évanoui, elle est seule avec un animal étendu sur sa poitrine, si léger, elle le sent à peine et respire lentement afin de ne pas le déranger. Elle sent qu’il l’observe vérifiant qu’elle a cessé de pleurer. Son ronronnement dépasse son corps, atteint son esprit et la rassure. La nuit ne fait que commencer.

Confiante elle sourit quand le félin se frotte contre elle et l’encourage. Il bouge, fait sa toilette, toujours sur elle qui essaie de ne pas rire. Elle ne peut résister et le fait choir à côté d’elle alors qu’il lui adresse un miaulement rauque lourd de reproches. Elle le prend l’attire vers son visage qu’elle passe dans son pelage doux, tiède, vivant. Il se laisse faire puis la repousse, pattes avants contre son front. Il joue avec une mèche, un doigt qu’il mordille précautionneusement. Elle l’embrasse, il la lèche sur le nez, elle rit encore, il ronronne plus fort. Le temps lui-même semble heureux.

Tout a une fin, les jeux également. Le chat se laisse tomber sur le lit, haletant, elle le laisse tranquille, ramène ses cheveux embrouillés sur sa poitrine, côté cœur, comme toujours. Elle n’a pas un geste pour le retenir alors qu’elle le sent s’éloigner, sauter du lit…

Elle n’entend pas sa chute sur le parquet !

La lumière passant par la fenêtre diminue. Elle n’est pas inquiète, au contraire. Pas davantage quand son cœur se met à battre au rythme d’un pas venant vers elle. Sa respiration un moment accélérée par l’émotion se calme. Elle n’est plus seule dans son univers. Il est là, à la place qu’il occupait déjà. Elle n’a pas à sortir, à aller vers lui. Elle tourne la tête pour le voir, si près d’elle. Une douceur nouvelle l’envahit quand elle croise son regard. Il promet d’être toujours avec elle. Il s’assied sur le bord du lit, elle voudrait…

Parler ?

Elle ne saurait pas, trop de mots se précipiteraient vers sa bouche, elle bafouillerait lamentablement. Les mots ? Non, un seul, court, exprimant ce qu’elle ressent, ce qu’il est, ce qu’elle a attendu depuis toujours. Il place un doigt devant ses lèvres et tend une main vers une main qui recouvre les siennes sur sa poitrine.

Côté gauche.

Contact délicat, fort et tendre, ce qu’elle attendait.

Ses yeux brillent dans l’obscurité comme s’ils étaient humides. Ils se regardent et plus rien n’existe. Dans son coin le temps regarde, s'étonne mais ne regretter pas d'être sensible à ce qu’il voit.

Le passé est oublié ! Il est là, venu pour elle, ils ne se quitteront plus. Elle est vivante pour la première fois par ce qu’elle ressent dans un regard posé sur elle devant lequel elle s’abandonne en ouvrant tout grand son cœur et son âme. Qu’il sache tout ! La pression se fait plus grande sur ses mains : Il sait !

Yeux clos elle fait comme lui et la silhouette change, grandit pour prendre l’aspect d’un fantastique cheval noir. Le vertige la saisit, elle n’est plus dans son lit mais sur son dos, emporté dans la nuit pour le plus prodigieux voyage jamais fait.

* * *

Calée sur une selle à ses mesures la puissance de sa monture résonner dans son corps. Le paysage qu’elle découvre en ouvrant les yeux est extraordinaire, nul n’en vit un semblable. Une forêt d’arbres immenses paraissant soutenir le ciel, largement espacés les uns des autres, piliers naturels dans un univers où le prodige peut surgir à chaque instant. Une forêt claire, les branches naissant haut sur les troncs, sol recouvert d’une herbe courte, ni broussaille ni taillis, les fûts empêchant par leur insatiable appétit davantage de vie autour d’eux, chacun veut un territoire à sa mesure, comme pour n’importe quel animal. Les êtres vivants se ressemblent par l’expression de leurs besoins pour survivre. Elle n’est pas inquiète quand une voix murmure à son oreille qu’avoir peur est inutile, le cheval l’emporte mais il sait où aller. Dans cet univers elle n’a que des amis. Les arbres unissent leurs souffles pour chanter. L'azur est d’une pureté non souillée par l’activité humaine. Jamais elle ne vit de frondaisons comme celles-ci ni ne sentit un tel vent caresser sa peau, faisant danser ses cheveux, traîne d’or pour une mariée de rêve.

La forêt est illimitée, où que portent ses regards elle voit un paysage immuable sans que sa monture ralentisse ou montre de fatigue.

Une étrange vision surgit dans son esprit, des d’êtres rosâtres lui ressemblant. La réponse est immédiate, ils n’existent pas ici, aucun ennemi ne sera autorisé à troubler sa quiétude. Les végétaux s’interrogent sur ce qu’ils lisent dans l’esprit de l’enfant, ces créatures malfaisantes et perturbatrices. Non, c’est un reste de cauchemar, ces choses ne peuvent passer les portes d’argent de l’imaginaire.

Chacun parle, raconte ses secrets, c’est à celui qui narrera la plus belle histoire. Comment il nait, vit, grandit pour atteindre les nuages. Elle rit si fort que chaque arbre de cette planète en frémit, jamais encore un tel son n’avait couru sur un territoire s’éveillant de l’entendre. Leurs branches s’agitent, les feuilles frémissent de contentement. La joie de l’enfant est une nourriture qu’ils ignoraient mais qu’ils n’oublieront pas.

Elle voudrait que ce voyage dure toujours, entendre chaque conte, comprendre chacun de ces êtres, qu’importe s’il y en a des milliards, l’éternité est faite pour être utilisée. Les arbres s’ils font la forêt n’en sont pas les uniques occupants, celle-ci est peuplée d’oiseaux qui passent autour d’elle, intrigués par cette créature qui ne ressemble à aucune de celles qu’ils connaissent. Aucun ne vit un être ayant le ciel dans les yeux. Mille symphonies dansent entre les troncs, tissant un océan de notes dans lequel elle nagerait jusqu’à la fin des temps.

Comment les remercier du spectacle ? Sa présence suffit-elle ?

Cent milliards de voix s’accordent pour répondre oui.

Ils se posent sur ses épaules pour la regarder de plus près, se faire caresser, triller leurs plus belles mélodies. Ils agissent sans comprendre, qu’importe le cerveau, la raison, quand le cœur parle aucune voix contraire n’est audible.

La forêt est un univers grouillant de vies différentes, certaines minuscules, invisibles dans les écorces, l’herbe ou plus importantes dans les branches. Toutes s’arrêtent un instant pour regarder passer une si belle création sur un animal aussi étrange. Elle perçoit cet intérêt, en est heureuse. Le regard de la vie est toujours bienveillant, s’il ne le fut pas c’est que s’y était substitué celui du néant. Les oiseaux s’écartent en criant comme un autre répondant à quelque mystérieux appel vient vers elle. Immense il plane puis voyant qu’elle tend un bras vient s’y poser veillant à ce que ses serres si puissantes n’égratignent pas une peau si douce, si fine. Lui qui d’ordinaire ne prend pas ces précautions, au contraire, est intrigué par cette créature qui annihile par sa seule grâce ses instincts les plus impérieux à tel point que les autres volatiles s’ils se sont écartés ne se sont pas enfuis. Il ne peut détacher ses yeux de cette enfant bien qu’il ne sache pas ce qu’est cette sensation nouvelle qu’il n’oubliera plus. Elle ne s’effraie pas de le voir, de savoir ce qu’il est, que ses serres, son bec sont des armes, elle lit en lui, voit les images d’une vie qui le fît et le dirige. Comment résister ? Ici le mal n’existe pas, c’est une notion humaine. Ce mot même est déplacé en un tel lieu.

Le mal est l’ombre de l’humain projetée par sa peur d’ouvrir les yeux.


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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 06:31
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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 06:50

 

Actriste : Comédienne habituée à jouer devant des salles vides.

Alsamémère : Tendance de personnes avancées en âge à reproduire les mêmes recettes.

Avocalyptique : Monde où chaque rapport humain est encadré par une loi.

Bhier : Cause de la gueule de bois d'aujourd'hui.

Députoir : Lieu où les promesses pourrissent et puent.

Discours : Alors qu'un seul suffirait.

Extashorrifier : Ressentir de la fascination pour un spectacle terrifiant.

Hainergie : Rancœur attendant que s'ouvre la porte de la colère.

Hameçoeur : Passe par le cœur pour atteindre le portefeuille.

Lamantable : Je comprends pas, c'est la première fois que ça m'arrive.

Lifting : Traces de freinâge.

Prostitutionnel : Tu votes pour moi chéri(e) j'te ferais ce que tu aimes...

Rêvolution : Mirage faisant croire que le monde peut être meilleur kill n'est !

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 06:47
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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 06:41

 

Je me sais seul debout dans un monde écarlate,

Hagard et titubant face au soleil levant,

Résonnent encore en moi les bombes qui éclatent,

Et des odeurs honteuses apportées par le vent.


Tout est flou, imprécis, mais est-ce le brouillard,

Ou mes yeux épuisés d'avoir vu trop d'horreurs,

Auraient-ils renoncés, se tournant vers nulle-part,

Pour effacer le jour et oublier la peur ?


J'étais un numéro, un simple matricule,

Perdu parmi cent mille, dressés en chiens savants,

Étreignant un fusil, moderne et sans recul,

Et dans le dos la main me poussant en avant.


Des cris, du bruit, je cours, mon cœur bat la chamade,

La boue sur mon visage et l'effroi qui m'englue,

Autour de moi j'entends tomber mes camarades,

La chaleur m'asphyxie, par dieu je n'en puis plus.


D'un coup la nuit se fit, l'oubli m'a recouvert,

La paix pour un instant, un rêve m'envahit,

Si j'étais le dernier humain de l'univers ?

Amusante vision, malgré moi je souris.



La brume a disparu et je sais où je suis,

Pourquoi tout est carmin, ce parfum que je sens,

On m'a décrit ce lieu quand j'étais tout enfant.

Au fond je suis content d'être mort moi aussi !


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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 06:36
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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 07:23



























 

 

 

 

 

 




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21 mars 2009 6 21 /03 /mars /2009 07:08

... Ou rêve ? - 05

                                                 06


- Tu es pressée de rentrer ?

- De me promener.

- L’orage menace.

- J’aime la pluie. Les rues vides sont si tranquilles.

- Et menaçantes !

- Non, il y a des policiers partout, il ne fait pas nuit. Je veux juste faire un petit tour, seule, réfléchir, méditer sur des choses d'enfant.

La directrice n’en crut pas un mot.

- J’essaierai de me balader comme toi.

- Pourtant vous avez un immense parapluie, sans parler d’un imper qui descend jusqu’à pieds protégés par de grosses bottes.

- Tu es observatrice.

- Cela dépend pourquoi. Je retiens des images sans savoir pourquoi, détails superficiels ou importants, bizarrerie de mon esprit.

- C’est l’opportunité pour moi d’apprendre à profiter de la pluie.

- Je ne peux vous en empêcher.

- En effet ! Ce qui signifie que tu ne désires pas que je t’accompagne.

- En effet… Quoi que ! Laissez votre parapluie ici. Si c’est pour vous munir de votre arsenal le jeu est faussé dès le départ. L’habitude des nuages me fait affirmer que l’orage sera brutal, ce sera un mur d’eau.

- Soit, je te suis. As-tu l’intention de réfléchir à un fait divers récent.

- Cela m’intéresse peu. Je me tiens au courant de l'actualité. Le sang et la mort ne m’attirent pas dans le réel. Je les préfère vus par ces fenêtres que sont les imaginaires des grands artistes.

- Les victimes ?

- Mourir est notre seule certitude, qu'importe la façon. Pourquoi s’attrister de quelques morts quand chaque jour nous en déplorons des milliers ? Quelle motivation sous cet apitoiement factice ?

- Dur jugement.

- Être lucide amène à cette sévérité.

- Pour les autres c’est facile.

- Ai-je fait preuve de complaisance envers moi-même ?

- Je ne m’en souviens pas mais je suis heureuse que tu me répondes. L’isolement est mauvais conseiller, la vie c’est se confronter.

- C’est ce que se dirent nombre des victimes dont vous parliez.

- Le risque fait la valeur de la vie.

- Qui est sûr de ce qui l’attend, du temps dont il dispose ?

- Personne bien entendu.

- Le péril fait le prix de la chose ?

- Voilà.

- Le risque suppose l’échec n’est-ce pas ? Que vous vous intéressiez à moi n’implique pas que vous appreniez quoi que ce soit.

- C’est juste.

