1954/1955 Traduction de Michel Bourgeot et Jacques Sergine.
Gimpei est fasciné par les très jeunes filles, leur beauté que le temps va dévorer. professeur il fut renvoyé pour avoir été trop proche d'une de ses élèves. Il est vieux et solitaire, comme souvent les héros de Kawabata, rêveur au point que le lecteur peut se demander si ce qu'il lit est ce qu'il vit ou imagine, mais quelle importance, de notre point de vue tout se mêle.
Habitué de la filature de jeunes femmes il tombe un jour sur Mizuki Miyako, par ailleurs maîtresse d'un homme beaucoup plus âgé qu'elle et qui ne s'offusque pas d'être ainsi observée, jusqu'à ce qu'elle prenne peur et le frappe violemment avec son sac. Que celui-ci fut plein d'argent est secondaire, c'est la brutalité qui secoue Gimpei
À-t-on le droit d'être attiré par les adolescentes ? Non disent les mœurs actuelles, mais de droit ici il n'est pas question puisque Gimpei n'a pas choisi ce qu'il est. Pervers, soit, et alors ?
Quel rapport avec l'horreur de ses pieds ? Peut-être une telle honte qu'il ne peut les montrer, qu'il ne peut que fantasmer des relations avec l'autre sexe. Est-il pour autant question d'excuse, d'équilibre... Finalement sa compagne est celle avec laquelle il se promenait le long du lac alors qu'ils s'y reflétaient, ces moments d'un bonheur disparu dont il cherche l'image à la surface encore lisse d'une jeunesse qui à son tour va s'éloigner. La femme avec laquelle il marche au terme du livre est bien loin de celle qu'il voudrait, qu'il voudrait oser vouloir pour user d'une formulation aussi boîteuse que lui. L'inaccessible est plus excitant pour qui veut garder la tête hors de la routine.
Trop difficile pour vous ?


