Bucéphale attendait sur le quai de la gare, il piaffa en remuant la tête pour saluer le chat qui s'éloignait. Enfin pensa-t-il, ce minet commençait à le gonfler, grave, impossible d'aller au tord-boyaux s'en jeter un derrière la crinière, avant d'inviter à danser la patronne, non qu'elle fut une jument mais ses dents et sa croupe pouvaient faire illusion après une douzaine de calissons épicés avec ces herbes qui font rire les humains sans qu'on eut besoin de les chatouiller. C'était un intermède, comme un mirage en lequel croire le temps de soulager ses frustrations sur le rivage du quotidien. Le persan revenu Bucéphale savait qu'il irait au trou, ça lui ferait une belle jambe, il s'y reposerait, sabots croisés sur le ventre, ou serait contraint de curer les douves. Un jour, c'était sûr, il balancerait une ruade dans le museau du félin et le regarderait valdinguer par la fenêtre en miaulant, alors il regretterait de n'avoir pas de bras pour lui en faire un, d'honneur !
India apprend la mort de son père le jour de ses dix-huit ans, comme cadeau il y a
mieux, surtout qu'ils étaient proches, très complices et passaient beaucoup de temps ensemble à chasser.
Le jour de l'enterrement elle découvre un oncle, Charlie, dont elle n'avait jamais
entendu parler, grand, jeune, beau et inquiétant, autant de raison pour qu'elle s'en méfie tout en étant curieuse d'en savoir davantage.
Pourquoi ne lui a-t-on jamais parlé de cet homme ? Impossible de le demander à la
gouvernante, elle a disparue. Sa mère ne semble pas insensible au charme de son beau-frère qui le lui rend bien, en apparence du moins.
La maison est grande, impeccable mais froide comme une morgue, à se demander si ce
n'est pas le décor dans lequel s'agite une bande de fantômes se demandant ce qu'ils font là, attendant le bon vouloir d'un deus es machina.
India est curieuse, elle veut savoir qui est cet homme, qui était son père, mais
surtout, qui elle est, elle, quels secrets se terrent dans cette maison. Sait-elle que c'est un vilain défaut ? Pas sûr mais ce n'est pas pour elle que ce sera le plus
difficile.
Au hasard de son exploration du bureau paternel elle découvre un tiroir que la clé
qu'elle possède, donnée par son père, ouvre. À l'intérieur se trouve un coffret plein des lettres que Charlie lui a envoyé mais qui ne lui furent jamais remises. Leur contenu semblent avoir été
rédigés d'un peu partout dans le monde, Charlie est un grand voyageur. Impression qui s'estompera quand elle découvre au dos de chaque enveloppe le tampon d'un hôpital,
psychiatrique...
Ce n'est pas pour rien que cet oncle a quelque chose de Norman Bates, que la mise en
scène se veut hitchcockienne, mais Matthew Goode est loin d'Anthony Perkins et si Park est un virtuose il ne parvient pas à générer d'inquiétude, la faute peut-être à un scenario simpliste, écrit
par Wentworth Miller plus connu pour son rôle dans prison break, à une distribution esthétique plutôt que troublante et à des contraintes qu'il n'avait pas en Corée. Il n'est plus lui-même sans
devenir Sir Alfred, le résultat est donc décevant malgré une fin que j'ai apprécié, qui a vu ce film me comprendra, sinon ne vous forcez pas trop. Quand à moi je ne pouvais pas laisser passer un
film de Park Chan-wook. Il se rattrapera la prochaine fois.
Avec des actrices de son pays !
Il ne vous aura pas échappé que Stoker est aussi le nom du créateur de Dracula. Pas de vampire ici, du moins qui ait
des crocs, pour ce qui est du goût du sang c'est autre chose. Les premiers ne sont pas nécessaire pour avoir le second.
Heide nous fait la proposition de nous pencher sur l’œuvre d'Albert Camus au travers du livre de Michel Onfray L'Ordre libertaire – La vie philosophique d'Albert Camus. Je
suis d'abord tenté de dire ''Onfray mieux de s'en dispenser !'' Vous savez combien j'ai le culte du jeu de mots, facile je le reconnais, par conséquent je n'en fis rien et me penchai sur ce
livre qui nous présente Camus en commençant par une citation : Je demande une seule chose, et je la demande humblement, bien que je sache qu'elle est exorbitante : être lu avec
attention.'' Dès lors il m'a paru convenable d'appliquer cette demande à ce texte de M.O. (mode opératoire (du tueur) dans les séries télévisées).
Pauvre un jour, pauvre toujours ! Pourrait-on dire, mais avec une éducation apportant le cadre
nécessaire à une vie digne de ce nom sous forme de qualités indispensables : droiture, courage, honneur, modestie et dignité. Je crains, pour parler de moi, de ne pas les avoir toutes, loin
de là.
Michel prit l’œuvre de Marcel, ses biographies, correspondances et interviews, mit le tout dans un
shaker et nous verse un cocktail à sa façon, du sucre en plus, du citron en moins, histoire que sa recette soit agréable pour tous.
Enfance à Alger, quartier de Belcourt ; mort du père lors de la bataille de la Marne, et la
tuberculose qui frappe à sa porte et lui montre la fragilité de l'existence, l'importance de vivre l'instant autant que les livres dont l'oncle qui l'hébergea était friand. Du soleil de son passé
Camus garda le goût de la lumière et la crainte de la fausse clarté parisienne où règnent quelques grands esprits, autoproclamés mais approuvés par quelques-uns : Sarte et De Beauvoir, que
Onfray compare aux Thénardier de la philosophie, dictateur de la bonne pensée, fut-elle enlisée dans les sables de l'histoire. Mieux valait avoir tort avec eux que raison avec Camus (ce fut le
cas aussi pour Raymond Aron). Il y a longtemps que j'ai fait mon choix ! Dommage que l'auteur gaspille tant de pages pour une controverse dont l'Histoire dira qui en sort vainqueur et qui y
reste vaincu.
Onfray n'écrit pas une bio factuelle de Camus, qu'aurait-il à rajouter, mais suit la vie de ce
dernier pour en extraire une substance philosophique oubliée sous la poussière des jugements hâtifs fruits d'une jalousie imbécile. Philosophie pragmatique, païenne et hédoniste, forcément,
Onfray oblige, qui voit dans les textes de Camus des idées qui sont, me semble-t-il, plus les siennes, jusque dans la critique du marxisme, bourreau du socialisme.
Camus défendait la nature, la joie de vivre, le plaisir et la justice, encore qu'il plaçât sa mère
au-dessus de celle-ci, manière de privilégier l'organique à l'intellectuel, de donner le dernier mot à l'opinion face à la réflexion. Rien n'interdit qu'un philosophe fut subjectif et impliqué
dans sa pensée, preuve que celle-ci est vivante et non fruit stérile d'une cogitation masturbatoire.
Camus prendra-t-il place un jour au côté des ''grands'' philosophes ? Bien malin qui pourrait
le dire, Onfray pense que oui, histoire d'y trouver un strapontin probablement, s'il croit mériter davantage je crains qu'il ne soit déçu.
Difficile de condenser près de 600 pages en quelques paragraphes. Comment être libertaire sans
révolution, révolutionnaire sans violence et violent sans être criminel ? Nietzschéen de gauche, est-ce un pléonasme ou un contre-sens ? La raison hégélienne est-elle l'opposée de la
vie ?
Comment comprendre une œuvre sans savoir qui la rédigea et quelles furent les bases fondatrices de
ses réflexions ? La physique quantique nous dit que l'expérimentateur influe sur l'expérience, de même un philosophe ne peut s'abstraire de son enfance ni de son éducation, quand bien-même
voudrait-il aller contre celle-ci ; une pensée ne vit pas plus sans son support d'expériences et de vécus qu'une plante ne pousse sans eau ni éléments organiques.
Finalement l'utilité de ce livre est de me donner envie de me plonger dans l’œuvre d’A. C. en
respectant son vœu autant que faire se peut, avec d'autant plus de curiosité que sa vision de l'homme me semble aux antipodes de la mienne. Se révolter peut-il modifier le cours du destin où
n'est-ce que lui obéir encore ? La justice est-elle plus qu'une idole, mieux qu'une déité aux yeux clos mais aux crocs avides ?
Un texte confortant mon opinion m'ennuie, autant manger de la paille. Rencontrer Camus au petit
matin sur un pré, idée en main : un duel excitant, le soleil contre l'ombre. La puissance du premier renforce la densité de la seconde.
Le Dr Frederick Treves découvre dans une foire installée en face de son hôpital une attraction
étrange, mi fantastique mi horrible. Un homme, apparemment, aux malformations physiques telles que les gens paient pour le voir, attirés et effrayés à la fois.
Treves est fasciné par cet individu, répondant au nom de John Merrick, jamais de sa vie de praticien hospitalier il ne vit de telles déformations et il veut comprendre. Il loue
Elephant-man, son pseudo dans le monde du cirque, à son ''propriétaire'', Bytes, dans le but de l'examiner dans son hôpital.
Le docteur est son sujet d'études vont essayer de communiquer. À la surprise du professeur Merrick
qui pensait avoir affaire à un attardé celui-ci va se révéler non seulement capable de s'exprimer malgré ses lèvres boursouflées mais aussi détenteur d'une grande intelligence et d'une rare
sensibilité. Son apparence rendant impossible un métier ''normal'' il avait dû se résoudre à s'exhiber devant une populace sûrement confortée dans son bien être de le voir aussi laid sans
distinguer derrière la qualité de l'homme.
John va être hébergé dans une chambre de quarantaine le temps d'être examiné. La nature humaine
étant ce qu'elle est, le gardien de nuit organisera des visites nocturnes dans le but de gagner quelque argent avant que Bytes ne récupère sa poule aux œufs d'or pour l'exploiter encore
davantage, usant de violence, l'enfermant dans une cage avant que sa victime ne puisse, aidé par d'autres ''monstres'', s'enfuir et retourner à Londres où il sera ramené dans l'hôpital de Treves
après que la police eut trouvé dans sa poche une carte de visite du médecin.
Enfin à l'abri, couvé par Treves, John va pouvoir s'épanouir et révéler sa véritable nature. Il va
même rencontrer Leila Maturin pour laquelle il va éprouver un sentiment qu'il sait devoir rester inexprimé.
Mais l'avenir pour John est limité, ses déformations ne cessent de grandir et de peser sur sa santé.
Dès lors pourquoi ne pas choisir le moment de son départ...
Trouvant son corps le lendemain Treves pratiquera une autopsie pour tenter de comprendre l'origine
de la maladie de son ami, l'explication officielle : sa mère aurait reçu un coup porté par un éléphant, étant par trop stupide. Malheureusement à l'épique l'ADN est inconnu et les maladies
génétiques également, il faudra un siècle pour qu'à la faveur de l'examen d'un fragment d'os la maladie dont souffrait John était le syndrome de Protée affectant la croissance des
tissus.
Ne vous fiez pas aux apparences, qui vous semble intelligent a peu de chances de l'être à la différence de qui
vous semble horrible.
John Carey Merrick était une exception, c'est pourquoi il confirme cette règle.
Quoi de plus tentant pour une bande de jeunes s'ennuyant en classe que de vouloir la vie des
vedettes dont ils suivent l'actualité dans les magazines et sur le Net ? Bien sûr ils ne peuvent pas prendre leurs places mais ils peuvent les voler.
Tout commence comme un jeu d'ados, une maison luxueuse et vide dans laquelle il est si facile
d'entrer que ça n'en semble pas grave, comme si les propriétaires l'avait fait exprès.
Facile de se servir, d'emprunter une voiture, une carte bleue et de s'en servir pour se faire
plaisir, ce qui est une grosse somme pour l'un est un pourboire pour l'autre.
Une star est en promotion quelque part, sa maison est vide, mieux, la clé est sous le paillasson,
c'est plus qu'une proposition, c'est une invitation, comment résister ?
Tout est si simple, une fenêtre est ouverte, la chatière même peut servir d'entrée et si celle qui
l'emprunte n'a que 13 ans ce n'est pas grave. C'est un engrenage, ce qui était un jeu devient une addiction ; l'adrénaline est une drogue addictive et puisque nous vivons dans un monde où le
luxe semble accessible à tous et promis à chacun qu'elle importance de voler une collection de Rolex, des robes, des bijoux, de l'argent liquide ?
Mais la partie ne peut durer éternellement, des systèmes de surveillances existent qui filment les
cambrioleurs, eux-mêmes se vantent d'être entrés plusieurs fois dans la maison de Paris Hilton, celle de Lindsay Lohan et quelques autres dont je ne savais même pas qu'ils existaient. Bientôt la
police va frapper aux portes, fouiller les maisons, menotter les ados qui vont échanger leurs vêtements de marques pour la tenue orange des prisonniers.
C'est moins classe.
Encore que ! L'actualité se nourrit de tout mais aussi de rien, et fait des vedettes d'une
bande de papillons attirés par une lumière froide et factice. Ainsi ceux que la célébrité attirait jusqu'à plonger dans l'illégalité deviennent-ils sujets d'admiration pour
d'autres.
Un film ou un reportage sur une (in)certaine jeunesse, le pouvoir des médias et le goût des
apparences avec de jeunes et jolies actrices telles que le cinéma aime à en consommer pour le plaisir des voyeurs qui fréquentent les salles obscures, et dont je suis. Finiront-elles comme les
''stars'' dont il est question dans ce long-métrage ? J'espère, pour elles, que non. Même si la réalité dépasse la fiction je préfère cette dernière.
Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon
état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui
vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.