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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 06:35

Mon chien dors dans mon lit, je ronfle dans sa niche,

Rêvant qu'à mon réveil, je n'ai plus à penser,

Que je sois un roquet, comme un genre de caniche,

Ou un dogue allemand qui n'aime que jouer.

 

Aboyer à loisir et puis lever la patte,

Faire ce qui me plait au gré de mes besoins.

Ou l'humain passerait pour un vrai sociopathe,

Le canin peut oser, n'est-il pas beaucoup moins ?

 

Plutôt que de devoir assumer des devoirs

M'incombant par le jeu de forces improbables,

C'est dans l'obscurité que je forme l'espoir,

De pouvoir échapper au destin qui m'accable.

 

Voyez, si j'ai des crocs c'est pour mieux mordiller

Des jouets plastifiés qui parfois font du bruit,

Je me mets sur le dos, venez me caresser,

Vous serez détendu fautes d'être instruit.

 

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11 octobre 2013 5 11 /10 /octobre /2013 07:29

James Hunt et Niki Lauda font connaissance au début des années 70 quand le premier voit arriver le second pour une course de formule 3 que Hunt va gagner après avoir pousser Lauda à la faute. Leur rivalité ne cessera plus tant qu'ils s'affronteront sur les circuits, jusqu'en formule 1.

Le premier est un play-boy buveur et jouisseur qui cherche l'émotion et se soucie peu de préparation, de calcul ou de savoir comment fonctionne sa voiture, le second est l'inverse, perfectionniste jusqu'au plus petit détail et soucieux d'être dans la meilleure forme possible. Il accepte 20 % de risques, pas davantage.

James court pour Lord Alexander Hesketh, un riche anglais qui pense que la F1 n'est pas tellement plus onéreuse que les autres formules.

Il se trompe.

Niki bien que venant d'une famille riche doit emprunter pour se payer un volant chez BRM où il fait équipe avec Clay Regazzoni, l'année suivante les deux hommes vont être engagés par Ferrari où Lauda ne va pas tarder à s'imposer alors que Hunt est à la traîne. Le premier est champion du monde en 1975, le second voit cette même année son équipe cesser son activité pour cause de manque d'argent. Tout semble mal parti pour James mais la chance s'en mêle quand fittipaldi quitte MacLaren au dernier moment et libère donc un volant qui lui est proposé.

1976 promet d'être le sommet de leur affrontement, tout commence bien pour Lauda et quand Hunt l'emporte le résultat est annulé pour cause d'irrégularité de sa voiture. Sa victoire et lui points lui seront rendus plus tard. À la mi-saison l'autrichien est largement en avance et le titre lui tend les bras.

C'est sans compter avec le Nürburgring, circuit ancien et réputé le plus dangereux de tous, surtout sous la pluie, et justement il pleut, beaucoup.

Trop ! Lauda veut arrêter la course, son adversaire s'y refuse et emporte la décision. Le duel aura lieu sur la piste.

Mais pas longtemps, une pièce de la suspension de Niki va lâcher, inconduisible la voiture percute violemment la barrière, un morceau de métal va transpercer le réservoir et enflammer la machine et l'homme qui reste à l'intérieur plus d'une minute.

Pas de suspens puisque nous savons que Lauda ne va pas mourir, et pourtant il fut proche d'y passer, recevant même l’extrême onction tant son état est critique.

Mais il a de la volonté, de l'énergie et la rage de vaincre, six semaines après l'accident il reprend la compétition et marque à nouveau des points sous les acclamations de la foule. Défiguré il va se battre jusqu'au bout, ou presque. Au Japon, sous une pluie diluvienne, il va renoncer à la fin du premier tour. Le risque est trop grand, et comme il l'a dit plus tôt en venant de se marier : il a quelque chose à perdre.

Hunt qui était en retard au championnat va terminer troisième et finalement emporter le titre avec un point d'avance même s'il est évident que sans l'accident de son adversaire il n'aurait pas réussi à triompher.

Ce sera le sommet de sa carrière, doué mais pas assez sérieux il ne sera plus jamais au niveau alors que Lauda sera à nouveau champion du monde l'année suivante sur Ferrari et quelques années plus tard, après avoir interrompu sa carrière, une troisième fois sur Mac Laren.

Niki Lauda fait partie des plus grands champions de sa discipline, Hunt aura brillé quelques années mais privilégié des à-côtés qui l'auront, semble-t-il, privé de plus de succès.

