Après les deux premiers volets de la Trilogie des Ombres, voici un bref aperçu du dernier.
C'est une bonne chose d'avoir des voisines attentives, ainsi celle de Stephan Thordarson qui s'inquiète de ne pas l'avoir vu depuis plusieurs jours. Ayant fait appel à la police celle-ci envoie des hommes qui doivent faire appel à un serrurier, tout ça pour découvrir le vieil homme dans son lit, mort, apparemment dans son sommeil. L'autopsie prouvera le contraire, sinon comment des fibres d'un coussin auraient elles abouties dans la gorge du vieillard ?
L'ancien inspecteur Konrad s'ennuie depuis qu'il est à la retraite, il accepte donc avec plaisir la proposition du commissaire d'aller faire un tour sur les lieux. Faisant le tour des lieux, la routine, il découvre dans un tiroir des coupures de presses relatives à la découverte d'une couturière en 1944 sous un tas de cartons dans un quartier mal famé de l'époque, le Passage des Ombres, une ruelle à proximité du Théâtre National. Le pays à l'époque des occupé par des troupes étrangères, étasuniennes, anglaises, canadiennes dont les soldats fréquentaient les bars du coin en quête d'alcool et de rencontres tarifées dans ces lieux où aboutissaient ceux qui ne savaient plus où aller.
Konrad connait bien le quartier des Ombres pour y avoir grandi sous la férule d'un père brutal et gagnant sa vie en se faisant passer pour un spirite pouvant mettre en relation des vivants éplorés et leurs défunts.
L'enquête avait été conduite par un duo, les inspecteurs Flovent et Thorson, le premier était islandais, l'autre, un canadien fils d'émigrés, un ''islandais de l'Ouest'' comme on disait en ce temps là. Ces deux hommes sont plus différents qu'il y paraît, celui qui vient d'ailleurs peut montrer à l'autre les changements à venir comme son partenaire peut lui expliquer d'où il vient. Le passé n'est pas à rejeter mais tenter de s'y enfermer revient à nier le temps, autant dire que c'est impossible, le présent va s'imposer, transformer et détruire.
Konrad enquête et se souvient, il incarne tout à fait ce conflit temporel, en 1944 ses confrères n'avaient pu trouver l'assassin de la jeune femme, ils manquaient trop de moyens pour cela. Le quartier des Ombres portait bien son nom mais celles-ci semblaient n'attendre que d'être révélées pour disparaître, ombres dont personne n'est exempt.
Indridason tricote les époques pour dessiner des motifs qui bien que venant de temps différents se superposent trop bien. Les apparences changent, pas le fond des choses ni des âmes. L'auteur regarde son pays, dessine avec quelques détails l'environnement, les circonstances, les caractères, alternant sans le préciser le passé et le présent, prouvant, une fois de plus, sa maîtrise dans l'art de construire une histoire, de nous y attirer en nous ôtant sans que nous nous en rendions compte l'envie d'en sortir avant d'avoir lu la dernière page, le dernier mot.
Une trilogie qui se conclut en beauté, façon de parler bien sûr !
Olivia Rönning est étudiante à l'école de police. Avant l'été un exercice est proposé à la classe, se pencher sur une affaire non élucidée datant de juin 1990, la découverte du corps d'une femme enceinte sur une plage de l'île de Nordkoster. Celle-ci avait été enterré de telle façon que seule la tête de la victime sortait du sol. La marée en montant l'avait noyée.
Enquêtant la jeune femme découvre qu'un des policiers chargé de l'enquête était son père sous la direction de l'inspecteur Tom Stilton, depuis devenu sans abri il s'efforce de se faire oublier.
Des SDF sont agressés, Stilton se sent visé quand des jeunes s'approchent de son abri. Chez elle Olivia retrouve un carton contenant des éléments de l'enquête dans les affaires de son père, comme si celui-ci avait voulu poursuivre des recherches de son côté. Elle s'adresse à l'ancien supérieur de son père qui affirme ignorer ce détail. En discutant avec sa mère elle apprend que Tom aurait fait un séjour en hôpital psychiatrique avant de se retrouver dans la rue.
Olivia fait son métier, dispose sur un mur les éléments de son enquête pour en avoir une meilleure idée. le manteau, l'ADN, les témoignages... Stilton pourrait la renseigner, mais le retrouver est difficile, il se fait appeler Jelle et physiquement il a beaucoup changé...
D'autres clochards se sont fait agresser, Bensemen s'en sort difficilement mais la police semble peu disposée à enquêter sur cette affaire bien que les voyous aient filmé leurs actions pour les mettre sur Internet.
D'un autre côté qui est cette Vera Larson qui vivote dans une caravane sur un terrain que la mairie voudrait récupérer, proposant même de l'aider à se loger ailleurs.
La future policière frappe à toutes les portes, interroge qui pourrait savoir quelque chose mais tous se taisent, ignorants ou peureux.
Les vacances d'été approchent, Olivia va partir en vacance, mais ne laisse pas tomber pour autant, pourquoi ne pas aller faire un tour sur une île du nom de Nordkoster…
Elle y est accueillie par une femme louant des chalets, l'endroit ne manquant pas, à la belle saison, de touristes. Elle se souvient de l'intervention des policiers, des recherches effectuées dans tous les milieux, sans qu'aucune ne débouche sur quelque chose. À l'époque la loueuse était déjà dans le métier et se souvient de quelques personnes qui trainaient dans le coin, des junkies, un scientifique, une ''trainée''. En fait une escort girl, Jackie Berglund, que la police avait entendue sur le moment.
Olivia se rend sur la plage, tombe par hasard sur un homme avec une valise arrivé par le même bateau qu'elle. Elle l'observe, le filme marchant dans l'eau à l'emplacement exact ou fut découvert le corps de la jeune victime, comme s'il se souvenait... plus tard il viendra frapper à sa fenêtre prétextant avoir besoin d'un téléphone mais ne lui répondra pas quand elle lui demandera ce qu'il faisait sur la plage alors qu'elle l'avait surprise s'étant ''perdue'' en se promenant.
La journaliste qui avait interviewé l'escort à l'époque s'en souvient très bien. Cette Jackie n'était pas n'importe qui, déjà à l'époque.
Et quel lien avec cette entreprise suédoise faisant des affaires avec un régime corrompu d'Afrique ? Et cette conversation qu'elle avait eu dans laquelle il est question de la mort d'un innocent, un problème ''résolu''.
Une nouvelle vidéo montrant un tabassage de SDF, cette fois c'est Véra la victime, et les coups sont si violents qu'elle n'y survit pas. Puis c'est au tour de la journaliste après qu'Olivia ait rencontré son ancien employeur, propriétaire d'une agence de prostitution quand Jackie exerçait encore cette profession avant d'en prendre la direction.
Quel est le lien entre le crime sur la plage, les agressions de clodos, cette affaire en Afrique ; quel rôle tint Jackie Berglund, que fuit Tom Stilton ? Olivia est jeune, curieuse, prête à prendre des risques, il semble que cela doive être le cas. Stilton, choqué par la mort de Véra qui était une amie très proche décide de l'aider.
Et qui est ce mort trouvé dans une voiture au fond d'une rivière ?
Une série suédoise qui prend son temps pour entrecroiser ses fils mais avec assez de talent pour que ça plaide en sa faveur, c'est plutôt rare.
Hier, l'espoir existait encore, l'avenir avait un sens auquel nous pouvions feindre de croire, sécularisés dans un quotidien banal, supportable, presque enviable malgré les orchidoclastes promoteurs de solutions bancales, vendeurs de promesses qui laisseront dans l'esprit de qui les crus une odeur de centres digne de Pandémonium.
Hier n'est plus qu'un mot, un vide grandissant derrière nous, l'incitation à avancer, mais vers quoi ? Faut-il se comporter en boloss, gorgés de vanité dans un costume à la mode, sourire porcelaine et regard vide ? Faut-il snober le présent, emporté par le cyclone médiatique des jeux télévisés, des séridicules, des feuilletomberaux menant à des lendemains identiques ?
Hier murmurant, quand les nouveaux jours sont taiseux, il peut être hilare des promesses qu'il nous fit, que nous crûmes, de nous voir barboter et surnager dans le flot indifférent du temps.
Hier remettait à demain, gageons que celui-ci sera amnésique.
