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29 avril 2014 2 29 /04 /avril /2014 06:13

Masquerade 광해, 왕이 된 남자 2012 - Choo Chang-min.

Que s'est-il passé durant les quinze jours manquant dans les

anneles de la Dynastie Joseon (1450-1750) censées cependant

suivre les événements au jour le jour ? Rien n'est sûr, sinon que

une opportunité trop tentante pour être ignorée par Choo

Chang-min qui nous donne son interprétation de ces deux

semaines.

Gwang-hae est roi, mais son règne est compromis par un poison

censé l'envoyer dans l'autre-monde. À cette époque c'est un

moyen pratique pour accéder au trône pour un prétendant, le

temps qu'un autre ait la même idée.

Bref, le roi n'est pas mort mais il est fatigué et a besoin de

repos. Histoire de lui laisser le temps de récupérer, Ha-sun, son

sosie prend sa place. Celui-ci occupait cette position quand le roi

désirait passer la nuit auprès de sa concubine préférée. Cette

fois il va devoir se substituer au souverain à plein temps et en

une période difficile où le palais royal grouille de rumeurs et

d'intrigues, où des discussions se poursuivent avec la Chine et la

Mandchourie, autant dire que ce n'est pas le moment de faire

une bétise.

Pour donner le change le remplaçant bénéficie des

recommandations du conseiller du roi : Heo Gyun. Autant dire

que celui-ci ne manque pas de travail, les manières royales

n'étant pas celle que le comédien des rues, habitué des tavernes

les moins bien fréquentées, utilise habituellement, à la grande

surprise de la cour. C'est le moyen pour le réalisteur pour

souligner le poids du protocole de l'époque, le cérémonial

contraignant qui régle chaque instant, ou presque, et l'obligation

pour le roi de vivre dans une véritable cage invisible.

Mais le ''remplaçant'' lui aussi est surpris, il imaginait le

souverain tout puissant,il le découvre fantoche soumis aux

pressions de lettrés qui l'entourent. Situation qui lui déplait et

qu'il va refuser. Lui va agir en roi véritable et prendre des

décisions en faveur du peuple dont il vient.

Là est la leçon du film, la noblesse et la grandeur, les vraies, ne

tiennent pas à la naissance ni aux origines mais à la personnalité

et au caractère. Pour être souverain il est parfois préférable

d'étouffer la première et de contraindre le second.

 

Néanmoins Ha-sun aura apporté trop de bouleversements pour

que cela dure, aura menacé trop d'intérêts pour qu'ils ne se

manifestent pas afin de maintenir leurs positions et le film qui

commence comme une comédie finit dans un réalisme plus

brutal.

Un des plus gros succès de l'histoire du cinéma Coréen avec

dans un double rôle Lee Byung-hun que vous avez, peut-être, vu

dans des réalisations hollywoodiennes comme G.I. Joe 1 & 2 ou

Red 2. Il montre dans ce film des talents de comédiens que les

productions étasuniennes n'exigeaient pas de lui.

Autre qualité de Masquerade, des décors et costumes somptueux

qui donnent envie de connaître cette époque, dans de bonnes

conditions s'entend !

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 07:08

Nous sommes au bord d'un lac de la région de Princeton. Un homme vient de descendre de son embarcation, il s'arrête un moment près d'une baraque construite où s'abrite un SDF. Ce dernier qui le voit l'interpelle et lui dit qu'il ressemble beaucoup à un grand savant qui vient de s'installer dans la région. Qui donc lui demande le promeneur. Un certain Einstein répond l'autre, mais il est heureux que ce ne soit pas lui parce qu'il ne l'aime pas.

Et pourquoi donc lui demande le sosie d'Albert.

Parce qu'il est pacifiste alors que mon fils est mort pendant la guerre (celle de 14-18), il manque de respect pour tout ceux qui ont donné leur vie pour la liberté.

Finalement il va apparaître que le sosie en question n'est pas une copie mais l'original dont le passe-temps est la voile bien qu'il n'y montre pas grand talent.

Une étrange complicité va se tisser entre deux individus aussi éloignés l'un de l'autre qu'il est possible de l'imaginer, puisqu'ils ne sont d'accord sur rien ils ont toujours quelque chose à dire !

Les années vont passer non sans que le FBI qui met son nez partout, surtout dès qu'il soupçonne des activités anti-américaines, même , et surtout, imaginaires, intervienne et demande au vagabond de tout faire pour maintenir cette amitié et pour faire parler le savant qui vient le voir régulièrement, pas besoin de récréation sans doute, histoire de rencontrer quelqu'un qui ne se prend pas pour plus qu'il n'est mais est plus qu'il croit.

À la fin des années 30 la montée du nazisme inquiète Einstein qui s'en ouvre à son partenaire craignant que ses travaux ne conduise l’Allemagne nouvelle sur la piste de la bombe atomique. Pour prévenir ce risque nombre de scientifiques lui demande d'être leur porte-parole pour demander au président Roosevelt d'engager des recherches pour obtenir cette arme.

Albert hésite, cela va contre ses dogmes mais le risque paraît si grand qu'il accepte, sans pourtant participer ensuite au Projet Manhattan qui conduira à la fabrication de la première bombe A.

Laquelle, comme chacun sait ne sera pas larguée sur les troupes d'Hitler, qui ne voulait pas de cette ''science juive'' mais sur les japonais et sur l'ordre de Truman. Einstein se sent coupable pour ces centaines de milliers de morts, certain que Roosevelt aurait lui largué la première bombe sur une région inhabitée pour faire une démonstration avec un minimum de victime.

Nous ne saurons jamais ce qu'il en aurait été !

Tout l'intérêt de la pièce est dans cette confrontation de contraires qui en s'opposant se complètent, et, mieux, se comprennent.

Une comédie intelligente, lucide et ironique dans une mise en scène spectaculaire de Steve Suissa et interprétée par Jean-Claude Dreyfus, remarquable, et Francis Huster, qui trouvera peut-être comment incarner crédiblement Albert.

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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 06:56

Plusieurs crimes viennent d'être perpétrés dans les rues de Paris, chacun est signé d'une carte de visite au nom d'un mystérieux Monsieur Durand. Le commissaire Wens est chargé de l'enquête, alors que celle-ci ne donne rien il arrête un cambrioleur qui porte sur lui un lot de carte de visite à ce nom. Ledit monte-en-l'air avoue avoir dérobé ces cartes dans une pension de famille sise au 21, avenue

Junot : Les Mimosas, à Montmartre.

Pour mener à bien son investigation le policiers'installe dans cette résidence sous l'apparence d'un pasteuret commence à faire connaissance avec l'étrange faune qui s'y trouve, il question, observe, s'interroge sur celui-ci, celle-là,

bref, il fait de son mieux alors que sa fiancé Mila Malou,

détective fan d'enquête et désireuse de participer à celle-ci, vient à son tour résider au même endroit. Un nouveau meurtre vient d'être commis, une vieille fille est assassinée et l'un des pensionnaires est suspecté puis arrêté.

L'enquête semble terminée et la police est prête à se frotter les mains, quand un nouveau crime est commis, innocentant donc Colin !

Tout est à refaire !

Clouzot est dans le milieu du cinéma depuis quelques années déjà, principalement comme scénariste mais aussi en réalisant les versions françaises de films allemands dans les années 30. Avec la guerre et l'exil de plusieurs réalisateurs l'opportunité de passer derrière la caméra lui est enfin offerte. Pour son coup d'essai il choisit un roman policier de l'auteur Belge Stanilas-André Steaman dont il vient d'adapter un autre polar pour le réalisateur Georges Lacombe. Il garde l'intrigue, le pitch comme on ne dit pas encore, mais change pas mal de choses pour que son film se passe à Paris et pas à Londres comme dans le texte original.

Les arguments principaux qui font la valeur de ce film sont le scénario, les dialogues et les acteurs les mettant en valeur.