Un affrontement entre deux grands pilotes opposés de toutes les façons mais conscients chacun de la valeur de l'autre. Dans l'histoire de la formule 1 il y eut ainsi quelques combats qui restent marqués pour la postérité. Celui-ci fut le plus dramatique compte tenu des circonstances.

Un film sans suspens puisque nous savons ce qui s'est passé après le passage de la ligne d'arrivée mais non sans émotion, c'est tout le talent du réalisateur et des acteurs parfaitement crédibles dans leurs rôles.

Le siège du spectateur est moins dangereux que le baquet d'une voiture de course alors ne vous privez pas de vous prendre pour un champion.

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10 octobre 2013 4 10 /10 /octobre /2013 05:28
Un bide au box-office !
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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 06:27

 

La maison est grande, j'y suis souvent seul, les pièces sont vastes et nombreuses, pleines de meubles sombres aux tiroirs pleins de choses dont j'ignore l'usage et de placards où attendent des vêtements dont je ne sais pas à qui ils appartiennent.

Le jardin est immense, vallonné, riche de cachettes dans lesquelles j'aime à me dissimuler, à imaginer que j'observe ce que je ne devrais pas voir, que j'écoute ce que je ne devrais pas entendre.

Je l'explore, regarde les animaux, les suit en supposant qu'ils ne savent pas ce que je suis, ce que je veux. Qui sait s'ils me voient et ce qu'ils peuvent ressentir.

Dans un arbre j'ai construit une plate-forme

L'autre jour je suis tombé sur une colonie de fourmis, c'est incroyable comme elles sont organisées. Leur habitat est une ville grouillant sans cesse de ces petites bêtes allant dans tous les sens. Samedi dernier j'ai suivi une procession de ces insectes, jamais je n'en avais vu une aussi longue. J'imaginai un mystère, une énigme, quelque chose de surprenant motivant leur agitation.

Je ne savais pas à quel point c'était vrai.

L'endroit m'était inconnu, un recoin entouré d'arbustes épineux où jamais je n'aurais eu l'idée d'aller voir ce qui s'y passait.

C'est pour les aider que j'ai commencé à gratter le sol, jusqu'à ce que je sente quelque chose de dur.

Sur le moment je me suis arrêté, une émotion étrange m'envahit, j'allais enfin découvrir quelque chose.

 

Lentement j'ai dégagé le crâne puis le reste du squelette, petit comme un bébé, dans un vêtement abîmé. Un long moment je suis resté à le regarder comme si ce n'était pas vrai, comme si c'était une blague, comme si mes parents allaient sortir de l'ombre et se mettre à rire ou à applaudir.

Rien n'a bougé, les fourmis semblaient attendre que je m'en aille et je ne savais que faire, si je devais le dire ou non, à qui ?

En dégageant le vêtement je tombai sur une chaîne en or et une médaille genre médaille de baptême. Impossible de résister à l'envie d'en savoir plus.

Je découvrais un prénom, une date de naissance.

 

Les miens !

 

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8 octobre 2013 2 08 /10 /octobre /2013 06:21

Le père de Cotton Malone est apparemment mort dans l'accident d'un sous-marin, rien d'exceptionnel si ce n'est qu'il subsiste bien des zones d'ombres, quel genre de submersible, quelle était sa mission, tout a-t-il été tenté pour le retrouver, ainsi que son équipage ? Depuis ''l'accident'' Cotton a voulu en savoir davantage, c'est pourquoi il est entré dans la Navy jusqu'à incorporer une unité chargée de missions secrètes et dangereuses à la limite de la légalité, voir largement au-delà !

Autorisé à se retirer du service par le président lui-même il a depuis ouvert une libraire à Copenhague, tout en poursuivant son enquête personnelle, par des relations il a demandé le dossier ''officiel'' mais secret défense concernant la mort de son père. Il vient justement d'en recevoir une copie quand des personnes lui demandent de bien vouloir la leur remettre.

Cotton est en désaccord avec cette requête et va le démontrer à ses agresseurs...

