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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 06:30

Née en 1947 à Thai Binh (Nord Viêt-Nam), Duong Thu Huong ne sait écrire que ce qu’elle ressent et pense profondément. A vingt ans, avec ses camarades de brigade, elle chantait sous les bombes pour donner du cœur aux combattants, et, si possible, faire tomber les avions. Elle serrait les dents et supportait les horreurs de la guerre, sûre que celle-ci libérerait son peuple. Tels étaient les principes. Puis vient la « libération » du Sud Viêt-Nam, en avril 1975, et Duong Thu Huong découvre avec épouvante la vérité cachée, la propagande, le mensonge. Sans quitter le côté des victimes, lle s’engage alors auprès du peuple contre le pouvoir dictatorial. « Avant Duong Thu Huong, aucun auteur n’envoyait ses manuscrits à l’étranger. Maintenant la majorité des écrivains suit son exemple ! Elle a fait s’écrouler de nombreux tabous. Dans son roman « Les paradis aveugles », elle fut la première à traiter des thèmes de la réforme agraire et du processus de dégradation du statut d’intellectuel sous la contrainte du pouvoir communiste » (Phan Huy Duong).


Janvier 2006, paraît son sixième roman, Terre des oublis. On y découvre un monde où le bonheur semble accessible ; mais l’engrenage de la guerre, la contrainte du devoir imposé et consenti, se referment sur l’individu comme un piège.

 

Liêt si Bôn, héros donné pour mort, revient chez lui et retrouver sa femme Miên, remariée, mère de famille et heureuse. Miên accepte de tout sacrifier pour accomplir son devoir et revivre avec un homme qu’elle n’aime plus. L’auteur fait subir à Miên, et à Bôn des épreuves en proportion avec l’absurdité de la guerre. Le corps de Bôn se décompose et pue. Il est impuissant. Lui qui était prêt à mourir pour son pays, refuse maintenant de quitter avec dignité l’être aimée, de se sacrifier pour préserver l’honneur. Non, il se bat pour son propre bonheur jusqu’à sa propre destruction.


Bôn n’est pas un poète, mais ce matin, en voyant la vallée s’illuminer soudain d’une lueur émeraude, limpide comme la lumière condensée, il se fige, fasciné : Voilà sa terre natale, la terre qu’il a polie de ses pas. Et pourtant, c’est la première fois qu’il remarque ces fleurs étranges. Avaient-elles germé pendant ses années d’absence, amenées ici par des oiseaux migrateurs, ou bien la misère de sa jeunesse l’avait-elle privé du temps libre pour contempler les paysages ? Il ne peut pas en décider. Il sait seulement que ces fleurs fragiles ressemblent à un nuage vert qui s’abat sur la vallée, tournoie entre les herbes argentées, les lilas sauvages desséchés, chancelle dans la lumière mate de l’automne. Leur beauté l’étourdit. Il se laisse choir sur l’herbe, regarde le soleil glisser sur les fleurs, éprouve soudain l’envie de pleurer, de se dissoudre, les membres épars, l’envie qu’on lui transperce le cœur avec une baïonnette pour mettre un terme à son existence misérable et solitaire en ce monde, l’envie d’être emporté comme un poulet par un aigle, loin, très loin, dans une île sauvage ou un désert coupés du monde des hommes, où il referait sa vie parmi la végétation, les bêtes sauvages. Cette vie serait peut-être plus dure mais elle ne serait pas humiliante, écrasante comme celle qu’il mène ici. (trad. Phan Huy Duong)


Duong Thu Huong a trois visages, d’abord celui de la romancière qui d’œuvre en œuvre accompagne avec un grand amour ses personnages dans la recherche d’un bonheur impossible, puis celui de l’essayiste, la chroniqueuse, au style acéré et à la pensée forte, qui jamais ne baisse les yeux, et enfin, celui de la polémiste utilisant parfois la grossièreté la plus choquante pour déstabiliser les adversaires qui mettent en question sa sincérité et son intégrité.


Cette liberté est le pouvoir suprême de l’écrivain, l’activité sacrée par laquelle il s’empare du feu. A part lui, personne ne peut la lui apporter. Elle est l’espace vital de l’écriture. (La Liberté, l’espace vital illusoire de l’écriture, trad. J. Lefrançois)


L’habitude contractée dans la guerre qui consiste à mépriser la vie humaine a exacerbé l’instinct criminel chez une minorité, alors qu’elle a renforcé la patience et la résignation de la masse. Ce qui explique la perplexité de maints vietnamologues devant ce paradoxe : comment un peuple si brave dans la guerre peut-il être si veule en temps de paix ? A mon avis, il n’y a pas de quoi s’étonner. Là où les institutions démocratiques ne sont pas encore bien assises, où les hommes ne sont pas conscients de leur droit de vivre en tant qu’hommes, n’importe quel brave soldat peut faire un citoyen abruti et lâche (Le vol noir des corbeaux, trad. Nguyên Huu Tân Duc, consultez notre site www.vninfos)


Histoire d’amour racontée avant l’aube (1991, Ed. de l’Aube), Paradis aveugles (1991, Ed. des Femmes), Roman sans titre (1992, Ed ; des Femmes), Au-delà des illusions(1996, Philippe Picquier), Myosotis (1998, Philippe Picquier), Terre des oublis (2006, Sabine Wespieser)

 

http://laculturesepartage.over-blog.com/2014/01/challenge-vietnam.html

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8 mai 2014 4 08 /05 /mai /2014 06:46

La crevette rose n'est pas un commerce de fruits de mer comme son nom le suggère et bien qu'il arrive que des amateurs se trompent et passent commande. Au contraire, c'est un magasin de fleurs tenu par Claudine jeune femme, célibataire mais amoureuse de Valentin depuis cinq ans, depuis leur rencontre lors de l'anniversaire de Christophe, un ami commun.

Depuis ils se rencontrent régulièrement, boivent, rient, regardent la télévision, bref ils partagent tout comme les meilleurs amis du monde. Mais ce soir Claudine veut que cette situation cesse et que leur relation prenne un tournant important.

La mise en scène est importante mais alors qu'elle tente de déclarer ses sentiments d'une manière détournée mais de plus en plus explicite Valentin semble ne rien comprendre.

À croire qu'il le fait exprès !

Autant donc lui mettre les points sur les i et dire les choses clairement. Ce à quoi l'élu de son cœur répondra : Je préfère qu'on reste amis !

Mais Claudine déteste cette réponse, elle veut en savoir plus, questionne, cherche à comprendre, souhaite des réponses à des questions qu'elle a du mal à poser.

Celles qu'elle va obtenir ne correspondront pas à ses attentes, mais alors là pas du tout. Sinon où serait le sel de la pièce de Laurent Ruquier, la première que je vois de cet auteur mais à la hauteur du talent qu'on lui connait dans l'art du dialogue, des réparties spirituelles drôles et tendres alternativement magnifiquement portés par Michèle Bernier pour qui Ruquier écrivit cette comédie romantique et chantante, et Frédéric Diefenthal, tous les deux parfaits. Pas étonnant que le jour où j'y suis allé le théâtre Antoine ait été rempli jusqu'en haut et que j'ai été si mal placé, tout en haut, dans le poulailler. Si vous êtes tenté d'aller passer une bonne soirée dans ce théâtre évitez cet endroit. 

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 06:42

Mars-Avril 2014

Le cerveau est-il sexué ? Une question qui attira bien des réponses, principalement d'égalitaristes voyant dans la culture, masculino-machiste forcément, la source de comportements programmés mais non innés.

Les stéréotypes ont cependant la vie dure et les dénoncer, ou les utiliser, en est un également. Reste que l'interrogation persiste mais que les progrès des sciences permettent d'approcher de la solution sans oublier qu'il est toujours possible de prendre des arguments convenant à la démonstration que l'on veut faire quelque objectivité que l'on affiche, aussi sincère qu'elle soit.

Ces préambules posés je reviens à cet article citant une étude d'imagerie cérébrale conduite par Ragina Verma sur 949 jeunes adultes. Elle montre que les cerveaux des hommes ont davantage de connexions à l'intérieur de chaque hémisphères, celui des femmes présentant une meilleure connectivité interhémispères. Chez les premiers cela suggère une coordination facilitée entre perception et action, chez les secondes une meilleure interface entre raisonnement logique et intuitif.

Néanmoins ces résultats furent critiqués pour n'exposer que des résultats sans trouver d'origines possibles des différences observés en particulier la plasticité cérébrale, l'aptitude du cerveau à se modifier au long de la vie en fonction des apprentissages et des expériences vécues. 90 % des connexions se forment durant la vie et sont donc influencées par l'environnement, la culture et les interactions sociales.

Restent des différences incontournables, la taille du cerveau masculin est plus gros, comme le reste de son corps, sans que cette dissemblance ait jamais été cause de plus d'intelligence, les gènes sont également différents ainsi que les développements hormonaux, or les uns et les autres influent sur le développement cérébrale. D'autres études suggèrent des disparités dans la taille ou la densité neuronale de certaines régions, que les hommes auraient plus de matière blanche (les fibres reliant les neurones), les femmes davantage de matière grise (le corps des neurones).

Il existe pourtant un domaine où des différences sont patentes : la neurologie. La maladie de Parkinson et la schizophrénie affectent plus d'hommes alors que la maladie d'Alzheimer et la dépression touchent plus de femmes. L'influence des différences hormonales comme de la production de certaines neurotransmetteurs pourraient expliquer cela.

Les pages sur ce sujet n'apportent pas de réponse définitive, à se demander s'il y en aura jamais une, elles passent en revue certaines idées reçues, soulignent les différences d'opinions, de dogmes, de motivations des uns, des unes, des autres.

Le pire me semblant ce besoin chez certains, mais surtout chez certaines, de vouloir gommer les différences non seulement entre les sexes mais entre les individus, l'égalité devient une similitude, la peur du je cachée derrière la peur de l'autre.

 

Bien d'autres sujets sont traités dans ce numéro, en particulier l'influence de l'isolement sur le cerveau ; stimulé celui-ci se développe, inemployé il se rétracte et plus sensible aux addictions. Bonne nouvelle pourtant, le phénomène est réversible ! La science pourrait nous proposer, c'est-à-dire nous vendre, un ''vaccin'' contre la maladie d'Alzheimer, les guillemets signifiant qu'il pourrait non pas empêcher l'apparition de l'affection mais sa progression, ce qui serait déjà un grand pas en avant.

Vers d'autres maladies, n'en doutons pas !

L'article le plus important porte sur l'intelligence des chiens, ceux -ci étant dans de nombreux domaines plus doués que les chimpanzés, seulement réduit dans leur développement par le manque d'éducateur digne de ce nom, et je reconnais en faire partie pour n'avoir pas su solliciter les compétences de Dan. Vous pensez qu'il ne peut comprendre qu'un mot à la fois, comme n'importe qui, mais pas du tout.

Vous avez déjà vu un chien guide d'aveugle ou auxiliaire de vie d'un handicapé moteur, simple démonstration de ce que la plupart pourraient faire s'ils étaient pris en compte pour ce qu'ils sont et non comme de simples compagnons à quatre pattes, des jouets, des peluches... Ce dernier exemple étant pour moi.

Pour mener des études complètes sur un grand nombres de races il faudrait beaucoup de temps et, surtout, beaucoup d'argent, raison pour laquelle celles-ci restent à faire.

Les pages qui m'ont le plus intéressés, mais ça ne doit pas vous surprendre !

Vous découvrirez d'autres sujets intéressants, apprendrez-même pas mal de choses. L'intelligence s'interroge elle-même dans une attitude qui peut sembler aussi narcissique qu'onaniste. Vous me direz qu'il serait possible de publier Le Monde de la Connerie ! Sans doute mais un numéro serait possible chaque jour !

 

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6 mai 2014 2 06 /05 /mai /2014 06:39
Ceci n'est pas...

Ceci n'est pas...

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 06:41

눈물 (Nunmul) (2000) Im Sang-soo

 

Suivons ces quatre jeunes

gens dans leur plongée dans les abysses d'une existence qui s'éloigne. D'abord Han et Ran ! Eux ont choisi de vivre de cette façon pour échapper à des contraintes insupportables pour se charger d'autres, pires, mais qui leur permettent de libérer la violencequ'ils contiennent et qui les détruirait peut-être de ne pouvoir s'extérioriser, et qui les détruira sûrement parce qu'ils le font !

Quel choix !

 

 

Chan et Sari eux n'eurent pas cette offre, les circonstances les poussèrent hors de la ''normalité''. Quoi qu'il en soit ni les uns ni les autres n'étaient préparés à ce qui les attend, à la violence toujours proche, au viol toujours possible, à la prostitution souvent nécessaire pour gagner l'argent synonyme d'un peu de temps supplémentaire. L'avenir leur est hostile comme les adultes qui ne comprennent pas leur comportement.

Est-ce ainsi que le nouveau millénaire s'annonce pour cette jeunesse qui regarde la génération précédente avec envie souvent, avec répulsion parfois pour ceux, et celles, qui cherchent une voix personnelle, la croyant unique peut-être, se plongeant dans les difficultés du présent pour éviter de regarder l'avenir qui les attend en souriant, si la mort ne les saisis pas auparavant.

Im Sang-soo suit ses héros comme en reportage dans unmilieu étrange, sinon étranger, comme le ferait un documentariste animalier suivant des êtres semi-fantômes dans leurs désespérance née probablement d'un trop plein de lucidité.

Il regarde et nous montre, tous témoin de situations qui nous sont étrangères, que nous savons possibles et découvrons avec le plaisir coupable de ceux de voyeurs à l'abri observant des êtres étranges qui pourtant nous ressemble, jaloux peux-être de leur liberté mais satisfait de ne pas avoir à en payer le prix.

Malgré tout le réalisateur voit le côté positif de sespersonnages, jeunes en quête d'eux-mêmes comme on en vit beaucoup interprété avec beaucoup de spontanéité.

Il manque peut-être un peu de cruauté pour épicer le tout, mais je suis difficile.

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4 mai 2014 7 04 /05 /mai /2014 06:32

La nuit tombe, un coup de feu retentit. François (Jean Gabin) vient de tuer Valentin (Jules Berry). Alertée la police arrive sur les lieux et encercle l'immeuble, en attendant qu'elle donne l'assaut François se souvient, fumant cigarettes sur cigarettes, des circonstances qui l'ont amené à commettre ce crime.

Pour éclairer ce qui s'est passé Carné utilise la technique alors rare du flash-back pour nous montrer la rencontre de François et de Françoise, leur histoire d'amour naissante mais entravé par l'infect Valentin qui distille à plaisir son venin jusqu'à ce que la torture provoqué par celui-ci devienne insupportable.

À l'époque le retour en arrière existe mais n'est pas utilisé comme axe central d'une production, Carné se demande donc si son film sera compréhensible alors qu'il l'utilise comme technique narrative, passant du passé au présent jusqu'à ce que les deux se rejoignent pour la conclusion de son film.

Nous sommes alors en 1939, l'époque est pesante, la menace plane d'un risque à venir implacable et terrifiant. Valentin incarne cet avenir inéluctable, François et Françoise tentent de l'oublier mais ça ne sera pas possible. L'air même devient toxique comme celui de l'usine dans laquelle il travaille et où, quand Françoise vient avec un bouquet de fleurs, espoir utopique, celui-ci ne résiste pas longtemps à l'atmosphère vicié du lieu, de l'époque.

Autre personnage important, cet immeuble, posé comme un monolithe au sommet duquel François attend que le jour se lève, il se découpe sur l'obscurité de la nuit, semble atteindre le ciel mais c'est avec l'enfer qui s'annonce qu'il fait le lien. Cinq étage comme une dalle funèbre posé sur la tombe d'un monde qui est déjà mort mais refuse de le reconnaître.

Carné voulait retravailler avec Jacques Prévert et Jean Gabin depuis Le Quai des brumes. Reste à trouver un scénario digne de ce nom. Gabin propose un livre de Pierre René Wolf intitulé Martin Roumagnac. L'idée rencontre peu d'écho et Prévert propose la rédaction d'un scénario original. Les semaines vont passer avant qu'il reconnaisse manquer de l'idée nécessaire. La situation est bloquée quand Jacques Viot vient rendre visite à Carné dont il est le voisin en lui proposant un scénario. Marcel le lit puis le propose à Jacques et Jean qui l'acceptent.

Ce n'est pas parce que tout est réuni pour produire un chef d’œuvre que cela suffit, ici c'est pourtant le cas. Depuis les décors jusqu'à la lumière, du scénario jusqu'à l'interprétation, de la réalisation jusqu'au montage, tout est impeccable.

Plus qu'un chef d’œuvre c'est la frontière entre deux mondes que ce film nous propose d'atteindre.

"François, François, y a plus de François … laissez-moi seul, tout seul, j’veux qu’on m’foute la paix".

Il sait déjà qu'il n'y a qu'un moyen lui permettant de la trouver.

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 07:12

(ちょびっツChobittsu) est un manga de CLAMP paru dans Young Magazine. Compilé en 8 volumes il est édité en France par Pika Édition.

Après avoir échoué à l'examen d'entrée à l'université, Hideki Motosuwa suit des cours de rattrapage à Tōkyō. Il travaille pour vivre, ses parents lui ayant coupé les vivres. Il est le seul dans sa boite sans ordinateur personnel, un peu parce qu'il n'en voit pas l'intérêt, beaucoup parce qu'il n'en a pas les moyens.

Un soir, alors qu'il rentre chez lui, il découvre, posé avec des sacs poubelles un Persocom, un ordinateur anthropomorphe pouvant d'accomplir toutes sortes de taches. Qui plus est il présente un physique féminin extrêmement plaisant. L'occasion est trop belle pour Hideki qui l'emporte, tant bien que mal car l'objet est plus lourd qu'il n'y paraît.

Une fois chez lui il met quatre heures avant de trouver le bouton qui activera sa trouvaille, bouton qui se trouve entre les jambes du Persocom... Le Persocom ouvre les yeux, s'anime mais ne sait que dire ''Tchii''. Ce sera son nom désormais. Le plus surprenant sera quand il voudra découvrir quels programmes elle recèle en la branchant sur un téléviseur ''no data'' apparaît sur l'écran. Quand il fera appel à un camarade celui-ci sera incapable d'en savoir plus, se contentant d'affirmer qu'elle ne peut fonctionner sans OS.

Et pourtant quand il lui pose une question elle lui répond, commence à s'exprimer, semblant découvrir le monde, la société et ses rites. Désormais il va être son professeur. Quand son ami lui apporte une photo reçu sur un forum où il cherchait des explications sur la nature de Tchii. Sur ce cliché, ressemblant mais sans certitude, le visage étant en grande partie dissimulé, on voit un Persocom branché à de multiples sources et sur sa cuisse le mot Hobit mais un bras dissimule le début du nom, ce pourrait en réalité être Chobit. Or les Persocom de ce type sont d'une puissance considérable.

Histoire d'en avoir le cœur net il pose la question à Tchii qui lui répond que ce n'est pas elle. Mais qui est-elle vraiment ?

Ainsi commence ce manga de CLAMP, romantique et sexy, classique mais intéressant sur la relation possible, et bientôt probable, avec une machine, ce terme sera alors obsolète. L'avantage apparent est qu'elle pourra avoir l'aspect que l'on souhaite, le problème viendra de ce que nous, nous ne l'aurons pas, que nous ne serons pas ce que nous voudrions être, non que cela serait impossible mais parce que nous ne savons pas ce que nous voulons.

Un autre monde est à venir, je doute que nous le connaissions.

Jusqu'à présent je n'ai pas trouvé de Persocom abandonné. Dommage, Tchii ne manque pas d'atouts...

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 18:06

fut le premier roman imaginé par Kafka et écrit entre 1911 et 1914, comme bien d'autres des œuvres de l'auteur il resta inachevé et fut publié après son décès en 1927. il permet de plonger dans l'état d'esprit de Kafka puisque son héros, Karl Rossman, est un jeune homme qui va d'échecs en désillusions, peut-être d'avoir une ambition au-dessus de ses moyens, ou de ne pas croire assez en lui pour la réaliser.

Ce livre aurait dû s'appeler, d'après la volonté de Franz ; Le Disparu (Der Verschollene), titre qu'il a retrouvé dans les dernières éditions.

Rossman débarque donc à New York pour échapper à un scandale, un rapprochement avec la bonne... Lors de la traversé il se prend d'amitié avec un soutier qu'il défend auprès de son commandant. C'est justement, le hasard et la volonté de l'auteur vont faire que le héros de l'histoire va rencontrer son oncle, le sénateur Jakob qui va s'occuper de lui. Chez lui il va apprendre l'anglais, à montrer à cheval, une vie tranquille et sereine.

Qui ne va pas durer, Karl va bientôt être mis dehors par son oncle. Il est sans argent, sans relation mais plein de bonne volonté.

Dans la rue il va faire la connaissance d'un Irlandais : Robinson, et d'un français : Delamarche mais se querelle avec eux. Après quoi il trouve un emploi de liftier à l'hôtel Occidental dans lequel il semble enfin être à l'aise et capable d'envisager l'avenir.

Il n'en sera rien, un moment inattention lui sera fatal et causera son expulsion manu militari de son poste. Retrouvaille avec Delamarche devenu l'amant d'une cantatrice fortunée. Les aventures de Karl ne vont pas s'arrêter là, mais le roman nous le montre dans un train transportant la troupe nouvellement recrutée du Grand théâtre de l'Oklahoma vers celui-ci.

Que lui serait-il arrivé ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kafka, probablement, n'en savait rien, lassé de ces va-et-vient incessants entre le succès et l'échec, entre le renouveau et la déception, autant le laisser dans son compartiment s'interrogeant, et le lecteur avec lui, sur ce qui l'attendait mais conservant l'illusion que, cette fois, tout allait bien se passer.

Ces pérégrinations sont à l'image de l’œuvre de Kafka, aller d'un endroit à l'autre, produire beaucoup d'effort pour aboutir nulle part et recommencer encore et encore. Là aussi nous ressentons les effets de cette course incessante, comme un poids sur la poitrine avec le désir de le laisser tomber, de conclure que ça ne sert à rien. À l'image de la vie qui nous entraîne, nous pousse, nous trimbale, pour une destination dont nous savons ce qu'elle sera quelque effort que nous fassions.

Le rêve américain ne fut que cela pour Franz, pas étonnant que la Statue de la Liberté qui l'accueille à New York tienne un glaive, celui qui tranche les espoirs de qui manque de force pour les réaliser.

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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 07:00

Nguyên Huy Thiêp

Traduit par Kim Lefèvre

En 1987, au lendemain du VIe Congrès du PCV (décembre 1986), celui du « renouveau », Un général à la retraite d’un auteur de 37 ans, Nguyên Huy Thiêp, fit l’effet d’une bombe par sa description du réalisme socialiste, celui de la haine, de l’égoïsme poussé jusqu’à l’absurde. Un général, retraité, ne supporter plus la vie sans âme et sans cœur pour laquelle il a combattu, accepte de repartir au front, en première ligne, pour mettre fin, dans la mort, à sa profonde déception.

Leçons paysannes nous montre la rencontre, la confrontation, entre un adolescent, fils de professeur et petit-fils de mandarin, chez un camarade de classe, pauvre et vivant à la campagne. Opposition de mondes et d'aspirations, qu'importe que soit passée la révolution socialiste, les individus changent peu et bien vite revient le goût du pouvoir et l'envie de posséder. Bien vite le professeur écrira à son fils pour lui demander de rentrer, ''il n'y a pas pire calamité que l'acoquinement de l'intellectuel et du paysan'', le père de ce dernier qui se baigne nu dans la rivière enseigne à son fils de ne pas tricher.

Nous n'avons pas les mêmes valeurs pourraient dire de concert les deux géniteurs ! À chacun de savoir lesquelles il préfère !

La dernière goutte de sang ! Le propre d'une malédiction est de traverser le temps pour frapper les héritiers mâles d'une lignée. Vendre son âme, au Diable ou à la réussite à n'importe quel prix, implique de respecter sa part du contrat.

Le sel de la forêt ! Que reste-t-il de la conscience dans l'esprit d'un chasseur ? À priori pas grand chose, néanmoins celui-ci en observant une famille de singe dont il a blessé le mâle va s'interroger sur lui-même, le but de sa présence et le sens d'une vie qui lui apparait subitement dans sa cruelle réalité !

 

Pas de fioriture dans l'écriture de Nguyên Huy Thiêp, il va à l'essentiel et montre l'homme dans sa vérité à l'intérieur du costume des apparences et de positions affichées.

 

Nguyên Huy Thiêp est né à Hanoï en 1950, il n'a que quelques jours quand sa mère doit le mettre dans un panier pour fuir les bombes françaises tombant sur la ville. Il réussit pourtant ses études pendant le conflit puis suivit un cursus d'historien à l'université de Pédagogie de Hanoï où il réside toujours et ouvrit deux restaurants.

 

L’année dernière, j’ai parcouru le pays. A Saïgon, j’ai rencontré Nguyên Van Hanh, un de mes anciens professeurs, il fut un temps le chef adjoint du département de la culture et de la pensée au comité central du Parti communiste. « Si tu veux écrire quelque chose sur la guerre, il vaut mieux que tu écrives sur la guerre contre les Français, m’a-t-il dit, car la plupart des protagonistes sont morts. Mais si tu écris sur la guerre contre les Américains, tu cherches ton malheur : c’est du suicide ! »


J’ai compris son conseil. La vie est courte, il y a encore plein d’autres sujets pour écrire, et il faut vivre… » (Le Monde 30 avril 2005, trad. Sean James Rose)

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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 06:32

J'ai fait peur aux ténèbres

Quand ils m'ont envahis ;

Leur cortège funèbre

Disparut sans un bruit,

Échappant à la rage

Qui habitait en moi,

Monstre dans une cage,

Couchée devant son roi.

 

J'ai effrayé les spectres

Ces êtres fait de brumes,

Pour qui s'en veut le maître,

Nul espoir que l'enclume

martelant l'acier noir

Des rêves innocent.

Quand surviendra le soir,

Le ciel sera de sang.

 

Même un tyrannosaure

Pour moi est comme un chat,

Même face à la mort

Je ne bougerai pas.

Mais c'est devant la vie,

Que je me sais fragile,

C'est pourquoi je m'enfuis,

Que je cours dans la nuit.

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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