Texte H. VERNES – DESSINS W. VANCE – DARGAUD ÉDITEUR

Bob Morane débarque à l'aéroport de Tokyo, une voiture de l'hôtel Shubashi l'attend et l'y conduit. Serviable il ne peut manquer d'intervenir pour protéger une jeune employée d'un mufle prêt à être violent. Elle se présente : Azadé. Plus tard alors qu'il se fait servir un thé, par Azadé, celle-ci lui murmure de ne pas boire.
Ce qu'il fait, on ne sait jamais. Dans la nuit il se réveille suite à un rêve bizarre, il sent une atmosphère étrange, sort de sa chambre, explore l'hôtel, et ne rencontre personne. Dans l'obscurité des hommes lui tombent dessus et il doit céder sous le nombre. Il se retrouve dans un camion, pieds et poings liés. Les véhicules conduisent tout le monde jusqu'à un temple d'où sortent des hommes en tenue de danseurs kabuki. Leur chef prend la parole, il affirme qu'un agent américain se cache dans la clientèle et lui demande de se dénoncer. Devant le silence il fait injecter à tous du penthotal. Encore une fois Azadé intervient en faveur de Bob qui n'a qu'à dire la vérité, ce n'est pas lui l'agent recherché.
Deuxième échec, reste la torture, classique mais efficace.

En attendant un homme se rapproche de Morane, se présente comme l'agent Triple X et lui demande de retourner à l'hôtel Shubashi, chambre 35, récupérer un microfilm. Peu après Azadé revient pour libérer, discrètement l'homme qui l'aida.
Impossible pour Bob de ne pas aller faire un tour chambre 35. il avance silencieusement mais se sent soudain attaqué par derrière. La bagarre s'engage, jusqu'à ce qu'il allume sa torche et reconnaisse son ami Bill Ballantine avec qui il avait rendez-vous. Celui-ci avait été surpris de découvrir l'établissement fermé et était entré pour en savoir plus.
Ensemble ils vont récupérer le microfilm alors que l'hôtel s'embrase. Jamais à court d'idées nos amis parviennent à s'échapper. Direction, le temple où Morane fut retenu prisonnier.
Tout le monde a disparu, ne reste qu'une inscription à l'endroit où se tenait l'agent Triple X : l’œil du Samouraï.

À l'abri ils font le point, et cherche ce que veut dire l'inscription. Un seul établissement tokyoïte porte ce nom. Un cabaret tenue par Tokyo Lil. Un mot de la maîtresse des lieux les convie en privé où ils sont drogués sans pouvoir se défendre. Ils se retrouve dans un dojo, entouré de ceintures noirs les invitant au combat. Malgré leur vaillance il cède devant le nombre et se retrouve précipités dans une rivière dont la fraicheur les ranime et leur permet de regagner la rive, où les attend Tokyo Lil.

Ils peuvent discuter tranquillement, et la jeune femme peut leur raconter la légende de l’œil du samouraï. Bob et Bill sont encore en mauvaise posture, et une nouvelle fois c'est Azadé qui les tire de ce mauvais pas.
Pas question d'en rester là, une seule destination possible, le Temple de l’œil. La solution s'y trouve forcément.
Hara kirira bien le dernier pourra dire Ballantine.
Quand à Azadé il n'était pas là par hasard, bien sûr.
The Duellists – Ridley Scott – 1977 – 100'

En 1800 à Strasbourg, le lieutenant Gabriel Féraud du 7ème Régiment de Hussards blesse au cours d'un duel le neveu du maire. Suite à cet incident le brigadier-général Treillard ordonne au lieutenant Armand d'Hubert de l'arrêter. D'Hubert retrouve Féraud en compagnie d'une amie, celui-ci considère cet ordre comme une insulte et provoque, c'est une habitude, d'Hubert. Il aura tort puisqu'il perdra.
Féraud est furieux et entend prendre sa revanche, il en aura l'occasion à Augsbourg. Cette fois d'Hubert est blessé. Le temps de se remettre et anticipant la prochaine rencontre avec son ennemi intime il s'entraîne. Cela aurait pu être la ''belle'' mais aucun ne put prendre l'avantage sur l'autre, la fatigue les convainquit de reporter cet affrontement.
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Nommés capitaines ils se retrouvent en 1806, à Lübeck. Duel à cheval cette fois. Histoire d'alterner c'est Féraud qui est blessé. Leur rencontre suivante aura lieu en 1812, lors de la Campagne de Russie. Cette fois ils combattent ensemble des cosaques. La victoire assurée d'Hubert propose à son partenaire que leur prochain duel se fasse au pistolet.
Les années passent, ils se retrouvent brigadier-général. Quand Napoléon revient de l'île d'Elbe d'Hubert refuse de le rejoindre, son adversaire l’accusera de trahison. Mais après les Cent-Jours Napoléon repart en exil, trop loin pour en revenir, d'Hubert en profite pour rejoindre Louis XVIII. Quand il apprend que Féraud a été arrêté et doit être guillotiné il intervient auprès du ministre de la police, en demandant à ce que cela reste discret.
Ils se retrouveront, forcément. Duel aux pistolets, comme prévu. Féraud tire, rate. Au tour de d'Hubert qui...
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Cette première réalisation est l'adaptation de la nouvelle de Joseph Conrad, parue en 1908 ''Le Duel'', elle-même inspiré des combats qui opposèrent durant vingt ans Pierre Dupont de L'Étang (d'Hubert) et François Fournier-Sarlovèze (Féraud) avec une telle régularité que leurs affrontements suivaient un code établi à l'avance.
Pour son premier film Scott signe une réalisation à l'esthétisme parfaitement maîtrisé, il avait bien regardé Barry Lyndon.
Snowman – Tomas Alfredson – 2017 – 119'

L'enfance se paye toujours ! Ce petit garçon aurait probablement connu une vie différente si la sienne l'avait été également, si son père s'était occupé de lui et n'avait pas été un salaud sadique qui battait sa mère quand il ne récitait pas parfaitement sa leçon, pensant probablement qu'ainsi le garçonnet serait motivé pour être meilleur la fois suivante. Ce qui n'empêchait pas le géniteur en question de coucher avec la femme qu'il venait de cogner.
Un jour l'homme en question, policier de son état, s'en va, affirmant qu'il n'a plus rien à faire ici, la mère de l'enfant essaie de le rattraper en voiture mais sort de la route et se retrouve sur un lac gelé. La glace est trop fine pour résister longtemps, le petit garçon qui avait eu le temps de monter peut sortir, sa mère aurait le temps d'en faire autant mais elle s'y refuse. L'enfant regarde donc sa mère, qui ne quitte pas ses yeux, disparaître dans l'eau alors que sur la route son père observe ce qui se passe sans intervenir.
De quoi perturber une enfance, non ?

Harry Hole était un policier renommé, dont les enquêtes sont encore citées en exemple dans les écoles de police. Il n'est plus qu'une épave flottant sur une mer d'alcool, faisant semblant de travailler pour justifier son salaire.
Un jour il reçoit un étrange message signé d'un bonhomme de neige sans que cela évoque quoi que ce soit en lui bien qu'il y soit question d'une ''rencontre'' future.
La petite fille est seule chez elle, la fenêtre est ouverte, aucun bruit nulle part. Elle se lève, appelle sa maman, en vain.
Au commissariat Hole croise une jeune recrue, Katrine Bratt dont il découvre qu'elle s'intéresse à une ancienne enquête, une femme retrouvée coupée en morceau. Le policier chargé de l'enquête, connaissant lui aussi des problèmes d'alcool s'était, apparemment, suicidé.
Ensemble ils partent sur les lieux d'une nouvelle disparition signalée par une petite fille. Aucun indice sur les lieux, sinon l'écharpe laissée autour du cou d'un bonhomme de neige placé de façon à regarder l'appartement de la disparue.
L'enquête de Hole et Bratt va les conduire dans le passé à retrouver diverses disparitions sans que la police ait manifesté le moindre intérêt laissant le champ libre au tueur.

La critique du film a été presque unanimement mauvaise, et à le voir je peux le comprendre tant l'action est décousue, le réalisateur avouera qu'il manque une partie du scénario, même les comédiens paraissent s'ennuyer. Dommage, les romans de Jo Nesbo que j'aie lu sont excellents, les personnages existent dans des situations qui font souvent écho à leurs vies. La distribution est intéressante, de Michael Fassbender à Val Kilmer en passant par la sublime Rebecca Ferguson qui à elle seule justifie de regarder cette production.

Pour retrouver une bonne impression du réalisateur je vous recommande Morse. Une réussite totale !
Simon Barry – 2017 – Syfy

Rien d'anormal à ce qu'un prêtre parle de la mort, qu'il la voie comme une porte ouvrant sur un monde meilleur. Ce n'est pas dans une église qu'il prêche, mais dans un bistrot, devant quelques consommateurs qui l'écoutent avec plus ou moins d'attention.
Marty pensant qu'à la mort notre énergie rejoignait celle de l'univers. Il est important de savoir qu'il y a plus dans la vie que ce qu'on peut voir, entendre, toucher.
Et à ce moment le portrait de Marty tombe, les lumières clignotent, le verre de vin du pasteur déborde et ce dernier voit des bêtes sortir de son bras. Il empoigne un couteau, va pour se frapper quand un jeune homme arrête son geste, et que l'esprit de Marty devient visible à côté de l'homme de foi.

Roman est un jeune homme qui connut quelques difficultés pour s'intégrer à sa communauté, il remercie la maire et le curé pour l'avoir aidé, et ceux -ci lui souhaite bonne route alors qu'il part vivre sa vie ailleurs, loin de cet endroit si loin du monde.
Tout le monde semble heureux de le voir quitter la ville, sauf, peut-être Maggie, une jeune femme qui comprend son inadaptation, ce sentiment d'être unique, et ce désir d'être anonyme dans une grande cité.

Le bus arrive et Roman doit le prendre, même si la jeune femme reste avec lui, après tout elle n'est qu'un esprit.
Le voyage va connaître un ''incident'', un séisme ébranle routes et falaises, et pousse le bus dans le vide. Roman est le seul qui réussit à sortir, il sera l'unique survivant.
Comme s'il ne fallait pas qu'il s'en aille.
Roman avait quitté son appartement, il ne lui reste qu'à récupérer la maison de sa mère, vide, depuis que sa mère a disparu, à oins qu'elle ne soit tout simplement partie, où Maggie vient le retrouver, elle sait que ce n'était pas un séisme, mais ''autre chose''. Au moins pourra-t-elle continuer à bavarder avec son ami.

Des travaux ont lieu pour vérifier la solidité d'un pont, il ne semble pas avoir souffert, ce qui n'est pas le cas d'un des ouvriers qui tombe, et s'empale sur des tiges métalliques sortant du béton.
Roman essaie de parler à Sam, le shérif, de ce qu'il sait, voit, de ces fantômes qui sont de plus en plus présent, mais pour le policier c'est inaudible. De plus il est appelé pour un incident sur le pont. Et quand il arrive c'est pour découvrir que tous les ouvriers sont morts.
Le peuple a peur, comme toujours face à un événement qu'il ne comprend pas il se tourne vers le représentant de l'église, qui n'a pas de solution, et désigne Roman comme le danger, à l'instar de sa mère, de ses visions... n'a-t-elle pas maudit la ville ? Les plus primaires de la ville essaient de convaincre Roman de partir, sous peine d'être lynché. Justement, il ne demande que cela mais n'y parvient pas.
Heureusement il peut parler à Maggie et le shérif finit par tenter de l'écouter tant les choses bizarres se succèdent, les morts brutales, et cette impression que les défunts, piégés, en veulent aux vivants de ce qui leur arrive.

Dommage que Sam n'ait pas été attentif avant, il aurait peut-être survécu !
Heureusement Roman arrive à temps pour sauver le prêtre, et chassez Marty.
Le combat commence, contre des ennemis invisibles. Mais certains sont vivants, probablement les pires !
La trouée de Belfort, ce trou où je suis né
Excita mon esprit et ma curiosité.
Ce mot à tout moment peut paraître équivoque,
Il a de nombreux sens, on sait ce qu'il évoque.
La mémoire est trouée, on dirait un gruyère.
Le Trouvère de Verdi que j'ai entendu hier,
La diva eut un trou que nul ne remarqua.
Son air fut perforé mais il ne tomba pas.
Normand dans un resto je tombai sur un bec
La patronne me dit voyant ma réticence
''Vous refusez son trou, ce serait une offense,
Le chef est tatillon, vous devez fair' cul sec''.
Sur les axes routiers ils sont en formation,
Disent des panonceaux valant réparation.
La sécu a son trou, madame Aubry le sait,
Combler les déficits a toujours échoué.
Bien des gens cependant affichent un goût bizarre,
S'offrant à la boucher, se plaignant de l'écart.
Un maçon vint chez moi, voyant mes fondations,
M'avertit du danger, parla réparation,
De reboucher mon trou me fit proposition,
Allant au plus profond, faisant tout à la main.
Des p'tits trous, des p'tis trous chantait Serge Gainsbourg
Ensuite il précisa, parla de va et vient.
Entre les reins dit-il, ode sur le rebours.
Coluche vint plus tard, apportant les dragées
Régine fournissant de quoi bien s'essuyer.
Ainsi le trou toujours,
Suit nos nuits et nos jours.
Nicolas Beuglet – Éditions Pocket – 2018

Sarah Geringën est inspectrice. Sur le plan personnel elle veut désespérément mettre un enfant au monde et depuis des années fait, avec son mari, ce qu'elle peut pour cela. Cet impératif de la nature est devenu presque obsessionnel pour elle. Or ce soir-là elle sort en claquant la porte du domicile conjugal après une altercation avec son époux qui envisage une autre vie. Pour elle c'est un coup si violent qu'elle ne sait pas comment le supporter, partir semblait la seule solution pour gagner du temps, trouver un lieu où se calmer et envisager l'avenir, pour autant que ce mot ait encore un sens pour elle.
Le froid est vif à Oslo et passer la nuit dans sa voiture n'est pas envisageable, heureusement le destin est mutin, ou l'auteur sadique, qui la convie à enquêter sur une mort étrange survenue à l'hôpital psychiatrique de Gaustad, un lieu qu'elle connaît pour y avoir envoyé un serial-killer quelques années plus tôt.

Cette fois il s'agit de la mort, par suicide semble-t-il, d'un patient enfermé depuis plus de trente ans, dont personne ne sait rien, et appelle par le chiffre 488, gravé sur son front, visiblement avec la pointe d'un couteau. Un patient qui ne peut s'exprimer sinon par des cris qu'il pousse comme pour se libérer d'une frayeur insupportable.
Ce qui est le cas !

Très vite Sarah Geringën se rend compte que quelque chose ne tourne pas rond, d'abord comment aurait-il pu s'auto-étrangler comme l'affirme l'infirmer certifiant avoir assisté à la scène à travers la caméra de surveillance, ensuite quand l'équipe scientifique arrive il devient évident qu'il mourut ailleurs et qu'il s'agit d'un assassinat. Elle découvre finalement la cellule où 488 fut assassiné et contemple sur les murs une multitude de dessins semblant n'avoir aucun sens. L'avenir démontrera que ce n'est pas le cas, mais nous nous y attendions. Par ''chance'' le tueur qu'elle fit enfermé acceptera de la renseigner, preuve qu'il ne lui en voulait pas, ou pas trop.
Ce n'est que le début d'une enquête qui va mener notre héroïne dans plusieurs pays puis jusque dans... mais vous en dire trop gâcherait votre plaisir. Le CIA, autrefois, menait des expériences sur la domination mentale et était prête à tout pour cela, ce qui n'est pas une surprise, quand il apparut qu'elle était allé trop loin il lui fallut se débarrasser de tout ce qui pouvait être gênant, comme le patient 488 qui trouva une place dans une cellule profonde où nul n'aurait plus dû entendre parler de lui, non sans qu'il continu à subir des expériences menées en toute discrétion, mais pas tant que ça, la preuve.

Elle va suivre une piste qui la conduira à rencontrer Christopher Clarence, journaliste d'investigation dont le frère semblait s'être trop approché d'un secret mal caché de l'entreprise où il travaillait jusqu'à trouver la mort dans ce qui semblait un accident.
Clarence est devenu le père de substitution du fils de son frère et il est très surpris de ce que lui apprend l'enquêtrice norvégienne mais comment ne pas la croire quand les faits s'organisent pour lui donner raison.
L'enquête va s'avérer dangereuse, il fallait s'y attendre, mais aussi plus complexe qu'elle le paraissait, derrière la CIA se cachait une ambition religieuse inattendue, mais pourquoi pas. Le désir de révéler au monde un mystère qui changerait définitivement la vision que chacun pouvait avoir de l'avenir en plongeant dans le passé jusqu'aux origines, et plus loin encore.
Ce côté enquête est intéressant, ce qui l'est moins est l'histoire d'amour trop prévisible entre Sarah en mal d'enfant et Clarence néo-père célibataire, un argument qui peut toucher une partie du lectorat probablement ; sans parler de quelques raccourcis qui, s'ils aident l'action, la rende moins crédible. J'allais oublier le goût de l'auteur pour le mot asthénie qu'il utilise régulièrement...
Ces détails mis à part l'histoire est prenante, les rebondissements réguliers et les personnages intéressants. Quand au côté scientifique il ouvre des perspectives improbables mais abyssales dont la conclusion n'est pas pour me déplaire.
Un auteur que je ne connaissais pas, ce n'est que son deuxième roman, j'attends de lire le prochain.
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