Overblog Tous les blogs Top blogs Mode, Art & Design Tous les blogs Mode, Art & Design
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 07:41

HER

L'ordinateur est notre compagnon au travail, à la maison, et, de plus en plus, partout ailleurs quand il est dans notre poche et ressemble à un téléphone. Il aspire notre temps, notre argent ; suscite notre colère et provoque notre irritation quand il trompe notre confiance.

Malgré tout cela lui manquait une dimension affective et érotique, et je ne parle pas de lui comme d'un intermédiaire, vous savez de quoi je parle, mais bel et bien comme le sujet de notre attachement et la source de notre affection.

Et plus si affinités !

Théodore écrit des lettres pour d'autres, de véritables lettres qui sont envoyées ensuite à leurs destinataires, il personnalise chacune et connaît intimement ses clients, les détails de leurs vies, au point de pouvoir inventer ce qu'il ignore et donner à chacun plus que ce qu'il attend.

Théodore est en cours de divorce, et pour lui c'est une épreuve difficile au point qu'il ne parvient pas à signer les papiers nécessaires pour pouvoir continuer à dire qu'il est marié. Un jour on lui propose un nouvel OS (Operating System) intuitif et intelligent. Pour être adapté à son utilisateur celui-ci lui pose quelques questions. Une minute de silence pour que le système s'initialise et une voix provient de la machine, une voix chaude et sensuelle (celle de Scarlett Johansson !). Théodore est d'abord étonné puis se laisse séduire, par la voix mais aussi par les mots. Sa nouvelle partenaire s'appelle Samantha (c'est elle qui choisit) et va se révéler sensible, compréhensive et prête à tout partager avec Théodore, avec l'avantage de ne jamais dormir, d'avoir accès à un savoir illimité et de pouvoir être déconnecté.

Le rêve !

Les relations entre Samantha et Théodore vont évoluer et celui-ci va retrouver le sourire, revoir sa femme - d'en avoir parlé avec Sam lui a fait beaucoup de bien - et signer les papiers du divorce ; devenir plus intimes, Théodore peut tout confier à sa nouvelle partenaire, ses pensées les plus secrètes, ses fantasmes qu'il tairait à une humaine.

Théodore n'est pas le seul à avoir une nouvelle amie, l'OS virtuel a beaucoup de succès, il suffit de regarder défiler les gens dans le métro dont chacun parle à son téléphone pour s'en rendre compte. Vous me direz que c'est déjà comme ça. Certes, mais là les gens parlent avec le téléphone, et pas avec un correspondant qui serait à l'autre bout d'un fil invisible.

Le monde que Spike Jonze nous montre est presque là, il suffit d'une étape, comprendre que l'autre n'a pas besoin de corps s'il a un esprit qui, pour apparent qu'il soit, nous convient. Somme-nous sûr que la personne avec laquelle nous vivons n'est pas l'inverse, physiquement présente mais spirituellement ailleurs ?

Joaquin Phoenix est parfait dans ce rôle, Rooney Mara et Amy Adams également, quand à Samantha il suffit de fermer les yeux pour voir Scarlett à sa place. Une voix inconnue aurait rendu le film moins compréhensible.

L'amour est une illusion culturelle bâtie sur une nécessité physiologique. Si l'un est organique et pas l'autre alors l'entente semble compromise à moyen terme tant le premier se heurtera vite à ses limitations.

Qu'en sera-t-il quand la frontière biologique sera abolie...

 

Spirituel et virtuel ne sont pas des contraires. J'espère que vous êtes au moins le premier !

 

Un scénario novateur qui n'a pas volé son Oscar pour un film que j'ai trouvé un peu long. Depuis j'attends que mon ordi me parle avec la voix de Scarlett !

Partager cet article
Repost0
27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 07:23

Du passé restent bien des traces dont nous voudrions savoir ce qu'elles veulent dire et, souvent, qui les a laissés. Interrogations géographiques, historiques mais aussi biologiques. Comment répondre à ces fameuses questions : Qui sommes-nous ? D'où venons-nous ? Où allons-nous ?

 

Plusieurs chapitres segmentent ce magazine

Les civilisations dont nous restent quelques vestiges, écritures ou monuments ?

