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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 05:45

 

Je suis une âme pure,

Surmontant mes passions,

Réflexes et pulsions,

Au plus loin de l'ordure !


Je suis une lame dure,

Pourfendant l'infidèle,

Mille vertus je recèle,

La foi est mon armure !


Je suis une arme obscure,

Explorant les recoins,

Mais prenant grand soin,

D'éviter les ruptures.


Je suis sans larmes impures,

Implacable et serein,

Maître de mon destin.

Qui aurait plus fière allure ?


Perfection sans rayures,

Nul émoi n'interfère,

Du paradis à l'enfer,

Je suis une...

                        Pas si sûr !

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7 mai 2009 4 07 /05 /mai /2009 05:41
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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 06:13
 

                                                   3


Et puis le temps s’est radouci. Le manteau attendait son heure dans la penderie, tellement volumineux qu’il gênait la libre circulation de mes vieux manteaux. De temps à autre je le bourrais de coups, diminuant son espace vital : rien à faire ! Il s’imposait, il se mettait en vedette, il gênait la fermeture de mon armoire, cet obèse !


Le jour de la séance de massage vietnamien tant attendu, il s’est mis à geler à pierre fendre. Les mésanges de la terrasse avaient doublé de volume.

C’était le moment de sortir le gros bébé rose.

J’ai d’abord enfilé le string de chez Z. et puis les nippes habituelles marques Bernard, Trois Cuisses, Armammi, Calmar.

En fin de parcours, de cette larve sortira un papillon asiatique! ai-je murmuré à mon miroir.


Quand je suis entrée dans la salle d’attente, il faisait si chaud que j’ai voulu ôter mon manteau. Comme la fermeture à glissière ne glissait pas bien j’ai résolu d’attendre que Virgile me prenne en charge.

Le prince des lieux m’a invitée à pénétrer dans son local. Un Virgile conforme à la description qu’en avait faite Juliette. Je dirais même selon l’expression favorite d’une de mes petites filles : "en plus mieux".

J’étais en nage.

- Mettez-vous à votre aise. Je reviens.

Et il est parti avec son air à la Lambert Wilson. Dans son costume noir de champion de Kwen Khi Doo.

C’est alors qu’a commencé mon martyr.

Impossible de bouger d’un millimètre, encore moins de deux cette foutue glissière. Bloquée.

J’ai respiré profondément, je me suis mise au boulot. Et que je te tire vers le haut et que je te violente vers le bas. Elle ne bouge pas. La sueur ruisselle, ma douche est foutue, je vais sentir pas bon. Han ! En haut. Han ! En bas.

Prisonnière du bibendum, la Micheline !

Virgile entre :

- Ah, vous trouvez qu’il ne fait pas assez chaud, je vais monter le chauffage !

- NOOOOOOOOOOOOOON !

Il me regarde stupéfait.
- Je suis coincée dans mon manteau… la fermeture est bloquée et j’ai si chaud !

- Vous permettez…

Il s’active pour me désincarcérer. Il tire, il pousse, il souffle, il tord, il froisse, en vain. Il commence à s’énerver le Virgile. Le voici qui brutalement empoigne le haut du manteau, qu’il me secoue, qu’il me soulève de cette façon… comme s’il allait m’en mettre une. Non. Il m’agite, exaspéré. Il me balance à droite à gauche. Il me couche à plat, à califourchon sur mon édredon il s’acharne. Mon string s’est réfugié au fond de mon collant pure laine, bien plus trempé que le reste de mes fringues, pauvre petite chose !

- Pitiéééééééééééééééééééééééééé !

Les yeux fous, il m’envoie rouler sur le tatami, se prend le visage dans les mains. "Excusez-moi ! Je n’arrive à rien avec votre panne de glissière. Made in China, probable…

Lui, ça se voit qu’il dégouline ! Moi je cuis à l’étouffé.


- C’est moi… Je reprendrai rendez-vous… Je vous laisse un chèque.


Mes ciseaux de couturière sont redoutables. Aiguisage chaque année. Le bibendum rose passe un mauvais quart d’heure. Sa chair blanche, idiote et synthétique, se répand à mes pieds tandis que peu à peu je retrouve ma liberté.


