Sujet "en travaux", je l'améliorerai (ce sera facile, je sais) au fur et à mesure !
Haseo Kim In-hu 하서 김인후 (1511-1560)
Savant de l'époque du Roi Injong il passa ses examens en 1540 et rédigea une dizaine de livres montrant de grandes connaissances en astronomie, géologie et médecine. Ses textes furent publiés la
première en 1568 puis réédités au cours des siècles suivants. Son œuvre offre l'avantage d'avoir été parfaitement conservée.
Gobong Gi Dae-seung 고봉 기대승 (1527-1572)
Il fut, avec Toegye, le chef du mouvement Sarim en opposition avec le mouvement Hungu sur le principe d'occuper ou non de hauts postes dans la fonction publique. il occupa un temps le poste de Censeur Général avant de retourner dans sa ville natale pour continuer ses recherches sur les principes gouvernant la nature humaine. En 1558 il rendit visite à Toegye à Seoul alors qu'il venait y passer les grades supérieurs de ses études. Entre les deux savants commença une polémique appelée "Sachil iginonbyeon" sur l'origine des vertus et la nature des émotions...
Yulgok Yi I 율곡 이이 (1536-1584)
Né le 26 décembre il est un des plus importants érudits confucéen
de la Dynastie Joseon. Sa mère Sin Saimdang était calligraphe. À l'age de trois ans il connaissait l'écriture Chinoise et à sept ans il composait des poèmes en Chinois classique. À 13 ans il
passa le premier niveau de l'Examen littéraire de la Fonction Civile dont il atteignit le niveau supérieur à 29 ans. Sa thèse Cheondochaek est une pièce littéraire majeure démontrant sa
grande connaissance à la fois du Confucianisme et du Taoïsme. Après un retrait du monde de trois années il rédige en 1576 "l'essentiel du Confucianisme" considéré comme le meilleur guide pour
respecter les règles confucéennes de vie.
Uam Song Si-yeol 우암 송시열 (1607-1689)
Troisième fils de Song Gap-jo, sa mère rêva qu'elle avalait une pierre de lune quand il fut conçu. La nuit précédant sa naissance son père, retenu à Cheongsan pour une cérémonie familiale rêva lui que Confucius visitait sa maison. Ensuite seulement il reçu la nouvelle de la naissance de Song Si-yeol.
Il perdit son père en 1629 puis, un délai de trois ans respecté, devint l'étudiant de Sagye (Kim Jang-saeng), un disciple de Yulgok dont Song Si-yeol devint le continuateur. Après la mort de Sagye Song poursuivi son enseignement avec le fils de ce dernier Sindokjae (Kim Jip).
Au cours de sa longue vie il connut beaucoup d'honneurs, du poste de gouverneur de Gyeongneung au poste de ministre du roi Hyojong; mais aussi de vrais échecs. Son œuvre reflète les théories de Yulgok mais aussi des idées personnelles. Il servit d'exemples pour nombre de ses successeurs.
Hwaljae Yi Gu 활재 이구 (1613 - 1654)
Brillant érudit Néo-confucéen durant les règnes des rois Injo (1623-1649) et Hyojong 1649-1659) il laisse quatre volumes de poésies et textes en prose prouvant sa profonde compréhension de l'enseignement de Confucius et sa vaste connaissance de l'histoire, de la littérature et de l'astronomie.
Seongho Yi Ik성호 이익 (1681-1763)
Un des premiers philosophes et critique social du Silhak. Né dans une famille Yangban (de lettrés) du clan Yeoju Yi. À l'instar de son milieu il fit des études pour
atteindre une haute position dans la bureaucratie de l'époque mais il échoua lors de son premier essai en 1705. La mort de son frère aîné peu de temps après lors d'une rixe lui fit perdre tout
intérêt pour la fonction publique.
Engagé dans la ligne de pensée de Yu hyeong-won son œuvre va des méthodes de gouvernement à la famille en passant par l'économie et propose de nombreuses idées de réformes. Ainsi attira-t-il beaucoup de disciples donnant une forte impulsion au Silhak (mouvement réformateur confucéen).
Dasan Jeong Yak-yong 다산 정약용 (1762-1836)
Considéré comme le plus grand représentant du renouveau confucéen, son travail couvrit de nombreux domaines affirmant la nécessité de retrouver une plus grande proximité avec la
pensée originelle de Confucius, critiquant les philosophes de son temps perdus en discussions oiseuses loin des préoccupations concrètes. Pour lui les examens d'accès à la fonction publique ne
devaient plus seulement porter sur une connaissance approfondie des Classiques Chinois mais aussi sur la compétence technique.
Né dans l'actuelle province Namyangju (Gyeonggi) il y termina ses jours. Serviteur de l'état durant toute son existence, occupant de nombreux postes jusqu'à la supervision de la forteresse Hwaseong au début des années 1790. En 1794 il fut enquêteur royal dans sa province, période au cours de laquelle il apprit beaucoup sur la vie de ses concitoyens ce qui influença ses écrits postérieurs. Au total son oeuvre approche les 500 volumes.
Il fut également l'un des premiers à se convertir au catholicisme, prenant le nom de baptême de John ou
요한 (Yo-Han) en coréen.