- Mais perdre une bataille n’est pas perdre la guerre, au contraire, c’est une motivation supplémentaire pour renouveler l’assaut.

- Visions guerrières.

- Image parlante. Vous sentez les premières gouttes, le ciel tâte le terrain, reconnaît ses futures victimes. Cet éclair était magnifique ! Si j’étais douée en photographie je m’évertuerais à les prendre tous. Ce sont les sourires du ciel.

- Avant les larmes ?

- De joie !

Difficile d’avoir le dernier mot. L’adulte se sentait tournant devant une forteresse, décochant ses flèches les plus acérés sans rien toucher, alors que les attaques adverses atteignaient leur but.

- Vous allez vous faire tremper inutilement, prendre froid peut-être.

- Si tu peux le supporter pourquoi pas moi ?

- Vous n’aimez pas la pluie. Attendez qu'elle tombe...

- Que je te comprenne vaux la peine que je sois trempée !

- Inondée. (Noyée pensa-t-elle, se gardant de le dire.) Pour ce qui est de me comprendre, y arriver serait décevant. Un but atteint est source de regrets, que faire ensuite ? Vous ne pouvez rien pour moi parce que je n’ai pas besoin que l’on m’aide. J’admets différer des autres, sortir de cette norme dont vous êtes la représentante. Elle ne me convient pas, ne me conviendra jamais, sauf à m’y faire rentrer morte. Ce ne serait pas une réussite je pense ?

- Non, en effet.

- Vous êtes une adulte, moi une enfant, des ennemies naturelles.

- C’est un grand mot.

- Quels comptes avez-vous à régler avec votre passé pour vouloir que mon avenir ressemble au vôtre ?

- Question agressive.

- Fondée sur vos motivations. Une question au-dessus de mon âge ?

- Oui, pour le moins.

- Me limiter aux interrogations des gamins serait-ce m’aider ?

- Je suppose que non.

La défaite est difficile quand on se découvre forteresse de verre, fêlée en mille endroits, prête à éclater au premier choc et que l'on s'avouer que l’on désire ce heurt. Quelles motivations derrières nos actes, à quelles pulsions cédons-nous ?

- Combien d’enfants auraient besoin de votre aide, qui ne disposent pas de mes armes pour l’avenir, puisque vous aimez ce terme.

- Tes armes ?

- L’intelligence, la faculté de comprendre ceux qui m’entourent.

- Tu n’es pas modeste.

- Non.

- Es-tu si sûre de connaître tes camarades ?

- La quantité ne m’intéresse pas, je préfère peu de relations, qui me conviennent, et réciproquement, avec qui je peux parler, découvrir, que des copains dont les centres d’intérêts me sont étrangers.

- Je n’ai aucune chance de faire partie de ce cercle restreint ?

- Être mon institutrice est un obstacle insurmontable, il ne serait pas bon que nos relations diffèrent de celles que vous entretenez avec mes… camarades. Question d’honnêteté, vous serez d’accord.

- Tes scrupules t’honorent.

- Nous sommes d’accord.

- Ta maîtrise du langage est hors du commun.

- D’autres maîtrisent parfaitement les programmes de télévisions, ils savent tout sur les dernières séries à la mode. Je n’y connais rien.

- Mettre sur le même plan ces domaines est un abus de langage.

- Oui.

- Nous arrivons donc à être parfois d’accord.

- Seules les montages ne se rencontrent pas disait ma grand-mère.

- C’était.

- Elle est morte.

- Tu la regrettes ?

- Non, cela ne changerait rien.

- Réflexion intellectuelle, qu'en est-il émotionnellement ?

- Emotionnellement…

Fort à propos le ciel hurla en même temps qu’explosaient les nuages. Des trombes d’eau se précipitèrent vers le sol en quelques secondes. La directrice est pétrifiée, rapidement ses vêtements deviennent des serpillières ayant à absorber plus de liquides qu’ils ne peuvent en supporter. L’enfant n’a pas ralentie elle regarde sa directrice ouvrir la bouche, chercher de l’air, nager pour rester à sa hauteur en s’efforçant de rester calme.

- Il pleut beaucoup trop pour rester dehors.

- Vous avez peur d’être effervescente ? Je vous avais prévenue, c’est rare d’avoir peur de la pluie à ce point, à moins que ce ne soit de l’eau. Ce temps me convient. Rentrez, vous allez être malade.

