Néron, sur sa colline, perché, regardait flamber Rome, Cognac c'était trop loin. L'Histoire, à tort, retiendrait qu'il était l'auteur de cet incendie, qu'impose, ainsi le marbre du temps conserverait-il, gravé, son nom. Dans l'hémicycle de la célébrité mieux vaut un strapontin que l'absence. La place des géants est peu accessible, nulle rampe n'en facilite l'accès aux esprit à capacité réduite.
Depuis une quinzaine d'heures la ville brûlait, consumant ses habitants comme ses monuments, dessinant dans le ciel un lys rouge sur fond d'un bel horizon que la fumée rendait fantomatique.
Quel dommage que son destin fut celui-là, chargé de désirs impérieux plus que d'ambitions grandioses, lourd d'une cargaison de gènes corrompus qu'il aurait voulu déporter sur une orbite lointaine et l'y oublier.
Derrière lui, la Camarde, grand galet dans son ample manteau à capuche, souriait, comme toujours, des actes et pensées de ces humains. Grands ou petits, pour elle tous se valaient, qu'ils se déplaçassent en char à bœufs ou en hummer, qu'ils fussent Bachelard ou infirme moteur cérébral.
Cémoi le passage obligé se disait-elle, l'aiguillage que chacun devait emprunter avant un ensuite dont elle ne savait rien, sinon que ceux qui en attendaient quelque chose seraient chocolat !
L'odeur de bois et de chairs carbonisés flotterait longtemps sur la région, dans les mémoires plus que dans les narines, dans la peur plus que dans l'espérance.
Le tram de la fatalité s'arrêta devant l'empereur, rame 16 vit-il clignoter, après lui bien d'autres voyageurs, plus souillés encore, monteraient, jusqu'à ce que l'éternité elle-même, lasse, vienne contrôler les billets.
Vérifier donc, sur le vôtre, quel compartiment vous attend !

