Sang-hoon est recouvreur de dettes, un métier où la gentillesse et l'empathie ne sont pas des qualités,
cela tombe bien puisque la violence est un élément dans lequel il a baigné toute sa vie au point de croire que c'était le seul existant.
Par hasard il rencontre Yeon-hee, lycéenne, avec laquelle, peu à peu, il va nouer une relation trouble tant
malgré les apparences ils se ressemblent, chacun prisonnier de son histoire, replié dans son passé, ne livrant au réel que le minimum, sensibilité recluse dans les tréfonds d'une personnalité
abrupte et rétive à la communication. Sauf à rencontrer cet autre dont on se sent proche sans savoir pourquoi au début avant, au travers de son regard, de découvrir des parties de soi enterrées
depuis si longtemps que l'on espérait les avoir oubliées.
Mais la vie résiste, malgré les efforts pour l'écraser jusqu’à la rendre méconnaissable elle aspire toujours à
retrouver la lumière du jour.
Une lumière aveuglante bien sûr !
Au fil des deux heures du film le réalisateur/scénariste/acteur principal arrache les écailles de ses personnages,
nous révèle leurs cicatrices, leurs ressemblances, leur lien même et se sert d'eux pour dévoiler certains tourments de la société coréenne, le traumatisme de la scission, le besoin de montrer que
''tout va bien'' en famille, on ne dit rien, on ne montre rien, on ne demande rien.
Jusqu'à ce que le couvercle saute !
Yang Ik-june est d'autant plus impressionnant que c'est son
histoire qu'il nous raconte, plutôt que de choisir une batte de base-ball pour s'exprimer il préféra l'encre, d’abord, la caméra ensuite. À côté de lui Kim Kkot-bi (김꽃비) est impeccable ainsi que les seconds rôles dont chacun concoure à faire de
ce film un choc d'autant plus brutal qu'il n'y a pas de ''belles images'' ; c'est un plat cru, épicé, sans fioriture sur l'assiette.
Je vous invite !