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24 janvier 2018 3 24 /01 /janvier /2018 09:00

Jean-Patrick Benes – 2016 – 80'

 

2035, la France n'est plus ce qu'elle était, et sa grandeur appartient à un lointain passé. Le nombre de chômeurs approche des 15 millions, le pouvoir politique n'est même plus une illusion (la principale différence avec aujourd'hui), ce sont les les grandes compagnies qui dirigent le pays, et principalement les compagnies chimiques et de divertissements, les deux s'étant alliées. En effet depuis des années le dopage est autorisé, la vente de son corps, en tout ou en partie, l'est également et pour distraire un peuple qui survit comme il peut on lui propose de suivre des combats dont les champions sont les représentants des industries biochimiques. À ce titre ils ''bénéficient'' des derniers progrès en matière d'amélioration corporelle, jusqu'à la destruction des nerfs transmettant la douleur au cerveau.

 

Réda Kowalski, appelé Arès sur le ring, est un combattant banal, classé loin dans la hiérarchie. Il enchaîne combats minables, qu'il perd souvent, et petit boulot de surveillance ou sécurité. Il met de l'argent de côté pour acheter une boutique, mais la somme est difficile à atteindre. Il vit dans un grand ensemble, un immeuble parmi mille autres, aussi sales et mal entretenus. Mis à part ses relations professionnelles, il ne fréquente que sa sœur et la famille de celle-ci, laquelle essaie de lutter contre un système qu'elle juge toxique, et son voisin, un jeune ''transformiste'' qui vit en se laissant filmer chez lui 24 h sur 24.

Un jour Arès reçoit une nouvelle proposition d'un important trust pharmaceutique, il s'agit de tester un nouveau produit. Celui-ci a déjà été essayé sur de nombreux cobayes, tous sont morts ! Arès lui présente une spécificité sanguine indiquant qu'il pourrait supporter ce produit et servir de patient 0 à partir duquel de nouvelles recherches pourraient être entreprises, jusqu'au succès. C'est-à-dire, la promesse de bénéfices colossaux, seule chose qui intéresse l'entreprise. Le lutteur refuse, trop de risques ! Par hasard le lendemain sa sœur est compromise dans une affaire de terrorisme, une arme a été retrouvée chez elle. Il peut la faire libérer, il lui suffit de verser 100 000 €, il a pour maîtresse une policière qui peut l'aider. Une somme qu'il n'a pas mais qu'il pourrait trouver s'il acceptait une certaine proposition.

Ce qu'il fait. Il participe donc au premier tour du championnat d'Europe. Le hasard est sournois qui lui fait affronter une terreur, un homme amélioré et réputé invincible. L'injection a lieu peu de temps avant d'entrer en scène. Attention, le produit ne fait effet que 5 minutes.

Pas de surprise, il va gagner, et s'effondrer juste après. C'est que le produit n'est pas totalement au point, mais les versions à venir seront bien meilleures, grâce à lui. Réda a les moyens de faire sortir sa sœur. Mais c'est trop tard, pour avoir voulu aider une nouvelle elle s'est faite poignarder !

 

Arès veut utiliser son argent pour retrouver l'assassin et se venger, une revanche qui va l'entraîner plus loin qu'il le pensait.

Les films français ''de genre'' sont rares et pas toujours réussi. Celui-ci vaut par ses interprètes, Ola Rapace en premier, solide, brutal, mais moins déshumanisé qu'il le pensait ; par sa simplicité, la dénonciation du système passe par l'histoire d'un homme et d'une famille face à une organisation capable de tout du moment que le cours de l'action va dans le bon sens. Le contexte n'est pourtant pas oublié, avec ses bidonvilles au pied de la Tour Eiffel, ses tours incarnant un autre monde, celui du pouvoir et de l'argent, ses écrans géants retransmettant une violence brute entrecoupée de publicités montrant une réalité inaccessible pour ceux qui les regardent. Toute proportion gardée, Blade Runner n'est pas loin, et l'avenir tel qu'il est montré pourrait n'être pas si loin de la réalité qui vous attend. Je doute d'être encore là en 2035. La réalisation ne vise pas trop haut, il n'a pas eux des moyens à gaspiller en effets spéciaux inutiles, et c'est tant mieux.

L'ambiance est sombre, la pollution règne, c'est un monde qui s'éteint avec juste ce qu'il faut d'espoir, ce poison, pour le supporter. Qui sait, il pourrait suffire...

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