Les pneus de la voiture crissèrent, il maintint difficilement le véhicule sur la route, serrant le volant jusqu'à ce que ses jointures blanchissent. Quelle altération de sa vigilance était-elle intervenue pour qu'il manquât ainsi de rentrer dans le décor. Nul autre n'aurait été responsable si un accident était survenu.
Un comble, lui connu pour piloter excellemment n'importe quel engin à moteur.
Il reprit sa route, regardant la mallette posée à la place du voir, son avenir était à l'intérieur, l'argent qu'il venait de subtiliser à son entreprise, suffisamment pour vivre des années sans obligation de se lever tôt, d'obéir à un chef, de supporter des collègues vaniteux et malodorants.
La chose était faite, revenir en arrière désormais impossible, la vie ne connaît pas la marche arrière. Sens unique, inique parfois, le vol comme moyen de compensation.
La nuit approchait, il devait trouver un endroit pour s'arrêter, se reposer, un motel ferait l'affaire mais sur cette route secondaire il n'en avait vu aucun. Une lumière attira son attention, clignotante.
Bate's Motel, c'était parfait. Il s'engagea sur la voie d'accès, vit trop tard l'ombre débouler devant lui : Et paf le chien !
The Kid Brother – Ted Wilde, Lewis Milestone & J.A. Howe – 1927 – 84'
Harold Hickory est le cadet de la famille et il diffère physiquement de son père comme de ses frères Leo et Olin. Eux sont grands et forts, lui est... différent, ce qui dans son environnement campagnard est mal vu. Il ne peut participer aux ''vrais'' travaux et se vois réduit aux tâches ménagères que les autres méprisent.
Son apparence n'implique pas un manque d'aptitudes, malgré ce que pensent les autres et l'arrivée d'un spectacle ambulant, auquel participe Mary Powers, pourrait l'amener à révéler ses talents.
Inutile de vous en dire plus, le voir vous fera du bien en vous souvenant de l'époque du tournage, de l'inventivité qu'il fallut à l'équipe technique et la réalisation pour rendre la saveur et la virtuosité des gags. Rassurez-vous, une musique a été ajoutée.
Ce (vrai) film est considéré comme un des tout meilleurs de Harold Lloyd, après en avoir vu quelques-uns pour préparer ces dimanches cinématographiques je ne peux qu'abonder dans ce sens. L'histoire est bien écrite, a le temps de se développer, les personnages ont leurs caractères et personnalités, les héros luttent pour exister dans un environnement hostile et trouvent en eux la force d'y parvenir.
Néron, sur sa colline, perché, regardait flamber Rome, Cognac c'était trop loin. L'Histoire, à tort, retiendrait qu'il était l'auteur de cet incendie, qu'impose, ainsi le marbre du temps conserverait-il, gravé, son nom. Dans l'hémicycle de la célébrité mieux vaut un strapontin que l'absence. La place des géants est peu accessible, nulle rampe n'en facilite l'accès aux esprit à capacité réduite.
Depuis une quinzaine d'heures la ville brûlait, consumant ses habitants comme ses monuments, dessinant dans le ciel un lys rouge sur fond d'un bel horizon que la fumée rendait fantomatique.
Quel dommage que son destin fut celui-là, chargé de désirs impérieux plus que d'ambitions grandioses, lourd d'une cargaison de gènes corrompus qu'il aurait voulu déporter sur une orbite lointaine et l'y oublier.
Derrière lui, la Camarde, grand galet dans son ample manteau à capuche, souriait, comme toujours, des actes et pensées de ces humains. Grands ou petits, pour elle tous se valaient, qu'ils se déplaçassent en char à bœufs ou en hummer, qu'ils fussent Bachelard ou infirme moteur cérébral.
Cémoi le passage obligé se disait-elle, l'aiguillage que chacun devait emprunter avant un ensuite dont elle ne savait rien, sinon que ceux qui en attendaient quelque chose seraient chocolat !
L'odeur de bois et de chairs carbonisés flotterait longtemps sur la région, dans les mémoires plus que dans les narines, dans la peur plus que dans l'espérance.
Le tram de la fatalité s'arrêta devant l'empereur, rame 16 vit-il clignoter, après lui bien d'autres voyageurs, plus souillés encore, monteraient, jusqu'à ce que l'éternité elle-même, lasse, vienne contrôler les billets.
