Vincent Perez – 2016 – 103' d'après le roman de Hans Fallada
25 juin 1940, quand arrive une lettre à l'en-tête de l'armée il n'est pas difficile pour la postière de savoir ce que cela veut dire. Elle la donne sans rien dire à Otto Quangel avant d'aller faire une livraison de marché noir à madame Rosenthal, la ''juive'' du dernier étage. Otto apporte le courrier à son épouse, Anna, qui lui demande si ce sont des nouvelles de leur fils unique, mobilité et envoyé sur le Front. Otto lui a compris, quand Anna lit la nouvelle elle s'emporte, déchire le courrier, le jette au sol, hurle contre le système, et le Fuhrer, qui ont pris leur enfant.
Le père semble encaisser le choc, il poursuit son travail, se soumet au doublement de la production demandée. L'entreprise dont il est contremaître fabrique des cercueils, c'est dire qu'elle ne risque pas de manquer de travail. Il sait que s'opposer au parti nazi le conduirait à la mort aussi a-t-il une autre idée, plus facile à réaliser, à sa modeste mesure et dont il espère qu'elle servira à quelque chose. Il va écrire des cartes et les disposer un peu partout, principalement dans des immeubles où passent beaucoup de monde, sur lesquelles il dénonce les exactions du régime. Il appelle à une prise de conscience, à la création d'une presse libre.

Les cartes sont vite trouvées et finissent sur le bureau du commissaire Escherich, de la Gestapo. Il est sûr que tout va se régler très vite et que l'auteur sera arrêté. Deux ans plus tard il n'en est toujours rien et la SS s'en émeut, elle exige des résultats et puisqu'un suspect avait été arrêté pourquoi le commissaire l'a-t-il relâché, lui qui n'est qu'un intellectuel que le colonel SS déteste autant qu'il pense être méprisé. Escherich sera obligé de retrouver le suspect et de le suicider pour présenter le résultat attendu.
Les cartes arrivent pourtant toujours.
À prendre trop de risques Otto va faire des erreurs et être arrêté, il sait quel sort l'attend et espère que son épouse sera épargnée. Preuve qu'il est c... optimiste.

Le film s'inspire, fidèlement du livre de Hans Fallada inspiré de Otto et Elise Hampel. Tout en suivant leur cheminement il montre le quotidien de la vie en Allemagne à cette époque. L'euphorie des débuts quand les succès militaires se suivent. Présente dans un immeuble des représentants de la société, de la vieille dame juive du dernier à Emil Barkhause, espion et proxénète au sous-sol, en passant par l'ancien juge, l'intellectuel, la famille de nazis, tous fiers de leurs postes dans le parti ou la SS...
L'action des époux Quangel aura-t-elle eu une influence sur la guerre ? Sans doute pas, seules 18 des 285 cartes n'auront pas été rapportées, mais elle montre que résister était possible à n'importe quel niveau, cette seule raison suffit montrer la validité de ce geste.
Au final c'est le commissaire qui en comprendra le sens le mieux.

Vincent Perez passe derrière la caméra pour un film classique dans sa facture avec une histoire qui le concerne au travers de ses parents allemands dont aucun ne fut membre du parti nazi. Il profite d'un couple d'acteurs parfait. Brendan Gleeson en Otto, massif, ne montrant rien de ce qu'il ressent mais contraint de l'exprimer au travers de ses cartes, et Emma Thompson, qui partage l'action de son époux avec plus de crainte et de lucidité sur leur avenir.
Résister n'est jamais inutile. Quoi que...



















Les coups de balai sont fréquents dans l'administration, le gouvernement, et ils pourraient en subir les conséquences comme cela est arrivé à pas mal de leurs relations.






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