Orwell écrivit 1984 en 1948, inversant pour son titre les deux derniers chiffres, nous présentons un monde où le ''pouvoir'' vise à asservir le peuple, il anticipait sur l'époque mais voyait clairement, inconsciemment probablement, ce qu'est la véritable nature humaine, car s'il est de bon ton de considérer que ce sont les ''sociétés'' qui asservissent, j'aime à rappeler que celles-ci ne sont à l'image de ceux qui les veulent. Vivre en cage permet de se plaindre et d'espérer, vivre en dehors permet de craindre et de trembler, sauf pour qui s'y sent chez lui, autant dire fort peu de gens. Ceux-là peuvent passer au travers de barreaux bien larges.
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À l'époque l'envie de liberté était compréhensible, le nazisme venait de s'effondrer et le communisme proliférait porteur de promesses plus fallacieuses encore. Mais elle, la liberté, n'est qu'une idole, aussi illusoire que les autres et bien vite les peuples aspirent à retrouver le chemin du pré, s'il est verdoyant tant mieux, du moment que les palissades sont hautes et les portails fatigants à ouvrir.

Mais je m'éloigne de la version théâtrale du roman.
Quatre personnes sont assises sur la scène, costumes identiques et masques à gaz sur la tête, l'arrière scène est occupé par deux écrans déplaçables sur lesquels sont projetés des images, de guerre d'abord, de vidéosurveillance ensuite, mettant en scène des personnages que nous allons retrouver. La force de l'image qui répète des messages positifs sur un conflit lointain mais omniprésent et dont on se doute qu'il ne peut s'achever sous peine de voir naître des envies de changements.
Winston Smith récrit l'histoire en devant utiliser de moins en moins de mots, n'y en a-t-il pas trop ? La Novlangue est là pour en limiter le nombre au minimum, ajouter un préfixe doit suffire pour dire une chose ou son contraire. Le pouvoir en place sait que la pensée se nourrit du vocabulaire, celui-ci amaigri jusqu'à l'os étouffera celle-là qui ne sera plus capable de se développer.
Le monde idéal !
Mais Smith est sensible, il se souvient d'avant, rêve d'après, il voudrait... sans savoir au juste quoi. Que les choses changent ? Il va rencontrer une femme ayant les mêmes ambitions, j'allais dire : illusions, que lui. Ils vont s'aimer et vouloir rejoindre ensemble un mouvement de rébellion mystérieux mais qui semble actif.
Semble !
Les acteurs donnent vraiment le maximum, en particulier Sébastien Jeannerot dans le rôle de Winston, le spectacle gagnerait à être moins long. Pour le reste il donne à réfléchir et vous êtes libre d'avoir une autre vision que la mienne.
Libre, pour le moment !
Eben Adams est peintre, il a peu d'argent et beaucoup de questions sur lui, son avenir et la peinture pour laquelle il pense être fait sans que celle-ci ait daigné répondre à ses avances.

Peut-être pour manquer de la motivation suffisante pour exprimer ce qu'il imagine receler.
Le jour recule alors qu'il se promène, sans but, dans un Central Park bien sombre, là il rencontre une enfant qui chantonne ''Là d'où je viens, personne ne sait. Et là où je vais, toute chose va''. Ses vêtements détonnent avec la mode du moment et s'appelle Jennie.
Qui est-elle, il n'en saura pas plus mais alors qu'il revient au même endroit, toujours désert, il retrouve Jennie qui semble avoir vieillie plus qu'elle aurait due. Dans ces rencontre il va trouver l'inspiration qui lui manquait et réaliser le ''Portrait de Jennie'', l’œuvre qui le lancera.
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Qui est réellement la jeune femme qu'il est le seul à voir, à entendre, la muse qui lui manquait et qu'il cherchait depuis toujours, celle que tout artiste rêve de rencontrer pour parvenir à extraire, à arracher devrais-je dire, de lui, les sentiments qu'il contient et ne pouvait libérer sans être emporté, un phare auquel se fier, le seul qui vaille, l'unique qui puisse lui donner la force d'être ce qu'il est vraiment.
Le spectateur ne peut ignorer la nature de Jennie, elle est plus qu'une illusion, mieux qu'un rêve, davantage qu'un sentiment qui aurait affronté le temps et pourtant elle est tout cela à la fois, magnifiquement incarné par Jennifer Jones qui parvient à lui donner à la fois réalité et presque transparence. Eben le sait aussi mais ce n'est pas une raison pour ne pas défier l'évidence et tenter de la faire venir dans son monde, dans son temps, en une ultime scène extraordinaire où les éléments vont tout faire pour les séparer.
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Rarement un film aura réussi à me toucher autant que celui-ci, par la grâce de Jennifer Jones et l'évidence qu'une telle rencontre peut être imaginée, rêvée, mais ne sera réalisée qu'au cinéma.
Encore que... Mais c'est une autre histoire.
Tout est parfait ici, de la réalisation de William Dieterle, trop peu (re)connu à mon goût, à la musique de Bernard Herrmann et Dimitri Tiomkin, en passant par la photographie, la lumière, les effets visuels et tout le reste.
La caméra traverse les nuages dans la première séquence, suivons-là pour un moment magique comme j'en ai peu évoqué ici.
Un moment de faiblesse dû aux circonstances ?
Chaque matin Ila prépare le repas de Rajeev, son mari. Elle le place dans une lunch box et envoie celle-ci par porteur jusque dans l'entreprise de son époux. Le système est impeccable et l'erreur impossible.
En principe.
Justement le grain de sable va se glisser dans un rouage infime et le repas destiné à l'un va arriver à l'autre, en l’occurrence Saajan Fernandes, comptable veuf qui va prendre sa retraite dans un mois.
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Ila fait de son mieux et pense que l'estomac est le chemin qui conduit au cœur d'un homme. Ce qui est souvent vrai, mais puisque son mari ne reçoit pas ses préparations et qu'il ne manifeste plus aucun intérêt pour elle cela ne la dérangera pas quand elle comprendra qu'un autre profite de ses recettes. Mieux, elle va lui écrire en glissant une lettre dans un des étages de la box.
Fernandes est étonné que son repas soit si bon et va complimenter le restaurant qui s'en occupe d'ordinaire, il va être surpris en comprenant son erreur quand il lira la missive qui fait office d'apéro. Pourquoi ne pas entrer dans le jeu et répondre, puisque la boîte repart l'après-midi afin de recommencer le même voyage chaque jour.
Petit à petit chacun va raconter ses secrets à l'autre aidé par l'anonymat, évoluer dans la vision de sa propre vie. Quoi de mieux que la raconter pour en prendre conscience. Pour Ila c'est l'évidence que son mari est infidèle, qu'elle est malheureuse, prise par le ménage, la cuisine et sa voisine du dessus qui s'occupe depuis 15 ans de son mari comateux, et voudrait être ailleurs, loin. Le Bouthan semble parfait, sa fille le lui a dit ; pour Fernandes c'est l'amitié qu'il tisse peu à peu avec celui qu'il doit remplacer, lui le vieux misanthrope, prisonnier de son travail, de son trajet, d'habitudes qui forme le couloir dans lequel il évolue depuis la disparition de son épouse.
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Un point de départ simple, une relation ''improbable'' entre deux êtres trop différents, en apparence, et la démonstration que l'Inde évolue, que les traditions ne sont plus, toujours, une prison, prise entre le passé et ses poncifs et l'avenir qui s'offre, qui s'ouvre, auquel il suffit de croire pour qu'il devienne accessible.
Beaucoup de saveurs et de finesse dans ce film. J'attends qu'un livreur sonne à ma porte vers midi...
Mathilde Seigner est l'interprète idéale de Nina, une femme amoureuse et qui imagine que Gérard, son amant l'est aussi. Or il vient juste de décider de rompre avec celle-ci dont il sent qu'elle va devenir envahissante, pour ne pas dire collante, surtout pour un homme dont le passe-temps est la séduction, n'a-t-il pas quatre ''copines'' en cet instant ?
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Malheureusement, sinon il n'y aurait pas de pièce, un grain de sable s'est insinué entre la décision de Gérard et l'arrivée de Nina : la survenue du mari de cette dernière avec une arme et l'intention de s'en servir pour laver son honneur.
Surprise, l'amant ne lutte pas, ne supplie pas, au contraire, il trouve cela normal et attend tranquillement le projecteur salvateur. Qui ne viendra pas, bien sûr, nous sommes dans une comédie et pas un drame.
Il y aura bien un coup de feu mais il sera malencontreux et le mari et l'amant vont finir par se comprendre, par s'entendre. C'est le moment que choisi Nina pour sonner à la porte. Vite, le mari se cache, d'ordinaire c'est l'amant, et écoute la conversation qui se déroule dans la garçonnière de Gérard, il surprend en particulier l'opinion que sa femme a de lui et qui n'est pas la plus valorisante qui soit, mais il travaille, il assure le train de vie de son épouse, alors, forcément, quelle énergie lui resterait-il pour satisfaire Nina ?
Mmm ?
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Ainsi commence la pièce d'André Roussin, dont je n'avais vu les œuvres qu'à la télévision. Quand me fut proposé d'aller la voir au Théâtre Édouard VII je ne vis aucune raison de refuser, et, malgré une place au balcon du second, je ne l'ai pas regretté. Les acteurs font leur maximum, la mise en scène de Bernard Murat respecte les contraintes du genre dans un décor unique qui voit s'affronter les personnages en des va-et-vient incessants. Contrairement au pièces de ''Boulevard'' cette fois le rôle principal échoie à Mathilde Seigner, c'est elle la dominante alors que les hommes sont lâches et faibles, tout à fait comme dans la ''vraie'' vie.
Un bon moment que je vous conseille si vous en avez l'occasion avec une distribution équilibrée autour de MS : François Berléand, François Vincentelli, Michaël Rozen et Valentin de Carbonnières.
La plus grande surprise du matin de Noël c’est de lire : Piles non fournies sur l’emballage.
Les parents du père Noël auraient aussi souhaité que leur fils existe vraiment (Jean-Michel Serveaux)
L'adulte ne croit pas au père Noël. Il vote (Pierre Desproges)
Une femme qui vote une loi en faveur du divorce est semblable à une dinde qui voterait pour Noël.
(Alice Glynn)
Tu fais quoi pour Noël ? Je prends deux kilos (Anna Gavalda)
Et si un jour le Père Noël ne croyait plus aux enfants. (Pierre Doris)
Noël est une conspiration pour bien faire sentir aux célibataires qu'ils sont seuls. (Armistead Maupin)
Quand on a bonne conscience, c'est Noël en permanence. (Benjamin Franklin)
Quand on laisse mourir le feu de Noël, il n'y a plus qu'un moyen de le rallumer. C'est d'aller chercher le feu des étoiles. (Pierre Jakez Hélias)
Michelangela Merisi nait à Milan le 29 septembre 1571 dans une famille de la classe moyenne, entre 1575 et 1577 la peste va frapper sa ville natale et emporter son père et le frère de ce dernier. À 13 ans il intégrera l'atelier de Simone Peterzano. Quelques années lui seront nécessaires pour trouver son style et affirmer ses préférences, le portrait et la nature morte, la vie et la sensualité sans lesquelles l'art ne serait qu'une chose glacée pour amateur froid.

Ses premières toiles alors qu'il est à Rome vont trancher avec l'inspiration biblique habituelle. Pronant la simplicité il va alléger sa peinture et créer ce qui deviendra le ''clair-obscur'' en jouant sur les pigments et les glacis.
Mais l'absence du père va, selon l'auteur, jouer sur son caractère, se considérant non aimable d'être non aimé il va suivre un chemin passionné et auto-destructeur. Lui, contrairement au Titien ne se soucie pas de gloire d'honneur et d'argent, et quand il cherchera un nouveau nom c'est tout naturellement qu'il pensera à la région de son enfance, et au village de Caravaggio.
Sa vie fut à l'image de son œuvre, directement vécue, la première sans retenue, la seconde sans dessin, affrontement le réel dans les deux cas avec rage et une virtuosité hors du commun.
Cesare Capitani est italien, il donne vie à MM avec un réalisme saisissant, aidé en cela par la lumière qui rend hommage au talent du peintre et souligne celui de l'acteur et par la présence de Manon Leroy, (le soir où j'ai assisté à la représentation, enalternance avec Laetitia Favart) qui chante du Monteverdi mais joue aussi d'autres personnages de la vie de l'artiste, y compris les hommes qui comptèrent dans la vie de celui-ci.
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La pièce est adapté du roman de Dominique Fernandez La Course à l'abime. Il semble qu'aujourd'hui la vie de Caravage soit mieux connu et débarrasser de quelques légendes qui ne lui apportaient rien. Reste un moment magique, un voyage dans le temps et la certitude que le peintre ne risque pas d'être détrôné dans mon panthéon personnel.
Henry Jekyll est médecin et obsédé par le bien et le mal, adversaires dont l'âme humaine est le champ de bataille, il ne rêve que de pouvoir les séparer définitivement et poursuit des recherches dans ce sens en présentant des théories novatrices qui, comme souvent, sont peu prisées de ses confrères. Il est fiancé à Beatrix Emery mais le père de celle-ci se méfiant de lui essaie de les séparer. Pendant cet entracte Henry fait la connaissance de Ivy Peterson en la sauvant d'une agression, serveuse celle-ci, reconnaissante, lui fait des avances qui ne le laissent pas indifférent...
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Retrouvant sa quête dans sa cave Jekyll a mit au point un sérum qu'il pense efficace mais qu'il doit tester pour en connaître les effets. N'ayant personne à sa disposition il ne lui reste qu'à prendre le risque de l'absorber. On est jamais mieux servi que par soi-même !
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Il ne faudra pas longtemps pour qu'il sombre dans l'inconscience et ne se relève transformé, le bon côté du DrJekyll a laissé place au mauvais. Mr Hyde est né ! Le sérum est efficace, le bien et le mal se sont séparés mais ce dernier l'a emporté et ignorant des contraintes morales de Henry il peut aller retrouver Ivy, en faire sa maîtresse et la terroriser jusqu'à ce que cette dernière, ignorante de la nature de son amant ne se décide à aller voir Jekyll. En effet celui-ci reprend l'avantage quand les effets du breuvage disparaissent.

Conscient des risques qu'il a pris Le médecin décide de mettre un terme à ses expérimentations mais il est déjà trop tard, désormais il ne maîtrise plus ses transformations et, à l'inverse, c'est pour redevenir ''normal'' qu'il a besoin de son philtre. Ivy va découvrir son secret et le payer de sa vie.
Revenir en arrière est impossible, après avoir agressé Beatrix Jekyde se réfugie dans son laboratoire où il explique ce qui s'est passé à son partenaire, Lanyon. Sous les traits de Hyde il fait face à la police et ne retrouvera son vrai visage qu'un fois apaisé, définitivement.
Sujet éternel que l'affrontement du bien et du mal, Jekyll n'avait pas compris qu'il est vain de vouloir les séparer : ils ne s'affrontent pas, ils se complètent !
Le roman de Stevenson a souvent été adapté depuis la naissance du cinéma mais cette version me semble la meilleure, bénéficiant de la réalisation de Victor Fleming et de l'interprétation de Spencer Tracy, Ingrid Bergman et Lana Turner en attendant qu'un rit-mec de plus apparaisse sur nos écrans.
Dr Vs Mr
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |