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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 23:54
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15 novembre 2008 6 15 /11 /novembre /2008 07:09
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14 novembre 2008 5 14 /11 /novembre /2008 08:02

 

Je préfère la musique qui fait ouvrir la bouche pour crier à celle qui la fait ouvrir pour bailler.


La peur ne nécessite pas de compréhension.


Le plaisir ne se partage pas, il se donne.


Il vaut mieux un ami mort qu’un ennemi vivant.


Choisir entre la gauche et la droite c’est hésiter entre la méchanceté et la bêtise.


Guide spirituel, ou comment un aveugle joue au chien d’aveugle.


Ceux qui me voient en génie se croient souvent aussi intelligent que moi.


Pour un démon l’enfer c’est le paradis.


Une action n’est pas toujours portée par une volonté sincère mais souvent soutenue par un calcul sournois.


Les livres sont des radeaux construit par l’homme pour envoyer son savoir et ses pensées sur l’océan du temps.


Si les vampires redoutent le jour c’est qu’à la lumière on ne croirait plus en eux.


Les souvenirs reviennent à la surface comme remonte le corps gonflé d’un noyé.


Le Diable apparaît dans l’âme qui le souhaite ! Ou ne le refuse pas !


Le feu éclaira l’homme des cavernes et le fit avancer. Le feu atomique le fera s’arrêter.


Autrefois le bûcher remplaçait l'asile.


Nous sommes dans un autre monde : Le nôtre !


Si l’espèce humaine se sent condamnée, pouvons-nous lui en vouloir de choisir le suicide ?


Le danger physique n’est jamais le pire !


Tout se paiera cher, très chair !


J’essore les cervelles.



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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 07:42
Promettez... (2) 
 

                                             03

La mort d’un géant pour rendre le temps absorbé à des milliers de petites gueules avides. Elle a raison, parmi eux se tient notre ancêtre, ignorant des menaces qu’il contient. Le devinant il se serait jeté dans la gueule la plus vorace pour arrêter ce manège infernal. Il ne le fit pas et je suis là, oscillant entre les mondes, hésitant entre les époques, rêvant d’être un lézard, empli d’images d’une créature bipède dont il ignorerait être un lointain parent. Je le vois s’amusant de ses sensations, des pattes le gravissant comme une montagne, des museaux furetant sous ses écailles pour trouver la peau, une morsure, une autre, des milliers. Il se détend pour l’unique instant calme de sa vie.

J’attends de le connaître aussi.

Était-il à sang froid ou à sang chaud comme certains l’affirment ? J’aimerais la seconde solution, qu’il ait pu rêver d’une enfant rêvant d’un homme en train d’écrire. Il me plairait que ce manège tourne sans fin.

Je ne suis pas mort, aucun animal ne me dévore, pourtant quelque chose me ronge. Une lucidité exagérée m’incitant à accueillir cette silhouette d’obscurité, à rechercher sa main, pour tout oublier, pour perdre ce que je ne veux pas posséder. L’espoir d’une vie s’éteignant.

Perfection de l’immatériel. L’image sans trait ne peut décevoir. Toujours elle et toujours changeante, incarnant les secrets d’un être craignant de s’assumer.

- Pourquoi fait-il encore nuit ? Je suis réveillée, je sais, je sens ma voix, je suis dans ma chambre, à l’abri.

Chez elle ? Si je cessais de douter que mon chez moi existe je le trouverais.

Je sens sa peur. Non ! C’est un piège, c’est la mienne qui s’exprime à travers elle, bientôt elle parlera pour moi, les rôles s’inverseront, je me dissoudrai dans la nuit éternelle. Être le rêve d’un rêve, vivre pour ses désirs, ses pensées, qu’elle m’emporte en des lieux dont je redoute de trouver les entrées. Si j’avais envie d’en savoir plus, de m’aventurer en eux ? Terre des envies, des mensonges, miroir de pièges si grossiers qu’ils me font sourire.

Où la mort ne serait pas un soulagement mais une condamnation pire encore.

- Il y a quelqu’un, je sens une présence. Parlez-moi, ne me laissez pas dans les ténèbres n’entendant que ma voix sans savoir si mon corps existe encore.

J’ai envie de la prendre dans mes bras. Le décrire donnerait à cette situation les couleurs du réel. Elle serait là, sensible, vibrante, pleine de l’amour que j’ai fui pour le désirer venant d’une illusion. Croire en elle sans nier la réalité, que ce soit possible, tout et son contraire avant que le piège m’engloutisse.

- Que s’est-il passé ? Il m’est arrivé quelque chose, je me souviens de… Je me… Suis-je endormie, prise dans un cauchemar dont je ne sais plus sortir, coincée entre réveil et délire ? Je pense sans parler, sans bouger, mon corps ne m’obéit plus, je ne le commande plus, je ne le perçois même plus. Mon nom, mes parents, mon décor… Je connais ces mots, mais ils n’ont plus de sens. La page est blanche, l’univers aussi. N’y a-t-il personne pour m’aider, me parler ? Dites-moi au moins cela, que vous m’entendez, un son me rassurerait. Je ne sais plus, je ne suis plus. Un rêve ne pourrait répondre, une main ne peut venir m’emmener, vers la vie ou vers la mort, vers quelque chose qui ne soit pas ce territoire vide. Si vous pouvez me répondre faites-le, je vous en conjure.

Quel effroyable barrage psychique m'interdit-il de m'exprimer ? Le lien avec le réel est ténu, un effort et il n’en resterait que lambeaux. Regretter n’y changerait rien. C’est moi qui serais perdu dans un monde de nuit où le repos est apparent, un monde ressemblant tant à l’enfer qu’il mériterait cette appellation d’origine à peines incontrôlées !

- Prenez ma main si vous êtes dans l’incapacité de parler, un geste, seulement celui-ci. Au bord du gouffre me laisserez-vous tomber ? Moi j’aurais tout tenté, tout.

Une main me retenant ? Je l’ai espéré, écris pour apaiser mon angoisse. L’inverse advint, je m'engluai dans la nuit. Une histoire en laquelle je faillis croire, maintenant cela me serait impossible. Sa peur est mienne, comme sa curiosité.

- Si personne ne m’entend, ne me répond c’est qu’il m’est arrivé quelque chose. Je suis dans le coma sans possibilité de mouvoir une paupière pour communiquer. A moins que… Non ! Je ne suis pas morte, prisonnière d’un cercueil, deux mètres de terre me surmontant, attendant que mon corps pourrisse pour découvrir qu’il reste un peu de soi jusque dans la dernière cellule ? Une poussière de conscience. Je peux penser, c’est moi que je ne vois pas !

Mourir est-ce s'engloutir dans son dernier rêve sans pouvoir en sortir ? Retrouver ma monture, son monde, alors je serais heureuse. Avec du temps pourrais-je communiquer avec ceux qui m’entourent, s’il y en a, suis-je captive d’une sensation éternelle sans pouvoir lire mon nom sur ma tombe !

- Non !

J‘aurais dû me taire, trop tard, l’animal a refermé sa gueule.

- Qui êtes-vous, où sommes-nous, qui suis-je ?

Qui ou Que ? L'imagination pour me défendre de l'obscurité.

- Qui suis-je ?

- Ne me laissez plus, je vous en prie. Expliquez-moi, ces ténèbres autour de nous… Êtes-vous dans la même situation ? Je n’arrive plus à ouvrir les paupières si j’ai encore des yeux, un corps. Suis-je seulement capable de parler ?

- Les mots nous trahissent quand les apparences de la réalité disparaissent et que subsiste cet écran où naissent nos désirs les plus insensés, nos rêves et nos cauchemars.

- Êtes-vous ma folie ?

- Vous n’êtes pas folle, moi… La démence me tint par l’épaule quand j’appelai sans savoir ce que je faisais.

- Je ne comprends pas.

- Comprendre… si je savais ? si j’osais ?

- Vous le pouvez, je le sais. Sommes-nous le jouet d’organisations secrètes ; dans des cages manipulées par des scientifiques se livrant à des expériences interdites ; kidnappés par des extraterrestres ? Serions-nous morts et damnés ? Où sont les réponses ?

- Je voudrais une certitude. Une solution exprimée devient douteuse. Mort, folie, enfer… Nous avons le choix !

Le choix… Elle puise les interrogations les mieux cachées en moi, des pions dont je découvre la force et la funeste influence. Qu’elle me conduise, comme si la folie était une solution et la mort une porte de sortie. Faut-il avoir oublié son âme pour aller au Paradis ? La géhenne est-elle un péage ? Le premier accepte les infantiles ignorant la lumière de la lucidité, prisonniers de leur cangue d’illusions. Cercueil mental tellement agréable, au début. J’ai connu cette nuit de l’absence de soi, où autrui se fait le gardien d’une normalité médiocre et vide. Pourquoi me suis-je réveillé ? Ai-je appelé, et si oui qui vint ? Princesse aux lèvres cyanosées ou démon déplaçant sa pièce ? Le fis-je où ai-je trouvé les réponses en moi ? Demander est vain, la vérité est ce qu’il y a de pire en moi. Mieux qu’être de la nuit, elle est cette nuit dans laquelle je voulus disparaître. Je l’ai traversée et m’étonne d'avoir survécu, redoutant de comprendre comment, de savoir pourquoi ! Je suis remonté différent de celui que j’étais, débarrassé de l’inutile.

Orphée est Eurydice !

En moi survit l’évidence que ce piège ne saurait m’entraîner quand bien même elle représenterait cet amour parfait qu’aucune femme ne peut m’apporter, comme si je ne disposais pas de la faculté de l’admettre. Elle est le négatif mais sans elle aucun positif ne saurait se révéler. Ma part de ténèbres. Accepter la lumière ne la ferait pas disparaître, au contraire. Elle va gagner en densité, comme si la lucidité maîtrisait l’animalité m’emportant pour découvrir ce que je suis : plus que ce JE, lumière tremblotante au cœur d’un univers obscur qu’il veut illuminer.

- Vous ne dites plus rien ?

- Je cherche des réponses.

- Oser suffit, vous l’avez dit. Vous êtes si loin, redoutez-vous de venir plus près ?

- Oui !

- Préférez-vous que nous soyons séparés ?

Sa question prouve que j’ai admis sa présence, réalisé sa nature et suis prêt à l’utiliser.

- Nous avons été séparés longtemps. Je sais pourquoi. Mon nom, ma vie, cela n’existe pas en moi. Je ne peux rien retrouver, tout vous appartient. Je sais, chacun cherche l’autre par soi. Je ressens vos états d’âme, vous craignez que nous nous annihilions. Il n’en sera rien, vos doutes sont fruits de votre angoisse de comprendre. Peu importe mon nom, l’important c’est ma voix vous disant ce que vous voulez entendre. Je ne suis pas dans la réalité mais ce terme n’est qu’une convention, la peau derrière laquelle se cachent les merveilles que vous soupçonnez. Je ne suis pas prisonnière, ma nature se passe de corps, de mouvements, de perceptions sensorielles. Je n’attends pas votre main ou que vous me preniez dans vos bras, je ne suis pas une peluche mentale comme celles que vous avez connues et qui révélèrent ensuite, ôtant leur masque de beauté, les pires démons que vous pouviez rencontrer. Vous avez supporté leurs étreintes, leurs griffes dans vos chairs, leurs morsures, vous avez supporté d’ouvrir les yeux dans un monde que vous ne reconnaissiez plus. Nos regards n’en feront qu’un, vos yeux, ayant appris à voir, s’ouvriront. Je suis pleine de vos mots, ils exigent d’être entendus, compris. La nuit est une amie, ma peur du début était la vôtre. Désormais vous savez qu’elle est votre complice, amicale par la protection qu’elle offre, la perspective qu’elle propose. Nous sommes un. Je sais le poids de votre prison, ses murs de papier, ces feuillets en lesquels vous avez cru, ils voulaient vous retenir sans le pouvoir. Une pensée suffit pour passer au travers, pour se défaire d’un cortège halluciné. Les années vous ont appris que l’obscurité se fait encre pour qui la comprend. Laissez-vous être, découvrez la plaine, les montagnes caressant le ciel, la forêt et l’univers dont vous occupez le centre. Aucun mur ne vous retiendra.

- Il me semble être ce mur, JE est une cage.

- A vous de comprendre. La peur est morte en vous mais sa charogne vous asphyxie. Elle est pesante, immense, vouloir suffira à la détruire, en en conservant quelques traces, preuves de votre victoire. La vague de souffrance qui vous submergera sera celle de la libération, de la naissance. Je ne suis pas morte, non, je ne suis pas née. Quel pseudonyme aviez-vous jadis imaginé ? Limbes, comme le bord d’une étoile mais surtout comme le séjour des enfants morts sans baptême, vous aviez oublié que c’était également le lieu où les justes attendaient que le mystère de la rédemption s'opère. La périphérie n’est pas votre place, quand le centre vous attend ! Quel enfant est-il mort ou quel juste est-il en attente que vous l’admettiez ? Je connais tant de choses sur vous. Je suis cette partie à califourchon sur un T-rex, jouissant de l’entendre détruire, de le savoir dévorer les proies passant à portée de son avidité. Qui aime cela est pris par cette satisfaction primaire. Il s’est endormi, épuisé par des années de prédations, quand tuer était votre activité primordiale, l’instinct vous emportait pour vous sauver. Vous avez survécu. Vous êtes plus fort, malgré vous. Il attend, vous sachant son maître. Incapable d’avancer seul. Avec le temps, vos forces reconstituées vous avez continué pour arriver à aujourd’hui. La lumière est proche mais ne prendra pas votre main, elle attend que vous passiez la vôtre au travers du brasier de ténèbres vous en séparant.

- J’aimerais croire ces paroles, me souhaitant minéral sans vie et sans mort.

- C’est une étape plus ancienne que celle du carnosaure. Fuir est interdit. Le chemin est libre. Ne cherchez pas des fils, ne jouez pas au pantin pour excuser vos échecs. Préférez-vous une cage peuplée de vos hurlements à une liberté effrayante par l’immensité qu’elle propose ? Nous sommes si près, séparés d’une pensée.

Une porte claquée dans mon dos. Je ne peux m’échapper, le risque est partout. Je crains de retrouver dans mes bras un peu de cendres, résidus d’un spectre disparaissant en riant de me voir égaré pour toujours. Le rêve s’achèverait, je m’éveillerais dans une nuit que je ne saurais plus comprendre, appelant sans recevoir de réponse puisque nul n’entendrait des pensées que ma bouche ne pourrait verbaliser. Je conserverais l’impression d’un bientôt différent reculant devant moi à mesure de ma progression.

La saisir, que ce ne soit pas elle qui m’entraîne vers la réalité, compagne de mes pensées, de mes terreurs comme de mes émerveillements. Las d’être seul je ne désire pourtant pas aller vers ceux qui me sont étrangers. Je tire sur les mots comme sur une chaîne, inquiet de connaître le mur dans lequel est fixée la laisse par laquelle me retient mon désir d’immobilité.

- Je ne suis pas un piège, si vous y pensez. Vous feignez de croire en une peur que vous ne ressentez plus, par timidité plus que par lâcheté, par habitude et crainte de les voir se modifier. Vous croyez vous dissimuler dans le plus ignoré des recoins de votre terreur. Vous l’auriez pu, que je sois là, que vous m’entendiez, que vous me répondiez prouve la perte de votre désir de vous oublier. Lutter contre soi est le plus vain des affrontements. N’espérez pas celer vos pensées, je suis émanation de votre esprit. Suis-je celle que vous cherchez ou celle que vous fuyez ? J’évolue et vous découvre au rythme de vos émotions. Vous vouliez une création fantasmatique, représentant la folie, la mort, je ne suis ni l’une ni l’autre. Je me dissimulais derrière ces apparences pour vous rassurer. Vous savez ce que je suis, terrifiante, mais tellement prometteuse.

 


Promettez... (4)  

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13 novembre 2008 4 13 /11 /novembre /2008 07:39
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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 07:29
 


- C'est ici que nous descendons ?

- Oui, c'est le but de notre voyage.

- Il y aura longtemps à attendre ?

- Quelques heures au plus, c'est pour demain matin.

- Notre dernière nuit ?

- Tu as peur ?

- Non, après tout ce que nous avons vécu ensemble depuis des semaines, savoir qu'il nous reste si peu à attendre me rassure.

- Pourtant une enfant d'ordinaire fait des projets, s'imagine plus tard, avec ses propres enfants.

- Je ne peux pas faire cela, je ne suis pas ordinaire, vous le savez mieux que personne.

- C'est vrai, mieux... Le mot semble si loin de moi.

- Plus vous conviendrez davantage.

- Ce n'est jamais qu'un autre mot, bientôt nous nous en passerons, nous trouverons la paix.

- C'est le seul moyen ?

- Je l'espère, nous avons essayé ce que nous pouvions, aucun n'a fonctionné, celui-ci est l'ultime, s'il devait échouer...

- Vous n'auriez pas aimé en savoir plus, marcher sur vos traces ?

- Je préfère envisager l'avenir avec le sourire du néant que contempler un passé dont je sais qu'il ne fut que carnages.

- Vos origines ?

- J'étais un pantin, comment puis-je comprendre quoi que ce soit ? Non, je veux couper ces fils, peu importe le reste.

- Êtes-vous sûr qu'il n'y aura pas d'héritier ?

- Sincèrement ?

- Oui, et ne dites pas que vous vous en foutez.

- Pourtant c'est tellement vrai, pourquoi se soucier de ce que l'on ne peut changer, si ce n'est pas moi je comprends que ce soit un autre, le témoin doit se passer, mais je ne peux plus le tenir, je ne peux plus supporter tant de morts, de souffrances, s'il ne s'était agit que de tuer, de combattre, à l'ancienne, des vraies batailles, même en en connaissant l'issue j'aurais pu le supporter mais le monde est différent, nous avons passé la porte du pire, trop tard pour reculer.

- Tout au plus chercher à fuir ?

- C'est l'unique solution qui me reste. Tu sais, si tu voulais...

- Tss, tss, tss ! Inutile de dire cela une fois de plus, je vous ai souvent dit que j'étais ici de par ma volonté, pas parce que vous m'avez sauvé. La mort est le bout du chemin pour chacun, pour moi plus sûrement que pour vous, si je l'évitais aujourd'hui je ne pourrais le faire éternellement.

- C'est ce que tu voudrais ?

- J'ai vécu trop de choses dans cette vie pour désirer sa prolongation. J'ai vu trop de morts moi aussi, quel intérêt de vouloir continuer, et puis je me sens une responsabilité vis-à-vis de vous ?

- Ce n'est pas le mot tu le sais, tu ne peux être responsable de quoi que ce soit, sinon de m'avoir rappelé, dans le cadre inapproprié d'un camp d'extermination, qu'il me restait un fond d'humain que j'avais oublié. Tu m'as ouvert les yeux mais savoir que tu me survivrais ne me serait pas insupportable, je pense qu'il n'y a rien ensuite, du moins pas la pérennité du je.

- Moi oui, je veux croire que mes parents ne m'ont pas menti.

- Vouloir et croire semble pourtant contradictoire.

- Vous avez raison, comme toujours, mais peu importe, s'il n'y a rien... A quoi bon parler de cela encore. Il ne s'agit pas de peut-être mais de la certitude de ce moment, de ce qui va arriver et nous unir comme aucun couple ne le fut jamais. Regardez, la nuit se retire, le ciel est clair, ce sera une belle journée.

- Courte.

- Inutile de faire le rabat-joie. Vous entendez ? C'est lui ?

- Oui, il arrive.

- Nos dernières minutes en ce monde.

- Ce n'est plus le nôtre, ici une page va se tourner et j'espère ne jamais lire la prochaine.

- Prenez-moi dans vos bras, serrez-moi, fort. La bombe va tomber sur nous ?

- Elle va exploser en hauteur pour que l'effet soit dévastateur, il ne restera rien de nous, pas même une cendre, seulement nos pensées, peut-être, quelque part, et les battements à l'unisson de nos coeurs, le reste est sans importance.

- Comment s'appelle l'avion ?

- Enola Gay.

- Un joli nom ! Regardez, les gens ont peur, ils vont se cacher, ils croient à un bombardement normal, ils doivent penser que nous sommes fous de rester là.

- Les morts auront plus de chance que les vivants. Ça y est il est juste au-dessus de nous, j'entends la soute s'ouvrir...

- N'est-ce pas vous qui disiez que pour atteindre le Paradis il fallait traverser l'Enfer ?

- J'en suis capable en effet.

- C'est ce qui nous attend alors ?

- Espérons-le, ce serait...

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 07:25
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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 08:00

 

Crocs,

D'acier, d'ivoire,

Trop !

Las de revoir.


Beau,

Quand vient le soir.

Assaut,

Mourra l'espoir.


Mots,

Écrits sur le froid.

Faux,

Glissée entre les doigts.


Vraiment ?

Quels maux dire ?

Je mens,

Et tais le pire !


Vrai,

Quand la faim,

C'est.

Voir la fin.


Goût,

De terre, de sang,

Fou,

Se taire ? Descent !


Tréfonds,

Coeur de l'obscur,

Je fonds

Survivre impur !


Tranchées,

Réseau d'atroce.

Cachées,

Sans assécher la fosse.


La paix,

Calme apparence,

D'essai,

Sans innocence.


La mémoire,

Ne peut l'effacer,

Si l'Histoire,

Voudrait tout surpasser.

Les contes étaient jolis,

L'univers si magique,

Comme l'est la folie,

Ce joujou magnifique.


L'enfant n'a rien vécu,

Mais l'horreur en son âme,

Il l'a mieux que connue,

Sa vie devint un drame !


Il n'a plus de regret,

S'il baigna dans l'absent,

Autant en être gré,

Avouer : je consens !


Écrire n'est pas gommer.

Revivre et savourer,

C'est apprendre à aimer.


Le charnier pour jouet,

L'horreur en amitié,

      Et savoir qui tuer !

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10 novembre 2008 1 10 /11 /novembre /2008 07:27
Promettez... 
 


                                              

                                                 02

- Le paysage défilait, changeant, j’aperçus au loin, sans les distinguer précisément d’immenses formes aux ailes en faux ; d’autres animaux fuyant sans que ma monture n’y prête garde. J’aurais voulu aller vers les montagnes, les gravir, que jamais ne cesse ce voyage, que le temps m’oublie. Le rêve abolit les lois des hommes mais en impose d’autres, contraignantes d'être mal connues. J’aurais voulu traverser le temps, revenir vers le présent avec lui, qu’il ne me quitte jamais, jamais !

Mais l’animal est toujours là, toujours.

- Pénétrer la trame de la réalité, passer d’un fil à l’autre, oublier ses limitations. Portée, bercée, emplie d’un bien-être inconnu je m’imprégnai de ce monde, d’une nature spontanée que nul n’avait voulu dominer. Après un tour dans la plaine il retourna vers la forêt, son univers, où il pouvait surprendre des proies qui dans la vallée auraient pu lui échapper. Concentrant son attention, ses forces, bondissant sur son gibier, le dévorant puis, levant la tête, hurlant de contentement comme les sapiens ne savent plus le faire.

Pas tous ! Aujourd’hui l’acier a remplacé le croc.

- J’apercevais le ciel entre les branches formant une voûte qu’aucune église ne saurait imiter. Des motifs renouvelés à chaque pensée. Le temps n’existait plus, ou pas encore, tant il est dépendant d’une intelligence s’interrogeant sur son devenir. Juste un mot, à peine une nécessité. Tout m’émerveillait sans que je sache nommer quoi que ce fut. Je sentais la curiosité entourant ce couple étrange : l’enfant et le monstre.

L’enfance recèle cette monstruosité que la société adule sous une forme dégénérée !

- Il s’est arrêté, tendu, ses yeux en quête de ce qui m’avait échappé. Je me suis accrochée. La proie était proche, le destin tapait sur son épaule pour lui rappeler ses obligations. Je voyais par ses yeux, sentais par ses narines, respirais par sa gueule et son haleine ne m’était plus désagréable. Nos esprits se mêlaient et je croyais ma bouche emplie de ses crocs, mon cœur gonflé d’une violence attendant de se déchaîner.

Lequel était le plus fort, étions-nous si différent ? La fureur intérieure est cent fois plus puissante que celle s’exprimant par le corps.

L’instinct reprenait le dessus, j’eus envie de lever la tête, de crier, que tous m’entendent. Je n’aurais pas terrorisé une fourmi ! La nature retenait son souffle, heureuse du spectacle se préparant, que lui importait qu’elle l’ait déjà vu mille et mille fois. Les humains y participent, refusant de le comprendre, aussi solidement tenus par leurs instincts que ce reptile. Le cycle de la vie veut que le plus fort dévore les plus faibles avant d’être dévoré à son tour. Pour aller où ?

Comme au ralenti il s’est remis en marche, les yeux braqués devant lui, l’excitation l’envahissait jusqu’à m’atteindre. Brusquement il a rugi en se précipitant. J’étais sur son dos mais par la magie de la mémoire il me semble avoir assisté à la scène de l’extérieur, le voyant bondir en une accélération dont au vu de sa masse on l’aurait dit incapable. Gueule ouverte il a attrapé son gibier paralysé par la terreur, seulement capable de contempler la mort incarnée en une forme sauvage et irrésistible. Je sentis dans mon corps l’effort de ses mâchoires pour se refermer, les crocs broyant les os, explosant les chairs. L’odeur du sang giclant sur le sol, coulant dans la gueule de mon partenaire, envahit mes narines. Le combat fut bref, la proie se débattit, les convulsions de ses efforts inutiles résonnèrent dans mes muscles avant que ne retombe un silence seulement troublé par la mastication brutale de ma monture. Blottie sur elle je ne bougeais plus, oubliée. Les charognards déjà s’approchaient pour finir ce dont il ne voudrait pas, incapable qu’il était de sucer chaque os.

Ainsi participait-il à la survie des plus faibles.

Il n’était pas le gentil chat que j’avais imaginé, il était tellement mieux. Par lui je découvrais le sens de la vie, sa réalité, son souci de se perpétuer et de progresser. Un moment il avait effacé ce qu’il était, venant à ma rencontre, appelant ce qui en moi ressemblait à sa vérité. Influence réciproque je pense ; entre les créatures vivantes existent des liens que nous ne voyons pas. Je m’étais sentie prédatrice, jouant avec une peluche dont j’avais mis de côté l’évidence, faisant corps avec ce saurien qui avait réveillé mon animalité. J’aurais voulu rester ainsi, que disparaisse l’enfance comme une mue pour que s’impose celle que je suis vraiment. Vrai ment ? Espérer l’humain dévorant l’animal sachant que souvent c’est le contraire. Se mélangeant, les deux se perdent. J’avais oublié que tout cela était illusion, je voyais une porte, le moyen de quitter… Mais de quitter quoi ?

En moi l’animal a perdu mais la conscience a-t-elle gagnée ? Qui veut me rejoindre, dans quel but ?

Un jour, une nuit ? Prédateur, moi qui ai parsemé mes pages de scènes abominables, prenant plaisir à les (d)écrire rapidement tant j’étais pris par l’impérieux besoin à satisfaire. L’instinct hurlait, dirigeait ma sauvagerie sans l’annihiler, lui interdisant de s’exprimer dans le réel en lui offrant un univers, sinon de rêve, du moins de papier. Le premier se fut refermé sur moi, m’engloutissant, le second me laissa une chance.

Si survivre en est une.

Quelle trace ai-je de cette incarnation de ce que la vie produisit de brutalité dénuée de méchanceté, animée d’une rage l’abandonnant au dernier moment ? Pulsion qui voulut prendre le pas sur moi mais que je consumai par le seul moyen dont je disposai.

Un clavier pour arène ! La lutte dura des années, exprimée en milliers de pages. Pour n’être pas sur mon corps mes cicatrices n’en sont pas moins sensibles.

Rappel de l’ordre naturel des choses : les proies courent, les prédateurs tentent de les rejoindre, dévorent les inutiles, ceux qui mettraient en péril le gibier. Dans les deux cas les meilleurs survivent, suivant les critères retenus bien sûr.

Les rapports "humains" établis par une société structurée autour d’eux reproduisent cet ordre des choses sans que quiconque ose le reconnaître. Une minorité opprimant une majorité. Il ne s’agit plus de s’en nourrir au sens propre mais le sens figuré, n’est pas si différent. Rien de changé depuis l’époque des sauriens géants. Les décors remontés dans les cintres d’autres prirent leurs places, les comédiens changèrent de costumes, mais à observer le déroulement de la pièce, il apparaît que la trame ne fut pas modifiée. Quel est mon rôle dans ce spectacle, entre les gros qui grognent et les petits qui geignent ?

- Il était calme en laissant la place aux derniers acteurs du drame de la vie alimentant la vie. Je me sentis rassurée et eus peur de mes sensations, de mes pensées, de ce que je découvrais. L’animal me permettait de goûter à des plaisirs interdits jusque-là.

Et moi ? Mes instincts étranglés par la civilisation murmurèrent faute de savoir s'exprimer autrement, mais pourquoi ? Me retrouver, imaginant l’ombre prenant la parole, exprimant mes pensées comme si j’étais là pour les connaître, comme si, repu, j’avais perdu le besoin de courir encore ? Qu‘ai-je à m’avouer que je ne puisse le faire franchement ?

- Épuisé il ralentit, s’affaisse. L’abattement me prit en même temps. Je m’endormis, pensant fugacement que sombrer dans le sommeil lorsque l’on rêve c’est s’éveiller dans sa réalité.

Réalité ? Je refuse de l’amener vers moi. Pourtant j’aimerais qu’elle prenne ma main, m’emmène, efface l'univers que je ne pus intégrer. Que, peut-être, je saurais désintégrer…

Si c’était déjà le cas ? Je construis un scénario m’éloignant du réel. Elle était bien dans ce monde antédiluvien, comment se satisfaire d’un quotidien morne et sans attrait ? Se réveiller, se demander si l’on rêve encore. Comment savoir quel monde est le bon s’il en est un méritant ce terme.

Je sais la foi en celui dans lequel on se trouve insuffisante !

Penser est simple, se le permettre suffit. Faut-il la force d’un animal, l’énergie de la vie pour refuser la peur et ouvrir les yeux ?

C’est tellement angoissant que j’en ai envie !

Est-ce divagation ? Prisonnier, ai-je envie de m’évader, mais vers quoi, comment reconnaître le goût du réel ? Sommes nous dans le songe d'un dément nous ayant halluciné au point que nous croyons être vivant ? Nous dotant d’une conscience qui disparaîtra selon son bon vouloir. Est-ce l’œuvre de ma folie ou moi qui suis projection de la sienne ? A moins que le jeu soit plus compliqué, que je sois le reflet de ma propre démence et elle la sensation d’une lucidité que je tente de conserver, sachant que ce sera interdit.

Tout s’éteindra, la nuit m’emportera.

Elle se tait, attendant une pensée lui rendant son simulacre de vie. Je la connais et pourtant j’ai envie de me prendre au jeu, de courir ce risque. M’enfoncer en des forêts d’images où mon corps oublierait ses fonctions animales pour (re)devenir plante. La mort m’emporterait doucement. Me revient cet ancien désir, mourir en écrivant, sortir du réel, entrer dans l’imaginaire, et que s’éteigne ma peur. La vie est un costume usagé dont je me dépouillerais sans difficulté. Mon cadavre resterait longtemps dans le placard me servant de bureau. Il aurait le temps de pourrir, de se momifier peut-être, avant que quiconque ait l’idée de venir voir de quoi il retourne. Pour les autres je suis un fantôme nimbé d’une politesse banale, masque de sociabilité pour conserver ma tranquillité. Absent en étant là ! Ma présence ne se voyant pas, mon absence passerait inaperçue.

J’invoquai l’énergie animale pour m’arracher aux sables du conformisme et de la médiocrité. Est-elle l’expression du désespoir venu me guider vers la nuit ou m’inciter à emprunter ce chemin vers le réel que je crains avoir déjà trouvé ? J’ai envie et peur de savoir. Elle prend plus de moi à chaque battement de cœur. Ma vie circule par les mots qui la dessine plus précisément. Même les yeux ouverts je la distingue, silhouette plus dense que les ténèbres. Ses traits sont flous ; que je la laisse s’approcher et ils gagneront en netteté alors que j’oublierai qui je suis. Une existence pour une autre.

Elle n’est pas vivante, pourrait-elle le devenir ?

Vivre, est-ce un mérite ou une malédiction ?

J’ai tant perçu l’existence comme une ennemie, une contrainte m’emportant alors que j’aurais préféré être une bête soucieuse de sa seule survie, ignorante de son existence, concentrée sur les obligations, sur son désir de gagner du temps, un peu, mais toujours plus. Un pseudo mouvement perpétuel, usé par l’inutilité d’une course ne se justifiant que par elle-même !

Finir ainsi, usant jusqu’à l’ultime parcelle d’énergie pour un pas supplémentaire avant de s’écrouler, repu de temps, gavé de vie, prêt à mourir ! Le froid pour dernier complice, sourire des charognards s’approchant, le sol absorbera ce qu’ils laisseront pour un retour au minéral. Le point de départ, cette aurore de pierre sur laquelle le temps se leva. Ainsi ce lézard, réalisant en un éclair quel pion il était. Heureux à sa façon, d’avoir joué son rôle sans le comprendre. Mais qui le peut, qui ?


Qui l’oserait ?


 

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9 novembre 2008 7 09 /11 /novembre /2008 07:53

 

 

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