Ce qu'il pensait être une fin n'est que le commencement d'une nouvelle aventure (bien que je n'ai pas lu les précédentes) qui va l'emmener aussi loin géographiquement qu'historiquement, sur la trace d'une civilisation disparue dont les représentants auraient transmis aux humains leur savoir depuis des millénaires jusqu'à leur disparition. L'idée de ''maîtres'' n'est pas nouvelle et l'Histoire est assez obscure, parfois, pour y glisser quelques mythes, légendes et autres élucubrations. Ici le cocktail est imposant qui va de Charlemagne jusqu'aux nazis en quête d'un peuple originel en lequel ces derniers croyaient jusqu'à commanditer des expéditions dans le monde entier, et dans la réalité, pour en découvrir des traces. Qu'ils n'y soient jamais parvenus n'empêche pas de récupérer le thème, d'y adjoindre la soif de savoir qui hante certains esprits jusqu'à leur ôter toute lucidité, en rajoutant le goût du pouvoir vous obtenez un roman intéressant mais trop long et peu crédible scientifiquement. Ce n'est pas là l'important pour qui s'amuse à ce genre de lecture.

Qui n'a pas envie de lever le voile sur les mystères du monde, de jeter un œil sur des rouages inconnus, d'accéder à des explications refusées à d'autres ? À la quête du père s'associe celle des origines d'autant plus dangereuse que l'on croit savoir ce que l'on va trouver. Berry s'appuie sur des réalités historiques, l'Anhenerbe par exemple qui à l'instigation d'Himmler chercha à ''justifier'' la thèse d'un peuple-source dont les héritiers seraient seuls légitimes pour survivre et autorisés à éliminer les autres par n'importe quel moyen ; le manuscrit de Voynich qui reste encore à traduire. Le mystère donne du goût à un quotidien médiocre, nous en savons tous, ou presque, quelque chose. L'envie de savoir est un trou noir relâchant difficilement l'esprit qui s'en approche. Autant se contenter d'imaginaire...

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 07:30

''Ma vie est l'histoire d'un inconscient qui a accompli sa propre réalisation.''

Jung a quatre-vingt-trois ans lors qu’au printemps 1957 il entame la rédaction de ses mémoires, de raconter le mythe de ma vie. Il s'y raconte, de son enfance de fils de pasteur jusqu'à sa rencontre, puis sa rupture, avec Freud, de ses voyages et combats, de sa vision du développement du psychisme dont il devine les racines dépassant largement l'expérience de l'individu.

J'ai découvert ce livre alors que je m'interrogeais sur ma propre vie, et cherchait quelques réponses (à des questions pourtant bien floues) dans diverses lectures. Quid de l'inconscient, de ces pensées qui viennent sans cesse, la réflexion n'est-elle pas un acte naturel et une nécessité vitale en opposition à la religion qui tend à l'annihiler et à la détourner dans le cul-de-sac de rites et autres traditions hypnotiques.

Le jeune Jung se sent dissemblable des autres sans pour autant savoir qui il est vraiment, ainsi va-t-il partir à sa rencontre et faire des découvertes inattendues, se devine une dualité qu'il définit difficilement, ce qu'il est affronte ce qu'il doit être en un duel sans vainqueur possible. L'être intérieur tel un arbre se fraie un chemin à travers l'apparence sociale, culturelle ou familiale, il veut se faire entendre et Jung tend une oreille fascinée autant qu'inquiète à cette petite voix, à ce murmure qui n'attend que cela. Cette petite lumière qui ressemble à une conscience et qui veut se faire entendre, ce qui n'implique pas qu'elle se fasse comprendre, pour ce faire un grand travail est nécessaire, un long chemin, une enquête dont le résultat peut être différent de celui espéré, quand il n'est pas désagréable et dérangeant. Sans oublier qu'en chemin le risque est grand de perdre ses illusions, ces mythes qui nous entourent, et ne trouver à leur place qu'une immense et inquiétante immensité que peu sont aptes à explorer pour en découvrir quelques secrets.

Carl évoque sa relation avec Sigmund et l'obsession de celui de voir la sexualité partout et cause de tout, sans deviner l'influence de son propre refoulement sur cette interprétation. ''Mon cher Jung,promettez-moi de ne jamais abandonner la théorie sexuelle, c'est le plus essentiel ! Nous devons en faire un dogme, un bastion inébranlable. Hors de question pour Jung de se fixer d'aussi basses limites. Freud avait remplacé la déité par la sexualité et l'adorait de la même façon en ses lieux et places, et se plaçait en position de messie.

Imaginez une maison, ainsi Jung représente la psyché et l'explore armé de la faible lumière de sa conscience, les étages montrent le visible, au rez-de-chaussée commence l'inconscient mais descendre est encore possible, tout devient étrange et obscur jusque à découvrir dans une grotte cet homme primitif que nous fûmes, quand notre âme primitive confinait à la vie de l'âme animale. Le style change de l'entresol au style moyenâgeux, la cave romaine puis la caverne préhistorique. Elles représentaient des époques révolues et des niveaux de conscience dépassés.

