Toujours des mots nouveaux que me murmure Éole,
Démence paternelle qui hurle en mon esprit
Ces envies de défier, sans m'inquiéter du prix,
Thanatos, Zeus, Hadès, une espérance folle.
Un pari ne vaut que par la valeur du risque,
L'ennemi face à soi et cette excitation,
Cocktail de danger, de pouvoir et de passion,
Vouloir, par la pensée, que tombe l'obélisque.
Emprisonner la mort c'est jouer aux échecs
Avec plus fort que soi en connaissant la fin,
Être à un coup du pat mais paraître serin,
Puis devoir constater avoir chu sur un bec.
Ainsi suis-je condamné à repiocher des mots,
Faire et refaire encore des vers et puis des strophes,
Calculer les césures, les rimes et apostrophes.
Trouver la perfection est le pire des travaux.
Je suis l'incarnation de la vie qui rabâche,
Refait puis recommence, itération sans but
Sauf à être entrevu par celui qui, ose, lutte,
Livrant au superflu, idiots, croyants et lâches.
Qui sait si malgré tout ce qui semble impossible,
Par trop d'adversités et contraintes variées,
À force de vouloir ne peut-être inversés,
Serais-je le premier à vaincre l'invincible ?
L'enfant joue, insouciant, sa mère le surveille d'un œil, il y a du monde sur cette berge, la rivière est calme, large mais peu profonde dit-on, son fils y a pied.
Il tape dans l'eau, rit des éclaboussures, l'insouciance est le privilège de l'enfance ignorant que le danger est amical.
On lui a si souvent dit de se méfier de la gentillesse, de ne pas faire confiance, il ne faut pas, il ne…
Les mots trop souvent répétés sont flous dans sa mémoire, il est trop heureux et fier de supporter la fraicheur de l'eau.
Des accidents, ici ?
Quelques disparitions au fil des siècles, la rivière fut draguée, en vain, mais elle est sans malice, aucun piège, visible ; sereine.
Comme un sourire incomplet qui craint en s'agrandissant de montrer que les dents sont des crocs !
Personne ne connaît sa source, les experts se disputent, dommage. Où mènent ces goulets qui semblent autant de' bouches avides ?
Une rivière ne peut avoir de mystère n'est-ce pas, et encore moins vouloir les préserver.
L'enfant joue, c'est le premier jour de soleil depuis des semaines, l'hiver touche à sa fin, à sa fin… Les gens s'amusent, oublient leurs soucis, le plaisir de la baignade, le soleil est doux, les familles rient.
L'enfant ?
Quel enfant ?
Celui avec un maillot de bain vert ? Il était là, on s'est tourné vers la rive, en revenant il avait disparu. Ce qu'il est devenu… L'eau est transparente, peu profonde, quelqu'un qui se noie ne disparaît pas si vite, pas si…
Si !
Sa mère le sent, il est là, il faut chercher, il n'est pas trop tard.
Les recherches s'avéreront sans résultat, le garçonnet dut sortir de l'eau, être abordé par un inconnu, dans une ambiance de fête comme celle-là un enfant se méfie moins, quelqu'un en maillot de bain comme lui, la complicité est rapide, il propose une ballade, un goûter, de faire une farce à maman, tous les prétextes sont possibles, de nos jours les pervers sont nourris de psychologie enfantine.
Elle reviendra souvent près de la rivière, pour attendre, tant que le corps n'est pas retrouvé tout est possible ont dit les gendarmes, il faut espérer.
Elle attend, regarde la rivière, se sent envahie par son calme, l'espoir diminue, l'appel de l'eau est doux, insistant.
Plus efficace.
Les rivières se mettraient-elles à la psychologie ?
Je suis un excellent professeur !
Spéciale Corée
Jung Hoon Hee (1967)
Bae in Sook (~ 1971)
Jung Hoon Hee (1972)
Choi Hae Yung (1983)
Yang Sook Yung (1988)
Le hasard, et la volonté mutine de Fred Vargas, font que le commissaire Adamsberg tombe sur un article évoquant le meurtre d'une jeune fille assassinée de trois coups de couteau. La mémoire du policier rappelle d'anciens souvenirs, celui de son frère soupçonné trente ans auparavant d'avoir commis un crime similaire, et surtout sa propre enquête sur les traces d'un tueur en série qu'il était sûr d'avoir identifié mais sans jamais réunir les preuves nécessaires, d'autant que ce dernier étant juge et très influent avait toujours su se garder des investigations. Adamsberg avait dû conclure l'affaire après la mort, naturelle, de son suspect, le Trident, surnommé ainsi pour son usage d'une arme de ce modèle pour tuer.
Le juge est-il mort, aurait-il un imitateur... Le commissaire se retrouve soudainement face à un passé qu'il croyait disparu pour toujours. Mais rien ne saurait être simple dans l'univers de Fred Vargas, ainsi Adamsberg doit-il partir pour le Québec pour suivre une formation sur le traitement des empreintes génétiques, inutile de dire qu'il n'est pas très heureux de devoir s'expatrier pour apprendre une technique qui ne l'intéresse pas le moins du monde.
Jean-Baptiste devra affronter un adversaire intelligent et doté de moyens que la réalité ne lui offrirait peut-être pas, mais l'important n'est pas là. L'enquête et ses péripéties sont une chose mais l'intérêt des romans de Fred Vargas est aussi d'observer l'esprit du policier, ses doutes quand à sa propre raison et ses craintes quand à ce qu'il se pense capable de commettre...
Il va rencontrer une jeune fille, française venue au Québec pour suivre son chum, se retrouver dans la peau du gibier alors qu'il se retrouve soupçonné de meurtre, devoir se cacher, se méfier encore davantage, mais aussi faire confiance et se retrouver face à plus qu'un adversaire mais l'incarnation d'une partie de lui-même.
Si je devais faire un reproche à ce roman ce serait que de le savoir ''une enquête de... '' retire une part de suspens, d'autant que je venais de lire une enquête se situant après celle-ci. Qui sait si, sous la forme d'un ''one-shot'' ce récit n'aurait pas été encore plus fort. Mais le désagrément est faible en regard du plaisir pris à suivre les errements psychiques, et physique, du héros, et sa confrontation avec un adversaire qui est cette ombre que nous portons tous sans l'affronter autrement que contraint et forcé, à l'aube, mais cette fois c'est nous qui sommes les témoins de ce duel, je vous convie donc à y assister, vous n'êtes pas obligé de vous lever tôt pour cela !
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |