Pythagore affirmait ''Tout est nombre'', de fait, comme l'a dit Galilée, l'univers est mathématique et ne pas connaître la seconde c'est ne pas comprendre le premier.
Justement, S&A 800 nous présente l'état des connaissances sur les nombres premiers, à commencer par le plus grand répertorié, qu'il m'est impossible de reproduire ici, il est composé de 17 425 170 chiffres soit plusieurs milliers de pages. Je vous rappelle, inutilement j'en suis sûr, qu'un nombre premier n'est divisible que par 1 et lui-même. L'objectif désormais est un nombre de cent millions de chiffres, il sera atteint, bientôt, le temps nécessaire pour un tel calcul se comptant en années.
La quête commença il y a vingt-trois siècles avec Euclide, père de la géométrie avec son ouvrage ''Les éléments'', le premier dans lequel il est question des nombres premiers. Il fut suivi, de peu, par Ératosthène qui inventa la méthode dite ''du crible d'Ératosthène'' pour isoler les dits nombres.
Leonhard Euler travailla sur leur abondance puis Bernhard Riemann généralisa le résultat du mathématicien suisse en créant la fonction Zêta, fonction composée des valeurs pour lesquelles la fonction devient égale à zéro.
Plus récemment Terence Tao, mathématicien australien de 38 ans démontra que tout entier supérieur à 1 est la somme de cinq nombres premiers au plus.
La quête continue et ne semble pas prête d'aboutir avec son cortège de questions sur le rôle des nombres premiers et leur signification sur la structure même de l'espace, du temps, ou celle du cerveau humain ? Un mystère attirant l'intelligence mais aspirant l'imaginaire quand celui-ci l'emporte sur la première. Les ''premiers'' semblent jouer en mathématique le rôle des 12 particules élémentaires de matière pour le monde physique.
Un article fascinant offrant à la réflexion un espace infini.
J'ignorais, avant l'ouverture de ce numéro, l'existence du professeur Pierre-Henri Gouyon, or celui-ci se révèle un esprit curieux, inventif et novateur, dans le domaine de l'évolution d'abord où il démontra qu'il existait dans la nature des ''conflits de gènes'' et que les changements climatiques planétaires provoquaient régionalement des modifications génétiques chez le thym ou que la reproduction sexuée reste compétitive par le brassage génétique qu'elle induit. C'est une des utilités de cette revue que de présenter des personnalités hors du commun et moins présentes dans les médias que d'autres qui sont le contraire.
Un sujet en lien avec S&V1153 : Se soigner par les ondes cérébrales par le principe du neurofeedback, un traitement consistant à montrer au patient la puissance de certaines de ses ondes cérébrales en temps réel. Efficace pour maîtriser l'hyperactivité cérébrale et ses effets secondaires nocifs.
Ce ne sont là que quelques articles d'un magazine que vous pouvez lire dans votre médiathèque, je n'ai pas évoqué ceux évoquant les énergies marines, les tunnels pour esclaves ni les moulages d'Angkor, l'utilité de la taille des cornes, la lecture de ce qui se passe dans le cerveau, l'impression d'un appareil photo avec une imprimante 3D, les aérogels, les phablettes ou l'importance des requins. Autant de sujets à découvrir histoire de faire fonctionner son cerveau, en attendant qu'il soit remplacé par quelques biopuces.
Ce qui ne saurait tarder !
Je suis souillure en me devinant dans ses yeux,
Le dégoût les emplit sitôt posés sur moi.
Être ailleurs me convient mais où trouver les cieux
Qui oseraient m'accueillir en en ayant le choix ?
Ils sont plus qu'un miroir féroce et implacable,
Par eux je vois, je sais, je comprends qui je suis,
Et combien ma pestilence est insupportable,
Pour des sens aiguisés sachant trancher la nuit.
Rêver m'aura permit d'avoir une autre vie,
Un instant d'oublier ma réelle nature,
Désormais c'est trop tard, tricher n'est plus permis,
Mon nom disparaîtra sous un peu de sciure.
Le docteur m'a posé des questions, beaucoup. Il voulait savoir ce que j'avais vécu, enfant, si ''on'' m'avait fait quelque chose, si mon imagination était le refuge scellant une expérience traumatisante, vécue mais profondément enfouie.
J'ai dit que je ne me souvenais de rien. Il a hoché la tête, pensant qu'une trop jeune mémoire ne retient rien, heureusement.
Pourtant j'ai ''forcément'' vu, ''évidemment'' entendu, ''sûrement'' connu. J'étais le témoin privilégié de mon grand-père.
