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9 avril 2014 3 09 /04 /avril /2014 07:38

J'ai chu de mon arbre généa-illogique,

Lourdement sur le sol de la réalité.

J'ai poussé un long cri comme un constat tragique

D'un destin effrayant qui allait m'entraîner.

 

Je me suis relevé mais sans l'avoir voulu,

Un enfant inconscient faisant ses premiers pas,

Le temps s'est écoulé mais qu'avais-je vécu ?

De n'être un pantin on ne sait où l'on va !

 

Dans le troupeau j'étais un mouton parmi d'autres,

Poussé par le courant, routine et habitude,

Un bouchon inconscient, ni athée, ni apôtre,

Qui vit sans question se passe de certitude !

 

J'ai agit sans vouloir, prit le chemin offert,

Suis sorti du cheptel poussé par le désir,

Hélé par la folie, appelé par l'Enfer,

Ou plus simplement en ayant le goût du pire.

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8 avril 2014 2 08 /04 /avril /2014 07:05

The Man from Nowhere (아저씨; Ajeossi) Lee Jeong-beom. 2010.

Cha Tae-sik vit à l'écart, parle peu, ne se fait pas remarquer, ce qui semble normal pour un prêteur sur gage d'un quartier quelconque de Séoul. Il se lie peu avec ses voisins, si ce n'est avec So-Mi, une enfant qu'il reçoit chez lui quand Hyo-jeong, sa mère, est sous l'influence de produits divers et (a)variés ou contrainte de sortir pour travailler. Un jour celle-ci a la mauvaise idée de voler de la drogue au gang de Oh qui va charger son homme de main (sale), Man-seok, de la retrouver par n'importe quel moyen. Le plus simple sera de kidnapper mère et fille pour torturer la première et menacer la seconde.

Hyo-jeong pour dissimuler son larcin le mit dans une sacoche d'appareil photo qu'elle confia à Cha, cédant aux arguments violents de ses tourmenteurs elle avoue où la drogue se trouve et Oh va envoyer trois hommes à la boutique du prêteur pour récupérer son bien.

Tae-sik donnera le sac, et son contenu, aux bandits en échange de leurs prisonnières, promesse qui ne sera pas tenu, Man-seok pensant que Tae-sik pourrait lui être utile pour son trafic en faisant office de livreur. Mais tout cela n'est qu'un piège dans lequel il n'est qu'un élément et la police va trouver dans la voiture qu'il utilisait le corps de Hyo-jeong puis l'arrêter.

Dans le commissariat Cha va réaliser que So-mi est en danger et qu'il ne veut pas qu'il lui arrive quelque chose. Lui qui voulait passer inaperçu va devoir retrouver des habitudes et des compétences mises de côté depuis longtemps pour s'échapper, depuis le décès de sa femme enceinte alors qu'il était officier des forces spéciales chargé d'opérations secrètes. Ces aptitudes vont lui être utile pour retrouver So-in et la libérer.

Si vous pensez que ce scénario ressemble à Léon vous êtes dans le vrai, à quelques différences près pour un film rythmé, brutal, à la mise en scène inspirée avec un personnage central, incarné par Won Bin, plus nuancé qu'on pouvait le craindre et Kim Se-reon, qui incarne So-mi avec beaucoup de justesse. La distribution fait la différence et les acteurs rendent attachants des personnages qui sans cela serait stéréotypés et fades.

Cha se demandait peut-être pourquoi il vivait encore et cette enfant ressemblait à celle qu'il aurait pu avoir, histoire déjà vue de la rencontre d'un tueur et de l'innocence, de la quête de rédemption du premier pour sauver la seconde dans une scène finale apocalyptique.

Pour ce challenge je m'efforce de parler de film que j'ai apprécié. Même si je suis de parti pris quand il s'agit de cinéma Coréen vous ne regretterez pas de regardez celui-ci plutôt que la dernière production venue polluer nos grand écrans.

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7 avril 2014 1 07 /04 /avril /2014 06:58

Après de nombreux incidents aux conséquences dévastatrices un projet de loi visant à recenser tous les super humains va être présenté au Congrès. Ceux-ci une fois enregistré seront enrôlés par le SHIELD et soumis à l'autorité de l'état américain qui créer une brigade de super héros dans chacun des cinquante états dont il pourra disposer à sa guise.

Tony Stark (Iron Man) est averti de ce projet et demande à ses amis de le soutenir. Il est soutenu principalement par Mr Fantastique et Spider Man qui le considère comme son mentor depuis certains événements qu'il est inutile de rappeler ici, l'autre camp étant dirigé par Captain America.

Pour une émission de télévision de jeunes héros, les New Warriors se retrouvent confronté à Nitro, un méchant de chez méchant, doté d'un pouvoir explosif comme l'indique son pseudo.

Le résultat fera des centaines de victimes de la ville de Stamford dont soixante enfants, un seul des New Warriors survivra : Speedball. L'événement monté en épingle fera pencher la balance du peuple en faveur du recensement.

Une opposition en 7 volumes plus des dizaines d’interactions mettant en scène des personnages différents éclairant la situation sous divers angles et produisant une des sagas les plus ambitieuses de l'histoire de la bédé mettant en scène la manipulation médiatique, le courage des uns, la lâcheté des autres, le goût du pouvoir de certains, la marche implacable d'un impérialisme capable de tout pour s'imposer. Bref, rien de bien nouveau sous le soleil, la nature est toujours en marche.

Les amis vont se dresser les uns contre les autres, opposer leur conviction, leur certitude, douter d'eux-mêmes, des autres, changer de camp quand ils se rendront compte de leur erreur. Que les ''gentils'' engagent des méchants, et que les ''méchants'' se retrouvent enfermés dans une prison en plein cœur de la zone négative.

Certains refuseront de choisir, la Chose qui part pour la France, le Dr Strange qui jeune pour trouver la meilleure solution. D'autres se disent qu'ils pourraient profiter de la situation.

Finalement Captain America conscient de la situation et de la catastrophe qui s'annonce décidera de se rendre...

Un projet sponsorisé par la NSA.

 

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6 avril 2014 7 06 /04 /avril /2014 06:49

Juan Miranda était paysan, il n'y a pas de sot métier mais au Mexique en 1913 c'est un métier fatigant et peu rémunérateur c'est pourquoi il a changé d'orientation professionnelle pour se diriger vers l'attaque de diligences. Les circonstances vont le mettre en présence de John Mallory, ancien membre de l'IRA venu prêter main-forte aux révolutionnaires de Pancho Villa et recherché par la police britannique. Les deux hommes semblent fait pour s'entendre mais quand le premier vise à se remplir les poches le second est un idéaliste mettant ses compétences d'artificier au service de la libération des peuples.

Le premier va pourtant convaincre, en le menaçant, le second d'attaquer la banque de Mesa Verde qu'il imagine rempli d'or, l'idéal pour changer de vie et sortir de sa condition.

Autant dire que sa surprise et sa déception seront grandes quand il découvrira qu'à la place des lingots ce sont des prisonniers politiques qui se trouvent dans la banque recyclé en pénitencier. L'attaque va fonctionner et les prisonniers recouvrant la liberté pour féliciter Juan pour sa participation au mouvement révolutionnaire, en faire un héros en même temps qu'un leader. Et lui qui croyait avoir ''convaincu'' son partenaire de s'en prendre à ce bâtiment.

Ce qui lui fera une belle jambe ! Il n'empêche qu'il va se retrouver à conduire une guerre qu'il comptait utiliser pour servir ses propres intérêts.

Considéré comme le second volet de la trilogie des ''Il était une fois'' ce film est le dernier western de Sergio Leone, encore que western soit réducteur pour une réalisation plus ambitieuse dépassant le cadre de son apparence pour délivrer, sinon un message, du moins une démonstration, celle d'un peuple aspirant à la libération, et les associations entre qui veut la servir et qui veut l'asservir !

Finalement le titre français dit bien ce qu'il veut dire : une révolution n'est qu'un conte de faits qui se termine rarement bien. Le prince char-ment pour profiter de la dot de la Belle au Bois Dormant, et s'il est sincère, ce qui peut arriver, dit-on, alors ses héritiers s'en chargeront.

Sean a bien compris l'inanité de ses actes mais le mouvement l'entraîne presque malgré lui avec pour seule illusion l'accompagnant les images d'un passé disparu, dévoré par l'inéluctable appétit du temps indifférents aux aspirations humaines.

Un film gigantesque, baroque et ironique sur des aspirations dont, une fois proche, nous ne savons que faire tant elles dépassent notre médiocrité. Heureusement il reste le cinéma.

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5 avril 2014 6 05 /04 /avril /2014 06:31

Gunnm (manga) connut une fin soudaine, Yukito Kishiro fut contraint de suspendre son travail, plus tard pourtant il décida de reprendre son œuvre, et son héroïne, Gally, dans une série qui n'est pas une suite, ni un remake, mais une espèce de continuité dans un cadre différent.

L'espèce humaine faillit ne pas survivre quand un météore frappa la Terre, l'unique chemin pour s'en sortir était d'envahir le cosmos !

Pour les habitants de notre planète d'origine la vie a changé, une couche nuageuse retient les rayons du soleil au point que beaucoup d'humains retrouvent leur animalité pour survivre. Quelques-uns pourtant se ressaisissent, s'organisent et retrouvent le savoir d'antan grâce à un ordinateur quantique nommé Merlin qui annonce la dissipation proche des nuages et l'accession des étoiles par l'espèce humaine. Grâce à lui ils y parviennent et créent mathusalyze, méthode à base de nanomachines permettant d'effacer le vieillissement. La mort est repoussée, les naissances sont superflues. L'espace devient accessible et la colonisation du système solaire est entamée avec la construction de l'échelle de Jacob, l'anneau orbital.

Le professeur Desty tendit à piège à Gally qui ne peut en réchapper, prétexte pour la reconstruire, en lui donnant un corps plus puissant que celui qu'elle possédait auparavant, l'Imaginos, construit à partir de sa lame de Damas.

L'avenir différera de ce qu'il avait imaginé...

Le premier souvenir de Gally est ce désert de rouille mêlé de sang alors que ses neurones commencent leur nouvelle danse du feu, neurones différent des autres par la présence d'une résine polymère qui en remplace la partie aqueuse dans les échanges osmotiques, constituant ainsi un antichoc cellulaire.

Après avoir attendu des siècles sur son tas d'ordures le mystère de ses origines persiste.

D'autres souvenirs reviennent, ces hommes dans le désert, son incapacité à marcher, et Erika qui vient l'aider alors qu'incapable de marcher elle allait se faire tirer dessus par un mercenaire. Elle s'appelait encore Yoko à l'époque. Elle veut retrouver sa maison, sa... mais où se trouve-t-elle désormais ?

GUNNM

C'est ainsi que commence le premier tome de Gunnm Last Order, l'histoire de Gally ressuscitée en quête de son histoire. Sa reconstruction cérébrale est complète, y compris les zones qui demeuraient inaccessibles. Elle est libre et va découvrir ce que cela veut dire.

 

18 tomes sont disponibles pour partager les aventures de Gally, mieux vaut que ce ne soit que sur le papier.

 

C'est ainsi que commence le premier tome de Gunnm Last Order, l'histoire de Gally ressuscitée en quête de son histoire. Sa reconstruction cérébrale est complète, y compris les zones qui demeuraient inaccessibles. Elle est libre et va découvrir ce que cela veut dire.

18 tomes sont disponibles pour partager les aventures de Gally, mieux vaut que ce ne soit que sur le papier.

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4 avril 2014 5 04 /04 /avril /2014 07:00

Parmi les hommes qui œuvrèrent pour le rapprochement entre le Vietnam et l'Occident il m'a parut judicieux de commencer par Alexandre de Rhodes qui se pencha sur la langue annamite et en fit la romanisation il y a plus de trois siècles.

Alexandre vit le jour le 15 mars 1591 à Avignon où il vivra jusqu'en 1599, date à laquelle il s'embarque pour Rome afin d'y effectuer son noviciat. En 1612 il s'engagera dans la Compagnie de Jésus pour, six ans plus tard, aller dire adieu à ses parents avant de partir pour Lisbonne, seul base permettant de s'embarquer pour les Indes Orientales, en ayant reçu le droit par le pape Alexandre Borgia.

Il n'embarquera en fait que le 4 avril 1619 pour le Japon, une destination qu'il n'atteindra jamais, ce pays, après son départ, chassera tous les missionnaires et prédicateurs étrangers.

Le 9 octobre il débarque à Goa dans le but d'attendre que le Japon révise sa position et autorise à nouveau la pollution occidentale sur ses terres. Il ne repartira que le 12 avril 1622, pour la même destination, qu'il n'atteindra toujours pas, devant attendre 9 mois à Ceylan des vents favorables qui ne le pousseront jamais vers son but premier. Celui-ci fut donc modifié et on lui demanda de reporter son désir d'évangélisation vers les pays limitrophes de la Chine, en l’occurrence la Cochinchine et le Tonkin.

Ainsi, faisant partie du fret portugais, le père de Rhode débarque le 12 janvier 1624 à Faifo (aujourd'hui Hôi An). Il aura beaucoup de succès comme prêcheur pendant un an et demi et convertira même la tante du second seigneur de Hué ''Madame Marie'' qui deviendra un de ses soutiens les plus solides. Rappelé à Macao où la rumeur de son succès est arrivé il est envoyé au Tonkin avec la même ambition.

Il débarque le 19 mars 1627 à Chouaban, reçu par le roi celui-ci lui demande de l'attendre le temps d'une petite guerre avec la Cochinchine. Temps que mettra à profit Alexandre pour enrôler deux cent ''païens'' avant d'aller réconforter le roi dont l'expédition n'eut pas le succès escompté. Le souverain ne se convertira pas pour autant mais la cour ne sera pas insensible à ses sermons. Durant la première année de sa présence dans la capitale du Tonkin, Chechon, il baptisera environ 1200 personnes, près du triple l'année suivante. Intelligent et perspicace il avait bien compris qu'il importait de convertir d'abord les prêtres des cultes locaux, leurs ouailles suivraient. Psychologue il leur présentait l'immortalité de l'âme et la perspective de la vie éternelle, ce qui était le meilleur des éléments marketing à sa disposition, ensuite, petit à petit, il enseignait les autres aspects du christianisme. Son succès fit des envieux mais causa aussi nombres de perturbations sociales, surtout quand il insistait pour qu'un homme n'ait qu'une seule femme, ce qui pouvait priver le royaume de nombreuses naissances et le roi de la centaines de jeunes femmes qu'il avait à son service.

Finalement le souverain lui interdit de continuer son action et défendit à son peuple d'obéir à cette doctrine contraire aux intérêts de l'état et aux coutumes du royaume.

Ce qui ne l'empêcha pas d'y retourner et de continuer son travail à Macao ou en Chine, principalement dans la région de Canton.

Il évoquera son périple et ses réalisations dans deux livres :

Histoire du royaume de Tunquin (1651)

Divers voyages et missions (1653)

Les deux furent écrit en latin. Indispensables témoignages pour connaître l'histoire de la région à cette époque.

 

Il rapporte de nombreuses observations sur ce qu'il a vu, la géographie du pays, son histoire ''Ce pays est séparé de la Chine depuis 8 siècles et ses habitants laissent flotter leurs cheveux, en outre ils ne portent plus les bottines traditionnelles des chinois. Ce qui n'empêche pas d'aller tous les trois ans à Pékin reconnaître l'Empereur et lui verser une redevance''.

Les impôts sont payés par tous les hommes de 19 à 60 ans en fonction de leur situation, il est acquitté en quatre fois (sans frais). Le pays peut lever rapidement une armée de 100 000 hommes venant de toutes les grandes villes, les hommes ne se battent pas en eux, contrairement aux occidentaux, ils se servent habilement de toutes les armes et les galères ne sont pas manœuvrées par des forçats.

Le roi est entouré du Conseil Souverain composé de docteurs et de licenciés en droit passant leurs examens de manière rigoureuse, d'abord bachelier, sur concours ouverts, puis, après trois ans, ils peuvent passer leur diplôme de droit civil. Le doctorat s'obtient après un nouveau délai de trois ans et n'est donné qu'en fonction des places disponibles dans la fonction publique royale.

 

De Rhodes évoque les rites funéraires, soulignant qu'il n'est peut-être point de nation en toute la terre qui ait rendu plus de devoirs et plus respectueusement aux âmes et aux corps des trépassés que les peuples du royaume d'Annam. Il souligne l'importance du choix du nom et de l'utilité de celui-ci pour chasser les démons. Il présente les sectes présentes en Annam, celle de Confucius, de Bouda et de Lao-tseu, comme si celle qu'il représentait valait mieux que les trois réunies.

 

Il s'attarde longuement sur les difficultés de la langue Annamite, construite autour de six tons qui sont comme les notes de musique, la difficulté étant que des mots se ressemblent et qu'une infime modification de prononciation en modifie du tout au tout le sens.

Historiquement il rappelle que déjà en 166 après Jésus Christ des annalistes chinois avaient noté l'arrivée à Canton de marchands romains ayant passé par l'Annam. Au fil des siècles d'autres visiteurs et commerçant passèrent par là, suivi par des colons évangélistes qui n'eurent pas grand succès avant que de Rhodes n'obtienne le succès évoqué plus haut, de par ses qualités, son charisme, sa connaissance de la psychologie des individus et des foules, enfin, et surtout, par sa maîtrise de la langue lui permettant de s'adresser à tous sans traducteur. Il travailla longuement à romaniser l'écriture de la langue Annamite, combinant des signes et quelques sons suffisant pour former les mots du vocabulaire. Le pays d'Annam hérita donc d'une écriture propre, d'un langage national : le quôc-ngu. Il ne fut pas seul pour réaliser cela mais en fut l'inspirateur et le propagandiste, dans le but de propager son message mais son instrument devant porteur de connaissance. Le but était sournois, la réalisation le dépasse et, ainsi, le justifie, rien que pour cela Alexandre de Rhodes a gagné sa place dans l'histoire du Vietnam et, secondairement, dans ce blog pour ce challenge.

 

Alexandre de Rhodes
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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 07:13

De 1909 à 1923 Franz Kafka tint un journal dans lequel il se livre comme il ne put le faire dans aucune autre œuvre trop préparée, pensée, écrite, alors que dans ces pages le fond s'impose hors des contraintes formelles de la littérature. Il y évoque ses découvertes, ses passions, ses rencontres aussi bien réelles qu'artistiques ; Goethe, Kleist, Dostoïevski, le théâtre yiddish méprisé par les juifs pragois ''assimilés'', ses correspondances, ses amours, le judaïsme et Prague qui était comme sa terre nourricière.

 

C'est dans ces pages qu'il explore, cherche, s'interroge et esquisse les textes à venir, il jette des idées dont certaines resteront infertiles alors que d'autres donneront naissance à une nouvelle, un roman, la plupart de ces productions ne trouvant jamais de point final. Une forme faussement cahotique et grouillant de tentatives, d'espoirs et de fausses pistes, une forêt dont seulement quelques arbres accéderont à la lumière de la postérité.

Il y cherche le sens de la vie, son utilité, tout en comprenant bien le premier et l'illusion de la seconde. La maladie qui se déclare comme l'amante qu'il attendait, la seule qui puisse le comprendre. Ces pages sont le miroir dans lequel il se cherche, et, souvent, se devine tout en redoutant ce qu'il entrevoit. J'ai à peine quelque chose de commun avec moi-même ! ''Je est un autre'' avait écrit Rimbaud, les grands esprits se retrouvent sur l'essentiel. Une main pour écarter le désespoir causé par sa lucidité, l'autre pour raconter ce qu'il voit. (Avec un clavier ce serait plus difficile !) le désespoir n'est pas l'ennemi qu'il semble être, c'est l'ombre indissociable de qui se sentant mortel peut se deviner vivant, c'est l'encrier dans lequel la plume plonge pour en extraire cette noirceur sans laquelle l'existence semblerait celle d'un fantôme heureux, animal bêlant promis au neant, le sort commun des mortels.

Il parle de ses amis, de ses expériences, de ses émotions, de son quotidien, toutes choses tellement simples mais qui sont la réalité de chaque vie. Il imbrique l'art et l'ar(t)éalité, se laissant aller, libre comme il ne pouvait l'être ailleurs, il parle de son corps, des efforts que demande l'écriture et que le non pratiquant ignore. C'est une religion au vrai sens du mot, qui nous relie les uns aux autres, mais pas à tous.

Alors tentez l'expérience, lisez une page, une autre, c'est l'oeuvre découverte par dessus l'épaule de son auteur que vous découvrez en même temps que sa vie et les relations entre l'une et l'autre.

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 06:58

J'ai vu passer tant de jours froids

Penché sur une page blanche,

Attendant... un je ne sais quoi,

D'avoir un atour dans ma manche ?

 

L'inspiration ne venait pas,

Aucune muse à mes côtés,

À part les cris de quelques rats,

Rien ne pouvait me motiver.

 

Et puis j'ai eu une autre idée,

J'avais un passé, une enfance,

Les deux emplis d'atrocités,

Des coups, des cris et des offenses.

 

Pas besoin 'un autre encrier,

Mon œuvre est là, gorgée d'hier,

Je peux hurler sur le papier,

Et, enfin, passer la frontière.

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1 avril 2014 2 01 /04 /avril /2014 06:55
C'est le jour !
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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 06:42

Quand le temps se mit à pleurer

Ce furent des larmes obscures

Grises, amères et chargées

Des poisons coulant des murs.

 

Quand l'espoir se mit à trembler,

À vaciller dans la tourmente,

Courbé comme une pensée

Au fond d'une âme démente.

 

Quand le jour se mit à tomber,

Je rouvris les paupières,

Mes crocs et griffes qui poussaient

Voulaient déchirer la frontière.

 

Quand la nuit put s'éveiller,

Pour apaiser mes cauchemars

Elle offrit à mes terreurs glacées

L'infini de son regard.

 

L'avenir s'effacera

Devant mon insatiable rage,

Ce qui fut jamais plus ne sera

J'écrirai l'ultime page.

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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