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16 janvier 2018 2 16 /01 /janvier /2018 09:00

Je suis entré dans cette maison après avoir remarqué qu'elle semblait inoccupée, pas un bruit, le courrier qui s'amoncelle dans le boite. Exactement ce qu'il me fallait, l'endroit que je cherchais depuis des années.

Crocheter la serrure ne fut pas difficile, je l'ai fait en toute discrétion un soir alors que j'entendais les autres occupants du palier regarder la télévision. Je suis entré, ai refermé derrière moi. Dans l'obscurité j'ai tendu l'oreille mais aucun son ne me parvint, le silence était absolu mais avec quelque chose de plus, quelque chose de trop. À être un habitué des visites imprévues j'avais acquis un certain sens des logements.

La cuisine était poussiéreuse mais propre, tout était rangé, à sa place, pas de vaisselle sale, de torchon souillé. Le frigo était débranché, vide. Tout présentait l'aspect d'une famille partie pour un long moment.

Mon impression persistait.

Rien de plus dans le salon, la même couche de poussière, aucun signe qu'il se soit produit quelque chose d'inhabituel.

La salle de bain, vide, impeccable, une chambre, d'amis visiblement, le lit était fait. Toujours les mêmes meubles et décorations surannés, mais ce n'était pas fait pour me déplaire.

J'eus un moment d'hésitation avant d'ouvrir la dernière pièce, au fond du couloir, probablement celle des propriétaires. Le temps s'étira alors que j'appuyais sur la poignée. Immédiatement je perçus une différence, l'odeur, non celle du renfermé comme ailleurs mais acre avec, en fond, une touche que je n'avais jamais rencontrée mais qui m'inquiétas au point que je faillis partir.

Si jusque-là la lumière venant des fenêtres aux volets non tirés avait suffit, il en allait autrement maintenant. Je sortis ma torche, en projetais d'abord le rayon devant moi, découvrant une moquette grise, épaisse, fortement usée par de nombreux passages.

Je remontais le faisceau, découvrit une armoire, puis une petite table, la fenêtre, le lit... Et sur le lit, allongés, se tenant la main, les corps du couple qui habitait là.

Des verres posés sur l'autre table de nuit, à côté de tubes, vides de somnifères et autres médicaments, je déduisis qu'il s'agissait d'un double suicide.

Les mois ont passés, après avoir hésité je suis resté, dans la chambre d'amis, laissant les corps où ils étaient, après tout ils sont chez eux, moi je ne fais que passer. La sécheresse du lieu a momifié les corps alors l'odeur reste circonscrite à une seule pièce. J'ai fait mettre les compteurs à mon nom, ai mis celui-ci sur la boite, fait connaissance avec les voisins en leur expliquant que les propriétaires étaient partis passer leur retraite ailleurs. Personne ne s'en étonna. C'était crédible et tous s'en fichait. Il suffit de dire des choses vraisemblables pour qu'elles soient crues. Je ne me suis pourtant pas fait d'amis, je n'ai pas fouillé dans leurs affaires, les miennes tiennent peu de place et je ne reçois personne.

Je suis bien ici, qui sait si un jour je ne m'étendrais pas à mon tour sur mon lit, souriant à l'idée qu'un visiteur indiscret viennent nous surprendre, faute de pouvoir nous déranger.

Il serait surpris.

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15 janvier 2018 1 15 /01 /janvier /2018 09:00
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14 janvier 2018 7 14 /01 /janvier /2018 09:00

František Vláčil – 1967 – 159'

 

En ce XIIIe siècle, en Bohême, Mikoláš et son frère Adam font partie d'une bande de voleurs au service de leur père, Kozlik, qui attaquent les voyageurs. Ils pillent une caravane, tuent la plupart de ses membres mais capture un jeune allemand, Kristian, le fils du futur évêque de Hennau et un membre de la cour du roi local. L’évêque lui a réussit a s'échapper et va se réfugier auprès de son roi.

Pas de doute, une guerre se prépare pour récupérer l'otage et laver l'affront, dans le but de trouver un allié Kozlik envoie Mikoláš auprès de Lazar, un puissant voisin. Mais celui-ci ne se laisse pas convaincre, les risques sont trop grands. Histoire de le convaincre Mikoláš enlève sa fille, Marketa, alors que celle-ci est en route pour le couvent où elle doit se retirer. D'autre part Lazar se retrouve appelé par le roi adverse pour rejoindre l'armée destinée à affronter Kozlik et ses troupes. C'est aussi l'opportunité d'affirmer la primauté du christianisme sur les croyances anciennes

Deux mondes s'affrontent mais, à les observer de près, ils ne paraissent pas si différents. Le paganisme va perdre mais aussi imprégner la ''nouvelle'' religion. Les individus ne changent que de costumes. La sauvagerie a enfilé un costume mais celui-ci est bien élimé.

 

Le noir et blanc donne de l'intemporalité à la réalisation de Vláčil, difficile d’échapper à son attraction, à la reconstitution, aussi précise que possible. Une fois encore le passé permet de dénoncer le présent, et de constater que les choses ne changent pas, ce qui n'empêchent pas de désirer que cela arrive. L'environnement n'est plus ce qu'il était, la nature semble moins puissante. Semble seulement. Le christianisme n'ayant fait qu'absorber le paganisme croyant le dissoudre en lui.

 

La culture croit être la plus forte, avoir vaincu. Elle se trompe. Laissez-vous prendre par la magie de ce film, elle n'a rien perdu de sa force, au contraire.

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13 janvier 2018 6 13 /01 /janvier /2018 09:00

我是証人 (Wo Shi Zheng Ren) - Ahn Sang-hoon – 2015 - 112'

THE WITNESS

Lu Xiaoxing est une jeune policière, non seulement elle veut réussir dans son métier mais que Liang Cong, son frère en fasse autant, et pas avec son groupe de minables. En plus il vient de se faire virer de l'école, trop d'absences...

THE WITNESS

Il veut résister mais Xiaoxing est plus forte que lui, elle le maîtrise et lui attache les poignets avant, une fois dans sa voiture de les relier au toit. Lian Cong manifeste son mécontentement en appuyant frénétiquement sur l'accélérateur, avec pour résultat que la voiture se déporte, heurte le parapet d'un pont, reste en équilibre alors que la jeune femme a été éjectée. Elle entend les appels de son frère mais à dix mètres du véhicule elle s'effondre, incapable d'aller plus loin.

La voiture finit par tomber dix mètres plus bas, juste devant un camion lancé à pleine vitesse !

Pas de chance !

THE WITNESS

3 ans plus tard Lu Xiaoxing est réveillée par Cong Cong, son chien qui tire sa couverture et lui lèche le visage. Elle se lève, suit son rituel quotidien, savoir où est chaque chose lui facilite la vie depuis qu'elle a perdu la vue dans l'accident qui a coûté la vie à son frère. Elle a rendez-vous avec le professeur Ma pour demander sa réintégration à l'académie de police. Ma lui explique que son exclusion n'a rien à voir avec sa cécité mais de son abandon de poste, pour aller chercher son frère. La police appartient désormais au passé, elle doit trouver autre chose.

THE WITNESS

Justement, elle est sur les dents depuis la disparition d'une étudiante, Zheng Huiying, l'enquête commence mais aucune piste ne se présente. L'ancien groupe de Liang Cong ne l'a pas oublié, pour les 3 ans de sa disparition il veut donner un concert, mais Xiaoxing refuse d'y assister, la culpabilité d'être, elle, encore en vie, est trop forte.

THE WITNESS

Il pleut, des gens se protègent sous un abribus pour attendre des taxis, Xiaoxing est la dernière. Finalement une voiture s'arrête, elle monte. Le chauffeur s'excuse d'être en retard. Elle donne la résidence Sunshine comme destination. La jeune femme, très sensible aux odeurs, perçoit une senteur inhabituelle. Alors que le chauffeur qui lui a proposé un thermos de café veut l'aider à l'ouvrir il perd de vue la route.

Une mauvaise idée puisqu'il heurte quelqu'un.

THE WITNESS

Xiaoxing a cogné le siège avant à cause du coup de frein, elle profite que l'homme soit sorti pour s'en aller. Il affirme que c'était juste un chien, que ça n'a pas d'importance. Il veut maîtriser Xiaoxing mais celle-ci n'a pas oublié son entraînement. Elle se rend à la police expliquer ce qui vient de se passer mais comment une aveugle aurait-elle pu se rendre compte de quelque chose ?

La jeune femme heurtée par le taxi n'est pas morte, au vu de ce qui l'attend c'est dommage.

Finalement la police a ouvert une enquête, quelqu'un a vraiment disparu. Le chef Lu et un adjoint viennent interroger Liu chez elle. Sa cécité ne l'empêche pas de pouvoir décrire l'homme, elle se souvient de tout, et surtout du son que fit le corps, ça ne pouvait être un chien.

THE WITNESS

L'enquête de voisinage a trouvé un témoin de l'accident. Lin Chong, un adolescent venu faire une déclaration pour la prime, il veut s'acheter de nouveaux patins à roulettes. Lui affirme qu'il s'agissait d'une Golf 6, avant de devoir admettre qu'il n'a pas tout vu. Xiaoxing ne peut reconnaître le visage du conducteur mais sa voix, oui.

 

Cependant Lin Chong s'est fait remarquer par le tueur qui en a désormais après lui et le heurte avec sa voiture, sans avoir le temps de lui rouler dessus. Lu et liu se retrouvent au chevet du gamin qui s'en est bien sorti. À l’hôpital elle se souvient de l'odeur, du propofol, un puissant anesthésique. Se pourrait-il que cette affaire soit liée aux disparitions ?

THE WITNESS

Alors qu'ils se séparent à la sortie Xiaoxing monte dans un bus sans voir l'homme qui monte derrière elle. Heureusement Lian Chong s'en est rendu compte et l'appelle pour la prévenir. La course commence...

THE WITNESS

Si ce début vous dit quelque chose, c'est normal, ce film est le remake de Blind, film coréen de 2011. Yang Mi remplace Kim Ha-neul. La mise en scène colle à l'original à quelques changement près. Le suspens est donc réduit à sa plus simple expression. Qu'importe, ce n'était pas le plus important.

THE WITNESS
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12 janvier 2018 5 12 /01 /janvier /2018 09:00

Jason Katims & Sarah Watson – 2016 – CBS

PURE GENIUS

La question posée au Dr Wallace est simple : a-t-il prescrit un traitement de chimiothérapie, appelé aladictin, à Marshall Foster, un patient de 8 ans ? La réponse est oui, alors que le médicament n'était pas approuvée. L'enfant est mort. Le Dr Wallace est viré.

 

Krissy a 15 ans, elle est dans le coma sans que personne en trouve la raison. Les médecins sont dépassés mais arrive le Dr Channarayapatra représentant de bunkerhill, une clinique privée où la jeune fille sera prise en charge, sans frais pour les parents.

PURE GENIUS

Le Dr Wallace arrive à bunkerhill, l’hôtesse le reconnaît, comme la jeune femme qui le conduit jusqu'à James Bell, le créateur de l'endroit. Un lieu à la pointe des sciences visant à traiter toutes les maladies avec des solutions novatrices et des risques, en principe, minimum. Wallace n'est pas convaincu par les ''gadgets'' qu'il découvre, pour lui la médecine est une activité humaine où le dialogue médecin/patient est capital. Bell veut lui montrer qu'il se trompe. Il veut associer les esprits les plus brillants de la médecine et de la technologie. Ça pourrait marcher !

PURE GENIUS

Pour Krissy rien n'a changé, bien qu'elle soit là depuis six mois. Il faut tenter ''quelque chose''. Bell n'est pas à court d'idée.

 

Mais à bunkerhill la science ''dure'' n'est pas seule à avoir droit de citer, la méditation n'est pas oublié. Le corps est un ensemble et le voir divisé n'aide pas à la guérison

PURE GENIUS

Wallace va montrer ses compétences alors que nous suivons des personnages d'origines diverses qui se confrontent, se supportent, tentent de défier l'avenir avec leurs savoirs et leurs imaginations. Évidemment c'est plus facile dans une série télé que dans la réalité où les réussites prodigieuses et inattendues sont rares.

PURE GENIUS

Comment le Dr Wallace pourrait-il dire non à sa participation à un tel projet, à tant de challenges offerts ? J'espère que tout ne sera pas aussi simple mais ce premier épisode m'a donné envie d'en voir d'autres. Je suis sûr qu'il y aura des problèmes relationnels, des oppositions d'égos, des histoires d'amours compliquées...

Science et imagination, tout ce que j'aime.

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11 janvier 2018 4 11 /01 /janvier /2018 09:00

La Recherche Octobre 2016

 

Entretien avec Judes Poirier par Marie-Laure Théodule

 

Quand le neurologue allemand Alois Alzheimer décrivit en 1906 la maladie à laquelle il a donné son nom, il ignorait que son nom traverserait le temps en portant peur et angoisse.

 

Le professeur Judes Poirier profita d'être dans une famille à la longévité exceptionnelle pour entamer des recherches sur cette affection. En 1993 il découvrit qu'un gène peut favoriser l'apparition de la maladie, puis, en 2014, qu'un autre retarde l'arrivée des premiers symptômes. Les deux sont liés à la circulation et à la production de cholestérol dans le cerveau. Un régulateur pourrait faire office de retardateur.

En avril 2016 l'OMS signalait 47,5 millions de cas de démence sénile dans le monde, dont 33 millions de malades d'Alzheimer. Chiffre qui devrait doubler tous les 20 ans. En France plus de 900 000 personnes en sont atteintes engendrant des coûts de plus de 5 milliards d'€. Elle semble pourtant ralentir en Europe de L'Ouest et du Nord, et en Amérique du Nord alors qu'elle progresse en Asie, sauf la zone Pacifique, l'Amérique du Sud et l'Afrique. En Chine par exemple il est notable que la maladie suit obésité et diabète.

 

70% des risques sont génétiques, 30%, environnementaux. Les premiers s'expriment sous deux formes. La première, dite familiale, ou héréditaire, parce qu'il suffit d'être porteur d'un des trois gènes identifiés dans les années 1990 pour développer la maladie. Dans ce cas celle-ci se révèle entre 35 et 55 ans, elle progresse rapidement. Mais elle est ne concerne que 1 à 2 % des malades. La seconde est plus fréquente, marquée par une vingtaine de gènes. Sans oublier les risques liés au mode de vie : l'hypertension, le diabète, le cholestérol, l'obésité et l'apnée du sommeil.

Judes Poirier orientait ses recherches vers des gènes reconfigurant les connections entre les neurones et la création de nouvelles synapses. Il tomba, avec surprise, sur un gène codant une protéine facilitant le transport du cholestérol, l'ApoE.

Celui-ci existe sous trois formes dans la population : l'ApoE2, ou gène des centenaires protégeant de la maladie mais présent chez 2% de la population ; l'ApoE3, 80% ; l'ApoE4, 18%, qui multiplie le risque chez ceux qui le portent.

 

Un autre gène est impliqué : HMCGR, lui aussi montre un lien entre la maladie d'Alzheimer et l'équilibre en cholestérol du cerveau. Le cholestérol est indispensable à nos neurones, il intervient dans la communication entre neurones en favorisant le développement des synapses et la fabrication de la gaine de myéline entourant les axones. Notre cerveau convient un quart du cholestérol de notre organisme alors qu'il représente 2,1% de son poids. Une forme particulière de HMCGR joue un rôle protecteur contre la maladie en permettant une meilleure absorption du cholestérol.

Un médicament, le probucol, simule la synthèse et la sécrétion de l'ApoE, protéine indispensable au transport du cholestérol, en favorisant sa capture par le foie qui l'élimine. La prise de ce remède favorisant l'accroissement de l'ApoE diminue les marqueurs de la maladie, les protéines bêta-amyloïdes et la protéine Tau.

Dans la cerveau, la maladie d'Alzheimer se caractérise par 2 types de dégénérescence : l'accumulation de plaques, autour des axones, due à une mauvaise élimination de la protéine bêta-amyloïdes, et la prolifération de la protéine Tau à l'intérieur des neurones.

 

Ceux qui voient infectieuse la maladie d'Alzheimer se trompent, affirme le Pr Poirier. Il conduit des recherches sur un panel de personnes de plus de 60 ans sans trouble cognitifs mais dont l'un des parents développa cette affection dans le but d'étalonner des traitements préventifs peu onéreux.

 

Quelques comportements semblent permettre de ralentir le déclin cognitif : l'exercice physique, l'entraînement mental, la socialisation et une alimentation de type méditerranéen.

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10 janvier 2018 3 10 /01 /janvier /2018 09:00

Jeremy Carver – 2016 – The CW

FREQUENCY

Le père de la détective Raimy Sullivan était un policier sous couverture pour le NYPD mais il oublia de quel côté il était. Une nuit en 1996, il disparut. Son corps fut retrouvé dans l'East River, deux jours après son huitième anniversaire. Toute sa vie elle le détesta pour être parti ainsi, pour avoir fait le mauvais choix. Et puis quelque chose est arrivé qu'elle n'attendait pas : elle lui a parlé. La nuit précédente, et pas dans un rêve...

FREQUENCY

72 heures plus tôt, Raimy fête son anniversaire, dans son lit, avec Daniel, son copain quand le téléphone lui rappelle qu'elle a un métier et que des squelettes viennent d'être découverts, au fond d'un marécage. Cela fait vingt ans que son père est mort. De retour à la maison elle découvre sa mère en train de faire la cuisine alors que Daniel est en train d'installer une antenne pour remettre en route une vieille radio avec son copain Gordo. Mais c'était celle de son père, alors pas question de la laisser sortir du garage. À cette époque son père était son héros, et puis les choses ont changées, en mal. L'orage menace, la foudre tombe sur l'antenne, l'électricité remonte le fil, rallume la radio. Raimy entend une voix qui répète son code d'identification et demande une réponse. Sullivan répond, ils parlent de base ball, d'une partie de 1996. Elle entend son interlocuteur parler de sa fille de huit ans, utilisant une expression qu'elle connaît bien. C'est justement le jour anniversaire de cette enfant. Raimy demande un nom, Frank entend-t-elle. Mais la communication est trop mauvaise pour continuer.

Frank est policier, et la radio parle des crimes du rossignol, il est en mission depuis deux ans mais son retour s'approche. Alors qu'il boit une bière dans un bar il voit à la télé se réaliser le résultat que la correspondante qu'il a eu, qu'il surnommé Queens, par sa radio lui a annoncé. Le soir même il tente de la recontacter et l'interroge. Elle répond que ce résultat date de 1996. Mais lui est en 1996 ! Comment se comprendre ? Et quand elle lui demande son nom il répond, évidemment, Sullivan. Elle poursuit avec son indicatif, celui qu'elle a sous les yeux. Alors qu'elle lui demande le prénom de sa fille, qu'il fait mine de quitter l'écoute, elle lui donne son nom à elle : Raimy Elizabeth Sullivan, puis celui de son père, et son adresse, et poursuit avec un détail que personne d'autre ne connaît. Frank prend peur, se croit menacé, logique.

Elle a juste le temps de murmurer : Papa.

FREQUENCY

Sullivan est à la morgue, les restes retrouvés sont ceux d'une femme, dans le marais depuis au moins 25 ans ; elle était attaché avec deux chapelets, le mode opératoire du tueur rossignol. Un criminel des années 90 qui ciblait les infirmières. Elle cherche des éléments de l'enquête, trouve des articles sur son père et la mort de celui-ci.

Frank mène son enquête de son côté mais est perturbé par ce qui vient de se passer. Autant que Raimy, alors il trace au fer à souder un drapeau sur la radio, que la policière voit apparaître devant ses yeux. Comme elle retrouve des photos dans la cachette que seul son père connaissait.

FREQUENCY

Ne pouvant garder le secret elle se confie à Daniel, pour qui la radio ne fonctionne pas. Elle ne doute plus avoir communiqué avec son père. Celui-ci et sa fille doivent faire face à ce qu'ils vivent. Le plus étonnant est qu'elle soit plus âgée que lui, et policière également. Elle lui apprend ensuite qu'il va mourir le lendemain, à 21 h 12, sur le port, au poste d'amarrage 34, en compagnie de Ricky Corrado. Mais elle ignore qui est l'assassin.

Et il affirme n'avoir jamais été corrompu, bien qu'il ait perdu sa femme et sa fille. Elle ne peut que lui dire de ne pas y aller le lendemain.

Le corps retrouvé est celui de Susie Cairone, une collègue de la mère de Raimy. Elle peut aussi enquêter sur les activités de son père quand il a été abattu, d'abord en retrouvant ses collègues de l'époque.

Il va vite apparaître que tout n'était qu'un coup monté et que Frank est tombé dans un piège et quand elle tente de le prévenir, de changer ce qui est déjà arrivé... et y parviens.

En partie.

Changer le passé modifie le présent, Raimy va vite s'en rendre compte ! Le corps retrouvé dans le marais est celui de sa mère !

Quand elle rappelle c'est sur elle même qu'elle tombe.

FREQUENCY
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9 janvier 2018 2 09 /01 /janvier /2018 09:00

Tom Hooper – 2015 – 119'

Copenhague, 1926, Einar Wegener expose ses dernières œuvres. Celles-ci montrent le même paysage, à des heures et périodes de l’année différentes, mais dont l'angle de vue est identique.

Son épouse, Gerda, est peintre également, tournée vers le portrait, c'est ce qui se vend, elle voudrait exposer elle aussi mais le galeriste à qui elle s'adresse trouve son style sans imagination et lui suggère de trouver un sujet plus personnel. Einar est également décorateur, ce qui lui permet de fréquenter décors et cintres.

Un jour Gerda qui ne voit pas venir son modèle demande à son mari de la remplacer, ça ne sera pas difficile, il lui suffit d'enfiler les bas de celle-ci et ses chaussures, la partie du tableau à achever montrant les chevilles d'une danseuse. Einar se laisse convaincre et cette action va le bouleverser plus qu'il ne s'y serait attendu.

Petit à petit Einar va prendre goût à se travestir, son épouse l'encourage. Ainsi nait Lili, double du premier et muse de la seconde, le modèle qui lui manquait pour affirmer son style. Et les toiles qu'elle produit en faisant poser sa créature rencontre un grand succès, au point qu'il lui est proposé de venir à Paris. Une occasion qu'elle ne peut refuser, l'opportunité de se faire connaître internationalement, mais aussi de retrouver Hans, un vieil ami de Einar, parti depuis des années pour la capitale française. Un souvenir aussi, quand ils étaient adolescents ne s'étaient-ils pas embrassés quand Einar avait revêtu la blouse de sa grand-mère ?

Einar est un homme, il le prouve par son activité sexuelle avec son épouse bien qu'aucun enfant ne soit venu agrandir la famille. Petit à petit Lili va prendre de l'importance dans la vie du peintre qui gardera son apparence de Lili de plus en plus longtemps, chose plus facile dans le cadre permissif parisien que dans celui de la bourgeoisie danoise.

La situation est pourtant difficile à vivre pour l'un comme pour l'autre, Einar sent que sa personnalité masculine n'est pas la bonne, Gerda voit l'homme qu'elle aime lentement disparaître. Elle reste pourtant avec lui, le soutien, l'accompagne. Les souffrances des deux renforce le couple, jusqu'à ce que Einar rencontre le médecin qui comprend son cas et lui propose une nouvelle solution : une opération permettant à Lili de remplacer Einar définitivement. Une double opération, d'abord l'ablation des organes masculins, la seconde pour les remplacer par des organes féminins.

Nous sommes en 1930, les techniques opératoires sont moins évoluées qu'aujourd'hui, aucune intervention similaire ne fut jamais tentée, mais Wegener est prêt à prendre le risque, tout pour devenir celle qu'il sait être et éliminer celui qu'il n'est plus.

 

Je ne vous dévoile pas la fin. Aujourd'hui le livre de Lili Wegener, Man into Woman, écrit à partir du journal qu'elle tint après son opération, est une date dans l'histoire du transsexualisme. Une réalité mieux comprise et des opérations mieux maîtrisées font qu'il est moins périlleux de changer de sexe de nos jours. Une prouesse d'acteur pour Eddie Redmayne mais Alicia Vikander est tout autant, sinon davantage, à féliciter, elle doit se passer de l'aide du maquillage et des costumes. 

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 09:00
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7 janvier 2018 7 07 /01 /janvier /2018 09:00

Szerelem – Karoly Makk – 1970 – 84' 

 

La Hongrie est un pays communiste depuis la fin de la guerre et est occupé par les forces soviétiques qui ont porté à sa tête Mátyás Rákosi. Staline vient de mourir et le ''président'' hongrois craint que ce soit le prétexte à une remise en cause de son pouvoir. Pour maintenir celui-ci Rákosi à passé un gant de plomb à sa main de fer. Les arrestations d'opposants se multipliant les arrestations arbitraires. Qu'un individu soit soupçonné d'être un opposant et il est arrêté, mis au secret, il disparaît de la circulation sans que sa famille soit mise au courant, quand à un avocat ce n'est même pas la peine d'en parler.

La villa est belle dans cette banlieue de Buda, Luca ne sait pas si János, son époux, est encore en vie ni, si c'est le cas, où il se trouve. Interroger les autorités la mettrait en péril, elle disparaîtrait à son tour. Situation d'autant plus compliquée qu'elle veut cacher la situation à sa belle-mère. Pour cela elle invente que János est parti en Amérique pour fuir son pays et mener une carrière de cinéaste.

Là-bas il connaît gloire et réussite, il raconte tout par courrier à sa mère, Az. La vieille dame est en mauvaise santé, elle ne supporterait pas la réalité. Les journées sont rythmées par l'arrivée, ou non, des missives que lui lit Luca. Qu'importe si tout est trop beau, si tout est trop bien, elle croit aux lettres que son fils lui expédie régulièrement, ou elle le veut. Le contexte social est difficile, c'est un mur de papier que Luca a dressé, sans le vouloir, sans comprendre où cela la mènerait. Un mur qu'elle se doit d'entretenir, il lui faut trouver de quoi dire, maintenir le lien entre une mère à la fin de sa vie, et un fils disparu.

C'est elle qui raconte l'histoire, qui fait la mise en scène, le scénario, qui joue, pour une seule personne. Le cinéma ne se tourne pas ailleurs, loin, il est là, au quotidien. Un masque que le réalisateur se devait de poser sur son film, sans lequel il n'aurait jamais pu le tourner. Ses précédents long-métrages avaient connus quelques difficultés avec le régime de l'époque mais entre Az qui raconte ses souvenirs d'une autre époque, d'avant la dictature, d'avant le communisme, et Luca qui dessine une réalité agréable et motivante, c'est bien un monde oppressant qu'il parvient à nous montrer.

Le passé est mort, le présent est un mensonge, quand à l'avenir...

Regarder de près une toile permet parfois de voir au travers, pour autant que le ''peintre'' ait du talent. C'est le cas ici. Un témoignage sur une époque où le futur paraissait prometteur. Il faut bien supporter le joug du quotidien !

 

Avec le recul bien sûr... mais la question n'est pas là.

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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