Sans attendre elle avance laissant une grande personne éberluée et trempée jusqu’aux os, qui s’insulte, s’en voulant de ne pouvoir se dominer, en voulant plus encore à cette enfant d’avoir percée la carapace qu’elle a formé autour d’elle pendant des années. Pourquoi être là, quel intérêt de s’intéresser à une gamine qui n’a pas besoin de soi ? Elle connaît la réponse, ce qui l’ennui c’est que la fillette la connaisse aussi. Elle regarda le défi disparaître entre les murailles liquides avec l’impression de la voir escortée d’une étrange silhouette. Crier était impossible, peur de se noyer ; proche de la panique elle prit sur elle, ferma les yeux, s’appuya à ce qui était proche, bref fit ce qu’elle put pour se dominer, pour reculer. La pluie était l’alliée de son ennemie, forme vivante diabolique l’enserrant, menaçant de la détruire… Dans son coin l’instinct ricanait, se moquait de la raison, attendant une suite qu’il connaissait déjà.

                                                             * * *

La discussion avec cette adulte confirme sa préférence pour la solitude. Pourquoi insister ? Elle ferma les yeux, leva la tête pour profiter des gouttes sur son visage, insouciante des regards possibles, l’eau formait une cage déformante autour d’elle.

Le tonnerre courait dans l’air, résonnait dans les tympans, les éclairs aveuglant les curieux tentant de les surprendre. L’orage paraissait sans fin. Au milieu de tout cela une enfant avançait, heureuse de se trouver loin des autres sans être isolée pour autant.

Tant de joie, de bonheur, s’il n’avait pas plu, ses joues eussent été mouillées malgré tout. L’image du désert est loin, elle n'en veut plus, préfère les lieux que la vie magnifie. La nature triomphe de l’absence La pluie parlait à son oreille dans une langue qu’elle ressentait. Le vent l’effleurait, l’embrassait, jouait avec elle, arrivant par derrière pour la pousser et la faire rire avec les parapluies qu’il arrachait aux mains tentant de les retenir. Elle le préférait ainsi, facétieux, plutôt que se déchaînant pour tout détruire. Était-ce son ambition ? Le vent est-il toujours responsable de ses actes ? Est-il plus facile d’être fils d’Éole que fils d’humains ?

Les rues étaient désertes, étranges animaux se voulant maître de la planète et se cachant quand le vent souffle, quand la nature libère son énergie. Elle sera la plus forte et quand l’eau se retirera une vie nouvelle sera née.

L’air lui souffle des contes d’ailleurs, la pluie éclate d’un rire dans lequel le vent et l’enfant la rejoignent.

Elle devine les silhouettes tracées sur le sol disparaissant du trottoir comme si ces trois hommes n’avaient jamais existé. Dans quelques jours, quelques semaines au plus, nul ne parlera plus d’eux, ne se souviendra de ce qu’ils firent, à leurs vies défendant, pour être connus. Dans sa tête les mots se bousculent presque autant que les gouttes sur son visage. A-t-elle trop lu, trop imaginé ? Elle le fit spontanément, son énergie mentale se déversant dans l’unique vallée capable de recevoir son impétuosité et sa violence. Un parent venant lui raconter des histoires aurait tout changé mais la porte ne s’ouvrit jamais. Dès lors fut-elle coupable de se diriger vers un battant à peine visible dans le mur des conventions, de mettre la main sur la poignée, d'avoir la force pour ouvrir, contemplant l’escalier de le descendre sans rien pouvoir dire à personne ? Désormais une pensée suffit pour retrouver cet endroit, un effort plus grand lui est demandé pour en revenir, toujours plus grand.

Au fond, et seul l’orage entendit son aveu, elle aurait seulement voulu qu’on l’aimât.


Sans la voir elle regarde la réalité l’encerclant, la paroi transparente l’isole des fantômes ondoyant dans un monde qu’ils ne comprennent plus. Émanations du néant ayant une autorisation de sortie. Les faces de pierre ne sont plus trouées que par de pâles lueurs semblables à des yeux que la mort va clore à jamais. Elle sent à peine l’eau frappant son visage, ruisselant dans son cou, le vent qui la glace et tente, en vain, de jouer avec ses cheveux trop mouillés. Elle s’arrête, dernière île de vie dans une masse liquide recouvrant le monde. Un effort, avancer, marcher, toute sa volonté dans chaque pas, autant de victoires temporaires à réitérer encore et encore.

Elle ne distingue qu’une falaise liquide protectrice, ventre dans lequel elle voudrait se perdre, ou se trouver. Le bruit des gouttes frappant le sol gomme celui de la civilisation, domine jusqu’aux battements de son cœur, rythme envahissant l’univers, emportant ses pensées vers cet univers où elle marcherait sans fin avec pour compagne l’eau animée d’une vie fantastique, prenant toutes les formes possibles, jouant avec la lumière pour la distraire, créant des colosses liquides entre lesquels elle avancerait insouciante de leurs regards sans âme. Elle dresserait d’infranchissables remparts s’ouvrant pour guider ses pas. Le ciel serait sombre avec de rares étoiles comme les regards de spectateurs timides ayant peur, la voyant, de détacher d’elle leurs regards émerveillés, condamnés à la suivre jusqu’à la fin des temps espérant se perdre dans l’éclat de ses yeux, seul espace infini !

Le sol serait couvert des cendres des impudents ayant tentés de la précéder sur cette voie et n’ayant pu aller jusqu’au bout.

Elle seule vit encore, les brouillons dont elle garde un souvenir flou ont retrouvé la vase organique dont ils ne sortirent que pour jalonner sa route. Il est temps que tout cesse et que naisse l’éternité !

Les mots qu'elle entend, murmurés par une présence invisible près d'elle, la font sourire, dans son âme pour la rassurer, comme dans le secret de son cœur pour l’inciter à battre plus vite, plus fort. Toutes les vies inutiles sont effacées derrière la silhouette incarnant ce dont elle ignorait rêver pour incarner ce qu’elle voulut, veut et voudra jusqu’à ce que le temps, lassé de lui-même, s’arrête à ses côtés ! Elle ne redoute pas cet instant, si un cœur vient battre avec le sien ils le surpasseront. Ils contiennent la promesse de l’immortalité.

La réalité s’estompe, aucun regard ne la distingue aucun esprit ne pense à elle, la pluie pénètre les mémoires pour y dévorer ses traces.

Combien de visages blêmes derrières les fenêtres, formes blafardes aux yeux en deux trous sombres s’ouvrant sur rien ? Qu’importe, qu’ils la regardent, appelés par une voix qu’ils n’osent reconnaître. Qu’ils lèvent les yeux et l’infini leur montrera ce qu’ils sont. Spectacle insoutenable qui arrachera leurs âmes muettes de saisissement pour tracer le chemin d’une enfant.

Aucun ne croiserait son regard, lumière, vérité que les zombis croiraient hallucinée. Que valent ces choses inaptes aux sentiments eux qui ne sont animés que d'instincts. Les émotions sont néfastes à la santé comme réfléchir l’est pour la sérénité de l’esprit. Aucun regard ne soutiendra l’éclat de sa beauté, aucun cœur n’atteindra le rythme et la force du sien qui préfère battre moins longtemps ! Aucun n’a la folie du papillon allant vers la lumière en ressentant qu’elle le tuera, préférant une seconde de clarté à un siècle d’obscurité.

L’humain réfléchit pour se trouver des raisons de choisir le mauvais chemin, le plus simple, le plus facile. Aucun ne supporte la clarté autrement que diffuse sous un voile de pluie.

Elle écoute ces mots qui la font sourire alors que brillent ses yeux. La vie est là ! Elle semble autre parfois mais alors elle est l’illusoire vers laquelle tant courent pour trouver une introuvable tiédeur.

Il n’est d’errance qui n’aboutisse, de quête qui ne s’assouvisse. Autant de constats que les chemins ont une unique destination, la seule réalité inéluctable qui attend même celui qui feint de l’ignorer pour ne pas la craindre, l’adorant pour l’amadouer. Destination, aboutissement de toutes vies, grandes ou petites, lumineuses ou ternes. Certitude sans méchanceté faisant ce pour quoi elle existe. Elle attend et octroi à chacun ce qu’il mérite. L’Après qu’il façonna au long de son existence.

Dépouillé de son masque d’apparente sérénité qui peut affirmer qu’il sera sans peur au moment de croiser le regard de la mort ? Elle qui attend, depuis si longtemps, un être méritant le chemin ne conduisant pas au néant...


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