Jung évoque son parcours professionnel, les rencontres avec ses patients, les névrosés pris dans la boue du quotidien et se complaisant à remâcher leur refoulement.

La religion y a une grande part, la présence de ''Dieu'', Yahvé créateur et gnostique, mais la nécessité de garder le contact avec le sol, avec notre côté chthonien, seule base solide à laquelle s'accrocher. Il y évoque son besoin de comprendre et le risque de céder à l'illusion, le travail nécessaire et incessant, ses recherches sur les mythes, l'alchimie, sa découverte de l'inconscient collectif, ce tronc commun par lequel nous sommes tous passés, qui nous fonde quand notre conscience n'est qu'une ''invention'' récente s'essayant à marcher, à regarder, à éclairer son chemin, celui à venir et celui déjà parcouru, les archétypes qui nous attendent pour nous guider, nous montrer, nous perdre si c'est ce que nous désirons, vraiment.

(La tour de Bollingen)

Je pourrais faire long sur cet ouvrage et le redécouvrir si longtemps après l'avoir lu me donne envie de le reprendre tant il est vrai que ce que l'on compris jadis peut se révéler faux à la lumière de ce que nous avons appris, et vécus, depuis. J'ai trouvé quelques similitudes, rassurantes, avec ma propre expérience. Dans ce billet je n'ai évoqué que quelques passages de ce livre mais si vous êtes curieux de vous même, désireux de trouver quelques réponses et d'entreprendre un voyage qui pourrait n'avoir de fin que la nôtre.

Jung comme un nocher vers une autre rive. Tentez l'expérience, vous ne le regretterez (peut-être) pas.

Pour en savoir plus lisez l'article de Coccinelle.

http://a-fleur-de-mots.over-blog.com/

http://a-fleur-de-mots.over-blog.com/

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 22:35

Le docteur m'a posé des questions, beaucoup. Il voulait savoir ce que j'avais vécu, enfant, si ''on'' m'avait fait quelque chose, si mon imagination n'était pas un refuge pour sceller une expérience, un ''traumatisme'', vécu et si profondément enfoui que je l'aurai oublié.

J'ai dit non, que je ne me souvenais de rien. Il a hoché la tête, pensant qu'une trop jeune mémoire ne retient rien, heureusement.

Pourtant j'ai ''forcément'' vu, ''évidemment'' entendu, ''sûrement'' vécu. J'étais le témoin privilégié de mon grand-père. Faute de parents disponibles c'est lui qui s'occupa de moi jusqu'à, vous le savez probablement, son incarcération pour des crimes plus atroces les uns que les autres. Apparemment il se prenait pour un loup-garou et ses victimes portaient de profondes lacérations et morsures qui semblaient faites par des griffes ou des crocs. Jamais il n'expliqua comment il s'y prenait, se contentant d'avouer. Nier aurait été difficile étant donné les circonstances qui présidèrent à son arrestation, j'ai failli dire : à sa capture.

Il mourut dans la chambre lui servant de cellule dans l'établissement psychiatrique spécialisé faisant office de prison sans que j'ai eu l'opportunité de le revoir.

De ces dix passé je conserve peu de souvenirs, du traitement de mes ''camarades'' quand ils apprenaient mes origines, non plus. À quoi bon, tout cela semble bien loin.

J'ai finalement hérité de la maison familiale où personne n'ose plus se rendre et que personne n'acheta malgré un prix ridiculement bas.

Tant mieux.

Les meilleures années de ma vie se passèrent dans ces murs, ces pièces et ces couloirs que des policiers et autres experts explorèrent dans tous les sens, sans rien trouver.

Dans le grenier tout avait été déplacé, bousculé, éventré... en vain. Ils ne pouvaient rien découvrir puisqu'il n'y a rien à trouver, dans la maison. Il faut sortir, longer la corniche puis déplacer une partie du mur pour trouver le passage, étroit, descendant jusqu'au sous-sol.

J'étais trop jeune pour me souvenir de ma première visite ici mais me restent les histoires que mon grand-père me racontait, certaines qu'il tenait de son propre aïeul. C'est là qu'il me montra la peau de loup posée sur une table de bois gravée de symboles ignorés.

C'est à mon tour de la porter, de faire corps avec elle ; corps âmes et crocs !

