













Marti Noxon – d'après le roman de Gillian Flynn – HBO – 2018

La route est longue pour Camille Preaker qui rentre chez elle. Wing Gap, Une bourgade tranquille où il fait chaud, où les gens s’assoient à l'extérieur, où les murs sont tagués. Une petite ville normale.

Les deux sœurs sont en promenade, elle s'approchent d'une grande maison, y entrent sans se faire voir puis montent à

l'étage, s'approchent du lit où dort Preaker. La plus âgée sort un trombone, le redresse, approche la pointe de la main de la

dormeuse... qui se réveille, seule.

Saint Louis. Preaker arrive en retard au journal où elle travaille, comme souvent, et Frank Curry, son responsable éditorial qui en a l'habitude, lui demande de lui parler de Wind Gap. Preaker répond que c'est dans le Missouri, une bourgade de 2000 habitants où sa mère vit encore, avec son nouvel époux et la fille qu'ils ont eu ensemble, sa sœur, Amma, qu'elle connaît mal. Son boss lui parle d'une petite fille qui y est morte étranglée, Ann, au mois d'août et qu'une autre vient de disparaître. Preaker n'a pas envie de retrouver les traces de son passé mais son patron insiste. Impossible de dire non.

Ses bagages sont vite faits et trouvent place dans l'épave qui lui sert de véhicule. Une lampée de vodka et elle peut prendre la route. Il fait nuit quand elle arrive, mais pour un motel ce n'est pas un problème. Défaire son sac est rapide elle le vide sur le lit, médocs, alcool et kit kat, l'indispensable est là.

Un bain lui fera du bien, et rouvre un souvenir, aquatique également, de son adolescence, quand elle aimait se promener dans les bois, se baigner dans le lac.

Point de départ de son enquête, le poste de police où elle peut interroger une secrétaire qui lui raconte sa vie en attendant le chef Vickery. Elle peut se présenter et le policier voit ainsi mieux d'où elle vient, et voudrait qu'elle reparte, que l'affaire ne s'ébruite pas. Le policier a peu a dire, sinon qu'il n'a pas de piste, ni pour l'assassin, ni pour retrouver la disparue.

Sur les lieux des recherches elle rencontre le détective Willis, et Jackie O'neill, une ancienne amie puis le révérend.

Avant de retourner dans la grande maison de sa mère, Adora, elle se donne du courage et se remet du rouge à lèvres. Sa mère n'a pas changé, Alan, son époux, non plus. Les deux s'étonnent de l'intérêt que peut susciter cette affaire et ne veulent rien savoir.

Ça nuirait à l'image de cette petite ville sans intérêt.

Camille peut retrouver sa chambre d'enfant, et l'enfant qu'elle aurait voulu oublier. En attendant la nuit est jeune, pourquoi ne pas faire un tour au bar, elle y retrouve un copain, et c'est un lieu où tout le monde aime parler. Elle y retrouve Willis, la journaliste en elle est toujours prête à questionner, à fouiller, à demander.

En commençant par le père de Ann qui lui paraît quelque peu étrange, mais les circonstances peuvent expliquer son comportement. Pourquoi ne pas interroger les ados du coin, ils connaissent les victimes.

C'est en entendant des cris, et se précipitant, qu'ils découvrent le corps de Nathalie, assis sur une fenêtre. De journaliste à témoin il n'y a qu'un pas, de tueur à serial killer également.

Un choc pour Camille, pour sa famille, pour la ville, pour tous. Et ce souvenir de sa sœur, morte depuis des années...

Les cadavres du présent lui rappellent celle du passé, et l'alcool n'efface rien, il conserve au contraire. Camille le sait bien, elle qui sort d'internement pour s'être longtemps automutilée. Comme si boire était différent ! Pour quelle raison, ça...

Une petite ville tranquille, en apparence, y revenir c'est soulever le suaire du passé et découvrir qu'en dessous la réalité n'a fait que se corrompre davantage gagnant ainsi une fascination encore plus grande. Nous savons que les milieux clos finissent par rancir et la violence, trop longtemps contenue, par se déchaîner de la manière la plus simple, et la plus brutale. C'est prometteur.







Devoir : Doigt accusateur que tu pointes sur autrui en refusant de comprendre qu'il peut s'en diriger un vers toi aussi.
Dialectique : Art de parler à l'autre, de faire les questions et les réponses jusqu'à ce que l'autre croit avoir posé les premières et compris les secondes.
Dignithé : Comportement affecté censé faire la démonstration par celui qui l'affiche d'un niveau de civilisation élevé alors qu'il n'est qu'un costume porté par celui qui finit par croire qu'il est à ses mesures.
Dualité : Impression de certaines personnes d'abriter en eux quelqu'un d'autre sans qu'aucun des deux puisse jamais être qualifié d'individu. Capacité d'adaptation minimale généralement employée quand autrui en fait autant.
ÉcholaLee : Répéter sans cesse les phrases de Lee Rony pour se rassurer face à un monde gorgé de slogans vide de sens.
Emploisonnement : Occupation rémunérée qu'il faut conserver afin de gagner de quoi subsister alors qu'elle est toxique physiquement ou psychiquement, ou les deux à la fois.
Espoir : Ambition que rien ne s'améliore jamais car alors c'est la crainte de perdre ce que l'on a qui s'imposerait.
Gang Bank : Réunion de groupes financiers dans le but d'entuber un maximum de leurs propres clients.
Humatropisme : Tendance de l'homo sapiens à tout ramener à l'image qu'il se fait de lui-même, si bonne qu'elle lui octroie des droits qu'ils n'a que parce qu'il est le plus fort. Pour l'instant !
Insoutenable : Ce qui amène à s'interroger sur la capacité de l'homo sapiens à endurer souffrances et épreuves. En général utilisé pour vanter sa faculté extraordinaire à faire face aux difficultés de tous ordres alors que le véritable insoutenable, comme son nom l'indique, l'est vraiment et ne saurait laisser le temps de s'en plaindre.
Merversité : Attitude transmise par sa génitrice, souvent à l'insu de celle-ci, qu'elle même hérita de générations précédentes servant à compenser insatisfaction et rancoeur face à la différence de ce qu'elle est et ce qu'elle rêvait d'être. Peut se traduire par la chosification de son ou ses enfants pour leur imposer des ambitions qui ne sont pas les leurs.
Morale : Besoin rassurant de créer des normes de plus en plus nombreuses comme une cage aux barreaux si nombreux qu'ils deviennent des murs empêchant de voir au-delà.
Romain Puértolas – le livre de poche 33693 – 2015

Le premier mot que prononça Ajatashatru Lavash Patel quand il fut en France, et dans un taxi, fut Ikea. Ce qui surprit quelque peu Gustave Palourde, le chauffeur en question qui observa son interlocuteur avec son costume en soie grise et brillante, sa cravate rouge qu'il n'avait pas su nouer puisqu'elle tenait avec une épingle, et sa chemise, aussi froissée que le reste ! Sans oublier le gros turban blanc qui surmontait la tête de l'arrivant.
Le client avait toujours raison, ce n'était pas une raison pour ne pas en profiter, et le conduire au magasin de la marque en question le plus lointain, la course plus longue serait plus rentable, et elle sembla l'être puisque l'étranger lui donna un billet de 100 € en lui faisant signe de garder la monnaie.
Palourde fut ravi, il le serait moins quand il s'apercevrait que le fakir était aussi manipulateur et avait récupéré habilement le bifton donné, d'autant que celui-ci était un faux, imprimé d'un seul côté.

Le voyageur n'était là que pour acquérir un modèle de lit à clous que seul Ikea présentait, le Kisifrøtsipik or cette marque n'avait pas de magasin en Inde et Paris était la destination possible la moins chère. Il ne devait donc rester que le temps de son achat et repartir celui-ci effectué. Premier souci, le lit en question n'était pas disponible, il fallait le commander, heureusement il était livrable le lendemain dans la matinée, cela n'empêcherait donc pas notre amateur de clous de repartir à l'heure ; second problème, le prix n'était plus le même, la promotion étant passée. Il avait renchéri pour atteindre 115,89 €. or notre ami ne disposait que de son faux billet. Il lui fallait donc trouver le reliquat pour que tout se passe bien. Habitué à escroquer, tromper, voler etc. il savait comment exploiter son environnement pour obtenir ce dont il avait besoin, et son stratagème lui permit de rencontrer une parisienne, Marie, qui non seulement lui donna 20 € mais l'invita aussi à déjeuner. Ainsi firent-ils connaissance et Lavash eut-il quelques scrupules à avoir ainsi manipulé une femme si sympathique.
Le temps, et les moyens, lui manquant, il ne put accepter de la revoir le soir même, son projet était plus simple, squatter le magasin pour la nuit pour ne pas payer d'hôtel. Le lendemain il aurait son lit et le chemin du retour lui tendrait les bras.
Il s'installa, trouva de quoi manger quand il fut seul dans le local et pensa que tout irait bien. Il n'en fut rien bien sûr puisque des importuns le contraignirent à se dissimuler dans une armoire et le manque de chance fit que celle-ci fut choisie pour changer d'air, avec son passager clandestin.
De son côté Gustave avait noté la disparition du billet, compris qu'il avait été arnaqué, et l'avait mal pris ; d'ordinaire c'était lui le voleur ! Il en conçut une forte rancune et se mit dans l'idée de retrouver le fakir avant son départ pour l’Espagne le lendemain.
Pour cela il porta plainte à la police. Ce fut ainsi qu'en compagnie de la commandant Alexandra Lafève et du gardien de la paix Stéphane Demarbre il se retrouva dans l'enceinte d'Ikea à regarder des bandes de vidéosurveillance. Ainsi virent-ils les aventures de Lavash, et sa disparition dans l'armoire avant que celle-ci ne fut emportée.
Au Royaume-Uni reconnut le directeur !
Voyage chaotique pour le fakir qui plusieurs fois eut envie d'être découvert, sorti de sa situation difficile où il avait perdu la notion du temps. Finalement il sentit l'armoire être posée quelque part et des voix résonner. Quand il s'enquit du lieu où il se trouvait il lui fut répondu que c'était dans un camion. Au fil de la conversation il apparut que les voix à l'extérieur appartenaient à des hommes qui se dissimulaient à l'intérieur du véhicule. Par conséquent, et malgré sa position étrange, Lavash était le seul non clandestin du convoi ! Le fakir apprit beaucoup de ces hommes qui cherchaient une vie meilleure dans les ''beaux pays''. Même s'il apparaît qu'ils devraient se contenter des miettes du gâteau ce serait toujours mieux que chez eux où ils n'auraient pas pu lécher l'assiette. Lavash fut ému des récits qu'il entendit bien que son enfance n'eut pas été bien meilleure bien qu'il connut des gens qui l'aimait et qui l'aidèrent, comme ces hommes qui lui permirent de sortir de sa pénible situation.

Quand le camion s'ouvrit il se retrouva seul, les autres s'étant cachés, dans la lumière des phares des voitures de l'unité de surveillance des frontières. Et il se retrouva en cellule avec des hommes qui étaient tous dans l'illégalité. En effet, bien qu'il eut un visa pour l'Europe celui n'avait cours que dans l'espace Schengen dont la grande Bretagne ne faisait pas partie.
Bref, le fakir est expulsé vers Barcelone, dans les poches des soudanais se trouvaient des tickets d'un grand magasin de la capitale catalane. Que le camion vint de France était un détail qui ne retint pas l'attention des autorités. Or, le hasard étant aussi malicieux qu'un auteur de roman, c'était la destination des vacances de Gustave.
Le monde est petit ! Mais l'Espagne ne fut qu'une étape pour le fakir qui découvrit ensuite (une partie de) l'Italie, puis la Libye mais surtout se découvrit lui-même, ce qui est l'utilité des vrais voyages.
Et retour à Paris où Patel espérait revoir quelqu'un.
Voyagez par la lecture est bien moins fatigant que par les moyens utilisés, sans qu'il l'ait voulu, par notre fakir, aussi serez-vous impardonnable de ne pas prendre votre billet pour le suivre.













Dans sa mare, à bout, la grenouille s'agitait,
Regardant autour d'elle les cloques faites par les gouttes,
Aucune ne donnant l'heure savait-elle qu'il était
temps d'aller rechercher le colis de la Redoute ?
Le batracien la veille apprenant que s'écoule
Le flux intemporel des lendemains dicibles
Avait commandé sur le net un gnomon en boule
Pour oublier qu'ça pique l'avenir impossible.
Futés, vous lui direz : ''Quand le temps est pourri
Aucun cadran solaire n'aura d'utilité !''
Ce à quoi l'animal, quoique pas rat sourit,
Avant de rétorquer, saisi d'hilarité :
''N'avez-vous pas vous-même dans la tête un cerveau,
Conglomérat humide de cellules et d'axones,
De dendrites épuisées à patauger dans l'eau
De vos pensées qui lentement asphyxient vos neurones ?
Vous rationalisez, vos besoins, vos désirs,
Voulez tout définir par des mots, des formules ;
Comme à Gravelotte vont tomber et puis mourir,
Espoirs et illusions, vos parures ridicules.''
La grenouille est ainsi, d'une franchise qui
Vaut que écoutiez et suiviez son avis.
Tiens, pendant que j'y pense, y'a un petit vieux au sixième.
Toujours à m'espionner l'autre là-haut, il croit qu'on le voit pas mais avec la lumière dans le dos je l'ai remarqué depuis longtemps, je sais qu'il est là, à vivre par procuration. D'ailleurs tout le monde le connaît dans la rue, on sait comment il s'est retrouvé dans cet été, un accident de voiture, il allait trop vite, maintenant ça risque plus de lui arriver.
Sa voisine est ma copine, elle sait que c'est un vieux mateur, c'est tout ce qui lui reste, et encore, pas pour longtemps. On a bien monté notre coup. Puisque personne vient le voir, sa femme est morte dans l'accident, je vais prendre sa place, ça me changera le décor. Lui il finira dans la baignoire, une bonne scie et les chiens du quartier auront de quoi manger.
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |