C'est juste une chose assise devant moi,
Un jouet organique aux yeux déliquescents.
Je l'y ai attaché... un spectacle de choix.
L'observer lentement dévoré par le temps.
La vengeance est un fruit savoureux sur l'instant,
Mais qui change de goût au fur et à mesure.
Voici ce que l'on dit et répète souvent,
Comme si c'était le moyen pour en être sûr.
L'expérience me dit où est la vérité,
Qu'il est satisfaisant d'écouter sa colère,
Rien ne lui plait tant que la culpabilité,
Un trophée douloureux dont elle se montre fière.
Il se pourrait qu'un jour les positions s'échangent,
Qu'à mon tour, attaché, je doive dépérir ;
Puisque le jeu le veut : que le vaincu se venge.
Mourir à petit feu fait partie du plaisir.
Le plus drôle serait que je pose un miroir,
Contre le mur, glacé, me lie sur un fauteuil,
Un tic tac résonnant, compagnon de l'histoire,
Il est vrai que de moi j'ai déjà fait le deuil.
Quand je suis bon petit, on m'admire en souriant,
Me tançant gentiment ; d'un doigt me menaçant !
N'est-il pas amusant que soit ainsi nommé,
Un enfant turbulent à l'avenir banal,
N'est-il pas simplement un petit animal,
Ignorant du destin qu'il devra assumer ?
L'opposant d'une idée devient mon avocat,
Cherchant les arguments les plus dévastateurs,
Un exemple idéal, je suis contradicteur,
Celui qui toujours dit : Avez-vous vu cela ?
Qui déjeune avec moi, prendra ses précautions,
La cuillère à long manche préserve la distance,
Perdre son attention c'est risquer sa conscience.
De tout et de bien pire je nourris les passions.
Ma beauté sans égal vient de mon aptitude
À percer les secrets du cœur les mieux gardés.
On peut me croire roi ou paysan crotté
Qu'importe le réel, je deviens certitude.
Qu'attends-tu donc de moi toi qui parcours ces vers,
Sachant pertinemment, ou du moins le croyant,
Que je suis tentation pour esprit innocent,
Capteurs d'âmes isolées et maître des pervers.
Point de repos pour moi, j'ai de l’œuvre en surplus,
Je presse les esprits, en extirpant la vie,
Dévorant peur, amour, rancune autant qu'envie.
Restituent à leur Dieu ce dont je ne veux plus !
Une proie dévorée, une autre que je vise,
Je vous attends là, à la sortie de l'église.
Sans hantise il ne restera rien
Qu'un spectre transparent à ma place,
Ignorant du mal comme du bien,
Indifférent au feu, à la glace.
Peu importe combien de combats
Je devrais livrer contre moi-même,
Gagner m'est interdit ici-bas,
Le destin m'a frappé d'anathème.
Quand j'aurai traversé le miroir,
L'au-delà sera-t-il accueillant,
Une autre source de désespoir,
Ou la paix absolue du néant ?
Faisant effort de sincérité,
Je suis amené à convenir,
Qu'entre être rien ou être damné,
J'ai appris le plaisir de subir !
Rosemary et Guy Woodhouse sont mariés depuis peu, il est acteur mais court après les cachets et doit figurer dans des publicités pour vivre. Contre toute attente ils trouvent à se loger dans le prestigieux Bramford Building d'ordinaire réservé à l'élite.
Peu de temps après leur installation ils sont invités par leurs voisins : les Castevet, sympathique couple de personnes âgés que Guy apprécie peu au début mais dont il finit par découvrir les qualités. Roman ne lui a-t-il pas dit qu'il disposait des qualités nécessaires pour le conduire sur un long chemin ? Le hasard aidant l'acteur obtient peu de temps après un rôle important dans une pièce de théâtre dont l'acteur principal vient d'avoir un accident l'empêchant de tenir sa place. Ce sera le premier d'une série le voyant accéder au vedettariat.
Plus tard Guy propose à Rosemary d'avoir un enfant maintenant que sa position est assurée et l'avenir souriant. La jeune femme accepte, venant d'une famille catholique c'est la moindre des choses !
Alors qu'ils dînent tranquillement Minnie Castevet leur apporte un gâteau au chocolat, Guy insiste pour qu'ils y fassent honneur bien que son épouse lui trouve une saveur inhabituelle. Du reste elle va se sentir bizarre et avoir des hallucinations inquiétantes, ce n'est pas son mari qui fait l'amour avec elle mais quelque chose d'autre avec des yeux jaunes, des écailles et des mains griffues.
Il ne faudra pas longtemps pour que Rosemary se révèle enceinte, une grossesse surveillée par Abe Sapirstein, le meilleur obstétricien du pays qui va conseiller à sa jeune patiente d'être calme pendant les neuf mois qui viennent et de suivre le traitement qu'il lui prescrit à la lettre.
Les choses se passent durement pour la jeune femme qui perçoit finalement le climat étrange et oppressant autour d'elle, trop d'attentions, de préoccupations comme si sa grossesse concernait tous les habitants de l'immeuble. Elle va s'interroger sur la véritable nature de ses voisins dont elle devine enfin la malignité. Son ami Hutch lui apporte un livre sur la sorcellerie et les cultes sataniques. Alors qu'elle veut s'échapper elle est rattrapée et ramené chez elle où, droguée, elle va accoucher.
À son réveil on lui apprend que son bébé est mort, elle est sûre que c'est faux, et puis lui importe les paroles de réconfort de son mari qui lui dit qu'ils vont partir pour Hollywood, avoir une nouvelle vie. Elle veut en savoir plus, ce qui est rarement une bonne idée.
Se faufilant chez les Castevet elle découvre une assemblée d'individus semblant venir du monde entier chargés de cadeaux comme il se doit pour un nouveau-né, comme, beaucoup plus tôt, des mages le firent.
Elle s'approche, un berceau, elle est sûr que c'est son enfant.
Mais pas celui de son mari ! Quand elle en voit les yeux reptilien le doute n'est pas permis et romand Castevet le lui dit : ''Satan est son père, pas Guy. Il est venu de l'enfer et engendra un fils de la femme mortelle.''
Elle se penche, prend le nourrisson dans ses bras et le berce doucement.
À son habitude Polanski ajoute au fantastique un brin d'humour noir du plus bel effet. Ce dernier résiste mieux au temps que l'autre !
L'action se passe en réalité dans le Dakota Building, celui-là même où John Lennon habitait en décembre 1980. Bien d'autres célébrités y vécurent : Lauren Bacall, Judy Garland, Boris Karloff...
Je croyais avoir tout arraché,
Avoir visité chaque recoin
Des jours et nuits d'avant, d'un passé
Qui manquait du plus mais pas du moins.
J'ai arraché les tapisseries
Pour qu'apparaissent les pierres nues,
Brûlé les portes et boiseries,
Les meubles anciens, les secrets tus.
J'ai jeté en mots sur le papier,
Des souvenirs d'enfant, les espoirs
qui n'étaient là que pour me tromper
Pour être en paix quand viendrait le soir.
J'y ai cru, le vide était plaisant,
Plus de cauchemar pour me hanter,
Enfin je pouvais m'endormir sans
Que l'horreur repose à mon côté.
Mais c'était trop beau pour être vrai,
Le pire est expert à disparaître,
Sa proie un moment croit respirer,
Comme un chien voulant vivre sans maître.
Zabala part vite, très vite, il a l'ambition de battre son record lors de ce marathon des jeux olympiques de 1936 mais il ne va pas tenir la distance et abandonner au 32e km alors que Son Ki-chong l'a dépassé au 29e.
Pour la première fois dans l'histoire de l'olympisme un champion asiatique remporte cette épreuve. Malheureusement, coréen, il est obligé de courir pour la Japon alors puissance occupante de son pays. Lors de la remise de la médaille et d'une couronne de laurier, c'était l'usage alors, il s'efforce de dissimuler le drapeau nippon sur son maillot.
Il signe à cette occasion la meilleure performance mondiale en 2 h 29 ' et 19''. Entendant l'hymne japonais il baissera la tête en signe de patriotisme accompagné sur le podium de Nam Seung-yong qui obtint la médaille de bronze.
Il refusera par la suite de participer à d'autres compétition jusqu'à la libération.
À Séoul le quotidien Dong-a Libo titrera ''Victoire coréenne à Berlin'', ce qui lui vaudra plusieurs mois d'interdiction et l'arrestation de ses dirigeants.
Né le 29 août 1912 il manifesta rapidement un talent inné pour la course, à douze ans il remporte la victoire contre des adultes sur une distance de 5 kilomètres et remportera son premier marathon international en 1932. Jusqu'en 1936 il remportera 10 victoires sur 13 compétitions dont le marathon de Tokyo le 3 novembre 1935.
