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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 06:07

Appelées aussi Ginyeo (기녀). Vous connaissez probablement, mais pas personnellement, les geishas, tout en vous en faisant une idée fausse. Les Gisaeng sont leur pendant coréennes, des courtisanes au sens noble du mot dont le rôle était d'accompagner les personnalités, des hauts fonctionnaires jusqu'aux rois.

Apparues pendant la dynastie Koryo(ou Goryeo고려 – 918-1392), les Gisaeng sont employées à la cour comme dames de compagnie des ministres avant d'entrer dans les maisons de la bourgeoisie. Leur statut social est le plus bas, en compagnie des boucher et des esclaves et pourtant elles fréquentent la haute société, noblesse et bourgeoisie, vivent dans le luxe et parfois la richesse.

Accéder à cette situation, pour dévalorisante qu'elle paraisse, était difficile et demandait une longue éducation dans des Gyobang, institut spécialisé où elles étudient les arts, tels que la calligraphie, la danse, la musique et la poésie. Beaucoup montreront de réelles dispositions, quelques-unes de leurs œuvres nous sont parvenues. L'école la plus réputée se trouvait à Pyongyang et continua sa ''formation'' jusqu'à l'occupation japonaise du début du XXème siècle.

Leur statut était héréditaire, en sortir était difficile, et couteux, l'état, dont elle est la propriété, demandant une très forte somme pour les affranchir. Carrière courte et reconversion limitée, par l'ouverture d'un commerce souvent, en devenant la concubine d'un de leurs anciens clients plus rarement. Peut-être celui à qui elle aurait vendu son mizuage (défloration) en échange de sa protection.

 

La gisaeng fait partie du ''folklore'' coréen, elle est l'héroïne de nombreuses chansons et romans, d'un film notable, avec Song Hye Kyo et d'un drama important avec Ha Ji-won, portant tous les deux le nom de la plus célèbre : Hwang Jin yi (ou Jini) !

 

Certaines furent à la fois espionne et diplomates en étant envoyées au Japon ou en Chine, jouant un rôle important au service de leur pays, jusqu'à soutenir le mouvement de résistance contre l'occupation nippone.

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14 juin 2013 5 14 /06 /juin /2013 06:07

J'ai souvent fait semblant de dormir,

Semblant de vouloir et d'espérer ;

Les yeux entrouverts et un sourire,

Songeant à l'espoir qui se noyait.

 

Plus souvent je fis semblant de vivre,

Semblant d'être là, l'esprit ailleurs,

Buvant les mots pour paraître ivre,

Maniant l'esprit, cynique et railleurs.

 

Et si je faisais semblant d'écrire,

Si tout cela n'était qu'un mensonge...

Si s'étirait mon dernier soupir

Jusqu'à ce que s'éteigne ce songe ?

 

À trop mentir, avec quel talent !

J'avoue avoir fini par y croire,

Mais dehors j'entends hurler le vent,

Il vient renverser ma tour d'ivoire.

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13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 06:07

Né en 1941 à Mokpo dans la province de Jeolla du Sud, entama ses études d'esthétique à la Séoul national university en 1959, il en sorti diplômé en 1966. Ses premières œuvres furent publiés dans le ''Shi-in'' (le poète) en 1969 usant de la forme ancienne du Pansori, épique et traditionnelle.

Dernier mousquetaire d'un quatuor (virtuel) des auteurs prééminents coréens Kim Chi-ha est le moins présent en France. Poète et auteur dramatique il s'opposa au régime du président Park Chung-hee, dont il fut déjà question ici plusieurs fois. Après avoir été torturé 5 jours de faux aveux lui furent extorqués qui le firent condamner, en 1974, à mort au terme d'un simulacre de procès, sentence converti en prison à vie après une mobilisation mondiale, dont Jean-Paul Sartre en France. Il fut emprisonné durant 8 ans. Son œuvre peut ainsi être divisée en deux époques, avant et après son séjour dans les geôles de son pays. En prison il écrivit sur du papier qu'il pouvait voler une ''Déclaration de Conscience'' qui fit

Très jeune il fut concerné par la vie politique de son pays, par les contraintes imposées par un régime coercitif.

Pionnier d'un mouvement subversif et underground il changea son nom de Kim Young-Il pour celui de Kim Chi-ha, terme largement employé dans les rues de Séoul dans les années 60 et qui, justement, signifie ''underground''.


Ses poèmes portaient un regard sans concession, ni illusion, sur la nature humaine et société coréenne puis s'orienta, mû sans doute par sa foi catholique, il se convertit en 1971, vers une vision plus cosmique de la réalité, privilégiant une vision asiatique moniste de l'énergie à celle, dualiste, occidentale, regardant la nature comme la source de toute chose bien qu'il affirmât n'appartenir à aucun parti politique.

Il voit dans le Chaos des idées et des valeurs un encrier dans lequel il plonge une plume curieuse et inspirée.

Il ne manque plus qu'un éditeur français se penche sur son travail.

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12 juin 2013 3 12 /06 /juin /2013 06:07

L'océan prédateur n'oublia pas un lieu,

Fouillant chaque cachette et dissolvant les dieux,

Grigris pour animaux qui n'ont pas trouvé mieux

Que ces aberrations contre leur peur des cieux.

 

Nul ne fut là après quand revint le silence,

La surface était lisse et l'horizon intense,

Plus rien pour évoquer qu'il y ait eu offense,

Régnaient sérénité, douceur et innocence.

 

La surface resta sans trace de pensée,

Doctrines ou illusions ; conséquences effacées !

Un miroir pour le ciel, impeccable reflet,

Plus rien de superflu pour le parasiter.

 

Qu'ont à faire les poissons des restes immergés

De béton, de métal, des hectares pollués,

Séquelles que le temps seul saura digérer

Et dont les auteurs sont... Mais pourquoi en parler ?

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11 juin 2013 2 11 /06 /juin /2013 06:07

Hwang Sok-yong (황석영) est né le 4 janvier 1943 en Mandchourie, la Corée étant alors occupé par les japonais. Fuyant l'invasion communiste il revint à Séoul avec sa famille où il subit les effets du conflit.C'est un écrivain dont la vie a nourrit l’œuvre pour lui donner une rare puissance.

En 1964 il est emprisonné pour activisme politique, de 1966 à 1969 il fait parti du corps expéditionnaire coréen au Viêt Nam. De cette expérience il tira un recueil de nouvelle L'Oiseau de Molgyewol, et un roman, L'Ombre des armes. Il était alors responsable du nettoyage des ''dommages collatéraux'' de la guerre, ce travail incluant de brûler les cadavres des civils. La nouvelle La Pagode, basée sur cette époque, lui valut le prix annuel du journal Chosun ilbo's, premier pas d'une carrière littéraire qui dure encore. Monsieur Han, son premier roman, conte l'histoire d'une famille séparée par la Guerre de Corée, il le rédigea après un voyage en République Populaire Démocratique de Corée où il rencontra Kim Jong-il en vue d'un programme de réunification des familles que le conflit avait écartelé.

La route de Sampo fut son premier grand succès.

À cette occasion il se lia d'amitié avec l'écrivain Hong Sok-jung.

Auteur de théâtre également plusieurs membres de sa troupe furent tués lors du Massacre de Kwangu. Refusant de vivre plus longtemps en Corée il s'exila à New York mais revint dans son pays en 1993, conscient qu'un auteur ne peut être loin de son pays et de sa langue. Il fut condamné à 7 ans de prison pour son voyage au Nord mais n'en fit ''que'' 5.

Hwang Sok-yong fait partie de ces auteurs qui trempent littéralement leur œuvre dans leur vie mais savent aussi garder les yeux ouverts sur la réalité, sur les faits et leurs causes, sur les intérêts qui président bien souvent à des comportements manipulés par des intérêts qui préfèrent la discrétion. Il pourtant autant le totalitarisme de Pyongyang que le capitalisme vorace de Séoul, si des deux l'un peut sembler pire cela ne signifie pas que l'autre soit meilleur.

Loin de là.

Témoin sans être juge, clair sans être le donneur de leçon qui sait ce qui est bien et parade autant qu'il pérore.

Le monde qu'il décrit est inquiétant, terrorisant, effrayant, mais qui peut croire, lucidement, qu'il sera jamais autrement ?

Hwang Sok-yong est traduit en français et publié chez Zulma.

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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 06:07

Beaucoup s'y essayèrent en des langues diverses,

Quand la terreur revient la conscience régresse,

Des profondeurs remontent avides de détresse

Les instincts oubliés affamés de faiblesse.

 

Tempêtes et ouragans s'invitèrent à la table,

Goinfres et acharnés jusqu'à l'insoutenable ;

Les larmes et les cris face à l'irrémédiable,

N'ont pas plus de pouvoir qu'une ombre sur du sable.

 

Les huttes et les buildings tour à tour s'effondrèrent,

Les palais, les châteaux, du luxe à la misère

Rien ne put résister, ni rempart ni frontière,

Quel moyen de lutter contre un tel adversaire ?

 

Il y eu des projets pour vaincre le néant,

Pour préserver l'espoir, le futur, les enfants...

Pas une arche ne put affronter l'océan,

 

Frêles esquifs promis aux crocs des ouragans.

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 06:07

Su Li-zhen est belle (forcément, elle est incarnée par Maggie Cheung), discrète et solitaire, en effet son époux est forcé pour son travail de voyager souvent, ce qu'il fait avec d'autant plus de constance qu'ainsi il peut rencontrer sa maîtresse. Ce jour elle surveille l'aménagement de leur nouvel appartement loué à Mme Suen, incarnation de la morale de l'époque.

Simultanément Chow Mo-wan (Tony Leung Chia-wai), journaliste de son état, s'installe dans un appartement sur le même pallier. Sa situation est semblable de celle de Mme Su, son épouse est souvent absente, trop occupée à diverses activités.

La ressemblance de leur situation les rapproche mais dans la société hongkongaise du début des années 60 les rumeurs vont vite et le carcan des conventions sociales ne se relâche que dans la discrétion, l'honneur et la fidélité font partie de ces qualités qui elles aussi les rapprochent.

Un collègue de Chow lui signale un jour qu'il a vu son épouse en compagnie d'un inconnu... Au hasard de paroles échangées avec sa voisine tous deux vont remarquer que les absences de leurs conjoints respectifs se superposent quasi parfaitement. Plus encore : Mme Chow possède le même sac que Mme Su et offrit à son mari une cravate identique à celle du mari de Li-zhen !

Ils n'ont pas besoin de réflexions longues et profondes pour comprendre leurs infortunes. Dès lors ils vont se voir plus souvent, sortir ensemble, tenter de comprendre pourquoi l'autre de chacun s'est éloigné. Ce faisant ils vont surtout réaliser à quels points eux aussi sont fait pour se connaître.

De journaliste Mo-wan voudrait devenir écrivain et travaille à un roman de chevalerie, genre préféré de Li-zhen qui va relire et conseiller son ami. Eux aussi vont jouer aux amants et se retrouver dans un hôtel qui sert de bureau pour Chow. Ils vont même mettre au point ce qu'ils diront à leurs époux au moment de la rupture.

Arrivera-t-elle ?

L'amour vécu n'est-il pas le tueur de l'amour ressenti ? Quand ce dernier est idéal l'autre n'est-il pas confronté à tant de réalités qu'il fini par perdre tout goût et être remplacé par un tas d'habitudes et de mots creux ?

Quand un secret est trop lourd à porter le mieux est de le confier à la terre, d'y faire un trou, de l'y murmurer puis de le combler afin que nul jamais ne l'entende. Et quel plus bel endroit pour cela qu'Angkor alors même qu'arrive en visite officielle le général de Gaulle !

Pour son film Wong Kar-wai s'est inspiré de tableaux du Greco et du Parmesan ainsi retrouve-t-on La Madone au long cou dans le cadrage de Maggie Cheung et les couleurs des robes qu'elle porte. Les ralentis mêmes étirent le temps pour profiter de l'instant même en le sachant promis à se perdre dans le passé. Chaque instant de ce film murmure des sentiments qui n'osent s'exprimer, dans chaque attitude nous entendons ce qui ne se dit pas, ce qui ne se dira peut-être jamais.

 

Sublime, what else ?

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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 06:07

Discrète l'eau monta rongeant les continents,

D'abord quelques îlots digérés lentement,

Beaucoup furent engloutis mais nul n'étant présent

Cela fut insidieux, de minimes incidents.

 

Il y eut quelques crues avant que l'inquiétude

Pénètre les esprits, sape les certitudes ;

À l'image de l'eau noyant les habitudes,

Ramenant du passé l'ombre des servitudes.

 

Les médias attirés par le sensationnel,

Montrèrent que partout la colère du ciel

Promettait à chacun le destin torrentiel,

Damné de posséder un cœur pestilentiel.

 

Des dévots virent là le paiement des péchés

Commis par les humains contre leur déité,

''Mettez-vous à genoux, priez et implorez,

Il n'y a d'autre choix pour être pardonné !''

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 06:07

Dans Séoul, un tueur découpe ses victimes et en garde un morceau : tronc, jambes, bras comme s'il cherchait à construire un être improbable sous forme de puzzle. 6 pièces c'est pas terrible !

Si ?

Le détective Cho (incarné par Han Suk-kyu, déjà vu dans Shiri) est chargé de l'enquête en compagnie de Oh. Il découvre que chaque nouvelle victime était averti de ce qui l'attendait par la réception d'une partie du cadavre précédent, celle-là même qui allait lui être prise.

La troisième retrouvé l'amène à rencontrer Chae Su-yeun qui a été sa maîtresse, elle l'intrigue autant qu'elle l'attire, ce qui est compréhensible puisqu'elle est incarnée par Shim Eun-ha vedette de M, drama que vous ne verrez jamais et c'est dommage.

Menant son investigation sur la suspecte il apprend qu'elle fut victime de son père, peintre autant que tortionnaire qui lui fit faire plus de choses qu'il n'aurait dû sous prétexte de la peindre et peindre encore.

Les événements vont s'accélérer quand Oh sera assassiné par Sung-min, ami de Chae et qui semble le tueur responsable de tous les crimes.

Qui semble...

Et puis Cho reçoit la tête du dernier mort !

 

 

Un film de serial-killer de plus penserez-vous ? Certes, mais avec une mise en scène qui ne rechigne pas sur le sang et le spectaculaire quand il s'agit de retrouver les sacs contenant les restes des victimes que l'assassin aime à disperser en des endroits surprenants. Une scénario habile et une interprétation dominée par une actrice qui a prit trop tôt, à 28 ans, sa retraite. Sa réalisation souffre d'avoir vu trois réalisateurs se succéder, dommage, avec un peu plus de cohérence et de rythme ce film aurait pu être une vraie réussite.

Mais j'aime bien la fin.

PrintempsCoree2.jpg

 

Histoire de rester en compagnie de Shim Eun-ha vous pouvez voir aussi :

Born to Kill film poster.jpg

Récit tragique d'un tueur à gages tombant amoureux de sa voisin, barmaid et aspirante vedette de la chanson. Voir, et entendre, Eun-ha en Marilyn Monroe chantant River of no return est un grand moment...

 

Et s'il vous en faut plus, ne ratez pas :

Drama fantastique, tourné en 1994, qui connut un triomphe. Il figure encore dans les 20 plus grands succès de la télévision coréenne. Il a beaucoup vieilli, pas Shim Eun-ha.

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6 juin 2013 4 06 /06 /juin /2013 06:07

Il y eut une ville ici, avec des rues

Des jardins, des boulevards et des avenues,

Dans la boue du passé les souvenirs s'engluent,

Errent des souvenirs depuis longtemps perdus.

 

Des gens marchaient par là, des enfants s'amusaient,

On les entendait rire et leurs chants résonnaient ;

C'était... c'était avant, un passé si lointain,

Alors le temps coulait entre hier et demain.

 

Le bonheur existait comme un but accessible,

Pour beaucoup il semblait être l'unique cible.

Une ambition, un but, qui rendait irascible

Qui le croyait un droit au refus impossible.

 

Et quand tomba la pluie nul n'en fut étonné,

Tous avaient des projets, le printemps s'annonçait,

Il fallut plusieurs jours avant que soient inquiets

Les esprits curieux de ce qui se produisait.

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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