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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 06:07

1955. Traduit par Bunkichi Fujimori et Armel Guerne. 

Shimamura, aristocrate friqué, vit dans l'insouciance et le luxe, publiant à ses frais des ouvrages médiocres sur la danse moderne occidentale (nous sommes au début du vingtième siècle). Dans le village où il se rend il connut jadis une femme qu'il aima une femme, avant de l'abandonner.

Dans un premier temps nous suivons la première rencontre entre Shimamura et Komoko, une passion intense qui ne l'empêchera pas de rentrer à Tokyo où l'attendent sa femme et ses enfants.

Deuxième époque : Il revient sur les lieux du ''crime'' et retrouve Komoko, de maîtresse de musique elle est devenue geisha et l'accueille sans trop de réticences, comme si elle l'attendait. Mais Shimamura s'il apprécie les escapades ne semble pas pouvoir se détacher de sa famille. Il n'est pas seul à descendre dans cette gare, une jeune femme dont nous savons qu'elle s'appelle Yoko en fait autant en compagnie d'un homme malade.

La preuve de sa versatilité est qu'il ne peut s'empêcher de revenir au village, cette fois en plein hiver. La neige est-elle cette pureté qu'il voudrait retrouver et qu'il lui sait inaccessible. Du dominant qu'il fut il se retrouve dominé, enfin ! Serais-je tenté de dire tant cette position lui convient. Qu'importe que la geisha accompagne ses clients jusque dans leurs chambres, chacun alourdit la chaîne qui le retient au village et à ses habitants si loin de son monde qu'il semble s'y reconnaître, comme celle qui nous relie aux personnages de ce roman. Derrière eux n'y a-t-il pas nos propres aspirations, envies, peurs ? N'avez-vous jamais eu envie de quitter la vacuité de votre existence ? Consulter un blog, ou l'écrire, ne l'emplit pas, elle est ce tonneau des Danaïdes que nous tentons de remplir avant de devoir, soulagés, y renoncer ?

Fichier:Matsuei.jpg

La neige est une gomme, temporaire, un masque fragile, comme ces mots.  

Pays de neige est connu (si, si!) pour l'étrangeté de sa fin, Kawabata lui-même avouait que la plupart de ses textes n'étaient pas terminés et que celui-ci l'illustre parfaitement, au lecteur de rajouter, de compléter, bref : d'utiliser son imagination pour une suite de sa convenance. Kawabata l'écrivit d'abord sous forme d'une suite de nouvelles, entre 1935 et 1947. En 1971 l'auteur lui donna sa forme définitive. Visitez ce pays, marchez dans cette neige, rencontrez ces personnages, vous vous rendrez compte que, passé le point final, votre lecture n'est pas terminée.

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17 octobre 2012 3 17 /10 /octobre /2012 06:07

17102012_LapinVsRenard.jpg

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16 octobre 2012 2 16 /10 /octobre /2012 06:14

Abolish-death.jpg

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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 06:07

Tsui Hark tourne ce film en 1994, également connu sous le titre ''Butterfly Lovers'', 15 ans après ''Butterfly Murders'' les papillons sont de retour.

      

Quelle meilleure source d'inspiration que le folklore chinois, océan d'où l'on est sûr de sortir une merveille. Roméo et Juliette chinois la première trace écrite de cette histoire remonte au neuvième siècle.

Chuk Yin-toi est la fille unique d'un haut fonctionnaire de la cour impériale, pour parfaire son éducation sa mère décide de l'envoyer au collège Sung Yee. Petit problème cet établissement est réservé aux garçons. La jeune fille va devoir se déguiser pour faire ses études. Bien sûr elle va tomber amoureuse d'un garçon, Leung Shan-pak, ignorant qui elle est. Lorsque la réalité sera révélée, le collège est dirigée par une femme, il va demander la main de Chuk à sa famille, qui, puisqu'il est pauvre, refusera sa demande, n'est-elle pas promise à un riche notable.

Drame, sous le choc le jeune homme meurt ! C'est ballot. Du coup Chuk accepte le mariage à condition que le cortège nuptial passe devant la tombe de Shan-pak, ainsi est fait, mais lorsque, le jour-dit, elle s'arrête devant la stèle la terre s'ouvre et l'avale. Le couple en ressortira transformé en papillons.

 

La métempsychose revient régulièrement chez Tsui Hark comme si la vie sous forme humaine ne pouvait qu'être frustrante, une prison dont la mort est une porte de sortie. Le papillon, de la chenille à sa forme finale, par la chrysalide, est une représentation idéale de la réincarnation, alors que le papillon sous sa forme finale a une durée de vie très courte. Mais l'éternité n'a pas besoin de dépasser 24 heures n'est-ce-pas ?

Autre aspect du film important pour le réalisateur : l'androgynie, l'ambiguité sexuelle, logique si l'on se souvient que les femmes n'avaient pas le droit de monter sur scène. Jusqu'à ''The Lovers'' cette histoire était romantique et désexualisée, pour la première fois TH fait passer les amants à l'acte et qu'importe que Shan-pak ne sache pas que Chuk est une fille, il a bien dû s'en rendre compte.

Quoi que...

Mais on peut aussi voir dans ce film une représentation de l'émancipation de la femme chinoise de cette époque. Pas si lointaine mais dans certains milieux elle semble préhistorique. La fille suit le chemin que sa mère fit avant elle, son destin est tracé, logique, implacable. Mais pas inévitable, la preuve. La légende et le cinéma offrent des effets que la réalité ne permet pas, du moins sous la même forme. Les changements intervenus en Chine depuis prouvent qu'ils sont possibles même s'ils ne touchent pas tout le monde, tant s'en faut.

 

Plus que l'histoire et son cortège d'interprétations le film vaut pour sa mise en scène sublissime, colorée et musicale, impossible de résister à ce torrent qui nous emporte jusqu'à la tempête finale.

 

Devenez papilon à votre tour, ça vous changera. Rassurez-vous ce n'est que pour cent trois minutes, vous ne les verrez pas passer.

 

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14 octobre 2012 7 14 /10 /octobre /2012 06:07

 

Masumi Itō (伊藤真澄) - Japon 2002

Lee Jeom-Mi (박점미) - Corée 1983

Masafumi Komatsu (小松正史) - Japon 2011

Gong Yue (龚玥) - Singapour 2012

CooRie (クーリエ) - Japon 2005

 

 

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13 octobre 2012 6 13 /10 /octobre /2012 06:05

Le goût de l'ombre au fond d'un verre,

Je l'ai savouré tant de fois,

Traduit maladroitement en vers,

Faute d'avoir la moindre foi.

 

Et la quantité ? Un tas de pierre,

Posées sur le cadavre du futur,

Espère ainsi oublier qu'hier,

Demain et toujours restent des murs.

 

Le goût du sombre, lait de ma mère,

Injecté dans mes vaines en murmures,

Fut le venin que les prières

Ont mutés en chemin sûr.

 

Quelle qualité pour la poussière

Elle vous emplie... c'est la sciure,

Qui coulerait de vos paupières,

Comme le sang d'une fissure.

 

Le goût m'encombre, froide rivière,

Où j'ai découvert que les morsures,

M'aidaient à passer la frontière

Entre l'impensable et le sûr.

 

Qu'ai-je évité si la misère.

Permet d'oublier la censure,

Et mériter que mon âme erre

Par-delà vos chaînes d'ordure.

 

Des goûts sans nombre, aucun repère,

Le vent pour ami, belle monture,

M'emportant sans que j'aie rien à faire,

Sinon ne pas tomber dans l'azur. 

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12 octobre 2012 5 12 /10 /octobre /2012 06:03

L'hiver est ma saison préférée, celle où tout semble possible quand les rues sont envahies par le froid qui chasse ses habitants, les contraignant à rester chez eux, bien au chaud, près du radiateur. Il n'y a plus de cheminée depuis longtemps.

C'est alors que je sors, quelle période serait-elle plus idéale pour faire des photos en ayant l'impression que le monde est vide ?

Je cherche dans les quartiers mal famés l'image qui en vaut la peine depuis longtemps, parfois j'appuie sur le déclencheur mais jamais je n'ai trouvé ce que je cherchais.

Jusqu'à hier !

Au-dessus de la ville est construit une espèce de fort avec de nombreux corps de bâtiments disséminés et des remparts qui jamais n'abritèrent le moindre combattant.

Je l'ai trouvé dans un étroit hangar dont je ne sus jamais l'utilité, un SDF y vit depuis longtemps. Je ne croyais pas le trouver, d'autres connaissant son refuge avaient dû aller le voir, lui demander de s'abriter ailleurs, au chaud, le temps que la vague de froid reflue.

Il était là, gelé, les yeux écarquillés comme pour mieux voir ce qui s'approchait et la bouche béante comme pour hurler après avoir vu !

Grâce à la technologie il m'est possible d'installer plusieurs flashs esclaves reliés à mon appareil, en dosant leur luminosité ; le jour n'était pas encore levé.

Une dizaine de cliché seulement, je n'ai pas pris cette habitude venue avec le numérique de multiplier les prises de vue, et je suis reparti. Que pouvais-je faire de plus... si, je sais ! Avec un peu de chance son corps ne sera pas retrouvé tout de suite.

Oui, j'ai d'autres photos à faire, beaucoup d'autres. Dommage que je ne puisse pas les rendre public, je crois que ça vous aurait intéressé.

N'est-ce pas ?

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 09:10

07092012_rony-soit.jpg

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10 octobre 2012 3 10 /10 /octobre /2012 06:07

Nouvelles traduites par Anne Bayard-Sakai et Cécile Sakai.

Tout au long de sa vie Kawabata Yasunari écrivit de courts textes. Idées saisies au vol, souvenirs vécus et figés par l'art immatériel de Kawabata. Entre 1921 et 1964 il rédigea cent soixante-quinze nouvelles dans diverses publications qui furent réunies dans plusieurs recueils. L'auteur n'en retint que cent douze pour l'édition ''intégrale'' de son œuvre. Ici nous en avons soixante seulement.

On le sait, les Japonais ont l'art du bouquet, non seulement avec des fleurs mais avec des textes. Inutile de produire mille pages pour générer un univers, quelques pages, quelques lignes et le quotidien s'efface.

Personnellement une gorgée de bière me fait roter.

Ramasser des ossements(骨拾い) est le premier texte, autant dire que je me suis senti en pays de connaissance, d'autant que l'action se passe en juillet et qu'il s'agit d'enterrer pépé...

Autres textes :

Au Soleil (日向), La Scie et la naissance (鋸と出産), Un Vase fragile (弱き器), Celle qui va au feu (火に行く彼女), La Bague (指環), Une Fleur blanche (白い花), Soleil couchant (落日), Le Visage de la morte (死顔の出来事), La Mer (), Le Culte d'O-Nobu (お信地蔵), Hourra ! (万歳), Merci (有難う),La Voleuse d'éléagnes (胡頽子盗人), L'Incident du chapeau (帽子事件), La Mère (), Un Double suicide (心中), La Princesse du palais des mers (龍宮の乙姫),Joindre les mains (合掌), Poissons rouges sur le toit (屋上の金魚), Les Ongles du matin (朝の爪), Le Chemin de l'argent (金銭の道), Les Ossements d'un dieu (神の骨), Le Lys (百合), L'Homme qui ne rit pas (笑わぬ男), L'Aveugle et la jeune fille (盲目と少女), Prière en langue maternelle (母国語の祈祷), L'Enfant qui frappe (叩く子), Tonnerre d'automne (秋の雷), La Fiancée des pauvres (貧者の恋人), Anna la Japonaise (日本人アンナ), La Poule et la danseuse (鶏と踊子), Un Mari entravé (縛られた夫), Maquillage (化粧), Le Parapluie (雨傘), Masque mortuaire (死面), Visages (), Les Gestes du sommeil (眠り癖), L'Epouse dans le vent d'automne (秋風の女房), Les Mises bas de mes chiennes (愛犬安産), Maison natale (さと), L'Eau (), Les Coupons (小切), La Grenade (ざくろ), Les Camélias sasanqua (さざん花), Le Prunier rouge (紅梅), Les Tabi (足袋), Le Geai (かけす), L'Eté et l'hiver (夏と冬), Barques en bambou (笹舟), Les Serpents (), Les Oeufs (), Pluie d'automne (秋の雨), Les Voisins (隣人), Sur l'arbre (木の上), Les Pies (かささぎ), Immortalité (不死), Tubéreuse (月下美人), La Terre (), Neige ().

 

Un temps j'ambitionnai d'utiliser tous les titres pour en faire un seul texte mais j'ai eu la flemme, il n'eut pas été à la hauteur.

Pouvoir faire long est facile, savoir faire court est un art, la preuve !

 

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9 octobre 2012 2 09 /10 /octobre /2012 06:07

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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