Vérifier donc, sur le vôtre, quel compartiment vous attend !
Misha Green d'après le roman de Matt Ruff – 2020 – HBO
Noir et blanc : Des soldats courent dans une tranchée,
l'homme de tête s'arrête, regarde autour de lui, emprunte une échelle vers la surface, et découvre un champ de bataille où s'affrontent humains, extra-terrestres et créatures étranges.
D'une soucoupe descend une jeune femme, rouge, qui le
prend dans ses bras alors que derrière lui une créature tentaculaire, à l'image de Cthulhu, s'approche avec, visiblement, de mauvaises intentions. Heureusement un coup de batte de base-ball lui explore la tête, avant qu'elle ne se reforme et...
À la faveur d'un cahot le jeune homme se réveille et retrouve le livre dans lequel son esprit s'était aventuré.
Ouf. Si l'on peut dire !
Atticus, surnommé ''Ati'' revient de Corée où il combattit après s'être engagé, il retrouve son univers habituel, à une exception, notable près, son père a disparu en laissant une lettre étrange adressée à son fils dans laquelle il évoque un leg que doit recevoir Ati, ce qui surprend beaucoup celui-ci, en outre il est question de la ville d'Arkham d'où seraient originaire les parents de sa mère.
En prêtant au texte plus d'attention oncle George découvre qu'il s'agit d'Ardham, une lettre qui change tout, la première cité appartient au monde de Lovecraft, elle est imaginaire(?), la seconde est réelle bien qu'il soit difficile d'en trouver la localisation et encore plus une carte permettant d'y accéder.
Ce n'est pas une raison pour que Atticus ne veuille pas partir à la recherche de son géniteur, s'il faut pour cela trouver cette ville il y est près. Pas question de partir seul à l'aventure, il va être accompagner de son oncle, et de Letitia ''Leti'' Dandridge, une cousine.
Bien que dans ces états-unis des années 50 Internet n'existe pas il ne leur sera pas difficile de trouver, approximativement où se trouve le comté de Devon qui abrite Ardham. Reste à s'y rendre.
Rien de plus simple penserez-vous, sauf dans l'Amérique des années 50 règne la ségrégation et des lois régissant la séparation entre les blancs et les noirs. Georges le sait bien puisqu'il édite un guide spécial destiné aux noirs pour faciliter leurs déplacements en leur indiquant les routes les plus sûres.
À cette époque les agressions racistes sont nombreuses et rarement sanctionnées pénalement.
Notre trio part donc pour Ardham et l'héritage de Atticus, le chemin ne sera pas long mais semé d'embûches, et de policiers aimant faire des cartons sur les noirs mais aussi de créatures étranges, et agressives, droit sorties des récits de Lovecraft, les seconds sont terrifiants mais les plus dangereux ce sont les premiers, et c'est l'argument de la série de montrer que le véritable ennemi n'est pas celui que l'on pense.
Lovecraft grandit dans un environnement où le racisme était ''normal'' et certains de ses contes peuvent être lus comme la mise en scène de cette idéologie, ce qui est possible, certains passages de sa correspondance sont sans ambiguïté à cet égard, il y dénonce clairement les minorités menaçant son art de vivre, son héritage culturel et prenant une place qu'il estimait mériter. Décédé en 1937 il n'aura pas connu la guerre ni les camps et encore moins les années 50, quelle aurait été son évolution...
Pour lui les Grands Anciens n'étaient pas vraiment des ennemis, les humains étant pour eux ce que sont les fourmis sont pour nous. Les verrons-nous dans cette série, faute d'avoir jamais eu un film digne de ce nom pour nous présenter la cosmogonie lovecraftienne ?
N'ayant vu, hier, histoire de commémorer les 130 ans de la naissance d'Howard, que le premier épisode, je ne peux que livrer une impression partielle, et partiale forcément, elle est on ne peut plus favorable avec l'association d'un univers que je connais bien avec celui, plus réel, de la ségrégation étasunienne.
Qui est réellement Atticus et cette blonde qui intervient alors
que des policiers leur tire dessus ?
D'un côté l'horreur classique, de l'autre l'horreur sociale, les 9 épisodes à venir diront si elles font bon ménage, ça ne m'étonnerait pas.
Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon
état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui
vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.