Religions, mythes et surnaturel. Quelles perceptions de notre environnement sont-ils à l'origine de ce besoin qui semble naturel ?

Monde du vivant. Du fond des océans aux arbres qui nous entourent, qu'avons-nous à apprendre ?

Forces de la nature. L'univers et notre planète sont sources d'angoisses et d'interrogations.

Disparitions. Pourquoi Néandertal a-t-il disparu, et, plus proche de nous, qu'est-il arrivé à telle ou telle personnage ?

3000 pierres ont été dressés à Carnac, foule minérale semblant en attente, figée dans un espoir ou une crainte dont nous ignorons tout. Étaient-elles une offrande, une tentative d'expliquer l'univers ou un calendrier, où, plus probablement, un mélange de tout cela ?

À la même époque, ou presque fut élevée la pyramide de Kheops, dernière merveille du monde antique qui nous soit parvenu. Plusieurs théories s'affrontent pour expliquer sa construction sans qu'aucune ne soit avérée.

Que se passait-il à Stonehenge, cercle de mégalithes dressé au cœur de la plaine de Salisbury, et, surtout, qui l'érigea, amenant des pierres de plusieurs tonnes de plus de 250 km ? Quelle symbolique millénaire était-elle présente en ce lieu ?

Au début du XXè furent découverts des cadavres étonnamment bien conservés à la frontière du désert de Takla-Makan, dans la régions du Tarim. Momifiés naturellement, les séquences d'ADN prélevées montrent qu'ils sont de souche occidentale, leurs vêtements rappelant ceux des montagnards alpins. D'autre part, pourquoi étaient-ils ensevelis sous des embarcations retournées recouvertes de terre ? Qui étaient-ils, d'où venaient-ils, où allaient-ils ?

En 1908 Luigi Pernier découvrit un disque d'argile dans les ruines d'un palais de Phaistos, couvert de 242 pictogrammes regroupés en 61 segments. Aucun autre objet similaire n'a jamais été trouvé et les spécialistes se perdent en conjectures sur la nature de cette trouvaille, jusqu'à imaginer qu'elle puisse être un canular.

Qu'est-il arrivé à la civilisation minoenne ? Minos lui-même n'a peut-être jamais existé, ni son dédale et la créature y vivant, il n'en reste pas moins que sur l'île de Crète prospéra une civilisation pré-hellénique qui disparut brusquement. À la suite de catastrophes naturelles où d'une invasion mycénienne ? Mystère !

Tanis et Pétra nous livreront-elles un jour leurs mystères ?

Qui sont les hommes des tourbières, découvert au Danemark, dans les îles Britanniques, en Allemagne et aux Pays-Bas ? Criminels exécutés ou victimes de sacrifices humains censés assurer une protection magique ? La question reste sans réponse.

Qui furent les bâtisseurs de Teotihuacan, la plus grande ville de l'hépisphère occidentale établie au Mexique il y a plus de 2000 ans ? Ils n'ont rien laissé qui permette de les identifier.

De même, la cité de Palenque nous éclairera-t-elle sur les Mayas ? Saurons-nous un jour ce que signifiaient les glypes de Nazca au sud du Pérou où la roue de médecine de Bighorn ? Les vikings, menés par Leif Eriksson, furent-ils les premiers européens à fouler le sol de l'Amérique du Nord ? Quel peuple éleva-t-il le tertre du Grand Serpent sur les collines du sud de l'Ohio ? À quoi servaient l'écriture et les statues de l'île de Pâques ? Trouvera-t-on un jour la tombe de Gengis Khan quelque part dans le sol Mongol ? Celui qui la mettra à jour verra-t-il son crâne rejoindre les pyramides que le conquérant aimait à édifier ?

 

Inutile de continuer cette liste, bien des mystères sont évoqués, des solutions proposées mais aucune solution apportée, sinon ils ne figureraient pas ici. Encore ne s'agit-il là que du premier chapitre d'une publication idéale pour susciter l'imagination et provoquer des débats plus ou moins enflammés.

Ne craignez pas de faire connaissance avec le poisson-ogre,

le régalec ou le calmar géant, ils vivent dans les grandes profondeurs, et pas celles de l'esprit !

Si vous espérez vivre vieux n'espérez pas atteindre l'âge de Pando, les caisses de retraites n'y survivraient pas, elles. Et je vous parle pas de la méduse, Turritopsis nutricula, surnommée méduse Benjamin Button pouvant rajeunir avant de relancer sa croissance.

Mais attention à ne pas vous retrouvez à Salem, vous pourriez vous retrouvez pendu, ce qui serait dommage, vous manqueriez les prochains billets de ce blog.

 

Partager cet article
Repost0
26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 07:18

Après la République Populaire Démocratique de Corée visitons maintenant les sites de la République Démocratique de Corée inscrits au patrimoine universel de l'UNESCO :

Grotte de Seokguram et temple Bulguksa

Whc.unesco.org/fr/list/736

Aménagés au VIII siècle, sous la dynastie de Silla, sur les pentes du mont Toham, la grotte de Seokguram et le temple Bulguksa constituent un ensemble d'architecture religieuse exceptionnelle érigé par la volonté de Kim Dae-seong en mémoire de ses parents.

Seokguram est une grotte artificielle en granit, composé d'une antichambre, d'un couloir et d'une rotonde abritant une statue monumentale du Bouddha Sakyamuni regardant la mer, la main gauche en position « dhyana mudra », le mudra de la concentration, et la main droite en position « bhumisparsa mudra », touchant la terre. La construction du plafond en forme de dôme de la rotonde et du couloir a fait appel à une technique novatrice qui a impliqué l'emploi de plus de 360 dalles de pierre.

Le temple Bulguksa comprend une série de bâtiments de bois construits sur des terrasses de pierre surélevées. Son enceinte est divisée en trois parties – Birojeon (hall du Bouddha Vairocana), Daeungjeon (hall du grand éveil) et Geungnakjeon (hall du bonheur suprême). Ces zones et les terrasses en pierre ont été conçues pour représenter le pays du Bouddha. Les terrasses en pierre, les ponts et les deux pagodes – Seokgatap (Pagode de Sakyamuni) et Dabotap (Pagode des trésors abondants) – situées en face du Daeungjeon attestent de la finesse du travail de la pierre au temps des Silla.

 

Sanctuaire de Jong myo

http://whc.unesco.org/fr/list/738

Le sanctuaire de Jongmyo abrite les tablettes des rois et reines de la dynastie Joseon. C’est le plus ancien et le plus authentique des sanctuaires royaux confucéens consacrés au culte des ancêtres. Il s’élève sur un plan unique en son genre, entièrement conservé. Construit à la fin du XIV siècle, il a été détruit au XVI siècle pendant l’invasion japonaise, puis reconstruit au début du XVII siècle ; certains bâtiments ont été agrandis par la suite. Les principaux éléments du complexe de Jongmyo sont : le sanctuaire principal, le Jeongjeon ; et un sanctuaire auxiliaire, le Yeongnyeongjeon (Pavillon de la Paix éternelle). Les autres éléments sont : le Mangmyoru (pavillon de bois où le roi se recueillait devant la mémoire de ses ancêtres royaux) ; le Gongmingdang (sanctuaire dédié au roi Gongming de la dynastie Goryeo, construit par le roi Taejo de la dynastie Joseon) ; le Hyangdaecheong (pavillon où sont conservés les objets rituels) ; et le Jaegung (bâtiment comprenant une salle centrale et deux ailes, où le roi et les autres participants attendaient avant la cérémonie). L’architecture est conforme à la doctrine confucéenne du culte des ancêtres et adaptée au rituel des cérémonies confucéennes, supervisées strictement par les rois. Le sanctuaire a conservé sa forme originelle, qui date de la dynastie Joseon.

Les rites traditionnels du culte des ancêtres (les Jongmyo Jerye) sont encore pratiqués accompagnés de la musique et des danses rituelles. Tout ce qui concerne la construction et la gestion du sanctuaire de Jongmyo ainsi que les Jongmyo Jerye, a été consigné dans les protocoles royaux de la dynastie Joseon.

 

Temple d'Haeinsa Jhanggyeong Panjeaon, les dépots des tablettes du Tripitaka Koreana

whc.unesco.org/fr/list/737

Le Janggyeong Panjeon du temple de Haeinsa, sur les pentes du mont Gaya, abrite le Tripitaka Koreana, la collection la plus complète de lois, traités et autres textes bouddhiques qui nous soit parvenue. Ces textes ont été gravés entre 1237 et 1248 sur environ 80.000 tablettes de bois pour demander au Bouddha de défendre la Corée contre les invasions mongoles. Les spécialistes du bouddhisme dans le monde entier reconnaissent l’exactitude exceptionnelle et la qualité supérieure de ces textes. La valeur des tablettes vient aussi de la délicatesse avec laquelle les caractères chinois ont été gravés ;  la calligraphie est si régulière qu’on peut penser que tout  a été écrit par la même main.

Le Janggyeong Panjeon comprend deux bâtiments longs et deux bâtiments petits. Construits au XVe dans le style du début de la période Joseon, leur conception se caractérise par la simplicité des détails, l’harmonie du plan et des proportions, l’équilibre et  le rythme.

Ces bâtiments sont exceptionnels parce qu’ils figurent parmi les plus anciennes constructions destinées à cet usage particulier et qu’ils mettent en œuvre des solutions remarquablement efficaces pour prévenir la détérioration des tablettes de bois tout en permettant de les entreposer et d’y accéder facilement. Ils ont été conçus pour assurer une aération naturelle et moduler la température et le degré d’humidité en fonction des conditions climatiques. Ils ont ainsi protégé les tablettes contre les rongeurs et les insectes pendant quelque cinq siècles.

Le complexe du temple de Haeinsa est un lieu de pèlerinage célèbre qui attire non seulement les bouddhistes coréens, mais les bouddhistes et les chercheurs du monde entier.

Partager cet article
Repost0
25 mai 2014 7 25 /05 /mai /2014 07:17

L’abbaye de Saint-Jean-la-Rivière est sur le point de fermer pour cause de faillite, une catastrophe pour ses pensionnaires, des vieux comédiens sans ressource. Raphaël Saint-Clair, acteur autrefois adulé et grand séducteur, vient d’arriver, il y retrouve Marny, rival dont il avait jadis séduit la femme, et Cabrissade, artiste de second plan et souffleur pour gagner de quoi vivre. La vie était simple, routinière mais la conjugaison de cette menace et de la venue d'un nouveau résident va apporter un grand bouleversement.

C'est tout le petit monde du spectacle réuni dans un espace réduit, de la plus grande des vedettes, jadis, désormais oubliée, jusqu'au technicien ou figurant. Chacun vit un peu dans le présent mais beaucoup dans le passé, se remémorant ses heures d'une gloire qui semble à la fois plus grande qu'elle ne fut et floue à mesure que la mémoire s'éloigne.

Tant de rancœurs accumulées ne peuvent rester muettes quand le fragile équilibre est rompu par un homme que tous connaissent, détestent mais jalousèrent à un moment ou à un autre. Acteur qui fut flamboyant, doté d'un égo surdéveloppé et peu soucieux des autres, ceux-là même qu'il retrouve. Désormais tenir son rang va être difficile, la scène est étroite et les spectateurs réduits à leur plus simple expression.

À voir après Entrée des artistes dont il n'est pas la suite mais présente ce qui peut arriver à ceux qui furent grands, parfois moins qu'ils le disent, mais ne sont plus qu'eux-mêmes, esprits hantés de souvenirs nébuleux, d'espoirs déçus et d'échos d'applaudissements de plus en plus difficile à réentendre.

Julien Duvivier, avec le scénario de Charles Spaak, s'en donne à cœur joie, mêlant cruauté et gentillesse, pessimisme lucide et sourires pour dépeindre un monde qu'il connaissait bien où l'apparence compte plus que la réalité, la première étant là pour dissimuler la seconde sous une couche de fard de plus en plus épaisse à mesure que passe le temps. Louis Jouvet, Michel Simon et Victor Francen s'affrontent alors qu'ils se ressemblent beaucoup dans le fond. Chacun s'appuie sur les autres pour exister, s'en moque parfois mais en dépend toujours. La vieillesse est un naufrage, mais quand elle refuse de se reconnaître, qu'elle ment aux autres comme à elle-même ce naufrage devient un cauchemar auquel nous assistons avec une jubilation ironique sans voir que ces comédiens, ou ce qui en reste, ne sont pas si différents des autres professions.

Être artiste n'empêche pas d'être amer, pervers et, au final, désespéré.

Un plaisir que d'assister à ces combats de fauves fatigués, aux crocs fragilisés, quand ils sont authentiques ; et aux griffes émoussées d'avoir lacérées trop d'illusions.

Partager cet article
Repost0
24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 07:13

Je ne peux plus dormir, pas plus me réveiller,

Entre les deux je peux observer les contraires,

Sans avoir à choisir mon côté préféré,

Je peux me promener par delà les frontières.

 

Le temps est aboli, je rêve le présent,

Sitôt qu'il me déplait un autre se propose,

Après est sans valeur, le futur est absent,

Maintenant et toujours ici se superposent.

 

Errer entre les deux, porté par un courant

Dont je ne sais le but, où il veut m'entraîner,

Si même en mes artères est liquide mon sang.

Si je suis déjà mort ou bien pas encore né.

Partager cet article
Repost0
23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 07:03

Rue des soldats. Éditions de l'Aube, 2003

 

"Le mari se nommait Nam, officier du génie tenant garnison au-delà du pont Thang Long. La femme exerçait son métier de médecin militaire. Elle s'appelait Thao; âgée d'une trentaine d'années elle parassait encore très jeune et elle était jolie, de cette beauté discrète de la Hanoï d'autrefois. Ce couple de soldats n'avait qu'une fillette, âgée de sept ans, mince et élancée comme son père, de visage avenant comme celui de sa mère et au regard chargé de tristesse, comme celui de tous les enfants nés dans ce quartier."
Telle est la famille, héroïne malgré elle de ce roman du quotidien qui nous raconte l'histoire d'une rue: la rue des Soldats. des soldats qui ont certes réchappé de la guerre, mais qui sont impitoyablement marqués par ce qu'ils ont vécu.

Heureusement, la vie est la plus forte; et c'est leur bonheur qu'ils traquent désormais.

Ce roman nous fait visiter une rue de Hanoï, appelée "Rue des Soldats" car de nombreux anciens militaires y résident. Il raconte les efforts d'hommes et de femmes, nés à l'époque coloniale et pendant la guerre, pour trouver leurs place dans leur pays, ''libéré'' mais confronté aux difficultés économiques et à la modernité.

À la fois roman d'aventure, d'amour et témoignage sociologique. Véritable kaléidoscope d'une société en mouvement illustrée par une dizaine de personnes, ex-militaires gradés, certains reconvertis avec des fortunes diverses tournant autour du couple formé par Nam et Thao.


L'amour, l'argent, la guerre ; les bases d'un vrai roman populaire.

 

Chu Lai, né en 1946 dans une province du Nord Viêt Nam, a fait des études de lettre; il s'est porté volontaire dans la guerre contre les américains. En 1975, il s'installe à Hanoï avec le grade de colonel et reprend son métier d'écrivain. Il a déjà publié une quinzaine de romans, écrit autant de scénarios et de pièces de théâtre. "Rue des soldats" a reçu le prix des maisons d'édition de Hanoï et a été très apprécié du public. Il en a été adapté une série télévisée. 
 

Le mendiant du passé - Editions de l'Aube , 2007 

 

« – … M’aimes-tu vraiment ? – Oui ! je t’aime beaucoup, plus que toute autre personne. Si tu te retrouvais malade, estropiée, je t’aimerais toujours ! – Mensonges ! – Si tu étais condamnée à la prison je ne t’en aimerais que davantage ! – Encore des mensonges ! – Difforme, contrefaite, je t’aimerais encore… – Folie ! Mais écoute cette chose étrange : je suis moi, pour toujours, la petite Suong… »

Hung, jeune lieutenant plein de fougue, et Suong, ravissante infirmière, tous deux Viêt Công, combattent côte à côte près de Saïgon. La jeune fille tombe sous les balles de l’ennemi, qui expose son corps sur la place du marché ; Hung, bravant tous les dangers, le récupère en pleine nuit, creuse la tombe de ses mains et enterre son amour. Pourtant, vingt ans après, alors qu’il n’est plus que l’ombre de lui-même, au chômage et désespéré, il reconnaît Suong dans la talentueuse directrice du comité régional du Parti. Mais celle-ci nie farouchement – jusqu’à l’épilogue, tragique et inéluctable.

Partager cet article
Repost0
22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 07:49

Philomena Lee est triste en cette journée qui rouvre en elle une blessure jamais cicatrisée. Elle regarde la photo, la seule qu'elle possède, du fils dont c'est l'anniversaire et qu'elle n'a plus revu depuis qu'il lui fut arraché pour être vendu à de riches étasuniens venus se servir dans le couvent discret où elle accoucha. En 1952 avoir un enfant hors mariage était un péché qu'il fallait d'expier dans la douleur et la honte, et dissimuler dans cette Irlande au catholicisme omniprésent et omnipressant.

Ce jour sa peine est plus forte et sa fille, née bien plus tard, lui en demande la raison.

 

Martin Sixsmith vient d'être démissionné de son poste de conseiller du gouvernement travailliste, son projet professionnel est d'écrire un livre sur l'histoire russe, autant dire que son idée n'emballe aucun éditeur. Pendant une soirée où il s'ennuie il rencontre la fille de Philomena qui l'ayant entendu dire qu'il était journaliste lui demande si le cas de sa mère ne l'intéresserait pas.

 

 

 

 

Martin va dire non, avant de réfléchir et de finir par accepter. Il doit travailler et son projet de bouquin suscite moins de curiosité qu'un reportage su une histoire vraie, dramatique et médiatisable.

Il va donc rencontrer Philoména dans le restaurant préféré de cette dernière, établissement populaire loin de ceux que le journaliste fréquente habituellement. Il va néanmoins être intéressé par cette histoire et décider de mener l'enquête pour retrouver Anthony, le fils de Philomena. Début d'un voyage dans le temps et l'espace où vont se rencontrer une vieille dame dont la foi demeure et un journaliste plus lucide, cynique diraient les médisants.

 

L'enquête va commencer à la source, le couvent de Roscrea où le fils de Philomena vit le jour. Elle même due y travailler plusieurs années pour ''rembourser'' les sœurs et renoncer définitivement à ses droits sur Anthony, elle ne dut qu'à la gentillesse d'une jeune nonne d'avoir une photo de son enfant, c'était, évidemment, totalement interdit.

Manque de chance (!) les archives du couvent ont brûlé, aucune trace ne subsiste des activités du couvent mais, les voies du seigneur sont impénétrables, le contrat signé par Philomena a survécu et lui rappelle ce à quoi elle s'engagea un demi siècle plus tôt. S'arrêtant dans un pub de la ville la plus proche il discute avec le barman qui lui dit qu'ils ne sont pas les premiers à être venu pour en savoir plus et à repartir bredouille. Sixsmith lui demande s'il a vu l'incendie, ce à quoi l'autre lui répond qu'en réalité les sœurs mirent le feu elles-mêmes aux archives pour effacer leur passé.

Raison de plus pour continuer des investigations qui vont les mener aux états-unis, les services d'immigrations ont gardés les traces des enfants venus d'Irlande. Disposant de la date d'arrivée, de relations bien placées et d'un ordinateur, Martin ne va pas tarder à découvrir une vérité qui ne sera pas celle qu'il espérait découvrir...

Philomena retrouva la trace de son fils, d'autres continuent leur quête en espérant qu'elle ait un autre résultat.

Nul besoin de chercher dans la fiction les infamies auquel conduit l'intégrisme. Nul besoin non plus de lui adjoindre un adjectif, quelque masque qu'il porte il reste identique ! 

Partager cet article
Repost0
21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 07:44

L'amusant dans ce petit livre est que, pour dénoncer un dogme, il en installe un autre, comme toujours, puisque le dénonciateur d'une situation qu'il juge dommageable le fait en en proposant une qu'il suppose meilleure. L'Histoire a prouvé que c'est rarement vrai.

Mais la question n'est pas là.

Il peut sembler curieux de classer parmi les marxistes un auteur qui dénonce le droit au travail comme celui à l'aliénation et s'étonne du tropisme des classes populaires à vouloir travailler, prisonnières qu'elles sont d'une idéologie qui les pousse à vouloir consommer et pour cela à désirer en obtenir les moyens. Pour dépenser plus il faut gagner davantage. Le serpent (monétaire) se mord la queue.

 

 

 

Lafargue dessine un ''paradis'' qui consiste à profiter des joies de la vie, à ne ''travailler que trois heures par jour, à fainéanter et bombancer le reste de la journée et de la nuit''. De fait cela ne serait plus dérangeant aujourd'hui où la mécanisation a progressé et où les loisirs rapportent aussi à ceux qui les proposent.

Lafargue s'étonne de l'idée que la dignité est relative au travail, dénonçant l'influence du clergé au service de la bourgeoisie pour un résultat qui serait une régression. Les sociétés primitives ne sont-elles pas exemptes de cette obsession et plus heureuse ?

Il ne dit pas qu'elles le sont beaucoup moins longtemps !

 

Ce qui sous tend son texte est l'apologie d'une situation antérieure à la ''civilisation'', un monde de chasseurs-cueilleurs, qui ne reviendra jamais. Le temps est à sens unique et si une catastrophe arrivait changeant radicalement nos conditions de vie nul ne sait quels seraient les comportements des survivants.

Je doute qu'il ait entrevu ce qui arriverait si l'homme retournait à ses instincts, peut-être était-il intoxiqué par l'idée rousseauiste qu'il est naturellement bon...

 

Sa critique est parfois ironique mais pertinente quand il dénonce le principe productiviste générateur de crises accroissant la misère qui elle-même augmente le besoin de travailler. Encore le serpent...

Nous pouvons désormais imaginer une société où les machines remplaceraient les ouvriers, réduisant le temps de travail à peut-être moins des trois heures proposées par Lafargue. Encore une fois c'est une vision limitée qui n'anticipe pas les questions que cette nouvelle réalité soulèveraient.

L'idée existe d'un revenu universel, accordé aux riches comme aux pauvres, permettant à chacun de se consacrer, plus ou moins longtemps, à des activités non rémunérées mais qui l'intéresse. Je pense que Paul Lafargue l'approuverait mais que, rédigeant son texte aujourd'hui, il n'y changerait rien mais rajouterait un chapitre sur l'exploitation du temps des ouvriers par le capitalisme qui trouve à s'abreuver en dehors des heures de travail.

C'est peut-être lui qui est au sommet de la chaîne alimentaire !

Partager cet article
Repost0
20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 07:36

Si je vous dis féodalité vous imaginez un paysage rural semé de châteaux forts d'où le seigneur domine son domaine en exploitant serfs et paysans et des églises autour desquels les précédents se rassemblent pour supporter leur sort. Vous voyez des chevaliers s'affrontant de tournoi en tournoi pour gagner le cœur d'une belle en manque de prétendant.

Ces représentations sont véridiques mais partielles.

 

En 843 l'Empire carolingien est partagé, le roi de Francie occidentale, Charles le Chauve doit composer avec ducs et comtes pour maintenir un semblant de pouvoir. Il faut attendre Philippe Auguste pour que le souverain profite du système féodal pour agrandir le domaine royal et renforcer l'autorité de la couronne. Lentement la conditions paysanne va s'améliorer et les villes prendre une importance croissante.

 

Les fouilles effectuées à Château-Thierry précisent cette évolution, elles montrent la naissance d'une petite ville dès la fin du IXe siècle et comment celle-ci évolua au fil des siècles, possédant dès le XIIe siècle les attributs nécessaires à la définition d'une ville l un marché hebdomadaire, une foire périodique, un pont, un port (fluvial ou maritime), éléments de croissance nécessaires.

Par définition la féodalité désigne une société basée sur le lien unissant seigneur et vassaux. Relations nées à la fin du VIIIe siècle, dominantes du IXe au XVe ; le mot n'apparaîtra pourtant qu'au XVIIe, les droits seigneuriaux ne seront abolis qu'en 1789. Elles sont basées sur un échange, le premier protège, les seconds doivent aide et dévouement. Le système seigneurial étant scindé en trois parties, ceux qui prient, ceux qui combattent et ceux qui travaillent.

Quel meilleur représentation de cette époque que le château ? Il n'est au début qu'une butte de terre artificielle ou un promontoire naturel surmonté d'une tour quadrangulaire et entouré d'une palissade en bois. Cette tour, de bois souvent, de pierre quand cela est possible, est le logement du seigneur, de sa famille et de ses troupes. Au bas du tertre, s'installe la communauté dépendante et s'établissent divers bâtiments : étables, écuries... le tout protégé par une autre palissade et un fossé. Le principe de l'installation en hauteur est la marque visible de l'autorité de son propriétaire, il est généralement implanté à la croisée des voies de communication, à l'entrée d'une vallée ou au centre de la campagne. Sa taille dépend des moyens du châtelain, présente un diamètre parfois supérieur à cent mètres pour une hauteur de 4 à plusieurs dizaines de mètres. Par la suite les villes seront à leur tour fortifiées pour soutenir un siège à une époque où les attaques sont nombreuses, les murailles étant là aussi pour réunir des constructions diverses ou distantes. Nombre de villes se fortifieront au XIVe avec la guerre de Cent Ans.

Si vous voulez en savoir plus une visite chez votre revendeur, ou la médiathèque la plus proche s'impose. Vous en saurez plus sur ces siècles qui virent s'édifier la France que nous connaissons. De l'importance de la religion jusqu'à l'instauration d'une monarchie digne de ce nom, de la naissance de l'artillerie au triomphe des valeurs chevaleresques, aujourd'hui disparues !

 

Magnifiquement illustré, le thème s'y prête, et donnant des idées de voyages pour découvrir les hauts lieux d'un patrimoine historique.

Vous aurez compris que j'ai un faible pour donjons et remparts et rêve encore d'habiter une tour dominant la région et semblant s'élever jusqu'au ciel.

Partager cet article
Repost0
19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 06:50

Un pays n'existe pas sans histoire, celle de la Corée est riche. Pourquoi ne pas profiter de ce challenge pour visiter les sites de ce pays inscrits au Patrimoine mondial de l'UNESCO, en attendant de pouvoir le faire réellement.

 

Situé à l'ouest de la République Populaire Démocratique de Corée le site de Koguryo date de la période du royaume du même nom, celui-ci occupait le nord de la péninsule coréenne et l'est de la Chine jusqu'à la Mandchourie et dura du Ier siècle avant notre ère jusqu'au VIIème.

Ces tombes construites en pierre et surmontées de tumulus en pierre ou en terre sont une des rares traces de la culture de ce royaume. Au nombre de dix mille elles s'étalent en partie en Coréen, en partie en Chine. 90 sont ornées de fresques, probablement étaient-elles destinées à la classe dirigeante. Elles présentent un témoignage de la vie quotidienne de l'époque par leurs représentations des vêtements traditionnels, la nourriture, le cadre de vie, les pratiques funéraires ou religieuses.

 

 

 

 

 

 

 

 

La grande majorité se trouve sur un site principal mais d'autres sépultures de la même époque sont situées isolement en d'autres lieux, dans des villages, les provinces voisines ou même à Pyongyang.

 

Descendons et nous approchons de la ville de Kaesong, à 14 km au sud-ouest nous trouvons le tombeau du roi Kongnim (31e souverain de la dynastie Koryŏ), en continuant notre chemin vers les chutes de Pakyon nous trouvons celui du roi Wang Kon fondateur de la dynastie Koryŏ.

Le site historique de Kaesong nous présente l'organisation de cette dynastie et de son État, de ses palais, monuments institutionnels, ses triples murailles construites à des périodes différentes mais aussi un observatoire astronomique et météorologique, deux écoles, une probablement pour les employés du gouvernement, et des stèles commémoratives, le tout construit suivant les règles de la géomancie. S'y rencontrent également les preuves des influences bouddhistes, confucianistes et taoïstes dans l'architecture.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : Lire au nid
  • : Mes (ré)créations littéraires et photographiques.
  • Contact

Bienvenue...

Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

Rechercher

Archives