Mes cervicales en ont pris un coup. La rhumatologue malgache m’a redonné quinze séances. Juliette était contente de me revoir. On a continué à refaire le monde et j’ai repris rendez-vous pour la fin du mois avec Virgile.


- En confidence je peux vous dire qu’il a eu peur pour vous. C’était plutôt rigolo, en fin de compte, non ?

- Après coup. Oui.

- Enfin ça l’a secoué, Virgile !

- Moi aussi !


Le string de coton blanc attend sagement le printemps, bien rangé dans une pochette de soie. Avec les débris du manteau je vais remplir le ventre d’un coussin pour en faire cadeau à Virgile.



                                                        Marie Treize

 

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 05:58
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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 05:55
 

                                                   2



A la quatorzième séance j’ai voulu en savoir un peu plus sur le massage vietnamien; sur le masseur, j’avais mon compte de détails.

- Ça ne m’enlèvera pas la peau ?

J’avais le souvenir cuisant d’une énorme Bédouine écorchant mon dos dans un hammam minable de Toulon. Les jours de spleen on ferait mieux de rester planqué devant ou derrière un écran plutôt que de chercher réconfort en n’importe quelles mains !

- Et comment faut-il être dévêtu, euh, vêtu ?

- Nu, nu, le massage du fessier est très agréable alors les culottes ça empêche.

- Ben…

- Mais vous pouvez mettre un string si…



Je suis devenue très pudique à partir de cinquante ans. Allez savoir pourquoi mon caractère a changé à cette époque !

Un string. Je ne porte pas de string. Mon médecin me l’a formellement interdit à cause de problèmes circulatoires récurrents.


A la dernière séance j’ai pris mon courage à deux mains. Tout en enfilant mes collants pure laine de chez "Bernard", vente par correspondance pour les frileuses :


- J’aimerais prendre rendez-vous avec Virgile pour un massage vietnamien.

- Attendez, je consulte le carnet de rendez-vous… Pas avant la fin du mois…

Nous partons en stage, trois semaines.

- Et les strings… Vous croyez… ?

- Écoutez, j’en ai vu de très jolis en ville chez Z. Alors a-do-ra-bles ! J’ai craqué pour

un ensemble tee-shirt et string parme. Un papillon rose derrière chacun en organdi. Brodé, je ne vous dis pas ! Fait en Inde probablement.

- Ils n’avaient pas plus simples, sans papillon ou colibri ? Je ne voudrais pas m’égarer…

- Chez Z. ils ont de tout et les soldes battent leur plein !

Se moquait-elle de moi, Juliette ? Elle me regardait enfiler mes baskets T.B.S. bleus en solde aux Trois Cuisses. Un petit sourire tendre déformait à peine ses lèvres bien ourlées.

L’après midi, négligeant les bienfaits de la sieste sacrée, j’ai rejoint le centre ville à bord de ma vieille Twingo. Trop pressée pour prendre le bus local, j’ai enfreint mes propres impératifs citoyens. Pour une fois je polluerais comme tout le monde !

Chez Z. il n’y avait pas foule. J’étais la seule cliente à farfouiller dans les bacs à slips, culottes, et strings. J’ai mis à droite ces petites choses légères, transparentes, arachnéennes, roses, noires, dorées. Enfin des choses pour derrières en boutons, je veux dire arrières et avants encore dans la fraîcheur des adolescences réelles ou prolongées.

J’ai enfin dégotté un string de coton blanc qui coûtait la peau des fesses, (si je peux oser cette expression), en dépit des soldes.

La caissière m’a demandé si c’était pour un cadeau ?

- Non, c’est pas pour ma petite fille, c’est pour moi. Je pars au Vietnam avec mon copain.

Je n’ai même pas rougi ! La nuque bien redressée, fière comme la sirène du Mississippi je suis sortie de chez Z. mon trésor enfoui dans la poche. Petit trésor, facile à chaparder mais je ne suis pas encore convertie aux éthiques mondialisées.


Un gâteau bien gras, un Earl Grey dans le salon de thé préféré, j’étais prête à dévaliser les autres boutiques. Quand à soixante neuf ans, on s’offre un string, plus rien ne vous arrête !

Je digérais laborieusement mon moka quand je l’ai vu. "30 euros" en rouge sur une énorme étiquette, dans la vitrine d’une boutique de luxe où jamais je ne mets les pieds même en période de solde. Alors, moka éclipsé, j’ai pénétré dans cette caverne d’Ali Baba, direct, comme on tire un poisson d’une rivière, l’appât ayant rempli son office.

Puis toute bête, prête à ressortir :

- Qu’est-ce que… ?

Le vendeur pliait des pulls, la vendeuse a jailli de derrière un millier de manteaux tous pareils. Ces manteaux matelassés, taillés dans des couettes.

30 euros, 50 euros, 60 euros. J’ai pris le couloir des moins chers. Ils pendaient à gauche les polissons, bien dodus, bien gonflés, promettant des errances confortables jusqu’au printemps.

J’ai essayé un beige : il a mangé mon teint.

J’ai essayé un foncé : je ressemblais à une Veuve Noire.

J’ai essayé un blanc : employée au SAMU.

J’ai acheté le rose sans vraiment l’essayer, comme ça, vite fait.
J’ai bien vu qu’il s’ornait d’une foule de fermetures à glissière (ça y est, le terme m’est revenu) : ce serait un bon exercice pour mes cervicales.

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5 mai 2009 2 05 /05 /mai /2009 05:49
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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 05:41

 

"Ce qui est terrible quand on vieillit, c’est qu’on reste jeune." Oscar Wilde.


                                                   1


Ce n’est plus comme ça qu’on dit, je ne sais pas comment on le dit aujourd’hui. Je suis définitivement fâchée avec ces trucs. Désormais je préfère les boutons même si avec le temps ils ont tendance à s’échapper et alors une fois sur deux je les perds et il faut changer tous les boutons du manteau, de la veste ou du pyjama. Le pyjama je m’en fous, je n’ai plus de vie sociale au lit. Sauf en trek quand il faut partager le gîte avec de parfaites inconnues. Je ne me lie plus d’ailleurs avec ces compagnes d’une semaine. Elles font des confidences et moi ça me rase parce qu’à partir de soixante ans on a tous la même vie privée, je veux dire la même vie privée de pas mal de choses. Dont la principale !

Quand j’étais môme on disait "fermeture Éclair" ; Éclair, c’était la marque. J’ai la flemme d’aller regarder dans le catalogue des Trois Cuisses pour savoir comment on dit ne nos jours. Mais vous aurez compris qu’il s’agira de vêtement dans mon aventure.


Les rhumatismes ? Connaissais pas.

On n’est pas d’une famille à rhumatismes, c’est plutôt les ulcères qui nous grignotent. Alors quand des douleurs d’abord sournoises puis de plus en plus impérieuses ont investi bras et nuque au point de briser mes nuits, j’ai consulté.

La rhumatologue, jeune Malgache aux doigts longs et fins, m’a rassurée : tout arrive vous savez… bien de la chance que ça vous arrive si tard...


Elle m’a piquée le cou en maints endroits, des images de mygales traversaient mon écran frontal.

"En attendant je vous donne quinze séances de kiné. Mais vous savez ce n’est pas un traitement curatif, ce n’est qu’un soin des symptômes."

Ouais, en attendant les soins palliatifs ! Quand on devient vieux on peut être sûr que par malchance, ça va durer.

J’ai pris rendez-vous chez la kiné du bourg voisin. Fortiche, au courant des dernières nouveautés. Ce qui est bien en général avec les kinés c’est qu’on peut se livrer en leur compagnie à une thérapie remboursée par la Sécu. Pendant que la praticienne vous étire, vous malaxe, vous pinçotte, vous gnognotte, elle vous parle et vous lui parlez, d’abord par politesse. Puis comme vous aimez les mêmes livres et les mêmes films et que vos petits-enfants ont l’âge de ses enfants, vous en arrivez à échanger des points de vue et des sentiments intergénérationnels. C’est quelque chose d’entendre que la mère de la kiné, que sa grand-mère même, pensent comme vous. Exactement comme vous. Personnellement ça ne me rassure pas d’être formatée à ce point mais ma kiné ça l’attendrit et j’ai droit à une caresse entre deux étirements. Toujours ça de pris. Qui ferait du mal à sa grand-mère ? Quant à sa mère, la réponse reste ouverte.


Nous avancions pas à pas dans la connaissance de nos réciproques environnements quand est apparu le mari de la Kiné, non pas dans l’embrasure de la porte de la salle des délices mais sur les lèvres bien ourlées de son épouse. "Il a des doigts de fée, Virgile. L’as du massage vietnamien…". Ses mains quittèrent quelques secondes mon épaule gauche comme si elle se passait un film très personnel.

Avec un nom pareil ! Bon sang, il y avait encore des gens capables d’appeler leur fiston Virgile au lieu de Kevin ou… J’ai la flemme d’aller consulter mon Télé Sept Jours.

Un masseur romain et poète… Cela me trotta dans la tête alors que je rentrais chez moi. Oh pas longtemps ce trot cérébral ! Les avenues de mon imagination ne sont plus des autoroutes et c’est tant mieux car j’ai toujours aimé batifoler.


De séance en séance j’en appris un peu plus sur les capacités, talents et compétences de Virgile, le masseur vietnamien prodigieux. Rien de tel qu’une femme amoureuse pour vous détendre, vous redonner des picotements bien placés, et des joues roses.

Certes ma Kiné, Juliette, avait du savoir-faire. A la cinquième séance je ne souffrais déjà plus de mes cervicales. Mais je crois que ce qui me soignait le mieux c’étaient les descriptions du fameux Virgile coulant de la bouche bien ourlée de son épouse vers mon cou en processus inexorable de flétrissement.

Et Virgile était maître de Kwen Khi Doo (art martial plutôt hard) ! Et Virgile aussi commettait des textes (c’est bien la moindre des choses) ! Et Virgile, les femmes en étaient folles. "Ah ! Il est si beau, le visage coupé à la serpe et le nez fort comme celui de Lambert Wilson."

J’adore Lambert Wilson son nez fort et ses yeux doux.

"Et il chante aussi mon Virgile !"


A la treizième séance, j’avais les joues de plus en plus roses et comme un nouveau frétillement au niveau des hanches, une manière désinvolte de jeter mes vêtements le soir au coucher. Juliette et Virgile y étaient pour beaucoup et aussi, la période des soldes approchait. Fouiner dans les fringues aux heures où les jeunes femmes ne le peuvent est un vrai délice dont je me gave. A la treizième séance j’ai demandé si Virgile prenait de nouvelles clientes. "Bien sûr, bien sûr. Mais il y a des délais assez longs. Vous savez, Virgile est très demandé !"

Ce ne serait pas avant la fin du mois. Bof ! Trois semaines à attendre. C’est moins long que d’attendre Godot ! Et c’est plus propice aux fantasmes !

                                                           

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4 mai 2009 1 04 /05 /mai /2009 05:28
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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 06:06



 

 








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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 06:34

 

Je croirais que Jésus est né le 25 décembre si le Père Noël me le certifie.


La solidarité c’est quand je reçois, pas quand je donne.


Le mot d’esprit est la munition de l’intelligence.


Mes sentiments envers l’Homme ? Quelques traces de dégoûts dans un grand verre d’indifférence.


C’est le jour où je ne serai plus fou que je serai dangereux.


Ces siècles sans toi ont passé vite, ou peut-être devrais-je dire que cette seconde s’est écoulée lentement.


Les mots sont un phare contre les ténèbres et une arme contre ce qui s’y dissimule.


Les pyramides ne tiennent pas sur la pointe, la pyramide sociale non plus !


Souvent les plus grands mots enrobent les plus petites idées.


Avant d’entrer en Enfer je me retournerai, seul face à tous les Justes je leur ferai un bras d’honneur, ensuite je repartirai en avant, calme et serein.


Une douleur est désagréable sur le moment mais son souvenir peut ne pas l’être.


Le silence suivit le massacre, la mort reprenait sa respiration.

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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