Je suis un rat qui a toujours fuit,
Pris le chemin qui se présentait.
Capable de sauter dans un puits,
Survivre était ma priorité.
Courir devant moi, toujours plus bas,
Gratter, sentir, trouver à manger.
Les mille échos des bruits de mes pas
Sont seuls à oser m'accompagner.
Des regards parfois, je suis un gibier
Se plaisant à rêver d'un ailleurs,
Jungle ou foret, un étroit sentier,
Échapper à ce destin railleur.
Ramper entre les mots vers demain,
Mais le chasseur n'est pas dans mon dos.
Mon corps glacé je dirai : enfin...
Quitter l'arène et ses cris, repos !
1954/1955 Traduction de Michel Bourgeot et Jacques Sergine.
Gimpei est fasciné par les très jeunes filles, leur beauté que le temps va dévorer. professeur il fut renvoyé pour avoir été trop proche d'une de ses élèves. Il est vieux et solitaire, comme souvent les héros de Kawabata, rêveur au point que le lecteur peut se demander si ce qu'il lit est ce qu'il vit ou imagine, mais quelle importance, de notre point de vue tout se mêle.
Habitué de la filature de jeunes femmes il tombe un jour sur Mizuki Miyako, par ailleurs maîtresse d'un homme beaucoup plus âgé qu'elle et qui ne s'offusque pas d'être ainsi observée, jusqu'à ce qu'elle prenne peur et le frappe violemment avec son sac. Que celui-ci fut plein d'argent est secondaire, c'est la brutalité qui secoue Gimpei
À-t-on le droit d'être attiré par les adolescentes ? Non disent les mœurs actuelles, mais de droit ici il n'est pas question puisque Gimpei n'a pas choisi ce qu'il est. Pervers, soit, et alors ?
Quel rapport avec l'horreur de ses pieds ? Peut-être une telle honte qu'il ne peut les montrer, qu'il ne peut que fantasmer des relations avec l'autre sexe. Est-il pour autant question d'excuse, d'équilibre... Finalement sa compagne est celle avec laquelle il se promenait le long du lac alors qu'ils s'y reflétaient, ces moments d'un bonheur disparu dont il cherche l'image à la surface encore lisse d'une jeunesse qui à son tour va s'éloigner. La femme avec laquelle il marche au terme du livre est bien loin de celle qu'il voudrait, qu'il voudrait oser vouloir pour user d'une formulation aussi boîteuse que lui. L'inaccessible est plus excitant pour qui veut garder la tête hors de la routine.
Trop difficile pour vous ?
Ni âme, ni égo,
Être plein d'un vide étrange ;
Une lame et des mots,
Autrefois j'étais un ange ;
Une chose, un robot,
Un pèlerin dans le Gange ;
Le vent se fait l'écho,
Des fantômes qui se vengent ;
Et moi, comme un idiot,
Un avorton dans ses langes,
Un miséreux en sabots,
Cherchant ce qui se mange.
Ni lame, ni héros,
Plus rien qui me dérange
Pas même un rire dans mon dos
Ou l'espoir que cela change.
J'ai brisé tant de sceaux,
Ai pataugé dans la fange,
Sans retrouver les morceaux,
De mon passé d'archange.
De tous je fus le plus beau,
Promis à l'infernal challenge
De faire mon numéro
Sans attendre de louanges.
| Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité. |