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22 février 2010 1 22 /02 /février /2010 07:00

 

 

Les chemins de l'effroi sont les seuls menant quelque part.


Ce qui est difficile avant de grandir c'est d'accepter sa petitesse.


Les lois tentent de museler l'instinct.


Mon dieu, ne me pardonnez pas des péchés que j'ai tant aimé commettre.


La raison est l'œillère de l'esprit.


J'ai été emballé sous plein !


La raison du plus con est toujours la plus simple.


Quand les machines pourront aider l'homme elles n'en auront plus ni besoin ni envie.


Le Verbe est de la peinture jetée sur l'invisible.


À force de savoir ils ne peuvent plus comprendre.


La chasse au con est la seule ouverte toute l'année.


Je ne suis pas du mauvais côté, je suis de l'autre.


Si je laisse hurler la bête en moi c'est pour l’écouter, la comprendre et, peut-être, la dominer.


Se croire, ou se vouloir, plus fort que soi mène à la défaite.



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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 07:00

Nous accueillons aujourd'hui un nouvel adepte, il a passé avec succès les diverses épreuves initiatiques :
Herr Basha


Yoshiko Sai (佐井好子) est une chanteuse de folk japonaise née le 22 juin 1953 à Nara.
Passionnée de littérature et de peinture depuis l'école primaire, elle débute dans la musique en écrivant des paroles pour le groupe de son lycée.
Découverte par un producteur à l'occasion d'un passage à la radio en 1974, elle enregistre son premier disque l'année suivante.
Elle met un terme à sa carrière en 1979, peu de temps après avoir sorti son quatrième album et seul un bref come-back en 2008 viendra interrompre un long silence musical de pratiquement 30 ans.

Artiste accomplie, elle a illustré elle-même la pochette de ses disques :


Fusion-02.jpg 


Yoshiko Sai en huit titres :

sai_1.jpg 

 

 



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20 février 2010 6 20 /02 /février /2010 07:00



LES


NE SE MANGENT PAS ENTRE

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HOMO LEERONY LUPUS !

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19 février 2010 5 19 /02 /février /2010 07:00
Qui regarde l'abîme... 02 
 

                              03
 

L’enfance l’encourage, la vie se fait douce, pourquoi craindre encore ?

Il reprend son chemin, l’étrange l’accompagne, un sourire complice.

Qui mettra la main sur son bras la prochaine fois, de qu(o)i a-t-il besoin ?


La folie ?

Non ! Elle fut proche, amicale, s’ouvrant pour qu’il oublie, qu’il endure. La mort alors ? Pas encore. Il l’espérait, la vie vint à sa rencontre.

L’Am… Un rêve qu’il fuit pensant ne trouver en lui qu’alibi pour ne plus avancer, pour n'exister qu’en reflet pour l’autre. Jamais il ne rencontrera celle dans le regard de laquelle il existerait vraiment.

Jamais ?

Il sourit et les passants s’étonnent, en pleine rue c'est inquiétant. C’est quelqu’un qui pense, qui paraît présent mais se trouve ailleurs arpentant un territoire qu’il ne verront jamais.

Où est le mépris qu’il ressentait, son désir de les exterminer pour être, enfin, seul, pour s’ébattre dans son royaume d’enfant ayant réalisé ses vœux ?

Même le papier n’est plus la porte sur cet ailleurs, il est devenu un implacable miroir.

Il s’arrête, tourne le dos au soleil, la lumière jette sur le sol une ombre si noire qu’il a le désir immédiat de lui tendre les bras.

Non ! Jeu ! Élan qui le jetterait vers nulle part.

Ainsi il voulu n’être que cela, surface dense mais si fragile qu’un nuage peut l’effacer. Il désirait cela, ombre dans un monde de ténèbres, il sait qu’il vit dans un univers ou triomphera l’obscurité, en soi pourtant survit une petite lumière, une braise,, le goût d’un défi sans espoir autre que d’être, sans attendre un avenir n’existant pas encore.

N’être que présent, rêve ou cauchemar ?

L’ombre ne lui parlera pas, d’elle, ni ne l'aidera. À quoi bon gaspiller un temps compté ? Elle est indication, le piège indiquant le bon chemin.

Lequel ?

Demi-tour, pas question d’ouvrir les yeux, se laisser envahir, respirer, ses cellule s’agitent, s’ouvrent, satisfaites d’avoir été entendues.

Rouvrant les paupières il croise un visage fané, vieille curieuse, vampire du moindre spectacle pour oublier sa médiocrité. Sourire désarmant, elle recule, il fait un pas vers elle, elle s’effraie, il sourit et repart à nouveau, retrouvant ses pensées là où il les avait laissés, fidèles.

Un parc établi dans les contreforts d’un massif montagneux, pentu, plusieurs étages, un bassin, enfant il venait souvent ici, un retour pour un adieu à l’enfant qui s’y amusait et qu’il ne retrouvera jamais. Bien des chose ont changées, tout s’use, bientôt il ne restera rien du décor qu’il connut, resteront les souvenirs au fond de sa mémoire jusqu’à ce qu’il n’en reste rien. Être vide, offert, du passé faisons table rase.

Comme si c’était possible !

Il monte, cherche dans les arbres les traces des écureuils qu’il sait y vivre, des oiseaux, leurs chants sont là mais d’écureuils point, tant pis. Reste un banc, mélange d'époques, le vieux se souvenant ou le jeune anticipant ?

Qu’importe, il n’est plus le jeune qu’il fut, pas encore un vieillard. Nul n’a la certitude du lendemain, et c’est bien ainsi.

Angle des remparts, de là aussi il faillit se jeter, l’abîme devant ses yeux est plus réel que celui du pont, trop couvert de végétaux pour que sa chute eusse été mortelle. Les endroits ne manquent pourtant pas pour qui veut mettre fin à ses jours. Attendre le passage d’un camion, lacer sa chaussure pour au dernier moment poser sa tête sur la route.

Il avait pensé à cela, son crâne aurait éclaté tel un fruit trop mur, pour reprendre une image classique. Mourir à genoux lui aurait déplu.

Mourir cela viendra, le défi est de supporter un jour de plus et de le projeter sur le papier.

- Pourquoi pas ?

- Pardon ?

- Excusez-moi, je parlais tout seul.

À haute voix, cela ne lui était pas arrivé depuis longtemps. Vivre en soi fait oublier les autres et leur inaptitude à le comprendre, l'anormal effraie.

Et lui, se fait-il peur ?

Pas autant qu’il le voulait, quand à faire peur aux autres… Un temps il désirât rédiger des textes choquants mais l'inquiétant n'est pas horrible. L’atroce peut être dégoûtant sans être effrayant. Son désir serait d’entrer dans l’esprit du lecteur, d’y solliciter des désirs dégradants afin que le lecteur s’interroge sur ses pensées, ses envies. Il repousserait sa responsabilité maudissant l’écrivain l'ayant troublé. combien assumeraient des émois venant d’un intérieur dont ils ne voulaient rien connaître.

Que sait-il de son propre intérieur, et, propre, est-il le terme convenable ?

Plus qu’il le souhaiterait, s’il regarde sous l’amoncellement de cadavres, derrière les descriptions de tortures infâmes, s’il écarte les monstres qui gigotent il trouvera un spectacle plus terrifiant d’être moins effrayant. Pas d’atrocités, le contraire, ce qui pour lui est le visage même de la peur.

Un si joli visage.

Promettant sans tenir.

Pas si terrifiant que cela par conséquent.

Lequel fait miroir à la lâcheté de l’autre ?


Et réciproquement !


                                               § § § §


La ville s’étend devant lui, au loin les montagnes l’encerclent. Est-il temps de changer, de regarder le monde d’un autre point de vue ?

Repartir, retrouver ses délires, espérer le pire, le décrire, en sourire.


Il se distrait de jouer sur les mots, bientôt il retrouvera son décor pour plonger en soi, une fois déjà il agit ainsi, s’efforçant, avec talent, de perdre le plus de temps possible, cela recommence, ce n’est pas différent et la fuite n’est plus permise. Le temps de retrouver ses forces, de se soulager du superflu. Aucun cauchemar ne viendra à son secours, devant lui une nouvelle forteresse se découpe sur fond de ciel, le gouffre est toujours là mais le danger est ailleurs.

Sous quelle forme ?

La plus belle possible, tendre succube qui, buvant, son sang en mourrait.

Son reflet ?

S’il évite les miroirs c’est par peur de lire sur son visage qu’un esprit l’attend, l’espère. Le temps est venu qui l’observe et lui tend les bras. Inutile d’attendre une apparition qui lui prendrait la main pour le conduire où il veut aller. Il détient la force d’avancer, le pouvoir de rêver en jetant sur le papier un monde digne d’exister.

Les larmes ?

Non, pleurer serait tricher, s’accrocher à une émotion fugace, il la retrouvera en son temps, émotion positive qu’il sera capable d’accueillir.

Elle ?

Connaît-il son visage, son nom ? Aura-t-elle le regard qu’il attend ou deux gouffres sombres ? Son sourire sera-t-il nu, promesse de morsures.

De mort sure ?

De vie sûre !

Ce qui l’effraie et le tente.


Redescendre, retrouver le monde qui l’attend, s’installer devant sa machine, ouvrir les yeux sur l’ailleurs, sur l’intérieur, ne pas s’interdire le monde, ne pas tout oublier.

Être !

C’est si simple. Laisser la coquille s’effriter, abandonner la chrysalide. S’il s’en savait incapable il essaierait déjà, la promesse de réussir fait plus peur que la certitude d’un échec qui figerait le temps, le laissant au bas de l’escalier par refus de monter la première marche. Il en a tant gravi déjà, vers le bas, ainsi il avança, plus qu’il le pense, moins qu’il le peut !


Qu’il le doit !

Non pour Elle, non pour l’autre mais pour soi.

Pour moi ?

Je…


                                               § § § §


Un cri, un seul, un hurlement prenant sa source à l’aube des temps, espoir de plus encore. Rugissement sans limite, prédateur en quête d’écho, d’un esprit capable de l’entendre, de l’accueillir, de l’accepter sans en mourir.

Il écoute, entend, ouvre la bouche à son tour mais il est trop tard, le froid est trop vif, la violence trop soudaine pour que file plus qu’une plainte, mieux qu’un soupir, formant sur ses lèvres une grimace ironique.

À genoux, les yeux vitreux, curieuse sensation, plutôt que se vider une force afflue enfin capable de regrouper les innombrables pièces du puzzle.

Il s’écroule face contre terre, personne ne bouge, les fils se détendent, ils lèvent les yeux, voudraient comprendre, mais c’est au-delà de leurs aptitudes, ils firent ce pour quoi ils furent créés, désormais leur utilité étant nulle il ne leur reste qu’à s’effondrer.


Est-ce cela la mort ? Il sait sa blessure définitive, une lame dans le cœur ignore le pardon, elle est le point final attendu, espéré pour s’interroger sur ce qui lui arrive. Mourir ne peut être aussi simple, ces images, ces impressions, ce cri, né avec l’univers et dont chaque cellule se fait l'écho. Il a envie de répondre, de contrôler ses pensées, pouvoir le faire fut sa vanité la plus grande. Il voulu ou cru vouloir, il…

Île… Être au milieu de rien, de tout, totalité d’une réalité hors de ses perceptions, extérieur introuvable, intérieure qui l’appelle. Le rendez-vous était pris depuis toujours, il l’attendait, l’imaginait. Se préparait, méditait pour… Cela n’a pas de sens, ces artifices n’ont d’autres buts que tricher avec soi, que se farder pour rater le rendez-vous.

Tant d’images reviennent, un fleuve dont sa vie n’est qu’une gouttelette.

Ce puits, l’homme qu’il y laissa, les autres qu’il exécuta. Combien de cadavres jusqu’à ce que la mort lui tende les bras ? Pourquoi au dernier moment s’est-elle écartée pour laisser place à ce qui semble être la vie ?

Semble... Le doute lui fait du bien.


Mourir n’est que cela. D’avoir tant vu de corps lui donna une fausse idée de cet instant, un être vivant imagine le couloir menant à la lumière, franchir le pas est nécessaire pour apprécier la noirceur, pour sentir la dissolution ultime commencer… Ce stade atteint le retour est impossible.


Et lui ?

Est-il vraiment allé plus loin que les autres, ces presque défunts dont les récits se ressemblent ? Pas de couloir pour lui, d’impression d’aller vers la lumière. Pas de coma, le choc d’une lame frappant son cœur, le déchirant, l’arrêt brutal de ce muscle si important alors que le cerveau fonctionne encore, qu’il lui reste quelques secondes de vie. Ce moment entre la cessation de fonctionnement de deux organes. Ce serait simple de pouvoir tout ramener à la physiologie, dire que les impressions visuelles viennent de l'anoxie des zones cérébrales dédiées. Le corps préserve l’esprit jusqu’au dernier moment espérant que les choses s’arrangeront.

Il est allé loin, vite, destin tracé, chemin balisé, seul l’heure du départ était inconnue.

Pour aller où ? Le comprendra-t-il seulement ? Le ressentir, enregistrer ce qu’il peut, rester ouvert aux émotions, aux impressions, plus qu’à leur traduction en images. Voir ne suffit pas, c’est éviter, c’est rester extérieur, comment voir ce en quoi l’on se trouve ? Qui regarde est spectateur. Lui est autre, pas plus, pas mieux, mais saisi par une force qu’il ne put éviter. Fut-il surpris... Nul besoin de tout comprendre, de tout savoir, c'est une évidence intérieure qui propose une seule réponse.

Il n’a pas refusé, donc il accepta, ainsi, ergoteur, il joue sur les mots.

Cri n’est pas le terme, c'est une onde, un souffle, il ne possède pas de terme pour définir cela, dans quelle langue, il faudrait qu’un peuple eut cette expérience et la force de l’exprimer, l’intelligence de la réduire en une formule compréhensible pour qui ne l’aurait pas vécue, analogie impossible. Il est loisible d’imaginer ce que l’on ignore mais l’affronter est différent. Un aveugle de naissance se fait une idée des couleurs, recouvrant la vue par quelque opération il avoue sa surprise. Qui rêve la vie est surpris de la rencontrer alors que la mort lui était familière.

Il plonge au cœur de son être, des milliards de voix forment un chœur entonnant une mélodie dont il ressent les vibrations sans comprendre les paroles. Expliquer est au-dessus de ses moyens, un autre, plus tard, ailleurs, aura le génie qui lui manque.

Il ne mourra pas vraiment, ce qui est en lui ne se laissera pas interrompre par si peu, au contraire, c’est le moyen de libérer ses aptitudes. Parfois la facilité est un piège, le talent un engrenage menant à la médiocrité, les difficultés amènent à puiser en soi le meilleur. Quoi de plus violent que croiser sa mort, que d’apprécier cette impression d’être face à la fin de tout pour se découvrir désireux de passer outre, d’aller par delà ?

Aller vers la mort pour vivre, en l’affaire point de dupe, un reste de lâcheté, c’est tout.

C’est trop ?


Au fond du puits ses yeux observent un océan multicolore, visions phénoménales de la Création, exprimable, peut-être, sous forme d’équations mais que les mots ne peuvent restituer. Des forces d’un temps impitoyable, d’un présent façonnant l’univers, oubliant le passé sans songer à l’avenir, être présent, voilà ce qu’il devait comprendre.

Pourquoi lui ?

L’héritage, le prix du passé, confluence d’événements qui le placèrent à un endroit précis. Il fallait une conscience disposant de certaines qualités, que ce soit la sienne est secondaire, en ce lieu les noms importent peu, lui-même a oublié le sien. En eut-il un jamais ?

Celui qu’il aurait dû posséder pourrit dans sa fosse, momie desséchée d’un possible qui se fit guide malgré lui. Le destin place ses pions, joue ses pièces, organisant sans préméditation une réalisation que la conscience n’emplit qu’en l’instant de sa naissance.

Il est regard, conscience, désir d’être trop, de se perdre, de contenir tout ce qui vient, tout ce qui passe à portée de pensée. Heureusement il retiendra peu, le plus important, il ouvrira la porte pour un autre qui, bénéficiant de son expérience, ira plus loin. Cela le désole, l’ambition le dispute à la vanité, tout réussir, tout pouvoir, l’imposer, et supporter.

Un mort ne pleure plus, fut-ce de dépit.

L’extérieur n’est plus, son regard englobe autre chose, assiste à ce que la vie recèle d’enregistrement d’elle-même. Comment l’exprimer ? Regarder se lever l’Aube des temps au cœur de la plus infime cellule. D’une seule il est impossible de tirer quoi que ce soit mais quand toutes s’expriment alors la conscience peut l’entendre.

Eut-il le choix ? Acceptant ce voyage il en supporte les conséquences, les responsabilités, levant les yeux il ne verrait aucun fil, il tient debout seul, son esprit fait face aux vents de la réalité.

Voile se dilatant jusqu’à englober l’infini, dépassant l’éternité. C’est ce qu’il sent en lui, délirant il penserait l’atteindre, la posséder, conscient, maintenant, il sait ne pouvoir que l’effleurer. Le mur de l’expression est trop haut, l’éternité se meut dans l’ombre, là où vont les fous osant malgré eux. Il avança en titubant, à genoux parfois, priant pour que tout cesse, ne renonçant jamais.

Il sait ce qu’il touche, il sait que le comprendra vraiment qui suivra son chemin, mettant les pieds dans ses pas jusqu’à le dépasser, de paix réelle il n’en aura qu’en cet instant, heureux de la destinée accomplie, apte à se dissoudre pour avoir touché la vie.

Tant de mots possibles, ils ne préciseraient rien.

Le plus difficile c’est maintenant, rouvrir les yeux, sur ce point il partage quelque chose avec ceux qui frôlèrent la mort quoi que lui ait la sensation de frôler la vie, ce moment de doute, fugace mais si violent que rien ne peut l’effacer. Revenir ou rester ?

Faux choix, facile après coup d’affirmer avoir voulu ce qui s’est passé, lui sait qu’il n’en est rien, revient qui doit, qui n’a fait le voyage assez loin pour n’en point revenir, que ceux qui restèrent spectateurs.


Le cri lui fait fermer les yeux, douter, mais non, il est bien de retour dans le réel, il fut poussé par les policier certains de transporter un cadavre.

Parler, expliquer, sa bouche ne peut s’ouvrir tant son état de fatigue est complet. Mourir fatigue son homme, tout juste peut-il esquisser une grimace qu'un seul comprend. Leurs regards se trouvent, cela suffit.

- Le médecin affirmait que le poignard vous avez traversé le cœur.

Le professeur Morton intervint : Il aura mal vu, dans l’affolement nous comprenons son erreur, à moins que ce ne soit vous qui ayez fait une confusion entre le commissaire et les autres victimes, quand je dis autres c’est une façon de parler, vous ne savez pas à quel point cet homme a de la chance et des réflexes hors du commun. La lame la lame a dû heurter une côte, normal dans la confusion de croire qu’elle avait frappé le muscle cardiaque. Il n’en est rien.

Les policiers opinent, voulant être convaincus. Quand ils s’approchèrent du policier français ils étaient sûrs de son décès, non seulement on venait de le leur dire mais la tenue du corps, sa couleur, son manque de répondant, sa blessure, tout indiquait qu’il était décédé, visiblement il n’en était rien, la seule explication logique était la précipitation et un diagnostic erroné.

La seule ?

Mais l’autre…

Le commissaire fut promptement chargé dans une ambulance en direction de l’hôpital le plus proche, son ami à côté de lui, silence seulement troublé par les hurlements de la sirène et le grésillement de la radio.

Le regard du scientifique demandait, celui du policier Prométhée une réponse.

Une réponse, si elle existait, serait source de nouvelles interrogations ?

Ainsi se reconnaît la vraie réponse, celle qui dit tout est mortelle, celle qui incite à s’interroger davantage est vitalité.

Bénédiction ou malédiction ?


La villa est investie par des dizaines d’hommes en armes, les journalistes sont encore plus nombreux, il faut dire qu’à le suite de tout ce qui venait de se passer la découverte de ce qui semblait une secte terrifiante tombait à point. Chacun trouverait à dire, d’aucuns pour stigmatiser la civilisation s’éloignant de ses vraies valeurs, d’autres pour souligner qu’il était vain de prier le ciel puisque rien, de bon, ne pouvait en venir. Les reporters se battaient pour avoir la meilleure place, rester hors du cordon défini par la police tout en montrant la maison. Le ciel était empli des rugissements d’hélicoptères, sauf ceux qui avaient suivi l’ambulance. Ainsi quelqu’un était encore vivant. Tant mieux, le temps gonflait le mystère et exciterait la curiosité des téléspectateurs, le premier réussissant à l’interviewer aurait droit à un chèque rondelet.

Celui-là n’était pas encore né.


Le survivant en question lui se laissait trimbaler, il put même sourire.

                                  ____________________


Il regarde ces pages. Était-ce les mots qu’il avait en tête ? Écrire consiste à s’éloigner le moins possible du chef d’œuvre initial, chaque phrase étant un pas dans la mauvaise direction, le meilleur livre reste à écrire.

Personne ne crée rien, récrivant ce qui le fut déjà, en mieux.

Et lui ?

Il sait ce qu’il vaut sans désir de faire mieux ; le pouvoir peut-être, les capacités sans doute, manque la volonté, la force de vie suffisante…

La force de vie ? Celle promise par ce policier ? Il l’avait laissé pour mort, tout le monde l’avait cru, voilà qu’il le ramène à la vie. C’était attendu, depuis si longtemps qu’une vie entière aurait pu s’écouler sans qu’il en fasse rien qu’en tirer des lamentations sur son incapacité.

C’est lui qui revit, se sent fourmillant d’un sang retrouvant comment circuler, d’une vitalité oubliée mais pas absente.

Il ferme les yeux, le commissaire en fait autant, complices.

Amis ?

Mieux, semblables, et pour cause !


                                               § § § §


Comment dire, pense le policier, comment comprendre pense l’écrivain ? les doutes se mêlent, se cherchent; s’unissant être plus compréhensibles. Le premier n’est pas réel, le second a des doutes, espère que ce soit l’inverse, ce personnage fut écrivain lui aussi ? N’a-t-il pas dans ses tiroirs des romans qu’il a, lui, rédigés ? Fiction et réalité cherchent à ne plus faire qu’un, promesse d’une folie qui n’apaiserait rien.

Le policier voudrait se souvenir de ce voyage, une fenêtre s’est ouverte, son regard a embrassé la Création depuis l’Origine, c’est plus qu’il ne peut accepter, qu’il ne peut contenir, un savoir au-delà de ses limites.

Les deux hommes se regardent, l’écrivain sait que personne n’est là pour l’écouter, reste le papier pour dialoguer avec lui-même.

- Tout est dans ma tête, tout, trop pour se dire en une vie.

- Alors ne le dites pas, ne dites rien si aucun mot n’est exprimable.

- Le croiriez-vous ?

- Nous avons vécu des aventures introuvables dans une série télévisée.

- Le meilleur moyen de cacher une vérité professeur, vous le savez, c’est de la présenter d’une façon ridicule en certifiant qu’elle est bien réelle.

- Vous savez que je peux tout comprendre.

- Tout accepter ?

- Pas plus que le maximum.

- Cela paraît si simple, une certitude basée sur rien.

- Rien ?

- Sur la mort, ma mort. Vous savez que je fus tué. La lame me perça le cœur, nul n'aurait survécu à ce coup, et ensuite le feu qui a tout vitrifié, vaporisé les participants. Je n’ai pas survécu cependant je suis là et le JE est le même que celui qu’il fut, que celui que vous connaissez, le même et pourtant autre, pas différent, plus. Un petit JE dans un JE plus vaste.

- J’ai vu trop de cadavres pour ne pouvoir en reconnaître un. Vous étiez aussi mort que possible et les policiers jureraient cela s’ils n’avaient pas peur de passer, eux, pour des fous. On ne revient pas de la mort. Il est courant de l’approcher, de faire une NDE, articles et témoignages sont édifiants à ce propos. Ressusciter tient du miracle.

- Je doute qu’il y ait là-dessous quelque divine intervention.

- Alors qui ou quoi ?

- Si je pouvais répondre… Tout cela était, sinon prémédité, du moins logique, ceux qui m’attendaient ignoraient qu’ils mourraient, j’étais un sacrifice à des puissances qu’ils percevaient sans les comprendre. Nous fûmes des pantins entre des mains s’activant pour que la rencontre ait lieu le jour dit à l’endroit prévu. Une force immense m’envahit avant que le poignard ne frappe. Un terme élégant alors qu’il m'est impossible de le définir. Un savoir sans limite quasi inaccessible.

- Jamais ?

- Le mot n’est pas bon. C’est comme si une coquille s’était refermée sur moi. Vous connaissez le Bernard l’ermite qui "emprunte" une carapace. Quelque chose me saisissant pour emprunter une âme, un réflexe.

- C’est peu clair, vous aviez raison.

- J’ai toujours raison. Une image me revient, il y en aura d’autres, beaucoup. Une lumière, une explosion, un désir absolu de disparaître, une fournaise intense, un soulagement fugace, et vain puisque je suis là.

- Vous pouvez en dire plus ?

- Une ville, des gens vont et viennent, ils me regardent, se demandent qui je suis. Je détonne, visages asiatiques, je reconnais du japonais. J’attends en regardant le ciel, en écoutant, rien encore, et puis dans le lointain le bruit d’un avion. Des sirènes s'activent, les gens courent. Les canons font leur office, inutilement. L’avion largue sa bombe.

- Sa ?

- Oui.

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 07:00


diogene2.jpg



C'est en dormant dans une grange qu'il découvrit le sens de la vie en observant une souris. Voyant l'animal agir en suivant son bon vouloir il se dit qu'il pourrait, comme elle, vivre libre et se suffire à lui-même. Bien plus tard, Lee Rony, l'observant, décida de ne pas en faire autant.

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17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 07:00



MASAMUNE SHIROW (士郎正宗)



               Ghost in the Shell (1989)

suivi de :  ManMachine Interface (2002)

               Human-error processor (2003)

 


Un film d'animation dirigé par Mamoru Oshii porte ce titre, tourné en 1995 ; sa suite : Innocence est sortie en 2004.


Le titre original Kōkaku kidōtai signifie : policiers anti-émeute en carapaces offensives), le titre « français » sépare l'esprit, le ghost et shell, la coquille. Seuls les humains (?) ont un ghost !



400x592 - Ghost in the Shell 1. Tome 1


Tome 1


Scénario : Shirow Masamune

Dessins: Shirow Masamune

dépôt légal 04/96.

Éditeur : Glénat
Collection : Akira

ISBN : 2-7234-2108-2

190 plances


400x594 - Ghost in the Shell 2. Tome 2


Tome 2


Scénario : Shirow Masamune

Dessins : Shirow Masamune

dépôt légal 10/96

Éditeur : Glénat

Collection : Akira

ISBN : 2-7234-2109-0

154 planches



Nous sommes en 2030 (si si !), la section 9, dirigée par le Major Kusanagi Motoko traque le Marionnettiste, un cybercriminel pouvant prendre le contrôle d'un esprit humain par l'intermédiaire du Réseau Numérique Mondial, évolution d'Internet. En effet dans l'avenir (vous verrez !) le cerveau a été amélioré pour accéder directement au Net, ce qu'il fait, malheureusement il s'avère qu'un malfaisant peut inverser le processus. Il est évident que Masamune a vu, et revu, Blade Runner, le monde qu'il nous dévoile est pollué, violent, la misère y côtoie la technologie de pointe. Il y a longtemps qu'il est patent que le progrès ne changera pas la pyramide sociale, la base sera d'autant plus large que le sommet voudra être haut.

Est-ce vraiment de la science-fiction ou de l'anticipation, l'imaginable devient possible, pourquoi humaniser la machine quand mécaniser l'homme est plus simple. Cela peut sembler effrayant pour qui est reste coincé dans le vaintième siècle, que penseront de ces gens nos successeurs du vingt-deuxième ?


Ghost in the Shell exprime la vision de son auteur d'un monde qui était en 1995 simple prospective, depuis les faits lui ont donnés raison. Même si tout n'est pas la réalité de 2030 ça ne sera que partie remise.


Pas de "ligne claire" à la Tintin, de cases calibrées ici mais un dessin dense, complexe, des scènes d'actions alternant avec des moment de méditation sur le contexte social, politiques, sur l'impératif sécuritaire et des moments d'introspection quand Motoko s'interroge sur ce qu'elle est : Des fois je me demande si je ne suis pas déjà morte et si ce que j'appelle « moi » n'est pas en fait qu'une personnalité artificielle faite d'un corps mécanique et d'un cyber-cerveau. Avec elle, et l'auteur, nous pouvons nous interroger sur la vie, la pensée, cette dernière est-elle preuve de la première ? Une machine pensante et consciente serait-elle humaine, serait-elle moins, plus, mieux ?


Attention je dévoile des faits importants
Le Marionnettiste s'avérera être une forme de vie née spontanément du réseau lui-même par agrégations d'informations, son désir n'est pas de s'incarner ni de se dupliquer à l'identique comme une bactérie mais d'évoluer, comme si la vie, sous quelque forme que ce fut, ne pouvait contenir son envie de progresser. Ce qu'il souhaite c'est atteindre un niveau supérieur par l'union de son ghost à celui de Motoko pour créer un nouvel être, non un enfant, cocktail aléatoire de deux êtres, mais un individu somme de ses géniteurs !


Masamune Shirow aime les personnages féminins et ne craint pas de les dévoiler, ainsi quelques pages de GitS ont-elles été censurée en France par l'éditeur, le personnage d'animation est encore plus sexy que celui du manga et puisqu'il est question d'armes, c'est un sacré canon, étant moi-même un boulet je peux donc garder espoir.

Motoko si tu parcours ces lignes, j'aimerais bien découvrir les tiennes quitte à me faire cyber-améliorer...




Ce fut un plaisir de relire ce manga dans le cadre du Défi de l'imaginaire. Je vous invite à en faire autant.

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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 07:00


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15 février 2010 1 15 /02 /février /2010 07:00

 

Que reste-t-il en nous de La Bête ? Question posée une nouvelle fois dans cette énième utilisation d'un mythe séculaire. Comme si cette expression : nature humaine n'était pas autre chose qu'un oxymore, et, croyez-moi, un loup-garou vous occis s'il vous mord ! Et si vous survivez c'est pire. Je sais de quoi je parle, j'en ai mordu un dans mon enfance.

La religion peut-elle, ainsi qu'elle est censée le faire, museler l'animal en nous ? Ou ne se contente-t-elle pas de le projeter sur l'autre, Grand Satan, Axe du Mal, etc. Il est d'autant plus fort qu'il est renié, oublié, extériorisé sur un écran, un jeu, une bédé, et autres. La caricature de Freud dans le film en est la parfaite représentation, même si je suppute que ce n'était pas dans la pensée des scénaristes, il nie, il moque, et, crétin jusqu'au bout, tourne le dos à son patient. Il pérore encore alors que l'auditoire voit ce qui se passe et réagit avec une improbable lenteur et, représentant la raison tentant de fuir il est rejoint par la nature et subit le sort auquel celle-ci est destinée.


Tout commence par une nuit de pleine lune, forcément, des crimes atroces sont commis, le fils du seigneur de la région est assassiné. Sa fiancée écrit à son ex-futur-beau-frère, acteur shakespearien sur scène à Londres et lui demande, malgré une mésentente familiale ancienne, de revenir à la maison. Plutôt que de jeter la lettre au panier, et ainsi terminer le film au bout de cinq minutes, l'acteur obtempère et retrouve les lieux de son enfance !


L'original !


Le nouveau...


Ainsi le cadre est-il placé pour ce rit-mec d'un film anglais des années 50. Malheureusement le scénario n'a pas été écrit par le Grand Will et nous suivons, et précédons souvent, un scénario sans surprise où les acteurs font ce que le réalisateur leur demande, c'est-à-dire pas assez, ou trop. Antonneau Hopkins n'est plus Hannibal, Benichiot Del Toro aurait pu être utilisé tellement mieux si le parti pris avait été autre. Pourquoi ne pas nous montrer un Loup-Garou assumant sa nature, savourant de courir la nuit dans les bois en dévorant par-ci par-là quelques paysans aventureux et promis à la boucherie. Comment ces pauvres hères pourraient-ils tuer une créature pareille ? Vous le savez, bien sûr, et donc pourrez quitter la salle avant une fin qui nous laisse sur notre soif, de sang même si... Mais je ne peux pas en (mé)dire plus.


Trucages moyens mais une panoplie « gothique » complète, de beaux plans d'une lande inquiétante et brumeuse, un manoir promis à un sort funeste, une malédiction improbable et cette vieille question : L'amour peut-il vaincre l'animalité ? Il l'espère, ce qui prouve bien qu'il nous fait faire n'importe quoi !


Rappelons que la lycanthropie est une affection mentale de la classe des zoopathie dans laquelle le malade se croit transformé en homme, non, pardon, en un autre animal. Si cette capacité existait vraiment pourquoi se transformer en loup alors qu'en léopard ou panthère l'efficacité prédatrice serait plus grande. Rien à voir avec le LEEcanthrope, prédateur errant dans les plaines de la blogosphère mais dont les griffes sont de mots et les crocs virtuels.


En bref ce film n'a rien d'extraordinaire, malgré son thème, mais j'y pris plaisir en utilisant ses images pour laisser errer mon imagination, c'est une qualité que nombre de productions ne possèdent pas. Allez donc vous faire une idée vous-même pendant que sors mon loup blanc, le brouillard nous attend et mes griffes m'empêchent de taper.

Un film de Joe Johnston
Avec : Benicio Del Toro, Anthony Hopkins, Emily Blunt...



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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 08:08

Profitons de ce Nouvel An pour donner à nos oreilles d'Asiatiques délices, ça changera !

Lian Ping



Huang Xiao Jin & The Stylers


Sarah Chen



Timi Zhuo, un petit chaperon rouge...



Teresa Teng - Timi Zhuo

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 07:00

Déjà en 2553 ! J'ai pas vu le temps passer...


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