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15 octobre 2012 1 15 /10 /octobre /2012 06:07

Tsui Hark tourne ce film en 1994, également connu sous le titre ''Butterfly Lovers'', 15 ans après ''Butterfly Murders'' les papillons sont de retour.

      

Quelle meilleure source d'inspiration que le folklore chinois, océan d'où l'on est sûr de sortir une merveille. Roméo et Juliette chinois la première trace écrite de cette histoire remonte au neuvième siècle.

Chuk Yin-toi est la fille unique d'un haut fonctionnaire de la cour impériale, pour parfaire son éducation sa mère décide de l'envoyer au collège Sung Yee. Petit problème cet établissement est réservé aux garçons. La jeune fille va devoir se déguiser pour faire ses études. Bien sûr elle va tomber amoureuse d'un garçon, Leung Shan-pak, ignorant qui elle est. Lorsque la réalité sera révélée, le collège est dirigée par une femme, il va demander la main de Chuk à sa famille, qui, puisqu'il est pauvre, refusera sa demande, n'est-elle pas promise à un riche notable.

Drame, sous le choc le jeune homme meurt ! C'est ballot. Du coup Chuk accepte le mariage à condition que le cortège nuptial passe devant la tombe de Shan-pak, ainsi est fait, mais lorsque, le jour-dit, elle s'arrête devant la stèle la terre s'ouvre et l'avale. Le couple en ressortira transformé en papillons.

 

La métempsychose revient régulièrement chez Tsui Hark comme si la vie sous forme humaine ne pouvait qu'être frustrante, une prison dont la mort est une porte de sortie. Le papillon, de la chenille à sa forme finale, par la chrysalide, est une représentation idéale de la réincarnation, alors que le papillon sous sa forme finale a une durée de vie très courte. Mais l'éternité n'a pas besoin de dépasser 24 heures n'est-ce-pas ?

Autre aspect du film important pour le réalisateur : l'androgynie, l'ambiguité sexuelle, logique si l'on se souvient que les femmes n'avaient pas le droit de monter sur scène. Jusqu'à ''The Lovers'' cette histoire était romantique et désexualisée, pour la première fois TH fait passer les amants à l'acte et qu'importe que Shan-pak ne sache pas que Chuk est une fille, il a bien dû s'en rendre compte.

Quoi que...

Mais on peut aussi voir dans ce film une représentation de l'émancipation de la femme chinoise de cette époque. Pas si lointaine mais dans certains milieux elle semble préhistorique. La fille suit le chemin que sa mère fit avant elle, son destin est tracé, logique, implacable. Mais pas inévitable, la preuve. La légende et le cinéma offrent des effets que la réalité ne permet pas, du moins sous la même forme. Les changements intervenus en Chine depuis prouvent qu'ils sont possibles même s'ils ne touchent pas tout le monde, tant s'en faut.

 

Plus que l'histoire et son cortège d'interprétations le film vaut pour sa mise en scène sublissime, colorée et musicale, impossible de résister à ce torrent qui nous emporte jusqu'à la tempête finale.

 

Devenez papilon à votre tour, ça vous changera. Rassurez-vous ce n'est que pour cent trois minutes, vous ne les verrez pas passer.

 

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