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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 06:07

Mark 0'Brien a 38 ans, depuis longtemps il vit dans un poumon d'acier, conséquence de la polio qu'il contracta enfant et qui gommant ses muscles l'oblige à y passer le plus clair de sa vie, mais pas la totalité, avec un respirateur d'appoint et un(e) accompagnant(e) il peut sortir, observer les gens, parler, toujours en faisant preuve d'optimisme, d'intelligence et d'humour. Preuve que le handicap est une chose et la connerie une autre.

Poète et journaliste on lui propose un jour d'écrire un article sur la sexualité et le handicap, or s'il connait très bien le second, la première lui est totalement inconnue.

Aux États-unis le statut d'assistante sexuelle existe, c'est donc ainsi qu'il va essayer de perdre sa virginité en faisant passer une petite annonce :

''Homme, 38 ans, cherche femme pour relation amoureuse, et plus si affinité. En revanche paralysé... Amatrices de promenades sur la plage s'abstenir...''

Mark va donc rencontrer Cheryl Cohen Greene, le deal est simple : ils vont se rencontrer six fois, six sessions, pour que Mark parvienne à son but, la polio n'étant pas une forme de paralysie il n'est pas impuissant.

Être diminué musculairement n'empêche pas les sentiments, loin de là, cela rend en revanche les rencontres plus difficiles. Quand il va tomber amoureux d'une assistante et lui proposer le mariage celle-ci va renoncer, elle l'aime mais n'est pas amoureuse... C'est ballot ! Mark découvre la sensualité autant que la sexualité et l'amour finalement. Cela dit pour profiter de tout ça la polio n'est pas indispensable.

  Rien de voyeur dans ce film, ce qui n'empêche pas de profiter de la plastique de Helen Hunt, mais la trajectoire chaotique d'un homme qui veut profiter de la vie malgré tout et démontre que c'est possible quand bien des gens valides ne se rendent pas compte qu'ils vivent dans un carcan, qui pour être de compromissions et de lâchetés plutôt que de fer, n'en est pas moins une prison.

Une leçon de vie, pour reprendre une expression éculée, basée sur l'histoire vraie de Mark O'Brien (1949-1999), auteur de nombreux poèmes, d'une biographie intitulée : How I Became a human Being : A Disabled Man's Quest for Independance ; et de nombreux articles dont ''On Seeing a Sex Surrogate'' dont The Sessions est l'adaptation.

Pas de ''numéro'' d'acteur ici mais beaucoup de finesse et d'élégance, c'est dire si ce film risque de passer inaperçu, raison de plus pour que j'en parle et vous incite à aller le voir, si vous préférez la m... regardez la télé !

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4 avril 2013 4 04 /04 /avril /2013 06:07

Hyong-sik est professeur d'anglais, il vient d'être enggé par M. Kim pour donner des leçons parituclière à sa fille, Jang-ro, qui envisage de partir étudier aux États-unis et doit faire des progrès avant. Hyong-sik ignore tout des femmes et se demande quel comportement il devra adopter à commencer par le salut. Devra-t-il parler en premier, laisser ce soin à son élève, devront-ils s'asseoir face à face, dans ce cas ne risquent-ils pas de se frôler ? L'idée même fait rougir le jeune homme. La jeune fille est très belle et le professeur ne pourra contenir ses sentiments. Alors qu'il rentre chez lui le cœur léger il découvre, l'attendant, Park Yong-ch'ae dont le père le recueillit alors qu'il était orphelin et l'éleva. Sa famille ayant eu des revers de fortune Yong-ch'ae est devenue kiseng, une sorte de geisha coréenne. Cependant elle est restée vierge pour lui auquel elle est promise depuis toujours.

Hyong-sik se retrouve dans une situation difficile, il ne dispose pas des moyens pour arracher Yong-ch'ae à sa condition et ne désire pas l'épouser non plus. Que faire ?

La situation semble inextricable mais le hasard et la volonté de l'auteur interviendront pour que tout se passe bien. La jeune kiseng sera abusée par le fils du directeur du lycée où travaille Hyong-sik, désespérée elle part retrouver sa mère pour se suicider, incapable de la retrouver le professeur épouse, contre toute logique, Jang-ro. Partant en train le jeune couple retrouve Yong-ch'ae et une amie qui l'a convaincu de renoncer à son suicide, après tout la vie continue n'est-ce pas ?

Un homme tiraillé entre deux femmes comme la Corée hésitant entre deux mondes, le conservatisme et le modernisme.

Bien que ses personnages n'aient pas la vie des coréens de cette époque, c'est pour l'auteur de moyen de faire état de son optimisme quand à l'avenir de son pays, plus fort de jour en jour. Les héros de son roman ne vont-ils pas à l'étranger pour apprendre et revenir riche d'un savoir qu'ils partageront pour construire un avenir meilleur.

Qui viendra longtemps, longtemps après !

En 1917 Yi Kwang-su (이광수 né le 4 mars 1892), de son nom de plume Chunwon (춘원, 春園; jardin au printemps) écrit Le cœur en deuil, premier texte coréen adoptant la forme occidentale du roman, primitivement publié en feuilleton dans le quotidien Meilshinbo au long du premier semestre 1917. Plus tard il sera emprisonné par l'occupant japonais avant de retourner sa veste en encourageant les jeunes Coréens à s'engager pendant le second conflit mondial. À la libération il sera accusé de collaboration mais rapidement libéré, le pouvoir préférant faire table rase du passé.

En 1950 il est enlevé par des partisans du Nord communiste ; il meurt la même année à Manpha.

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 06:07

Je suis un charnier de possibles,

Un ossuaire d'espoirs déçus ;

Une flèche manquant de cible,

L'esprit craignant ce qu'il sut.

 

Au travers de cent batailles,

Entre des salves de mots

Faisant office de mitraille

J'ai survécu comme un salaud.

 

À d'autres âmes bien plus sensibles

J'ai volé de quoi poursuivre

Mon chemin vers l'inadmissible

Que seul atteint un esprit ivre

 

De sang, de peurs, de lâcheté.

Tout plutôt que ce chemin

Semblant mener à l'éternité,

Puisque la fuite est mon destin.

 

J'ai tourné le dos à la lumière,

Pour pénétrer au cœur de mon ombre ;

Elle aussi est une frontière,

Un pays froid aux terreurs sans nombre.

 

Je fis un nid dans la noirceur,

Appris à aimer la putréfaction,

Tendre compagne de ces heures

Où le bien n'était que fiction.

 

Je n'ai plus peur des fantômes,

Avec qui d'autre serais-je ami ?

Nous partageons le même idiome...

Je crois que vous le parlez aussi !

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 06:07

Né le 08 janvier 1933 à Gunsan, il était au collège quand éclata une guerre qui fut pour lui traumatisante, nombre de ses parents et amis trouvant la mort, lui-même souffrira des effets de bombes chimiques.

Cela influera sur sa conversion au bouddhisme jusqu'à devenir moine en 1952. Les rencontres influant sur sa vie la fréquentation du poète Cho Ji-hun en 1958 le convaincra de revenir dans le monde et d'y trouver sa place au moyen de la poésie.

Son premier recueil paraîtra en 1960, il inaugura une série ininterrompue jusqu'à aujourd’hui. Durant la dictature dans son pays il aura l'occasion de ''profiter'' des geôles coréennes et de la brutalité policière dans les années 70 et 80. Impliqué dans le coup d'état de Chun Doo-hawan il fut condamné à 20 ans de prisons mais libéré après deux.

Dans son œuvre HO cherche à rapprocher les pensées occidentale, helléniste principalement, et extrême-orientale, s'engageant au nom de la sagesse bouddhique, privilégiant l'individu face à une société dépersonnalisante.

KO UN écrit 84 poèmes en écho aux 84 000 enseignements du Bouddha, à travers les lignes du quotidien, de la banalité, il ouvre à la conscience une porte sur un pan de la réalité si proche et pourtant si peu accessible. Un détail est un signe, un paradoxe est une clé, l'expérience du futile permet d'approcher l'ordre cosmique dans lequel chacun a un rôle à jouer.

84 pas pour aller vers soi, ça ne semble pas si long.

Et pourtant...

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 06:07

Impossible bien sûr de remonter aux sources du rire ni de dire s'il est aussi ancien que l'homo sapiens lui-même, considérant que d'autres primates semblent disposer de cette capacité (le premier nommé n'étant donc pas le seul à avoir le sens du ridicule) il me semble possible d'accorder cette capacité à nos lointains ancêtres.

Il fallut pourtant attendre le début du XVI ème siècle et l'humanisme pour que des études soient faites sur ce sujet. Citons d'abord Castiglione dès 1528, dans son Cortegiano, suivi de près, en 1533 par Rabelais, auteur du fameux : Le rire est le propre de l'homme ! puis Vivès en 1539, Érasme suivra. Un siècle plus tard c'est Descartes qui l'évoquera dans son ultime ouvrage : Les passions de l'âme (1648) précédant Hobbes dans Léviathan et Spinoza dans L'éthique.

Des médecins se pencheront aussi sur le sujet, Joubert en particulier qui verra ce comportement avec un œil différent des Humanistes, soulignant l'importance de la vue et de l’ouïe, que ce qui fait rire est souvent chose laide et meséante. ''Le style commun de notre rire est toujours la dérision et le mépris''.

La différence se fait entre le rire et le sourire, ce dernier étant signe de plaisir et d'affection.

Rien n'échappant, à l'époque, à la religion la question sera soulevée de savoir si le Christ aurait ri, ce qui ne semble pas prouvé, mais comment imaginer qu'il n'ait pas souri, signant ainsi son appartenance à l'humanité.

De fait rien de ce que nous venons de voir n'est nouveau mais reprise d'idées anciennes. Aristote en particulier se pencha sur le sujet, il eut été étonnant qu'il échappât à sa curiosité et à son désir de s'exprimer sur tous les sujets. Il semble le premier à avoir dit que l'homme était seul à rire mais en ayant porté un œil sur le Philèbe de Platon, parce que seul moqueur des défauts d'autrui et satisfait de tourner ledit en ridicule. Dans l'Antiquité le rire est considéré comme le moyen de se glorifier par rapport à quelqu'un avec qui se comparer est valorisant.

L'époque moderne tentera pourtant de rapprocher le rire de l'admiration, du rejet d'un comportement méprisable. C'est l'ambition des Humanistes de se moquer d'attitudes viles ou de vices dont il convient de s'écarter.

Le rire peut-il être bienveillant, la cruauté est mal vue de la majorité, dont je ne fais pas partie. De nos jours il est bon de se montrer (mais de se montrer seulement) empathique et compatissant bien que nombres de ''comiques'' et autres ''humoristes'' n'hésitent pas à patauger dans le vulgaire et le graveleux, permettant donc à leur auditoire de se soulager de sa méchanceté par personne interposée.

Il est évident que le rire éclaire la nature humaine, si tant d'auteurs se sont penchés sur lui, et sans être jamais drôles pour autant, c'est qu'il est révélateur de par la difficulté qu'il y a à le dominer. C'est aussi un moyen de gagner un public à sa cause, pour en rester là, à l'instar des ''comiques'' mais aussi pour retenir l'attention en l'utilisant comme excipient dans un discours pour faire passer ses idées ; valoriser l'auditeur en lui montrant des individus supposés bêtes, ignares ou envahis de comportements ineptes autorisant par là-même que l'on s'en moque est le meilleur moyen qu'il pense avoir raison et que celui qui parle est digne d'être entendu.

 

Image du Blog bullies.centerblog.net
Source : bullies.centerblog.net sur centerblog.

Impossible de passer sous silence l’œuvre de Henri Bergson Le Rire, paru le 1er mai 1900. je n'ai pas eu le courage de le lire mais il semble garder l'idée que le rire, fils du sarcasme, est une sanction de la société pour qui ne vit pas comme il convient.

De là à penser que je suis moi aussi risible il n'y a qu'un pas que je vous autorise à franchir !

Ne pas oublier les regards sur le même sujet de Catherine, Denis, et Heide.

LundisPhilo


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31 mars 2013 7 31 /03 /mars /2013 06:07

Si pour vous Fantômas est le personnage des films de André Hunebelle avec Jean Marais et Louis de Funes la vue des films de Louis Feuillade vous donnera une plus juste appréciation du héros créé en 1910 par Pierre Souvestre et Marcel Allain.

Le début du vingtième siècle perpétue le succès des feuilletons littéraires et Fantômas s'inscrit dans cette logique, s'inspirant des créations de Ponson du Terrail, Paul Féval Eugène Sue ou Maurice Leblanc. C'est un criminel œuvrant aussi bien en collants et cagoule qu'en smoking, le visage dissimulé par un loup noir ainsi que le montre la couverture du premier volume de ses aventures. Tuer et torturer ne l'effraie pas et ses exactions s'inspirent souvent des faits divers de l'époque, le commissaire Juve malgré ses efforts ne parvenant pas à l’attraper.

Souvestre et Allain écriront ensemble de 1911 à 1913, à la mort du premier c'est le second, à partir de 1926, qui reprend le flambeau pour une douzaine de romans.

 

Dans les premiers temps du cinéma, alors muet et en noir et blanc, le cinéma copie l'édition et produit des films, appelés serials, sur le principe du feuilleton, la fin d'un épisode étant ouverte pour que le spectateur ait envie de voir le film suivant. En 1913 et 1914 Feuillade réalisera cinq films avec René Navarre, acteur fétiche de LF, dans le rôle titre, Georges Melchior dans celui de Fandor, Edmond Bréon étant Juve.

À l'ombre de la guillotine

Juve contre Fantômas

Le Mort qui tue

Fantômas contre Fantômas

Le Faux Magistrat

Le mal est fascinant quand le bien est emmerdant, les spectateurs prenant parti pour Fantômas contre Juve, au cinéma c'est facile, dans la réalité un peu moins, mais juste un peu ! Feuiilade redonne vie au Paris des années folles et le peuple de personnages attachants dominé par la charismatique silhouette de Fantômas dont les crims vont croître, sinon embellir, au fil des réalisations de Feuillade. Beaucoup de films furent tournées à l'époque, le serial périclitant au milieu des années 20, peu ont passés la barre du temps, les Fantômas sont de ceux-là par la qualité de la réalisation novatrice et rythmée gagnant en virtuosité et efficacité au fur et à mesure des films, le charme et la présence de ses interprètes, un ensemble de qualités faisant plaçant Fantômas dans les classiques du cinéma autant que dans les maîtres criminels. Depuis il y en eu bien d'autres nés sur papier pour se refléter dans la pellicule, ou le numérique. Fêteront-ils leur centenaire...

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30 mars 2013 6 30 /03 /mars /2013 07:07

Spécial copinage, mais vous pouvez me faire confiance, je connais l'auteure personnellement : 

 30032013_radeau-Victoire21.jpg

Elle « rame », cette enfant, dans le monde tel qu’il se révèle à ses yeux naïfs et implacables.

Petit Quinquin, née dans un vieux quartier lillois, rame parce que c’est la Seconde Guerre mondiale.

Elle rame parce que dans la boulangerie familiale, ses parents, leurs proches se livrent à des guerres où tous les coups sont permis.

Elle rame dans la débâcle vers le sud, l’exode vers l’est. Sa mère, gagnée par les terreurs de l’époque, fuit au volant de sa voiture. Son père alsacien reste dans sa boulangerie, se livrant à des commerces louches.

Quand l’enfant perd sa boussole, elle retrouve calme, tendresse et protection auprès d’une vieille dame sur sa terrasse aux géraniums, chez des oncles et tantes dans la famille de substitution de son petit frère.

Elle apprend à protéger sa frêle périssoire en dépit des naufrages menaçants. Son héros c’est Tarzan, protecteur des animaux de la Jungle, figure paternelle sans peur et sans reproche.

Le radeau de Victoire, un roman de Marie-Thérèse Jacquet                          

chez Zonaires éditions, 218 pages, 17€ (frais de port 2€)

Zonaires éditions 35 rue du Rocher 38120 Fontanil Cornillon

Souscription avant parution le 5 avril 2013 : les frais de port sont offerts.

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 07:07

Yi sang (이상), né Kim Hae-gyeong naquit le 20 août 1910 à Séoul et mourut le 17 avril 1937 à Tokyo des suites de la tuberculose contractée dans une prison japonaise en 1936 alors qu'il était déjà de faible constitution. Fils d'une famille modeste il fut recueilli par un oncle haut fonctionnaire dont il héritera. Pour son style novateur, sa jeunesse et sa mort prématurée, il est souvent considéré comme le Rimbaud coréen. Lui-même préférait se comparait à Maupassant pour son goût pour l'érotisme, l'immoralité et une modernité trop en avance, sinon mérite-t-elle ce nom, pour son temps. Son œuvre compte aussi bien des poèmes que des essais où il explore les sentiments, leurs causes comme leurs effets sur l'individu qui en est autant le sujet que l'objet. 

Après des études d'architectures, il fut employé quelques temps comme dessinateur industriel pour le gouvernement général de Corée, alors colonie japonaise. Il préféra ensuite tenir un salon de thé dans lequel le monde littéraire se retrouvait et où il put faire connaître ses textes mais qui le vit dilapider le leg reçu. Il se marie en 1936 et envisage de venir en France, malheureusement il n'en a plus les moyens et se contente de Tokyo avec les conséquences que l'on sait. Il écrivait aussi bien dans sa langue maternelle que dans celle de l'occupant donnant souvent à ses poèmes une forme mathématique jusque dans les noms de ses héro(ïne)s.

Son œuvre eut un succès limité de son vivant mais dès les années 50, après la libération elle fut rééditée, ses œuvres complètes parurent en 1956. En 1977 le Prix littéraire Yi Sang fut créé, il est depuis un des plus prestigieux de Corée. Malheureusement nombre de ses récipiendaire restent ignorés en France.

Écrits de sang donne un aperçu du grand talent de Li Sang, de la modernité de son écriture tranchante comme un scalpel avide d'ouvrir l'être pour en extraire une réalité ; la sienne : crue, acide et captivante.

Écrits de sang , trad. du coréen par Son Mihae et Jean-Pierre Zubiate, préface de Roland Jaccard, dans la collection « Scènes coréennes.

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28 mars 2013 4 28 /03 /mars /2013 07:07

L'éléphant blanc du titre est un hôpital voisin d'un immense bidonville de la banlieue de Buenos Aires, un édifice qui ne fut jamais terminé, qui domine le quartier comme un squelette aux nombreux yeux obscurs ouverts sur un environnement misérable. Il sert un peu à tout mais surtout aux drogués pour se piquer tranquillement, quelquefois pour un règlement de comptes.

Tourné en décor réel avec des ''acteurs'' du cru le film gagne en réalisme, proche du documentaire, mais en restant du cinéma, le meilleur moyen pour dénoncer une situation faite de compromissions, de lâchetés, de trafics et de violence, de corruptions, de luttes d'influences entre les caïds locaux capables de tout pour conserver leur pouvoir et si possible l'agrandir.

 

 

Héros de cette réalisation de Pablo Trapero, un duo de prêtres qui font ce qu'ils peuvent pour soulager la misère, au péril de leurs vies, pour sauver quelques vies dont on se dit que la plupart n'en valent pas, ou plus, la peine, trop marquées par l'environnement pour s'en sortir. Il faut s'adapter pour survivre et user d'une arme pour trouver sa place est le meilleur moyen d'en voir d'autres se tourner vers soi. Le plus âgé sait qu'il est malade et espère que le plus jeune sera capable de lui succéder à la tête de la paroisse.

Difficile de survivre, physiquement et mentalement, dans un tel cadre, face à la réalité d'une nature humaine débarrassée de contraintes culturelles. Heureusement Luciana apporte un peu de lumière dans un décor qui finirait sans elle par n'être qu'un cimetière gorgé de spectres engagés dans une course perdue d'avance avec la mort.

Les travaux doivent reprendre, devraient reprendre, auraient dû reprendre, le spectateur n'est pas surpris que ce ne soit pas le cas, l'argent nécessaire existe mais où est-il passé ?

Au fond l'important n'est pas que le monde change, en bien, mais que la situation autorise de se croire capable de l'influencer positivement, en sachant que ce sera vain. La drogue n'est pas toujours en poudre ou liquide mais elle mène toujours au même endroit, elle autorise seulement à regarder ailleurs un (trop bref) instant.

Ricardo Darin et Jérémie Renier sont excellents et Martina Gusman une révélation talentueuse et séduisante.

Le monde est brutal mais de temps en temps croire qu'il peut l'être moins est salutaire.

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 07:07

L'impression qu'il ressentit est de celles que les mots ne peuvent faire partager, il faut la ressentir. Néanmoins je vais tenter de vous en donner un aperçu en attendant qu'un jour vous en découvriez la sensation.

Cela commença par une émotion floue sans source ni cause perceptibles. Depuis longtemps il attendait un signe, l'espérait et le redoutait, l'espoir qu'ensuite, il y ait quelque chose de mieux ; la crainte, qu'il n'y ait rien, ou une situation pire.

La précédente ! Une existence quelconque, ce jour identique à hier, une vie sur les rails des habitudes et des obligations.

Une vie bovine, sans attrait, sans surprise, avec l'abattoir pour terminus !

Jeune il se pensait différent, attendait une vie intéressante. Il apprit à ses dépends qu'elle ne l'est que rêvée, vécue elle est sans attrait.

Il eut un moment l'ambition d'écrire, mais ce qui est sublime dans l'esprit devient prosaïque sur le papier. Non qu'il manquât d'imagination, au contraire, plutôt de style, de personnalité, bref, du moyen de transcrire ses visions. Il rédigeait quelques histoires puis le clavier restait silencieux plusieurs mois, trouvant n'importe quelle excuse et faisant semblant d'y croire.

Il aimait l'envie d'écrire, mais il ne savait pas l'assouvir.

Les années ont passées. Elles sont là pour ça.

De temps en temps un sursaut le replaçait devant sa machine, il engageait une feuille vierge et ses doigts courant sur les touches faisaient surgir des mots, naître une histoire. Il en était sûr. Le temps de la rédaction il maintenant le mirage, le travail achevé, du chef-d’œuvre ne restaient que décombres.

Pourtant il ne perdait pas espoir. Vous savez ce truc qui fait vivre, ou survivre, dans son monde.

Ses qualités lui semblant insuffisantes pour mériter quoi que ce soit, il tablait sur la patience et la foi pour .

Finalement il s'était enfoncé dans sa médiocrité, l'affirmant spécifique mais n'est-ce pas son principe ? Il était un génie incompris.

Son attente allait être satisfaite. Il allait échapper à ce monde étriqué qui lui était étranger. La mutation allait commencer, d'abord ce fut imperceptible mais bientôt il sut, sans surprise, la chrysalide sait qu'elle sera papillon, sans connaître les détails de son futur mais certaine qu'il vient.

Il ne se posa aucune question.

Enfin il allait laisser derrière lui une humanité qui lui était étrangère pour accéder à autre chose, une autre vie, la vraie !

Il prit conscience de son corps alors qu'il allait en changer.

Il s'allongea, souriant, serein, la transformation serait longue mais douce, bientôt il ne sentirait plus rien, il serait ailleurs, hors du monde, du bruit.

Ailleurs, en un endroit à côté duquel passe tant de gens sans s'en douter avant d'aller se perdre dans leur néant.

À force de croire méfiez-vous de vous y retrouver un jour.

Qui sait si en perçant sa réalité on ne rejoint pas le monde que l'on redoutait et auquel on donne vie.

 

Essayez d'y penser avant qu'il ne soit trop tard.

 

Si ça ne l'est pas déjà. Sinon, vous aurais-je prévenu...

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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