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 06:37

Lire est une bonne chose, à l'unique condition que le lecteur se plonge dans la Bible, et ne se perde dans nul autre ouvrage.

C'est ce qu'affirme l'évêque Soper dans une conférence sur la morale dans laquelle il cible Félix Chapel, auteur de romans policiers à succès qu'il accuse de pervertir la jeunesse par ses textes prônant le crime et le péché.

À vrai dire la réunion connaît un succès d'estime, son audience se limitant aux ligues féminines de morale et à une paire d'hommes. Le premier finit par prendre la parole, s'affirmant William Kramps, tueur de bouchers de son état, qui accuse Chapel de l'avoir poussé sur la pente fatale, sitôt son aveu commis il saute sur sa bicyclette et s'échappe ; l'autre est Irwin Molyneux, cousin du révérend que ce dernier moque publiquement pour son retard en même temps qu'il le convie à un discours édifiant, que ledit Molyneux est incapable de tenir. Pour le tenir compte de son incompétence Soper s'invite chez son neveu pour y déguster le canard à l'orange que sa cuisinière réussit toujours à la perfection.

Malheureusement les circonstances vont amener madame Molyneux à s'en prendre à sa domesticité, provoquant le départ de celle-ci en général, et de la fameuse cuisinière en particulier.

Le révérend venant manger madame Molyneux se décide à se mettre au travail pour réaliser le fameux canard alors que son mari la prétendra parti en visite à la campagne chez des amis. Mais Molyneux est mal à l'aise et ses paroles alertent son parent qui les trouvent bizarre, bizarre, j'ai bien écrit bizarre !

D'autant que derrière l'apparence bonhomme un peu bébête se cache Félix Chapel, l'auteur que Soper dénonça de verte façon.

La situation va se compliquer quand de la fenêtre de sa chambre, alors qu'il consulte une revue égrillarde, le pasteur voit son neveu quitter la maison, dès lors il n'a plus de doute, celui-ci est un meurtrier qui a empoisonné son épouse, les nombreuses bouteilles de lait en sont la preuve.

Scotland Yard est prévenu sur-le-champ.

Les Molyneux se sont cachés dans le quartier chinois dans une pension de famille dont une des chambres est occupé par le sieur Kramps dont nous avons fait connaissance plus haut. Le hasard va lui permettre de se rapprocher de Margaret Molyneux de laquelle il tombe amoureux alors que son époux est parti chercher de l'argent. Tout va devenir de plus en plus compliqué, la police et la presse recherche les Molyneux, Kramps va tomber par hasard sur Chapel qu'il ne reconnaît pas avec lequel il va sympathiser, le prenant pour un assassin comme lui, la brochure du révérend, que ce dernier a égaré, va être retrouvée, lui aussi incriminé, bref la colère gronde à Londres, le peuple a peur et veut qu'un coupable soit capturé, et s'il est pendu ce sera encore mieux.

Un chef d’œuvre de Marcel Carné magistralement mis en scène sur un scénario et des dialogues de Jacques Prévert, d'après un roman de Storer Clouson, et interprété par des comédiens épatants, Michel Simon, Louis Jouvet, Jean-Louis Barrault, Françoise Rosay en tête. Un exemple d'intelligence et de subtilité.

À voir et à revoir jusqu'à connaître par cœur les répliques les plus percutantes.

 

Vous avez dit...

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5 octobre 2013 6 05 /10 /octobre /2013 06:22

Jimmy Picard est indien, Blackfoot ; démobilisé à la fin de la seconde guerre mondiale il vit dans le ranch de sa sœur où il lutte contre un mal étrange attribué à une blessure survenue pendant le conflit.

Envoyé à Topeka, hôpital pour vétérans, il subit une série d'examens qui ne découvrent rien expliquant physiquement les maux dont il souffre : vertiges, céphalées, cécité et surdité temporaire... Reste l'explication psychiatrique. La direction de l’hôpital décide de faire appel à Georges Devereux, ethnologue et psychanalyste français et spécialiste des cultures indiennes.

Les deux hommes sont on ne peut plus différents, Picard est grand et large, Deveraux, petit et malingre, tous les deux pourtant se ressemblent par le poids d'un passé, d'une culture, dont ils ne peuvent se débarrasser. Pour le premier c'est sa culture indienne, pour le second, ses origines d'Europe Centrale, tous les deux portent un nom qui ne leur fut pas donné à leur naissance, ''Tout-le-monde-parle-de-lui'' pour Jimmy, Győrgy Dobó, pour Georges, l'un est Indien avant d'être Américain, l'autre, Roumain avant d'être Français. Chacun est étranger au milieu dans lequel il se trouve.

Des physiques, des caractères dissemblables mais chacun est curieux de l'autre, chacun est dans une situation floue quand à son avenir, quand à sa nature même et ses interrogations face au futur.

Difficile de filmer une psychanalyse, Desplechin met des images sur les mots, montre les rêves (forcément), les regrets et culpabilités de Picard qui est celui qui laisse mourir une femme, celui qui fait les mauvais choix et craint ce qu'il espère autant qu'il repousse ce qu'il désire.

Chacun apprend de l'autre, met des mots sur des maux dans cette confrontation de cultures où chacun pourtant veut avancer et apprendre.

La plaine est immense, elle semble exempte d'ombre à l'inverse d'une forêt, et pourtant il s'y cache bien des secrets, des erreurs qui collent à l'esprit comme des sangsues au point qu'avec le temps vient l'habitude de vivre avec et la crainte de s'en débarrasser.

Une histoire vraie sur une rencontre qui eut lieu après la guerre et dont Devereux fit son premier livre en 1951, posant ainsi la première pierre de l'ethnopsychanalyse. Confrontation d'acteurs complémentaires dans leurs différences pour un film dans lequel il faut entrer et faire siens, les craintes et questionnements des personnages. Il y a toujours quelque chose à en retirer, un peu de soi dans l'autre, et l'inverse. Long, bien sûr, mais une analyse qui ne dure pas trop ne dure pas assez !

Une plongée à travers l'âme blessée de Picard dans la culture des Blackfoot qui donne envie d'ouvrir le livre de Devereux. Ça tombe bien, je ne suis pas indien et je ne viens pas des plaines. Seulement des vides !

Jimmy P

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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 06:35

Jeanne Korowa a 35 ans, est juge et rousse, elle n'en est pas moins femme, et sa vie privée empiète sur son activité professionnelle. L'homme qu'elle aime, Thomas, ne semble pas des plus fidèles et encore moins désireux de s'impliquer avec elle pour ''construire'' un avenir digne de ce nom...

Profitant d'une enquête mettant en cause une grande entreprise, mélangeant vente d'armes, tentative d'assassinat d'un leader politique et intérêts pétroliers elle va diligenter des écoutes à la fois téléphoniques et domiciliaires et rajouter les coordonnés du psychanalyste de Thomas, histoire de savoir ce qu'il dit, et, surtout s'il parle d'elle et en quels termes.

La curiosité est un vilain défaut.

Parallèlement Taine, un collègue qui tente de la draguer, va la convier sur les lieux d'un crime atroce, Jeanne est concernée depuis l'assassinat de sa sœur dans des conditions similaires. Le cadavre a été mutilé, ses restes éparpillés, et en partie consommés, il a été éventré et ses membres substitués les uns aux autres en même temps que des caractères étranges étaient écrits sur les murs.

Le hasard et la volonté de l'auteur aidant alors qu'elle écoute les enregistrements du psy Jeanne surprend des conversations étranges, un homme est là qui parle de son fils, de son goût pour la violence et d'une cruauté que rien ne semble pouvoir endiguer, ce qui est étonnant puisque son comportement paraît autistique et ce sont là des comportements contradictoires. Néanmoins la piste semble solide, d'autant qu'un crime à venir est annoncé, et qu'il se produit comme prévu. Mais elle ne peut faire part de ses écoutes, celles-ci étant illégales et inutiles, elle doit mener l'enquête elle-même, Taine va être assassiné et le psy est tellement attirant...

Grangé est parti sur les traces de Freud et d'un de ses livres les plus controversé : Totem et tabou, tribu primordial et crime du père sous tendent l'enquête de Korowa, quel est le secret de ce tueur qui semble venir d'un lointain passé, quelle est la source de sa sauvagerie et comment fait-il pour passer inaperçu dans la ville ? Le roman répondra à toutes ces questions et malgré une fin sans surprise et un peu bâclée ai-je trouvé. Il est riche d'inventions et d'imaginaires, combinant mythes, psychologie et name-dropping sous la tutelle de Sigmund qui aurait peut-être aimé ce livre bien que je pense qu'il l'eut trouvé prévisible dans son déroulement et sa conclusion. Le réel impose ses règles et trouver des motivations au ''mal'' est de plus en plus difficile.

En a-t-il besoin ?

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