Durant 18 ans il vécu en exil à Kangin.
Son nom de plume Dasan signifie montagne de thé.
Hwaseo Yi Hang-no 화서 이항노 (1792-1868)
Le dernier disciple Confucéen de la Dynastie Joseon passa son examen de la fonction publique en 1808 pourtant il refusa de se déplacer pour occuper un poste de fonctionnaire. Son nom, Hwaseo, provient de la localisation de son lieu de naissance, à l'ouest du mont Cheonghwasan. Défenseur de principes strictes il rédigea un mémoire critiquant Heungseon, père du roi, pour abus de pouvoir. Professeur, il eut parmi ses élèves Choe Ikheon et Yu Inseok, futurs leaders du mouvement Wijeongcheoksa (en faveur de l'orthodoxie confucéenne) à la fin de l'ère Joseon. Son enseignement insistait sur le respect dû au Roi comme à son père et sur le devoir de protéger l'indépendance de la nation contre les influences étrangères. Yi passa toute sa vie dans son village natal. Sa maison, construite par son père, a été restauré récemment, elle est l'exemple parfait de la demeure d'un haut fonctionnaire de l'époque.
http://www.ocp.go.kr/jsp/vr/cybertour_main.jsp?codeid=40000401&eflag=E
14
Deux hommes descendent d’une voiture, l’adresse est bonne, façade anodine, allée banale, nom sur une boite aux lettres. Au troisième. Ils montent, s’arrêtent devant la porte ornée d’une carte de
visite. Un doigt hésitant se pose sur la sonnette.
- Elle est sortie.
- Pour aller où si elle n’est pas à l’école ?
Certains voyages, aller simple, se font sans bouger. Ils reprennent l’ascenseur, soulagés de s’éloigner tant ils étaient mal à l’aise.
Les élèves mal surveillés s’en donnent à cœur joie, énervés sans savoir pourquoi, ils se calment au retour des deux hommes.
Un mot inspire les enfants et relance leur activité : Police ! Ils ont besoin de se soulager d’une trop forte tension, tous, sauf une.
Trois policiers refont un trajet les menant devant une porte toujours fermée malgré leurs coups de sonnettes.
Pas question de repartir comme ça, c’est leur métier d’en savoir plus. La serrure d'un modèle banal ne leur résiste pas longtemps.
L'odeur qui les accueille les renseigne sitôt entrés.
Les enfants se précipitent quand la voiture des flics stoppe devant l’école ? Ils savent que quelque chose est arrivé à la directrice, c’est évident comme s’ils regardaient un téléfilm.
Et qu’en pensent les membres du corps enseignant ?
Quand pensent les membres du corps enseignangnant ?
Les rumeurs courent, simple de mélanger les nouvelles, n’y eut-il pas un triple crime il y a peu ? Personne ne sait rien mais cela n’empêche pas de parler, au contraire.
Avertir les parents pouvant venir chercher leurs enfants, surveiller les autres. Les enchaîner dit un instituteur.
N’y a-t-il pas une autre solution, plus efficace ?
Elle sourit en imaginant les gamins dans le décor d’un roman lu il y a peu, livrés à eux-mêmes, de quoi seraient-ils capables pour survivre ?
- J’habite tout près, le pont à traverser, je peux rentrer seule, merci.
Les personnages de ses rêves auront disparus à son réveil, un seul sera présent pour lui tendre les bras.
Le rêve chemine par l’après-midi, l’enquête sera un changement dans l’enchaînement des situations bornant le quotidien. Gentil songe. Pour son ultime vision il la gâte. Seule sa vérité importe, celle de son esprit. Ainsi les souhaits se réalisent-ils par l’imaginaire.
Attention pourtant, il est des rêves dont la fin n’est pas le réveil.
Bien au contraire.
L’enquête commence vite compte tenu de l’écho donné à ce décès, sans certitude qu’il s’agisse d’un crime. Un commissaire mène les premières constatations, interroge. D'abord déterminer la nature de l’acte. La porte était fermée de l’intérieur, une fenêtre était ouverte mais laissant une place si étroite qu’un être humain ne pouvait l’utiliser. Aucune trace d’effraction, de pas sur le balcon ni nulle part, les empreintes sur le rasoir en diront plus, surtout s’il n’y en a pas.
Du classique, son métier, ses relations amoureuses s’il y en avait, les voisins répondirent que ça ne semblait pas le cas, aucun homme, elle était chez elle chaque soir, les weekends, rien à révéler. Dommage !
Restait à voir le côté travail. Les collègues de la morte n’eurent rien à redire de leur supérieure qui faisait son métier avec conscience, pour ce qui était des relations avec les élèves et leurs parents aucune ne sortait du lot, sauf…
Oui, une petite fille que madame la directrice appréciait beaucoup. Une belle enfant trop solitaire. Tenez, hier, elles ont eu une grande discussion, elle en était revenue bouleversée, préoccupée. C’était peu pour justifier un homicide, restait qu’elle pouvait cacher une autre vie. Bien vite le policier en apprit davantage sur la victime, de son passé émergea une histoire étrange. Dans une autre ville une enfant s’était suicidée, mais des zones d’ombres stagnaient sur les rapports qu’il lut. Un mélange de religion, de relations trop intimes, des sous-entendus affirmaient que d’autres enfants… Rien n’était explicite. Cela pouvait être une vengeance tardive bien que le dossier précisât que la petite victime était orpheline et choisie pour cette raison. Le policier se fit une idée plus nette de cette femme protégée par sa hiérarchie. Depuis qu’il fréquentait les tréfonds de l’âme humaine il ne s’étonnait plus de rien, et encore moins du reste.
Entendre cette enfant ? Que faire d’autre lui répondirent ses adjoints, quoiqu’il faille découvrir.
Facile de la repérer, quand les autres discutent avec véhémence elle semble contempler un spectacle visible par elle seule.
Une enfant étrange, intelligente sans forcer mais bien distante.
Le policier l’observe, le soleil illumine ses cheveux, elle n’a pas besoin d’être brillante, elle est déjà lumineuse. Un mystère pourtant, lui qui a l’habitude d’observer, de sentir les gens perçoit en elle plus que ce qu’elle semble être. Impossible d’user de termes précis mais cela fait partie de ses qualités que de ressentir ce que les yeux ne montrent pas, ce qui se tient sous la surface de l’apparence.
Partisan d’une attitude franche il s’approche et s’appuie lui aussi contre la rambarde.
Elle ne bronche pas, l’a-t-elle seulement vu ? Il en douterait s’il ne sentait une grande attention présente près de lui. Sans la connaître il est impressionné, instinctivement.
Sa bouche se referme alors qu’il constate qu’il ne sait pas quoi dire.
- Je suppose que tu as ton… pardon, que vous avez votre opinion sur ce qui vient de se passer, et que vous le savez, les nouvelles vont plus vite que nous le voudrions.
Elle lève les yeux, distraite un moment, observe cette silhouette si différente de ce à quoi elle s’attendait.
- Ça n’a pas l’air de vous toucher.
Il s’attend à une réponse convenue, il a tort.
- Pourquoi le serais-je ?
La voix est à l’image de ce regard, franche, claire mais distante.
- Vous aviez avec elle des liens privilégiés.
- Elle en avait avec moi. Quand à la mort, nul n'en est exempté.
- Cela dépend de la façon dont elle se présente.
- La sienne fut anormale ?
Piégé !
- Oui.
- Violente sinon vous ne seriez pas là, si elle s’était faite écraser par un chauffard vous n’auriez pas d’enquête à mener. Votre présence indique qu’il s’agit d’un homicide ou d’un acte le laissant croire.
- Raisonnement imparable, vos professeurs m’avaient dit que vous aviez une intelligence hors du commun.
- Probablement se prennent-ils pour référence.
- Probablement. De quoi parliez vous ?
- De moi, elle me voyait spéciale, voulait me sauver. Comment, de quoi... Je ne me sens pas en danger.
- Avait-elle une arrière-pensée ?
- Je n’y ai pas réfléchi, cela c’est votre boulot, je suis une enfant.
- Hier elle semblait bouleversée.
- Je lui ai dit quelque chose semblant menaçant, la promesse d'un lendemain différent. Des mots venus comme ça, elle m’énervait à me suivre avec ses promesses fallacieuses de m’aider à me réaliser.
- Vous avez eu raison, le demain en question fut différent, pour elle.
- Intuition ? Possible, quand à en déterminer l’origine…
L’enquête intéresse de moins en moins le policier, banale histoire de remords venus un peu tard. Repensant aux mots de l’enfant la directrice fait le point sur sa vie, occasion d’une prise de conscience et puis le rasoir là, un souvenir, comme si elle avait déjà pensé l’utiliser comme clé vers un autre monde, un avenir différent. L’enfant l’intéresse davantage. Cette morte ne sera regrettée par personne, dans quelques jours ses collègues déballeront ce qu’ils pensent et l’odeur de poubelle atteindra son comble. Si quelqu’un s’était chargé de l’éliminer, bien qu’il n’y crut pas, pourquoi le retrouver.
Le rapport avec les crimes du quai ?
Aucun de visible.
- Vous ne voudriez pas en savoir davantage ?
- Non. Pourquoi toujours chercher une explication, la trouver n’est-ce pas s’exposer à de nouvelles interrogations ? Je viens de voir une image monsieur le policier, j’ai vu son corps dans son lit, j’ai vu du sang, une lame brillante, elle en train de crier en manipulant le rasoir.
- Le rasoir ?
- Oui, c’est en parlant que je viens de réaliser ce que c’était, ma bouche fut plus rapide que ma pensée. Intuition ? Médiumnité ?
- Elle s’est suicidée ?
- Je vous dis ce que je ressens, c’est un témoignage, pas une vérité.
Pourquoi ne pas se contenter des apparences ? Un état second, un cauchemar né de la culpabilité, des pulsions s’affrontent et pour s’en libérer elle utilise une lame d’acier.
- Je peux parler directement ?
- C’est le policier, qui pose la question ?
- Étrange ! Il y a en vous quelque chose d’intrigant. Je comprends cette femme. Moi aussi j’aimerais en savoir plus sur vous.
- Vous n’êtes pas censé courir après des criminels ?
- S’il n’y en a pas à saisir autant ne pas perdre mon temps, mais ne le dites pas à mes supérieurs. C’est un secret entre vous et moi.
- Promis.
- C’est à vous que je voudrais m’intéresser.
- Vous perdriez votre temps.
- Non, voyez, j’ai eu du mal à trouver que dire tout à l’heure, je vous sentais distante, les autres vous ennuie ?
- On s’habitue aux barreaux de sa cage, même si on ne les voit pas.
La phrase le touche ! Cette enfant lui procure une sensation proche du vertige, une attirance effrayante.
- C’est rassurant des barreaux, c’est protecteur.
- Sur le moment, ensuite, quand on veut retrouver sa liberté…
- La porte est souvent où on ne la cherche pas et rarement fermée.
- Mais avons-nous envie d’être libre, en avons-nous envie ?
- Vous êtes une intelligence étonnante.
- Je vous change de vos interlocuteurs coutumiers ?
- C’est le moins que l’on puisse dire. Moi aussi il m’arrive de faire preuve d’intuition. Un avantage quand je cherche des assassins. Je n’ai pas envie de vous dire que vous êtes belle, lumineuse, bien que je vienne de le faire, mais autre chose m’intrigue. J’ai opté pour ce métier par goût des interrogations, pour aller chercher derrière les apparences. Or je sens que derrière ce regard calme, ce visage clair se tient une personnalité complexe et solitaire.
- Dans une minute vous allez dire que vous me connaissez, me savez malheureuse et ce qu’il faudrait pour que je ne le sois plus. Je n’ai pas besoin d’ami, d’un confident, d’un guide, quel que soit le terme que vous choisiriez si je vous en laissais l’occasion. J’ai aussi dit à la directrice qu’il était trop tard. Tout cela est un rêve qui veut prendre le visage de la réalité, mais je le connais, je sais où il me guette. Il s’achèvera bientôt, rien ne peut l’empêcher ! Le réel des autres est cruel. Il vous pousse loin, chacun sourit, au dernier moment, tend la main sachant que vous ne pourrez la saisir, et rit encore plus fort. Ma réalité m’attend, je n’y serai plus seule, je ne le serais plus jamais, jamais. Il sera tout pour moi, il l’est déjà, presque. Vous ne pouvez pas comprendre, vous êtes un fantôme, une ombre. Un piège tendu devant moi pour que je me laisse entraîner. Est-ce cela la vie ? Non ! Hallucination ! Le rêve est là, autour de moi, il se resserre pour m’étouffer, pour entrer dans ma tête et me convaincre. Qu’est-ce que l'esprit contre le cœur ? Il ne peut rien, le sait, sinon il ne tenterait rien d’aussi vain. Il s’amuse mais je m’en fiche, son rire finira en hurlements de rage impuissante. Vous êtes une tentative inutile, bien faite pourtant, mais les oiseaux ne sont pas vos amis, les arbres ne se penchent pas sur vous, les animaux du désert ne sortent pas du sable pour vous parler. Le vent ne vous murmure pas ses secrets, le plus beau monstre ne vient pas vers vous quémandant une caresse. Trop tard, eux tous me hélent mais le cheval qui m’emporte est trop rapide pour vous. J’ai tout connu, tout traversé. Le chemin est long et pénible qui mène hors de l’enfer, seule, une enfant ne peut le suivre, mais je ne le suis plus, mon guide prit ma main, ensemble nous atteindrons l’éternité. Il m’attend, je suis si proche de lui maintenant, bientôt dans ses bras, bientôt… Pantin dans un rêve de dément, voilà ce que vous êtes, levez les yeux, vous verrez les fils vous manipulant, vous faisant croire que vous êtes vivant. Vivre, penser, des mots, rien que des mots. Vous avez de la chance d’ignorer leur signification.
C’est la vie qui rêve, croyez-le, c’est peut-être vrai ! Continuez à le croire ce sera plus facile. Ne cherchez pas à comprendre, la réalité est introuvable. La chance est avec vous.
Vouloir, pouvoir, mots dont le sens vous échappent. Contentez-vous de leurs ombres, vous en
êtes une ! Ce que vous voyez du réel est un reflet dans mes yeux. Je suis loin. Une apparence, désormais je ne serais que cela. Le terme du voyage est proche, au cœur d’un océan né de mes larmes
attend la seule âme comprenant la mienne. En existât-il jamais d’autres ! La falaise a disparue, les doutes la peur sont vaincus. Il m’attendait sur le banc pour m’indiquer le chemin de ma, de
nos vies. J’ai attendu, espéré… Le but est proche, il tient en un mot qui se murmure, qui fait battre mon cœur au rythme du sien. Il m’attend, m’entend. Un sentier sur lequel j’ai abandonné
l’inutile. Un chemin qui se fait dans un seul sens. La vie atteinte comment reculer ? Le rêve disparaît, les autres… Quels autres ? Ils n’existent plus, ni leurs regards, ni leurs ombres.
Quelques pas encore, j’entre dans l’eau, mes derniers pleurs ont noyé la falaise. Rêve est le nom qu’il m’a donné, Amour, le sien ! Quels noms sont-ils mieux fait pour s’assembler et défier la
vie, la mort, le temps ? Deux noms qui ne seront jamais gravés dans la pierre. Il m’attend, ses bras se tendent vers moi, ils me serrent, plus de chagrin, de terreurs, de solitudes, d’attentes
vaines. Plus que la vie, la vie, la…
Ciel gris, reste d'automne au printemps sans que l'on sache lequel est en avance ou s'attarde. Et puis, quelle importance !
Est-ce que savoir change quelque chose, voir si loin en avant que le présent n'ait plus d'importance, que la vie soit un crédit dont on rembourserait les intérêts sans profiter du capital.
Les gens dans les rues sont ordinaires. Chacun suit son chemin, regarde son voisin en collant sur son visage l'image de ce qu'il croit être l'autre, de ce qu'il croit n'être que l'autre.
C'est jour de marché, il y a de tout sur les éventaires, des vêtements peu chers qui paraissent de bonne qualité, des instruments curieux à l'utilité incertaine, et, plus loin, des odeurs qui se chevauchent, fromages, poissons...
Cet homme par exemple qui traverse la place par habitude, ce n'est pas le lieu qu'il préfère, la foule lui répugne, pourtant il ne peut s'empêcher de se plonger dans la bousculade, dans le bruit de voix, commentaires et boniments s'entremêlant autour de lui. Il agit comme s'il voulait égarer un accompagnateur.
Comme se perdre soi ? Question inutile, lui sait à qui parler, avec qui communiquer.
Malgré tout il se sent mieux dans une petite rue, le bruit des cafés se moque de son dégoût pour la musique trop violente, pour les commentaires dit si forts qu'ils s'adressent au vent plus qu'à d'improbables interlocuteurs. Ceux qui discutent ainsi font semblant d'écouter pour croire l'être lorsque viendra leur tour de tenir le crachoir.
Mieux vaux le tenir que le boire.
Il sort enfin de ce quartier trop populeux pour lui, à chaque fois il se demande pourquoi il ne le contourne pas. Se punit-il ? A sa façon, la douleur est faible et il ne tient qu'à lui de la supprimer.
Passer sous le pont, suivre un temps la voie de chemin de fer, il plaint les gens habitant les immeubles la bordant, comment ferait-il pour vivre ainsi, il sursauterait à chaque passage, pour un peu, pour beaucoup, il les admirerait. Mais son but n'est pas celui-là, ces interrogations il les retrouve à chaque fois qu'il emprunte ce trajet, souvent. Encore quelques rues à traverser et il atteindra l'église où il a ses habitudes, surtout l'après-midi, il déteste qu'il y ait trop de monde aussi n'assiste-t-il jamais aux offices, le curé le connaît bien, étrange paroissien qui semble faire preuve d'une grande piété mais l'accompagne d'une volonté de s'isoler hors du commun, comme s'il entendait établir une communication particulière entre lui et celui auquel il s'adresse, puisqu'il s'arrête souvent devant la même statue, allume un cierge parfois, pas tous les jours, le curé sent que ce n'est pas avarice mais plus probablement le besoin de se faire pardonner quelque chose. Les autres sont-ils différents ? Tous viennent poussés par une peur qu'ils ne comprennent pas, mus par des ambitions qu'ils ne verraient pas en eux quand bien même leur seraient-elles exposées clairement. Dur de se voir, de se savoir !
Ce n'est qu'un cierge, une petite flamme qui brûle devant lui, il la regarde intensément, sourit, lève les yeux jusqu'au regard de pierre de l'ange qui le domine. Pas de nom, quelle importance, il ne s'adresse pas à quelqu'un en particulier, il ne saurait pas, il vise en haut, et ses paroles sont entendues puisqu'on lui répond, puisqu'il n'est pas tout seul, que le regard minéral s'anime pour lui, rien que pour lui, il le sait, le sent, c'est la vie qui est là, cette vie qu'il a fuit depuis toujours, cette vie qu'il transforma en errance jusqu'à ce que, par hasard, il entre dans cette église. Il sait maintenant qu'il fut appelé, cette voix est toujours présente, compagne stimulante.
Quand il part il n'aperçoit pas que le regard peint change, que l'expression se modifie, que ce n'est plus un ange qui le regarde, que la bouche se tord en un rictus obscène exprimant toute sa satisfaction bestiale devant le cierge devant lui.
Le prix d'une vie, l'offrande qu'il demande pour apaiser une âme perdue, et qui l'est d'autant plus qu'elle croit avoir trouvé son salut en s'agenouillant.
En marchant les encouragements l'accompagnent, sa prochaine victime lui sera bientôt désignée, et il portera un nouveau cierge.
La Bête est heureuse de son déguisement.
Réunis,sommes-nous un, parfaits complémentaires,
Ou ennemis jurés, pour toujours des contraires ?
C'est toi qui t'interroges, moi j'en ai rien à faire,
Qui est le monstrueux, le vicieux, le sectaire ?
Je suis ce qui en toi est promis à l'enfer,
Se cache dans la boue, le whisky et la bière.
Moi ce que je voulais... Tu n'as plus qu'à te taire,
Qu'importe l'alibi, qui se cherche se perd.
Tu as raison, j'admets, je voulais me défaire,
Et rejeter au loin le corset qui m'enserre.
Agir suivant mes goûts, me ficher de déplaire,
Ensuite rentrer chez moi et m'endormir pépère.
Lâcheté, tu le vois, qui peut ce qu'il espère,
Salir ses mains, son âme tout en restant sincère ?
Toi est moi et l'inverse à jamais partenaires.
Jekyde est un humain tout à fait ordinaire.
13
Ni juge, ni bourreau, seulement l’amie de tous.
Sa monture, agacée par les bestioles qui lui grimpent dessus a du mal à les supporter, pas question pourtant qu’elle fasse preuve de violence. Elle accélère brusquement pour les faire tomber, se décrocher de sa crinière ou des bras de sa cavalière qui se tendent en un réflexe inutile pour s’accrocher au pommeau de sa selle comme elle bondit au-dessus d’un taillis. Un moment elle craint que l'enfant ne lui en veuille mais il ne pouvait faire autrement.
Que quelques animaux soient tombés n’empêche pas les autres d’être attirés par cette enfant, ils évitent seulement cette bête noire qui devient la leur, et bien contente de l’être.
Calme qui… Subitement ses amis s’affolent et s’enfuient vers les plus hautes branches. Elle reste stupéfaite, cette réaction répond à un motif impérieux, la proximité d’un danger assez grand pour que tous l’abandonnent. L’instinct de survie l'emporte sur l’amitié.
Rien n’est contre elle dans cet univers et pourtant qui sait quel aspect le néant peut prendre pour l’entraîner et interrompre son voyage ? Elle ne voit rien mais devine une terrifiante présence proche. Sa monture se secoue, elle sait. Toutes deux se raidissent comme un prodigieux hurlement fait vibrer les arbres aux sommets desquels les fuyards tremblent, comme il se doit lorsque vient le Roi Tyran. Le sol vibre, l’être qui s’approche est immense pour produire cet effet. Une silhouette haute, puissante, écartant les arbres, une forme venant vers elle qui ne la redoute pas, la connaissant déjà.
Son calme se transmet à son coursier. Le reptile géant apparaît entre les arbres, énorme, gueule démesurée aux crocs comme des sabres, deux yeux fureteurs de prédateurs, tendus vers le gibier qui passerait à proximité. Le corps suit, prodigieux, pattes arrières gigantesque, membres antérieurs ridiculement petits, la queue battant l’air pour maintenir son équilibre. Le saurien observe cette créature rosâtre, l’animal noir sur lequel elle se trouve. Bizarre équipage s’introduisant dans son domaine, jamais il n’en vit d’identique, jamais... Il sait qu’à la course il ne les rejoindrait pas et s’étonne qu’ils l’attendent, signe qu’ils ne le craignent pas, cela ne peut signifier qu’une chose, ils disposent d’un moyen de défense inconnu de lui. Il avance lentement, circonspect, observant autour de lui, il se sait le plus puissant des prédateurs mais la nouveauté l’intrigue. L’enfant l'observe, yeux clairs ne cillant pas, emplis d’un sentiment qu’il découvre, d’ordinaire les regards qu’il croise s’emplissent de terreur, pas cette fois, c’est un calme intrigant qu’il découvre. Il penche la tête, renifle, encore une nouveauté, il en oublie l'envie de mordre, son instinct s'efface, lui aussi aspire à une récréation. La petite chose lève une patte, il domine son envie de reculer et la pression de l’extrémité de cette patte l’étonne. Deux êtres que le temps avaient séparés se rejoignent dans l’univers du merveilleux. Il les laisse faire et l’enfant caresse ces écailles rêches, ces naseaux humides, résiste à l’haleine d’une gueule d’ordinaire prompte à dévorer sans se laver les crocs ensuite. Il remue la tête mais ne recule pas, ce contact lui procure une sensation inédite. Il ne s’en lasse pas, elle non plus, mieux, elle colle sa joue contre celle d’un animal pouvant l’engloutir d’une bouchée.
Animalité et enfance se mêlent, la première s'oublie quand la seconde se découvre. Elle dit au reptile qu’il est beau, fort, qu’elle aurait voulu monter sur son dos pour découvrir son monde à lui. Sa monture souffle en remuant la tête pour signifier son désaccord, elle sourit, reprend pour lui dire qu’il est gentil malgré son appétit, qu’elle s'amuserait de le voir dans un autre monde peuplé de créatures qu’il aurait dévoré à plaisir, leur croquant, en connaisseur, la tête. Il manifeste sa satisfaction discrètement, son sourire étant trop riche en dents longues et pointues.
Pourtant la nature ne rester muette longtemps, il a fait connaissance avec la beauté, la douceur, sensations qui le dominant causeraient sa perte. Sa vitalité est plus forte, il doit vivre, et tuer pour cela.
Il recule, se redresse, hurle vers le ciel un défi qu’il comprend mal, regarde l’enfant avec un éclat de fureur renaissante qu’il ne peut diriger vers elle. Il se détourne et s’enfuit, reprenant le cours de son existence. Il accélère, malheur à la première proie qui croisera son chemin, elle finira mal, mais vite. Il fuit comme il le fit déjà une fois, devant le feu, prédateur plus implacable que lui devant lequel tous courent sans être lâche pour autant. La vie se préserve.
Elle le comprend, elle a triomphé du dragon, non d’un coup de lance mais avec douceur, arme atteignant le cœur sans tuer, au contraire !
Les obstacles les plus difficiles à franchir ne sont pas les plus hauts, il en est d’anodins présentant de grandes difficultés. On redoute ceux qui semblent les pires pour se précipiter dans les plus dangereux. Le temps de le comprendre il est trop tard.
Elle se laisse emporter, observant un décor changeant de nouveau. Le sol est différent, spongieux puis marécageux, son cheval ne ralentit pas, il connaît son chemin, sautant parfois pour rester en contact avec lui. L’eau ne présente pas plus de difficulté pour lui que le sol dur. Elle observe les remous causés par les sabots effleurant l’eau, cercles concentriques se perdant derrière eux.
Le marais est plein de vie, sous la surface des milliers d’yeux curieux les regardent passer, spectateurs d’un monde qu’ils n’imaginaient pas et cependant si proche.
Elle sait où elle se trouve, le delta d’un fleuve alors qu’ils ne virent aucun cours d’eau jusque là. Le terme du voyage s’approche. Ne devait-il pas continuer encore et encore ?
La mer lui fait face, le cheval se met au trot pour suivre la plage, le temps se contracte. Elle n’ira pas plus loin sans un véhicule différent. Elle imagine un navire immense, en bois, à la charpente comme un squelette, un corps qu’elle explorerait à loisir. Elle voit les mats, la dunette où elle s’installerait, regardant les marins réalisant les manœuvres, amenant ou hissant les voiles sans jamais se tromper, se livrant parfois à des taches mystérieuses pour elle. Le vent pousserait l’embarcation et ferait de sa chevelure les couleurs du vaisseau. Elle la devine atteignant l’horizon où la mer rejoint le ciel pour y poursuivre sa route et s’éloigner de la Terre, s’enfonçant dans l’univers comme sur un océan inconnu. Étoiles phares, planètes îles, des formes étranges s’approcheraient pour l’admirer elle. Les galaxies ne pourraient-elles abriter des formes de vies nouvelles et cosmiques, de nouvelles amies pour l’enfant lui racontant de nouvelles merveilles elles qui existeraient depuis l’aube des temps.
Que de mystères à solutionner, de prodiges à admirer.
Si elle pouvait…
La mer est déserte, l’horizon reste vide. Il faut qu’elle mette pied à terre pour que des voiles, noires, apparaissent, l’infini l'attend. Elle n’y sera pas seule avec l’équipage. Un capitaine l'attend, avec lui elle embarquera pour un voyage sans fin.
Son cheval avance comme à regret, tête basse, bientôt ils devront se séparer. Fabuleuse monture qui sut l’amener jusqu’ici, quelque pas encore, c’est la fin du voyage.
Lui aussi souhaite que tout se passe rapidement. Séparation difficile mais indispensable. Elle descend, fait quelque pas et se retourne pour le regarder. Pour la première fois ils se font face, chacun lisant dans les yeux de son ami ce qu’il éprouve. Il frotte sa tête contre celle de l’enfant, recule ensuite brusquement, se dresse, agite sa crinière en signe d’adieu et s’en va plus vite qu’elle le vit jamais aller. Une flèche de nuit suivant le trajet qu’ils firent ensemble.
Elle ne l’oubliera jamais, sait qu’il pensera à elle et n’acceptera plus jamais d’autre cavalière, fut-elle aussi belle et solitaire.
Qu’attend-elle ? Qu’un serpent de mer au cou immense émerge, nouvelle monture prodigieuse, qu’un oiseau géant surgisse du ciel. Elle ne voit aucune trace de vie, elle est totalement seule.
Pourquoi pas une île flottante ?
Ou un éclair au chocolat ?
La mer va-t-elle geler pour lui permettre de marcher sur elle. A pied elle n’irait pas loin.
Plutôt que de rester à attendre elle avance, s’imaginant accéder à un port vide, cherchant un navire prêt d'appareiller, allant jusqu’au bout de la jetée la plus longue, s'assoyant pour attendre.
Elle marche, seule, une sensation venant de loin, d’une autre vie, d’un autre temps, futur ou passé, dont elle serait l’unique souvenir. Va-t-elle continuer sans arriver quelque part ? Elle sait que non et pourtant le doute a des serres acérées égratignant son âme.
L’océan est-il né de ses larmes ? Doit-elle plonger au cœur de ses souffrances ?
Tout a un sens dans ce monde mais elle doit comprendre seule. Point de draps sous lesquels se dissimuler en étouffant ses sanglots.
Cette mer est celle de ses espoirs, cette terre celle de ses regrets, elle a plus pleuré pour les premiers attendant qu’ils se réalisent que sur les seconds qu’elle voulut oublier. La suite, oublier ses peines, traverser les flots de ses envies pour atteindre le lieu où en-fin...
Une destination : l’immensité ! Quitter le monde concret, croire si fort en ses rêves, qu’ils se réaliseront. Sa seule chance. La falaise devant elle est sa peur de continuer. Elle en a fait la première partie, quelque part en elle rôde le désir de reculer. Cette muraille est en elle, là-bas ses désirs l’attendent, la réalité ne compte plus, elle en a atteint l’extrémité après avoir tout vu, tout connu. Sa route continue ailleurs.
Elle baisse les paupières, rideau sur ses souvenirs. Aucun regard dans son dos pour la retenir ou la pousser, elle seule décide !
Difficile ! Ses yeux la brûlent, trop de déceptions connues dans une vie si courte. Elle pleure pour chasser ses ultimes peurs d’être déçue une fois de trop, exsuder ses dernières douleurs par les yeux.
Ses larmes roulent sur son visage, tombent sur le sol pour rejoindre les vagues. Le vide est tout près. La mer vient à sa rencontre. Elle va pénétrer dans l’eau de ses rêves pour continuer son voyage.
Quelques pas encore, elle a atteint le vide sans chuter, elle a réussi.
Si elle pleure encore c’est de savoir que nulle force au monde ne peut plus l’empêcher de rejoindre celui qu’elle attend.
* * *
Le brouillard est toujours présent. Elle reconnaît mal ce rêve étrange à l’allure de réel mais c’est le moyen d’atteindre son univers. Elle reconnaît sa chambre, sa salle de bain, agit sans y prêter attention. La cuisine, la fenêtre derrière laquelle l’attend un minuscule être couvert de plume qui s’envole comme s’il ne la reconnaissait pas.
Elle sourit, agréable de réaliser que le rêve se modifie ! Elle dépose les miettes, referme la fenêtre et sait en s’éloignant qu’il hésite mais viendra, l’appétit est le plus fort.
Elle suit son rêve, le connaît par cœur comme s’il était la
réalité.
Elle est comme d’habitude !
Certaines sensations sont trop fortes pour être exprimées clairement et usent de moyens détournés pour se faire comprendre à ceux qui préfèrent regarder ailleurs. L’apparence est respectée, le reste…
L’agitation s’est installée à l’école, ses semblables parlent comme si un fait nouveau s’était produit. Le rêve va-t-il encore se modifier ?
La directrice n’est pas là. Ceci a-t-il un lien avec cela ? Un garçon s'approche. Elle le regarde, il s’arrête, ne comprend pas ce vertige, ces yeux immenses, l’abîme au fond duquel une force moqueuse l’invite. Ce regard devant lui brille de cruauté comme sa peur augmente. Il voulait se moquer, affirmait ne pas la craindre… le vide qu’il distingue est celui de sa stupidité au fond duquel luit la peur qu’il refusait d’afficher comme les débiles se prenant pour des héros s’ils n’ont peur de peur et ne sont émus par rien.
Rien le parfait synonyme de normalité !
Tant pis pour le pari, il n’embrassera pas cette enfant trop belle. Il y en a d’autres, moins jolies mais accessibles. Il est bon d’apprendre tôt à se contenter de ce que l’on mérite.
Elle sait ce qu’il voulait, personne ne la touchera, fusse dans un rêve, un seul être la prendra dans ses bras, l’embrassera comme on doit le faire à une enfant. Elle acceptera ces gestes, ces mots que personne ne lui prodigua. Tant pis pour eux, tous.
Rêver distrait, continuer, que le réveil soit sur l’univers qui l’attend.
La classe, sa place, dehors les grandes personnes discutent, elle devine ce qu’elles se disent, c’est la première fois que la directrice est absente, elle n’a pas téléphoné pour prévenir, pas son genre, pas du tout. Les gosses sont intenables, sauf elle, pressentant une mauvaise nouvelle comme les animaux anticipent le séisme à venir.
Pas de réponse au téléphone, que faire ? Elle habite tout près, pourquoi ne pas aller voir, il a pu lui arriver quelque chose. S’ils pouvaient ne rien faire ils seraient ravis mais les circonstances rendent cela difficile.
Les enfants n’entendent pas, ils refuseraient de leur ressembler !
Si peu grandissent, la plupart vieillissent ou pourrissent directement histoire de gagner du temps.
Vieillir ? Elle sourit de ce mot, se voit âgée, parler à ses cheveux gris ayant déjà l’odeur de la mort, leur racontant l’histoire de son enfance, recommençant encore et encore, s’arrêtant pour vérifier si on l’écoute et répéter. Depuis quand parle-t-elle ainsi, est-ce cela l’éternité ? Boucle sans fin, manège… L’image disparaît, que vint-elle faire, les rêves se mélangent !
À quoi pensait-elle ? Une ombre, un visage ridé, c’est si loin.
Les adultes observent les enfants, une en particulier. La directrice s'inquiétait pour
elle. On verra plus tard, attendons. On parle d’elle, ça l’amuse, son calme étonne, comportement habituel, effacé ; de son intelligence, on papote pour attendre des nouvelles...
... Ou rêve ? - 14
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |