
Thom Zimny – 2018 – HBO documentary film / SONY Pictures Television

Le documentaire commence sur l'ouverture du NBC special 1968, Elvis s'éloignait (enfin) du cinéma pour remonter sur scène en s'interrogeant sur son avenir, le public l'avait-il oublié ?

Les témoignages se succèdent, les photos de son enfance, de sa maison à Tupelo, bien loin de Graceland qu'il achètera plus tard.

Les séquences suivent le temps, de sa naissance, après la mort de son jumeau Jesse Garon, et la relation si forte qui s'ensuivit avec sa mère.

L'intérêt est aussi, de replacer Elvis dans son cadre social et historique, la pauvreté, la mixité sociale à laquelle il fut soumis, sa fréquentation des noirs, des églises et de leurs chanteurs de Negro Spirituals, la radio, tout un environnement qui fermé sur certains univers et ouverts sur d'autres qui lui apportèrent bien

plus et lui permirent de trouver une façon d'être parfaitement en résonance avec son époque, sans quoi il n'aurait pas connu un tel succès qui dépassait le simple cadre musical pour se confronter aux réalités sociales, et raciales, de son époques.

Bien sûr tout est (re)dit sur ses premiers enregistrements, comment alors qu'il s'amusait avec Scotty Moore et Bill Black ils trouvèrent un nouveau style à la confluence des genres. Comment il devint une vedette dans le sud des États-Unis puis au niveau national avant de s'imposer mondialement à une époque ou les médias étaient moins nombreux et prompts qu'aujourd'hui.

Un inconvénient peut être mais aussi, je pense, une chance, celle de s'imposer lentement alors que de nos jours un succès chasse l'autre et bien peu d'artistes passent la barre de la décennie.

Combien de ceux que l'on voit dans ce film ont-ils passés la barrière du temps, et combien l'auraient fait s'ils ne s'étaient pas approché, fut-ce brièvement, d'Elvis ?

Plus de 200 minutes ne peuvent suffirent à parcourir une carrière comme celle d'Elvis avec ses hauts

et ses bas, avec ses répercussions sociales et la difficulté pour un homme d'atteindre un statut que bien peu connaissent.

L'homme devient un archétype et se retrouve pris entre l'obligation de lui ressembler et le désir de s'en éloigner pour avoir l'impression,

illusoire, d'exister encore. Ce genre de destin est voué à la brièveté. Une étoile qui brille si intensément se consume rapidement.

Vous retrouverez les visages attendus, de Priscilla au ''Colonel'' Parker, entendrez témoignages et

analyses d'artistes et d'experts replaçant Elvis dans son contexte et son ressenti personnel.

Elvis vécut 42 ans, il est mort il y a 42 ans et pourtant, et The Searcher le prouve, il est toujours

là, une référence, une étape inévitable. Qu'en sera-t-il dans 42 ans ? Je vous donne rendez-vous en 2061 mais je ne suis pas certain que vous serez encore là...

Le chemin fut long de That's all right Mama à American Trilogy. Lord you gave him a mountain !