Sohn Ki-chong devint un symbole pour ses compatriotes, celui de la victoire possible, la vraie allait venir quelques années plus tard.
À Londres, en 1948 il fut porte drapeau de la délégation de son pays enfin indépendant. Plus tard il fut entraîneur et président du comité olympique sud-coréen. Il alluma la flamme olympique lors des Jeux de Séoul en 1988. En 1992, à Barcelone, Hwang Young-co obtint à son tour le titre suprême, avouant ce qu'il devait à son aîné.
Il mourut à Séoul, à l'hôpital Samsung, des suites d'une pneumonie le 15 novembre 2002, preuve que la course de fond conserve et que je devrais m'y mettre.
Qui n'a pas, la nuit, dans un demi sommeil,
Entendu pleurer un souvenir perdu
Il vient du monde ou patientent les merveilles
Espérant un soir pouvoir être revu.
Mais qui peut choisir les spectres qu'il invite,
Les moins amicaux sont souvent les plus prompts
À trouver la voie que les autres évitent
Pour s'imposer en remontant des tréfonds.
Au cœur de l'obscur pourrissent les secrets
Que l'âme à jamais voudrait savoir banni,
Ceux dont la honte espère nous détourner,
Transformant ainsi le passé en oubli.
Mais masqué du second le premier revient,
Notre envie attisée nous nous approchons,
La conscience est bernée qui s'attend au bien
Et se trouve étreint par les bras d'un démon.
Quand nous sortons du passé de la Corée penchant plus du côté de la mythologie que de l'Histoire, laissant derrière nous Gojoseon sur lequel je reviendrai, nous rencontrons le roi Jumong(주몽, - 58, - 19), fondateur du premier vrai royaume coréen de Koguryŏ en -37. Son ascendance, supposée, est néanmoins hors du commun puisqu'il est à la fois le fils de Haemosou (un fils du Dieu des cieux) et de Yuhwa (fille ainée du Dieu de rivières).
Très jeune il se fait remarquer par sa force et son intelligence, à 7 ans il se confectionne un arc et fait la démonstration de son habileté extraordinaire avec cette arme, d'où son surnom de Jumon ''Expert à l'arc'' !
Ce talent lui attira l'inimitié et la jalousie des princes héritiers qui voulurent le tuer. Sur les conseils de sa mère il quitte Dongbuyeo sa ville natale et s'installe à la frontière entre la Chine et la Corée actuelle. Bénéficiant de la déliquescence de l'Empire Han il augmente son territoire jusqu'à en faire un royaume immense qui continuera à s'étendre après sa mort. Koguryŏ s'étendra alors sur une bonne moitié de la péninsule au sud et au nord jusqu'à la Mandchourie.
Son rêgne dura 18 ans, son royaume 7 siècles, il fut vaincu par une coalition faite du royaume de Silla, et la Chine des Tang qui se le partagèrent, le nord pour la seconde, le sud pour le premier.
D'autres royaumes lui succédèrent et s'en voulurent les héritiers jusqu'à la fondation de Koryŏ (IXème), premier à unifier la péninsule et pére étymologique de la Corée.
Jumong fit preuve toute sa vie de sa compétence militaire, de sa sagesse comme dirigeant et de son intelligence politique, intégrant les vaincus ou épousant la fille d'un chef local pour sceller leur entente.
À titre postume il fut surnommé Dongmyeongseong ou Tongmyong.
Un drama de 81 épisodes fut réalisé en 2006 et connut un immense succès avec Song Il Gook (송일국) dans le rôle titre, Han Hye-jin (한 혜 진), Song Ji-hyo (송지효) et Oh Yeon-soo (오연수). Je suis très fier de les avoir tous vu. Il prend quelques libertés avec la réalité mais il est dit que quand la légende est plus belle il est logique de la préférer.
Sa tombe se trouve à Ryongsan-ri, à 30 km au sud-est de Pyongyang.
Après celui de la République de Corée il me semblait normal d'évoquer l'hymne de la République Populaire Démocratique de Corée.
Aegukka (애국가)ou Chant Patriotique est l'hymne national de la RPDC depuis 1947, les paroles sont de Pak Se Yong (1902-1989) et la musique de Kim Won Gyun (1917-2002).
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아침은 빛나라 이 강산
백두산 기상을 다 안고
한없이 부강하는 이 조선 길이 빛내세
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Pays du Matin calme plein de soleil, regorgeant d’or, d’argent,
L’esprit du Paektu nous anime autant que l’amour du travail,
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| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |