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26 janvier 2018 5 26 /01 /janvier /2018 09:00

Vincent Perez – 2016 – 103' d'après le roman de Hans Fallada

 

25 juin 1940, quand arrive une lettre à l'en-tête de l'armée il n'est pas difficile pour la postière de savoir ce que cela veut dire. Elle la donne sans rien dire à Otto Quangel avant d'aller faire une livraison de marché noir à madame Rosenthal, la ''juive'' du dernier étage. Otto apporte le courrier à son épouse, Anna, qui lui demande si ce sont des nouvelles de leur fils unique, mobilité et envoyé sur le Front. Otto lui a compris, quand Anna lit la nouvelle elle s'emporte, déchire le courrier, le jette au sol, hurle contre le système, et le Fuhrer, qui ont pris leur enfant.

 

Le père semble encaisser le choc, il poursuit son travail, se soumet au doublement de la production demandée. L'entreprise dont il est contremaître fabrique des cercueils, c'est dire qu'elle ne risque pas de manquer de travail. Il sait que s'opposer au parti nazi le conduirait à la mort aussi a-t-il une autre idée, plus facile à réaliser, à sa modeste mesure et dont il espère qu'elle servira à quelque chose. Il va écrire des cartes et les disposer un peu partout, principalement dans des immeubles où passent beaucoup de monde, sur lesquelles il dénonce les exactions du régime. Il appelle à une prise de conscience, à la création d'une presse libre.

Les cartes sont vite trouvées et finissent sur le bureau du commissaire Escherich, de la Gestapo. Il est sûr que tout va se régler très vite et que l'auteur sera arrêté. Deux ans plus tard il n'en est toujours rien et la SS s'en émeut, elle exige des résultats et puisqu'un suspect avait été arrêté pourquoi le commissaire l'a-t-il relâché, lui qui n'est qu'un intellectuel que le colonel SS déteste autant qu'il pense être méprisé. Escherich sera obligé de retrouver le suspect et de le suicider pour présenter le résultat attendu.

Les cartes arrivent pourtant toujours.

 

À prendre trop de risques Otto va faire des erreurs et être arrêté, il sait quel sort l'attend et espère que son épouse sera épargnée. Preuve qu'il est c... optimiste.

Le film s'inspire, fidèlement du livre de Hans Fallada inspiré de Otto et Elise Hampel. Tout en suivant leur cheminement il montre le quotidien de la vie en Allemagne à cette époque. L'euphorie des débuts quand les succès militaires se suivent. Présente dans un immeuble des représentants de la société, de la vieille dame juive du dernier à Emil Barkhause, espion et proxénète au sous-sol, en passant par l'ancien juge, l'intellectuel, la famille de nazis, tous fiers de leurs postes dans le parti ou la SS...

 

L'action des époux Quangel aura-t-elle eu une influence sur la guerre ? Sans doute pas, seules 18 des 285 cartes n'auront pas été rapportées, mais elle montre que résister était possible à n'importe quel niveau, cette seule raison suffit montrer la validité de ce geste.

Au final c'est le commissaire qui en comprendra le sens le mieux.

Vincent Perez passe derrière la caméra pour un film classique dans sa facture avec une histoire qui le concerne au travers de ses parents allemands dont aucun ne fut membre du parti nazi. Il profite d'un couple d'acteurs parfait. Brendan Gleeson en Otto, massif, ne montrant rien de ce qu'il ressent mais contraint de l'exprimer au travers de ses cartes, et Emma Thompson, qui partage l'action de son époux avec plus de crainte et de lucidité sur leur avenir.

Résister n'est jamais inutile. Quoi que...

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25 janvier 2018 4 25 /01 /janvier /2018 09:00
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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 09:00

Jean-Patrick Benes – 2016 – 80'

 

2035, la France n'est plus ce qu'elle était, et sa grandeur appartient à un lointain passé. Le nombre de chômeurs approche des 15 millions, le pouvoir politique n'est même plus une illusion (la principale différence avec aujourd'hui), ce sont les les grandes compagnies qui dirigent le pays, et principalement les compagnies chimiques et de divertissements, les deux s'étant alliées. En effet depuis des années le dopage est autorisé, la vente de son corps, en tout ou en partie, l'est également et pour distraire un peuple qui survit comme il peut on lui propose de suivre des combats dont les champions sont les représentants des industries biochimiques. À ce titre ils ''bénéficient'' des derniers progrès en matière d'amélioration corporelle, jusqu'à la destruction des nerfs transmettant la douleur au cerveau.

 

Réda Kowalski, appelé Arès sur le ring, est un combattant banal, classé loin dans la hiérarchie. Il enchaîne combats minables, qu'il perd souvent, et petit boulot de surveillance ou sécurité. Il met de l'argent de côté pour acheter une boutique, mais la somme est difficile à atteindre. Il vit dans un grand ensemble, un immeuble parmi mille autres, aussi sales et mal entretenus. Mis à part ses relations professionnelles, il ne fréquente que sa sœur et la famille de celle-ci, laquelle essaie de lutter contre un système qu'elle juge toxique, et son voisin, un jeune ''transformiste'' qui vit en se laissant filmer chez lui 24 h sur 24.

Un jour Arès reçoit une nouvelle proposition d'un important trust pharmaceutique, il s'agit de tester un nouveau produit. Celui-ci a déjà été essayé sur de nombreux cobayes, tous sont morts ! Arès lui présente une spécificité sanguine indiquant qu'il pourrait supporter ce produit et servir de patient 0 à partir duquel de nouvelles recherches pourraient être entreprises, jusqu'au succès. C'est-à-dire, la promesse de bénéfices colossaux, seule chose qui intéresse l'entreprise. Le lutteur refuse, trop de risques ! Par hasard le lendemain sa sœur est compromise dans une affaire de terrorisme, une arme a été retrouvée chez elle. Il peut la faire libérer, il lui suffit de verser 100 000 €, il a pour maîtresse une policière qui peut l'aider. Une somme qu'il n'a pas mais qu'il pourrait trouver s'il acceptait une certaine proposition.

Ce qu'il fait. Il participe donc au premier tour du championnat d'Europe. Le hasard est sournois qui lui fait affronter une terreur, un homme amélioré et réputé invincible. L'injection a lieu peu de temps avant d'entrer en scène. Attention, le produit ne fait effet que 5 minutes.

Pas de surprise, il va gagner, et s'effondrer juste après. C'est que le produit n'est pas totalement au point, mais les versions à venir seront bien meilleures, grâce à lui. Réda a les moyens de faire sortir sa sœur. Mais c'est trop tard, pour avoir voulu aider une nouvelle elle s'est faite poignarder !

 

Arès veut utiliser son argent pour retrouver l'assassin et se venger, une revanche qui va l'entraîner plus loin qu'il le pensait.

Les films français ''de genre'' sont rares et pas toujours réussi. Celui-ci vaut par ses interprètes, Ola Rapace en premier, solide, brutal, mais moins déshumanisé qu'il le pensait ; par sa simplicité, la dénonciation du système passe par l'histoire d'un homme et d'une famille face à une organisation capable de tout du moment que le cours de l'action va dans le bon sens. Le contexte n'est pourtant pas oublié, avec ses bidonvilles au pied de la Tour Eiffel, ses tours incarnant un autre monde, celui du pouvoir et de l'argent, ses écrans géants retransmettant une violence brute entrecoupée de publicités montrant une réalité inaccessible pour ceux qui les regardent. Toute proportion gardée, Blade Runner n'est pas loin, et l'avenir tel qu'il est montré pourrait n'être pas si loin de la réalité qui vous attend. Je doute d'être encore là en 2035. La réalisation ne vise pas trop haut, il n'a pas eux des moyens à gaspiller en effets spéciaux inutiles, et c'est tant mieux.

L'ambiance est sombre, la pollution règne, c'est un monde qui s'éteint avec juste ce qu'il faut d'espoir, ce poison, pour le supporter. Qui sait, il pourrait suffire...

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23 janvier 2018 2 23 /01 /janvier /2018 09:00

La Recherche Octobre 2016

 

La survie des ABEILLES

Interview de Yves Le Conte par Bérénice Robert

 

L'Assemblée vota en juin 2016 l'interdiction des pesticides néonicotinoïdes à partir du 01 09 2018. Ce sont des éléments majeurs du déclin des colonies d'abeilles, mais pas le seul.

L'agriculture intensive diminue leur richesse alimentaire, et sa qualité or elles ont besoin de pollen nutritif venant de plantes différentes pour éviter les carences et renforcer leurs défenses immunitaires. Ces insecticides s'ils ne tuent pas directement les abeilles les empêche de rejoindre leur ruche en leur faisant perdre leur capacité à s'orienter. Ils altèrent également les capacités de reproduction des mâles.

Outre ce danger les abeilles sont confrontées à des maladies et des parasites mortels. Comme le varroa, un acarien apparu en France en 1982, arrivé d'Asie, il est un fléau dans le monde entier pour les abeilles mellifères. De son côté Nosema ceranae est un champignon infestant les cellules intestinales des abeilles et responsable de la nosémose, une maladie causant des diarrhées parfois mortelles. Les espèces d'abeilles peuvent se transmettre des virus entre elles, des domestiques aux sauvages.

Nouveau péril, le frelon asiatique, prédateur des abeilles quand il n'y a rien d'autre à manger, en automnes. Empêchant les abeilles de constituer leurs réserves pour passer l'hiver.

Sans parler des effets dus aux cocktails d'insecticides !

L'hémisphère Sud à moins de problème. L'Australie ignore le varroa, si celui-ci est présent en Amérique du Sud les apiculteurs élèves des abeilles dites africanisées qui savent gérer ce parasite. Les états-unis de leur côté ont perdu tant de colonies depuis 2006 qu'en mai 2015 le président Obama annonça la mise en place d'un plan national d'action pour sauver les insectes pollinisateurs.

 

Le monde serait différent si ceux-ci disparaissaient. 90% des espèces à fleurs survivent grâce leur action, 75% de la production de cultures alimentaires en dépendent. La majorité des arbres fruitiers, le maraîchage et les petits fruits, les semences et les cultures protéagineuses et oléagineuses.

Sans eux nous nous contenterions de céréales, des fruits et légumes n'ayant pas besoin de pollinisation pour se reproduire.

L'abondance et la diversité des pollinisateurs accroissent le rendement des cultures. La biodiversité serait touchée : 70% de la flore sauvage en milieu tempéré dépend des abeilles sauvages et domestiques.

 

Les abeilles pourront-elles survivre à ces stress et périls ? Pour le varroa, l'objectif et de sélectionner les abeilles résistantes. Ce parasite est un vrai tueur, une tueuse faudrait-il dire puisque seule la femelle est un parasite, elle peut également passer de l'une à l'autre, se nourrir de l'hémolymphe, le sang des invertébrés, transmettant aussi à son hôte de nombreux virus. Le pire étant celui des ailes déformées. Celui-ci ressemble à celui de la grippe, il évolue vite et présente des formes de virulences différentes. Pour se reproduire le varroa pénètre dans les alvéoles du couvain pour profiter de l'abeille impuissante et immobile afin de favoriser sa survie.

 

Il y a urgence. Les travaux de nombreux savants ont permis l'interdiction des pires insecticides, c'est un pas important dans la protection de ces insectes. Les apiculteurs travaillent à assurer la survie de leurs ruches mais l'espèce domestique n'est qu'une sur les 900 présentes en France.

 

Les adversaires sont nombreux, la partie est loin d'être gagnée.

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22 janvier 2018 1 22 /01 /janvier /2018 09:00

Sortons des sentiers battus des feuilletons coréens, japonais  ou chinois, pour nous intéresser aux lakorns.

??? pensez-vous.

Simple, ce sont les feuilletons thaïlandais. Inutile de dire que si les premiers nommés sont rares par chez nous, ceux-ci sont quasiment introuvables, sur les chaînes publiques ou privées, pour en profiter il faut aller faire un tour sur le net et, franchement, ça en vaut la peine.

Principal intérêt, le dépaysement, le thaïlandais est une langue rare sur les grands écrans, à part Apitchatpong Weerasethakul qui eut la palme d'or à Cannes pour ''Oncle Boonemee celui qui se souvient de ses vies antérieures''. j'avoue ne pas l'avoir, encore, vu, mais ça ne saurait tarder, ne serait-ce que pour en faire un article.

Bref, je m'égare. Les lakorns donc respectent de strictes règles : ils finissent bien, le couple principal est identifié dès le début et l'élément perturbateur est souvent une autre femme amoureuse du héros et prête à tout pour le conquérir.

Souvent vivante il arrive que ça ne soit pas le cas et que ce soit un fantôme qui viennent mettre des bâtons dans les roues des amoureux. Ce ne sont pas les seuls, les conventions sociales, les familles qui se détestent sans savoir pourquoi, s'y ajoutent, rancœur et jalousie sont aussi au rendez-vous, vengeance, coups bas et j'en passe sont monnaie courante.

 

Chaque soir les thaïlandais ont le choix entre plusieurs séries, placées après les informations elles font des scores importants et leurs vedettes gagnent rapidement en popularité. Malheureusement la censure est présente sur les petits écrans, les scènes érotiques sont prohibées, ce qui est bien dommage si vous voulez mon avis.

La plupart reviennent sur les écrans, mais plus tard, deux ou trois ans après la première diffusion, les anciens sont refilmés avec de légères modifications, certains plusieurs fois.

 

Puisqu'il n'existe aucun moyen d'en voir sur nos petits écrans, je vous invite à passer par le Net pour en regarder ou télécharger quelques-uns, en version sous-titrée bien sûr, le doublage demande de gros moyens et gâche le plaisir d'entendre une langue si différente. Vous ferez connaissance de Pachrapa Chaichua, Ann Thongprasom ou Theeradej Wongpuapan.

Vous pouvez aller , ou , ou ailleurs, il suffit de chercher.

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21 janvier 2018 7 21 /01 /janvier /2018 09:00

Ucho - Karel Kachyňa – 1970 – 94'

Tout commence par un gros plan d'une oreille. Image surprenante pour un film qui se voit plus qu'il ne s'écoute. Mais...

 

Ludvik occupe un poste important dans la nomenklatura tchèque,n il est vice-ministre, sa femme, Anna est alcoolique, mais ça ne se voit pas, ou peu. En tout cas personne ne veut s'en rendre compte. Leur situation personne est difficile mais leur position sociale interdit de montrer un couple ayant la moindre faille. Justement ils rentrent chez eux après une soirée officielle organisée par le parti et recevant les autorités du pays comme les représentants de l'Union Soviétique. Dans la rue Anna chante ''les camarades ne dorment pas, les camarades écoutent'', tellement ivre qu'elle ne se rend pas compte qu'elle a perdu les clés de leur maison. Pour rentrer chez eux Ludvik est obligé d'escalader le mur puis de passer par la buanderie pour ouvrir la porte. Dans la maison il lui semble que des objets ont changés de places, que des meubles ont été déplacés. Rien de flagrant mais L'absence d'électricité, et de tonalité, sont autant d'indices confirmant cette impression. Se pourrait-il que la surveillance s'exerçant sur eux, comme sur chacun, se soit renforcée ? Auraient-ils fait une erreur, trop révélés des difficultés que rencontre leur couple ?

Les coups de balai sont fréquents dans l'administration, le gouvernement, et ils pourraient en subir les conséquences comme cela est arrivé à pas mal de leurs relations.

 

Il va falloir faire attention, ce qui s'est passé, si c'est l'oeuvre des renseignements, indiquerait qu'ils sont écoutés par les ''oreilles'' de la police secrète du pays. Mais ils ont beaucoup bu et leur capacité à réfléchir est amoindrie.

Pour réduire les risques il faut détruire les documents qu'ils possèdent et qui pourraient les mettre en danger en montrant des relations avec d'anciens apparatchiks tombés en disgrâce.

 

Toute l'intelligence du film est de nous montrer comment la paranoïa se nourrit d'elle-même, comment un pouvoir distillant la crainte réduit ses efforts pour se maintenir, comment Ludvik et Anna interprètent ce qu'ils voient, ou pas, ce qu'ils entendent, ou pas, en fonction de la peur distillée par les services spécialisés pour maintenir le parti. Ils se sentent coupables, ils le sont forcément. N'importe qui cherchant dans sa vie trouve une raison de craindre quelque chose. N'ont-ils pas des griefs l'un envers l'autre ? Les régimes totalitaires, politiques ou religieux, sont passés maîtres dans l'auto-contrôle, et l'auto-censure, de soi-même. Ludvik n'a-t-il pas été prévenu, à mots couverts, que quelque chose se tramait ? Avec le recul les paroles entendues sont lourdes de sens comme de menaces. En arrivant n'ont-ils pas aperçu des hommes dans une voitures aux phares éteints ? Quelles sont ces ombres derrière le portail ?

Pourtant la police tarde, leur angoisse grandit. Heureusement leur fils est là, endormi, ignorant de leurs turpitudes, promesse d'un monde serein. Une génération supporte ses conditions de vie en projetant sur la suivante des espoirs qui le furent sur elle par la précédente. Et cela continuera encore et encore. Demain n'arrive jamais !

Est-ce que le pire est réellement à craindre, ou au contraire...

 

 

Cette réalisation de Karei Kachina ne fut projeté dans son pays qu'après 1989. Il fallait que le mur tombe. Aujourd'hui peurs et menaces ont disparues.

Ou pas.

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20 janvier 2018 6 20 /01 /janvier /2018 09:00
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19 janvier 2018 5 19 /01 /janvier /2018 09:00

Athéchnologie : Démonstration que la science et ses œuvres remplacent avantageusement une déité inexistante en expliquant simplement des réalités complexes mais compréhensibles pour qui dispose des lobes frontaux adéquats.

Athéstation : Tout acte validant la démonstration qu'une personne n'est pas croyante. Celle-ci le croyant alors que c'est rarement vrai.

Aumotphobe : Incapacité à dominer son expression verbale. Personne n'arrivant pas à dire ce qu'elle pense quitte à laisser penser que cela ne leur arrive jamais. Induit de grandes difficultés sociales.

Burqapitaliste : Cache ses réelles intentions sous une apparence austère. Personne dont il convient de se méfier.

Carpachiot : Fine tranche de viande dont je crains d'avouer l'origine. Plat généralement suivi d'un hot dog. Bien meilleur en écoutant un disque de Joe Cocker.

Célibât : Charge que l'on porte seul et dont il faut convenir que c'est bien plus facile ainsi.

Communecter : Organisation relationnelle passant par les moyens modernes de communication afin de passer outre la distance.

Cradolescence : Époque de la vie durant laquelle l'hygiène corporelle semble une contrainte stupide.

Enfantasme : Il sera parfait notre fils, elle sera idéale notre fille... Et puis il, ou elle, est là et la différence est parfois immense entre ce qu'il aurait dû être et ce qu'il est.

Enleesé : (v et abjectif) Se sentir happé par une pensée sans fond mais dont il est difficile, sinon impossible, de résister à l'aspiration.

Érotopracteur : Spécialiste du corps et des points qu'il convient de stimuler pour provoquer l'effet désiré.

Nyxide : Voir dans la nuit les réalités qui s'y cachent et que la lumière dissimule, aux regards, à l'intelligence et à la conscience. Implique de se laisser envahir par l'obscurité pour vaincre l'appréhension qu'elle suscite et que les plus craintifs font tout pour éviter en se réfugiant dans un néant qu'ils ne peuvent voir puisqu'il ferme les yeux et l'esprit.

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18 janvier 2018 4 18 /01 /janvier /2018 09:00

La Recherche Octobre 2016

 

Satellite quantique (Gauthier Cariou)

 

Le 16 août 2016 la Chine lance le premier Mozi, ''satellite quantique'' prévu pour établir des communications inviolables sur ce grandes distances. Un jour prochain la méthode de chiffrement RSA sera dépassée. L'accroissement de la puissance de calcul des ordinateurs brisera les verrous de la cryptographie classique.

Pour succéder à l'utilisation de clés numériques à base de nombres premiers l'emploi de la distribution de clés quantiques apparaît la meilleure. Celles-ci seront portées par des paires de photons, un ''coffre'' parfaitement inviolable. En effet, toute intervention sur l'un affecterait le second et serait apparent.

 

La cryptographie quantique est une idée ancienne, des entreprises commercialisent déjà des protocoles fondées sur l'échange de photons par fibre optique. Ce système ne fonctionne que sur quelques centaines de kilomètres. Mozi, mis au point par l'équipe de Pan Jian-Wei de l'Université de Sciences et Technologie de Chine embarque une source de photons intriqués qu'il dirigera vers des stations distantes de plusieurs milliers de kilomètres. D'abord entre deux bases chinoises, puis, en cas de succès, entre Pékin et Vienne.

Pour l'instant le record de transmission de clés quantiques ''à l'air libre'' est de 144 km, inférieure donc à celui de la fibre. En effet un photon interagit avec l'atmosphère et peut être ainsi modifié où se perdre. Cela devrait être différent depuis l'espace, les photons voyageant principalement dans le vide. Seul le satellite connaîtra les deux clés. Il les envoie, chaque base, à réception, déduira la clé de l'autre en utilisant la sienne. Il les gardera le temps que les sites les réceptionne s'il ne sont pas dans la ligne de mire de Mozi.

La fibre optique sera réservée aux liaisons courtes. les satellites, pour les longues. Il en faudra assez pour permettre des communications sécurisées entre n'importe quel point sur Terre.

 

La cryptographie n'est pas le but unique de Pan Jian-wei, il veut tester une propriété surprenante de la mécanique quantique, l'intrication mais aussi l'influence, à démontrer, de la gravitation sur la mécanique quantique.

 

Des sujets passionnants et compliqués, l'un va-t-il sans l'autre ?

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17 janvier 2018 3 17 /01 /janvier /2018 09:00

 밤의 해변에서 혼자Hong Sang-soo – 2017 – 101'  

Yeong-hui est actrice, bien qu'elle ait mit sa carrière entre parenthèses depuis quelques temps, suite à une relation, et une rupture, difficiles avec un metteur en scène. Pour se retrouver elle est partie avec une amie à Hambourg, elle y reste quelques temps, se promène, semble attendre un homme, marié, qui viendra peut-être, ou pas. Mais les souvenirs ne s'effacent pas aussi facilement, aussi la jeune femme préfère-t-elle revenir en Corée. Séoul lui étant toxique, c'est à Gangneung, petite ville portuaire où elle vit le jour qu'elle s'installe. Elle y retrouve des amis, deux couples avec lesquels elle peut boire, parler, se laisser aller à s'énerver, à dire ce qu'elle a sur le cœur, à exprimer une douleur qu'elle ne peut oublier, une souffrance qui la constitue, qu'elle a intégré pour en faire une amie, peut-être la domestiquer.

Le vouloir est possible, y parvenir, plus difficile. L'absence n'est pas le vide, c'est pire, c'est l'impression d'être, soi, ce vide, entouré des pensées pour l'autre, des regrets, des espoirs morts mais toujours là, actifs, comme des parasites que l'on nourrit parce que guérir, oublier, semble pire.

La rumeur court de la relation qu'elle entretient avec un homme marié, impossible de la nier.

L'argent commence à être un problème pour l'actrice qui sait qu'il lui faudra retrouver son métier, et, probablement accepter une proposition moins qualitative que par le passé.

La plage est là, tentante face à l'immensité.

Yeong-hui quitte ses amis, l'appart-hôtel trop grand où ils l'ont installé, elle s'allonge sur le sable, s’endort. Jusqu'à ce qu'un homme la réveille. Il fait partie d'une équipe de tournage, justement celle de ce metteur en scène qu'elle connut, intimement.

C'est l'occasion de le retrouver autour d'une table où chacun mange un peu et bois beaucoup. Le soju délie les langues et Yeong-hui a beaucoup de choses à dire. Le réalisateur est moins doué pour cet exercice mais il a un livre, point de départ de sa nouvelle œuvre qu'il veut donner à son ancienne amante, et, d'abord, lui en lire un extrait.

Kim Min-hee est la nouvelle muse du réalisateur, et je le comprends, elle obtint pour ce rôle l'ours d'argent lors de la Berlinale 2017. Elle associe à sa beauté la fragilité, la capacité d'exprimer dans un sourire une douleur indicible, de dire en quelques mots ces vérités que nous aimons entendre de temps en temps tout en sachant qu'elles ne changeront pas notre vie.

Lent, puissant, un voyage douloureux avec ici et là de ces instants de grâce qui font les grands films.

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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