Le premier multiplie les fausses pistes, les seconds sont cruels et cyniques, pessimistes et ironiques (tout ce que j'aime) mais nappé dans un humour noir et acide les fait passer en leur donnant plus de force encore, quand aux comédiens ils forment une galerie de portraits impeccable, de Pierre Fresnay en commissaire, à Suzy Delair qui joue Mila Malou, en passant par Noël Roquevert, Pierre Larquey ou Jean Tissier, d'ordinaire seconds rôles du cinéma français ils trouvent ici des rôles à la hauteur de leurs talents.

Un classique à redécouvrir, même en noir et blanc, qui bénéficie d'une édition en blu-ray de qualité. Vous préférez l'intelligence à l'action, ce film est pour vous.

 

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26 avril 2014 6 26 /04 /avril /2014 06:48

Pour la première fois une objet humain a quitté notre système planétaire. Une nouvelle qui peut sembler peut importante en regard du quotidien de beaucoup qui n'en ont absolument rien à faire et peuvent l'estimer superflue et s'interroger sur l'utilité d'imaginer une sonde spatiale voguant à plus de 19 milliards de kilomètres l'estimant comme une forme de gaspillage. Mais la question n'est pas là, vous devinerez sans peine vers quel côté va mon intérêt.

Impossible de savoir qui, et quand, porta son regard vers le ciel, non pour y deviner d'étranges déités mais avec la curiosité de savoir ce qui s'y passait, quels étaient ces points lumineux et quelles formes pouvaient se dissimuler dans l'obscurité. Depuis le premier satellite, le premier homme dans l'espace et le premier à fouler le sol lunaire nous étions en manque de nouveauté. Cet homme, ou cette femme (parité oblige désormais) n'imaginait sans doute pas qu'un jour ses descendant en sauraient davantage et que rien ne pourrait contenir sa curiosité, ou son besoin d'expansion, pour utiliser une terme plus naturel. Il y a loin encore pour voir le premier homme sur Mars (le verrais-je moi-même, j'en suis de moins en moins sûr), sans parler de celui qui quittera à son tour notre système pour marcher, si j'ose dire, sur les traces de Voyager 1. Les difficultés techniques sont actuellement trop grandes mais demain il en ira autrement, dès que sera contourné le problème de la propulsion à une vitesse suffisante. En ce qui concerne la sonde qui nous occupe ici elle bénéficia de circonstances favorables les ingénieurs ayant l'idée de se servir des planètes géantes de notre système comme d'une fronde en s'en approchant avant de rebondir dans l'espace vers une autre planète. Un astuce qui fut possible à la fin des années 1970 mais ne se représentera dans une configuration identique que deux siècles plus tard.

L'idée était bonne, sa réalisation est parfaite, chapeau !

Pioneer 1 & 2 partirent explorer l'univers avant Voyager 1, et 2, respectivement en 1972 et 1973, elles sont muettes par défaut d'énergie, leurs successeurs pourront nous envoyer des informations pendant encore quelques années avant d'échapper à notre surveillance, définitivement.

Le 5 septembre 1977 Voyager 1 quitta notre planète, trois semaine après sa jumelle Voyager 2, partie, elle, explorer une autre partie de notre système solaire. Elle survola Jupiter en janvier 1979, nous montrant ses anneaux, nous révélant deux lunes inconnues : Thébé et Métis puis des images de Io, nous montrant la première activité volcanique hors de la Terre. En 1980 elle approcha Saturne et son satellite Titan avant d'être propulsée vers la frontière de notre système pour traverser le plasma interstellaire, actuellement elle vogue encore dans la Peluche, nuage ténu de 30 années-lumières de long, qui nous contient nous aussi, avant d'entrer dans la Bulle, trouée de 300 années-lumières dans le bras d'Orion à la température supérieure à 1 million de degrés. Si tout va bien dans 40 000 ans elle s'approchera de Gliese 445. Au cas ou elle attirerait l'attention d'une forme d'intelligence quelconque celle-ci pourra découvrir un message sous la forme d'un disque de cuivre doré recouvert d’aluminium contenant des enregistrements de sons et d'images de la vie terrestre et de la civilisation humaine ainsi que le moyen de situer notre planète. Autant dire qu'attendre une réponse demande d'être patient !

En attendant que Voyager 2 suive sa jumelle et nous en apprenne davantage.

Si après ce périple improbable vous désirez revenir sur Terre vous aurez l'occasion de faire un tour en dessous, dans le lointain passé, il y a plus de trois milliards d'années, avec l'hypothèse de l'équipe de Chrystèle Sanloup qu'existaient à cette époque deux océans de magma superposés. Un scénario qui expliquerait certaines anomalies dans la diffusion des ondes sismiques sous l'Afrique du Sud et sous le Pacifique. Des restes de ces océans provoqueraient ce phénomène qui reste à prouver, ce qui sera difficile tant l'exploration de notre sous-sol, à grandes profondeurs, est difficile. Autant de l'espace nous provient une lumière porteuse d'informations, autant de sous nos pieds n'émanent que des interrogations et des mystères.

Creuser semble mission impossible, en 1989 une équipe russe cessa son travail après dix-ans de forage. La chute de l'URSS et des difficultés insurmontables, sinon au prix de dépenses considérables, provoquèrent cet arrêt. Des roches de plus de 2,7 milliards d'années furent remontées, aucune du cœur de la Terre.

 

Bien d'autres articles vous attendent dans cette revue, toujours riche en informations diverses, comme le retrait du combustible de la piscine du réacteur 4 de Fukushima... Dans celle-ci le port du maillot est insuffisant !

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25 avril 2014 5 25 /04 /avril /2014 07:39

Bào Ninh naquit en 1952 à Nghê An et devint célèbre avec son premier, et unique roman, Le chagrin de la guerre dans lequel il nous présente Kiên qui cherche dans l'écriture des traces de son passé, des ombres d'un bonheur qui pour avoir été illusoire ne lui en est pas moin cher, comme tout ce que l'on a perdu quand tout ce que l'on peut trouver est pire ! Chaque nuit il est présent au rendez-vous et raconte sa vie sur des feuilles, encre noirpour des souvenirs rouges et brillants. Il se vide de sa vie, courte pourtant, il n'a que trente ans mais dix furent dévorés par la guerre, les phrases dessinent le chemin qui l'emmène de plus en plus loin, dans le boue,le sang et la mort. Ces images là ne sot pas celles qu'il préfère mais les plus profondément imprimées dans son esprit.

Rentré chez lui en 1975 il vit avec son père, peintre qui brûle ses toiles parce que c'est son droit d'artiste dans une société où ces deux mots n'ont plus guère de sens et moins encore d'importance.

Un livre qui semble une tombe, celle où est enfoui un bonheur que rien ne ressuscitera même si l'auteur doute d'appartenir encore au monde des vivants. L'expérience de la guerre change ceux qui la font, laisse des cicatrices inoubliables et la certitude d'avoir plus que l'horreur mais la réalité des combattants. Pour survivre il importe de trouver en soi le ressort suffisant pour ne pas se jeter sur la balle qui vient et de prier pour que la sienne atteigne sa cible.

Bien sûr la guerre est fini, la plupart trouve une place à la hauteur de leur manque d'ambition, maintenant qu'ils ont entrevu ce qu'ils sont réellement loin de la glorification des vainqueurs de l'impérialisme américain !

La Guerre du Vietnam peut sembler lointaine, les traces qu'elle a laissé sont pourtant encore présente. Kiên ne trouve pas de motivation dans les études, dans une carrière possible, à peine dans son mariage à venir avec Phuong. Il doit plonger sa plume dans le sang noir de l'ombre qui le hante pour se soulager.

Bào Ninh s'engagea à 17 ans, en 1969, dans la 27e Brigade Glorieuse de la Jeunesse, il fait partie des dix soldats survivants de cette unité sur cinq cents ! Il n'est pas difficile de comprendre que le héros de ce récit et son auteur ne font qu'un, ou presque !

Indispensable pour avoir la vision d'un soldat du Nord, lucide sur la guerre, ses conséquences et la réalité de son pays au moment de sa rédaction.

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 07:38
Un progrès (ou pas !)
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23 avril 2014 3 23 /04 /avril /2014 07:33

Rien de plus effrayant pour marquer la césure

Que son regard glacé, plus tranchant qu'un rasoir,

Découpant l'illusion qui me servait d'armure,

Avant d’éviscérer le courage et l'espoir.

 

Je ne suis que des mots que j'emploie à loisir,

Pour me dissimuler et parfois m'oublier,

J'espérai un regard, un accord, un sourire,

Plutôt que le refus, le mépris, le rejet.

 

Mon cœur et mon esprit continuent leur duel,

Je voudrais que ce soit le second qui l'emporte

Mais le premier toujours triomphe sans appel,

L'émotion au final est encore la plus forte.

 

J'aimerai consumer peur, désirs et passions.

Être aride et désert, parcouru par le vent,

Dépourvu d'oasis, sans hallucination,

Le chemin idéal pour trouver le néant.

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 07:07

A Moment to Remember 내 머리속의 지우개 (Nae Meorisokui Jiwoogae) 2004 John H. Lee

Kim Su-jin est jeune, belle, et promise à un bel avenir. Finalement elle n'a qu'un problème dans la vie, son petit ami est déjà marié et veut le rester. Ne lui reste qu'à l'oublier !

Le soir tombe, à la sortie d'une épicerie elle heurte un homme, Choi Chul-soo, charpentier qui travaille pour son père et ambitionne de devenir architecte. Le hasard qui est malicieux va les faire se revoir plusieurs fois jusqu'à ce qu'un tendre sentiment les amène à se rapprocher davantage. Le père de Kim voit leur relation d'un mauvais œil, n'est-ce pas là une mésalliance ? Ils finiront malgré tout par se marier et faire des projets d'avenir.

Mais tout allait trop bien pour faire un film intéressant. Le ciel va s'assombrir sur nos amoureux et le drame se profiler dans leurs ombres.

Le cinéma coréen est connu pour ses réalisations violentes, des thrillers brutaux et autres films déjantés, il l'est moins pour ses mélos et c'est dommage.

A moment to remember est un classique du genre, d'abord la différence sociale entre les protagonistes, les bâtons dans les roues mises par la famille, la sensation que ce sera impossible, et puis l'amour l'emporte... temporairement puisque la maladie va s'annoncer. Sournoisement d'abord, un détail, un oubli, une confusion, et puis d'autres vont suivre, lentement mais sûrement. D'abord cela semble n'être qu'un syndrome amnésique et puis le diagnostique sera différent et le pronostique déstabilisant, surtout chez une aussi jeune femme.

Chacun aura compris qu'il est question là d’Alzheimer et des difficultés qu'elle provoque, pour soi, pour l'autre, pour leur relation. Qui es-tu peut-elle demander, et puis, qui suis-je ? La réalité n'a ensuite plus la même signification. L'amour peut-il survivre quand l'autre s'égare, s'éloigne et revient de plus en plus difficilement, ayant abandonné des parcelles de soi de plus en plus grande en attendant de ne plus revenir du tout, d'être là comme un fantôme et de savoir que cela va arriver sans qu'il soit possible de l'empêcher.

Une infinie tristesse plane sur ce film réalisé avec légèreté et finesse. S'appeler Lee est bien une preuve de qualité !

J'évoque rarement ce genre de film, ils sont un peu mon jardin secret où je cueille des bouquets de douceurs inondés de larmes.

 

Parfait pour recycler les cadavres !

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 07:52

Il y avait longtemps que j'avais envie de voir cette pièce de Roland Dubillard adapté des sketchs qu'il écrivit dans les anné es 50 et qui deviendra une pièce en 1975.

Dialogue de sourds ? Peut-être, mais aussi moyen pour ''un'' ou ''deux'' d'être libre de se définir comme il le souhaite. Surréalisme ? Sûrement, mais poésie toujours.

Qu'importe si nous ne (re)connaissons pas les personnages, au premier abord, il suffit de les écouter pour découvrir qu'ils ne nous sont pas étrangers.

J'ai donc saisi l'opportunité de les voir, et les entendre, joué par Martin Lamotte et Michel Galabru, pensant que si je voulais voir ce dernier il fallait que je le fasse le plus tôt possible.

Mise en scène simple sur des planches réduites par le décor, acteurs ayant leurs textes devant les yeux, surtout Galabru, mais capables de jouer en lisant tout en s'adressant au public pour faire de cette pièce de véritables triblogues !

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20 avril 2014 7 20 /04 /avril /2014 07:36
Travis Bickle était marine au Vietnam, à son retour il rencontre nombre de difficulté pour se réinsérer dans la société. Puisque dormir lui est difficile il devient chauffeur de taxi de nuit, côtoyant ainsi la partie la moins agréable et la faune la moins fréquentable de New-York. Lentement, mais sûrement, il va plonger dans la confusion et la violence.
Le monde qu'il découvre le met mal à l'aise, d'abord, lui répugne ensuite. Il a envie de s'engager, de faire quelque chose, n'est-ce pas ce qu'il voulait en s'engageant dans l'armée ? Pendant quelques temps il sort avec Betsy qui travaille pour l'élection de Charles Palantine à la présidence, mais cette histoire d'amour va tourner court quand il voudra l'emmener dans un cinéma qu'il fréquente habituellement, et qui affiche des films pornographiques. Nous sommes en 1975, Internet n'est pas encore passé par là. Travis est un solitaire, renfermé et méfiant, pas le genre que Betsy attend pour construire un avenir digne de ce nom. Et, justement, l'avenir est quelque chose que Bickle envisage difficilement.
Dans ses déambulations urbaines Travis fit la connaissance de Iris, 

toute, trop, jeune prostituée qu'il pense pouvoir, et devoir, sortir de sa situation. Après avoir renoncé à abattre Palantine, histoire de se faire entendre, il se tourne vers Travis, et alors que celle-ci est en compagnie de son souteneur et d'amis de celui-ci. Il exécute tout le monde, dans une scène d'une grande brutalité, puis échoue à se suicider. Après la période médiatique succédant à son acte il retrouve son taxi et ce qui lui sert de vie. Peut-être eut-il de l'espoir, jadis, avant, mais il n'en reste rien.
Robert de Niro est un Travis Bickle impressionnant de crédibilité, son regard parle pour lui quand il regarde son environnement, quand il s'entraîne avec son flingue, quand il s'en sert finalement en une explosion sanglante et paroxystique. Jodie Foster était déjà actrice depuis dix ans, bien qu'elle n'en avait que 12 au moment du tournage, elle est, déjà, fantastique, alors qu'elle due être doublée dans certaines scènes que son jeune âge lui interdisait de tourner. Mais l'autre personnage de ce film, comme de toutes les premières réalisations de Scorcese, c'est bien New-York, celui de l'ombre, des trafics, de la prostitution, de la paranoïa inévitable, du sentiment de s'enfoncer dans un destin inexorable.
Comment ''nettoyer'' une ville quand pour cela il faut devenir déchet soi-même ?
Un taxi est un excellent point de vue pour juger de la réalité sociale, de la vérité des rues, par ce qui se passe autour et ce qui se produit à l'intérieur tant le chauffeur semble faire partie du décor et être à peine plus qu'une machine intégrée à sa voiture. Bickle n'est pas un héros mais c'est à lui que nous nous assimilons jusqu'à, presque, partager ses fantasmes et obsessions et s'il tue des ''méchants'' doit-il être absous pour autant ?
Quand il repart il semble s'être vidé de son ressentiment et nous l'espérons pour lui.
Personnellement je doute qu'elle dure longtemps. J'imagine visiter New-York, héler un taxi... ce serait une rencontre intéressante.

You talking to me ?

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