Faute de parents disponibles c'est lui qui s'occupa de moi jusqu'à, vous le savez probablement, son incarcération pour des crimes plus atroces les uns que les autres. Apparemment il se prenait pour un loup-garou et ses victimes portaient de profondes lacérations et morsures qui semblaient faites par des griffes ou des crocs. Jamais il n'expliqua comment il s'y prenait, se contentant d'avouer. Nier aurait été difficile étant donné les circonstances qui présidèrent à son arrestation, j'ai failli dire : à sa capture.
Il mourut dans la chambre lui servant de cellule dans l'établissement psychiatrique spécialisé faisant office de prison sans que j'ai eu l'opportunité de le revoir.
De ces dix passé je conserve peu de souvenirs, du traitement de mes ''camarades'' quand ils apprenaient mes origines, non plus. À quoi bon, tout cela est loin.
J'ai finalement hérité de la maison familiale où personne n'ose plus se rendre et que personne n'acheta malgré un prix ridiculement bas.
Tant mieux.
Les meilleures années de ma vie se passèrent dans ces murs, ces pièces et ces couloirs que des policiers et autres experts explorèrent dans tous les sens, sans rien trouver.
Dans le grenier tout avait été déplacé, bousculé, éventré... en vain. Ils ne pouvaient rien découvrir puisqu'il n'y a rien à trouver, dans la maison. Il faut sortir, longer la corniche, déplacer une partie du mur pour libérer le passage, étroit, descendant au sous-sol.
J'étais trop jeune pour me souvenir de mes premières visites, les dernières m'ont accompagné avec les histoires que mon grand-père me racontait, certaines qu'il tenait de son propre aïeul.
C'est là qu'il me montra la peau de loup posée sur une table de bois gravée de symboles inconnus, des autres...
C'est à mon tour de la porter, de faire corps avec elle. Corps, âme et crocs !
Hotaru Okamoto et Yûko Tone se sont associés en 1988 pour écrire le manga autobiographique Omohide Poroporo ; en 1991 Isao Takahata le porta sur grand écran pour le studio Ghibli.

1982, Taeko Okajimi à 27 ans, elle est employée de bureau qui met à profit un congé d'une dizaine de jours pour aller voir la famille de son beau frère, époux de Nanako, sa sœur aînée, dans la région rurale de Yamagata, à trois cents kilomètres au nord de Tokyo pour aider à la récolte du benibana. Au long de son trajet elle se remémore divers moments de son enfance en 1966 : le sac à main de sa sœur, ses mauvaises notes en algèbres... bons et mauvais souvenirs se succèdent dans un cadre familiale subissant les modifications de la société japonaise et l'influence occidentale sur fond d'une nature inchangée depuis des si longtemps qu'elle semblait devoir rester toujours ainsi.

Taeko se rappelle la place qui était la sienne, enfant, en s'interrogeant sur celle que la société de son pays lui réserve désormais entre modernisme et traditions. Sa mère n'avait-elle pas organisé une rencontre pour elle ? Ce voyage est l'occasion d'y échapper. Le mariage est le chemin obligé pour une femme de cette époque mais Taeko aspire à autre chose. Elle se souvient des petites choses qui font qu'une enfant devient une adolescente, chrysalyde d'une femme en devenir soucieuse d'étaler ses ailes sans les alourdir de trop de conventions.
La mémoire est aléatoire, il suffit d'une odeur pour que revienne une image, d'un son pour réentendre une voix, des mots, et le moments où ils furent entendus.
Un voyage pour se souvenir et apprendre en superposant sur les rêves passés les réalités du présent, pour oublier les premiers afin de mieux profiter des réalités du second.
L'adolescente et la femme se rapprochent, se comprennent, et n'en font plus qu'une, prête enfin à assumer ses choix. Va-t-elle opter pour le retour à la ville ou préférer la campagne et sa vie en communauté ? Il suffit de regarder le générique de fin pour le savoir, ne comptez pas sur moi pour cafter.
Ai wa hana, kimi wa sono tane - Miyako Harumi
Omohide poroporo
1967 – Koji Wakamatsu
Des infirmières pour tromper leur ennui s'amusent à observer les ébats de deux d'entre elles dans une autre chambre au travers d'un trou pratiqué dans une paroi. Elles vont inviter un homme qui tourne autour de leur résidence à venir assister au spectacle. L'idée ne fut pas la meilleure de leurs vies, seulement la dernière. L'homme pénètre dans la chambre des amantes, sort un pistolet, tire. Lui ne veut pas regarder, ne veut pas subir mais agir et il ne peut le faire qu'au travers de son arme au point qu'elle semble le dominer autant qu'être le vecteur de l'expression de son désir de puissance.
La nuit qui commence va sembler sans fin et être marqué par la violence et la mort, de toutes les infirmières une seule survivra et finira par se rapprocher du criminel comme s'il n'était là que pour elle, n'ayant éliminé les autres que pour l'approcher, que pour effacer l'inutile et se concentrer sur la seule digne, la seule qui viendra vers lui, l'écoutera sans peur, promesses ni les mensonges des autres qui ne furent que la démonstration de leurs faiblesses.
Qui est cet homme ? Seulement l'expression de la quête du sens de sa vie au cœur d'un monde factice et consumériste, il dispose du meilleur moyen d'affirmer sa force : un pistolet, sans lui il ne serait qu'un individu banal et sans importance.
Quand le film commence nous le voyons face à la mer, source toute vie, de la sienne par conséquent et promesse d'un avenir possible, à la fin, avec l'unique survivante nous le reverrons au même endroit, ce qui se sera passé entre les deux n'ayant été qu'une épreuve à surmonter pour atteindre son objectif.
Quelques mois plus tôt Richard Speck se faufila dans une maison habitée par 9 infirmières, il en violera une et en tuera 8, la dernière s'étant cachée sous un lit sans qu'il se souvienne du nombre de ses prisonnières ni même pense à regarder partout. Il ignorait que son acte deviendrait une œuvre d'art au cinéma dans un film transformant cette même tuerie en une réalisation artistique. Il plaida l'inconscience due à l'ingestion d'alcool et de drogue pour soutenir qu'il n'avait gardé aucun souvenir de son acte.
Peut-être a-t-il vu ce film, ainsi la mise en abyme entre l'écran et la réalité aurait été complète, l'acteur face au personnage réel, lui-même devant des images illustrant ce qu'il avait fait. La vérité passant par le cinéma, celui-là même qui en fut l’interprète passant par un acteur pour retrouver ce qu'il fit.
Le vrai et le faux, deux faces d'une pièce tournant telle une toupie jusqu'à ce qu'ils se superposent, se mélangent comme une fenêtre s'ouvrant à travers le temps.
Moins de 57 minutes pour retracer une nuit d'angoisse et de terreur, au moins avez-vous l'assurance de survivre.
Cette fois !
Je me souviens de ce regard, rouge, fixé sur moi des heures, des jours et des nuits. Regard lisant en moi des secrets, des pensées, des désirs que j'ignorais même receler. Impossible de dormir, j'avais trop peur que dans mes songes il découvre des rêves dont j'aurais eu honte.
Des rêves, des pensées... qu'avais-je d'autre pour occuper mon esprit alors que devant la porte fermée j’attendais de sortir, de retrouver un monde finalement peu hospitalier.
Ma vie c'était l'école où j'étais obligé d'aller, les camarades qui ne m'aimaient pas, la maison où je devais rester, attendant je ne savais trop quoi.
J'avais une chambre mais y dormait rarement, ma mère préférait que je sois à la cave, là où je ne pouvais pas la gêner, pas la voir, pas l'entendre, alors qu'elle recevait celui-ci ou celui-là, parfois les deux ensemble.
Lire m'était interdit, écoutez la radio m'était impossible et regardez la télévision ce n'est même pas la peine d'en parler. Je n'avais que ce soubassement obscur et cette chose qui m'observait en ronflant comme un animal venu des enfers et guettant l'opportunité de m'y conduire.
Ma mère me le disait, me le répétait, c'était le destin qui m'étais promis, impossible de lui échapper, je n'étais sur terre que pour y être conduit pour le simple motif que je suis l'incarnation de sa faiblesse.
J'ai fait de ce regard un ami, de ce monstre de fer et de feu un animal de compagnie auquel confier ce que nulle autre oreille n'aurait pu entendre ni accepter. Ce dont j'avais peur se fit amical, l'enfer devint rassurant.
L’œil rouge de mon enfance n'est plus aujourd'hui que la bouche d'une simple chaudière, mais notre complicité persiste.
Je lui ai confié ma mère.
D'abord !
J'ai fouillé mon esprit en quête de regrets,
Cherché dans les recoins la trace d'une honte,
Un acte que j'aurais commis contre mon gré.
Cherchant une morale comme à la fin d'un conte.
Certains événements semblent éducateurs,
Inspirant des leçons à notre intelligence,
La mienne ne ressent jamais la moindre peur,
Seulement du plaisir et de l'indifférence.
Il n'y a dans ces vers pas la moindre leçon,
Rien que la société trouverait acceptable.
Des fruits blets, corrompus, qui donnent le frisson,
Des sentiments tordus nourris par tous les diables
Qu'au long de mon chemin sans faire de façon,
J'ai souvent reçu et accueillis à ma table.
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |