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3 septembre 2013 2 03 /09 /septembre /2013 09:28

C'est l'anniversaire de Joseph K., en guise de cadeau il est arrêté par deux hommes mystérieux, les agents Willem et Franz, qui ne disent pas qui les envoie ni pourquoi, ils sont là pour emmener Joseph mais le laisseront libre chez lui pour attendre les conclusions de la commission d'enquête.

Joseph est tellement perturbé qu'il en oublie son rendez-vous avec Elsa, une prostituée dont il est un habitué.

Madame Grubach tente de le rassurer mais laisse entendre qu'il a pu être incriminé dans une relation immorale avec Mlle Bürster, sa voisine. Le fait est que le jeune homme n'est pas indifférent au charme de la jeune femme, sans avoir de grande chance.

Joseph K. est convoqué au tribunal sans savoir quand ni où, il lui faudra errer dans de nombreux immeubles avant de tomber sur la bonne personne. Immédiatement il est mis an cause pour son retard et l'audience se passe mal malgré une accusation incompréhensible. De plus le tribunal est loué à un jeune couple sous réserve que celui-ci le laisse libre les jours de séance.

Joseph va rencontrer l'épouse qui se laisse séduire par un étudiant afin de favoriser la position sociale de son mari, lequel se désole de la situation mais ne fait rien pour la modifier puisqu'il en profite. Ne sommes-nous pas nombreux dans ce cas, en le dénonçant chez les autres ? 

K. se sent mal, lui si fort, si fiable, sent la faiblesse l'envahir alors que la confiance qui le quitte.

Plus surprenant, dans la banque qui l'emploie Joseph découvre Willem et Franz dans un placard en train de se faire fouetter, le lendemain la même scène se présentera sous ses yeux sans qu'il en comprenne la raison.

Joseph K. va recevoir la visite de son oncle, campagnard inquiet qui lui présente Me Huld, avocat en mauvaise santé aidé par une jeune femme Léni pour laquelle il va ressentir une attirance irrépressible qui lui vaudra la colère de son oncle et de son avocat.

Rien ne va s'arranger, Joseph a des problèmes avec son avocat, à la banque avec un autre directeur adjoint. Son univers est en train de se dissoudre lentement mais sûrement d'autant qu'il apprend qu’aucun acquittement n'est possible.

Le cas de K. est désespéré, faute de le comprendre il ne lui reste qu'à l'accepter, à l'image de la vie qui quoi que nous fassions, voulions ou espérions finira de la même façon. Kafka se débat tel son héros dans un univers qu'il subit, ses désirs et frustrations, son père auquel il ne peut pas ressembler, son milieu qu'il ne peut pas ignorer.

Kafka débuta la rédaction du Procès par la scène de fin, son, et notre unique certitude !

K. ignore ce qu'on lui reproche, de vivre sans pouvoir correspondre à ce qu'il voudrait être, à ce que d'autres voudraient qu'ils soient. Suivant ses désirs sans les maîtriser jusqu'au réveil ; dès lors, les yeux ouverts, quelle est sa destination ?

Celle de Joseph K.

''Je suis innocent'' dit-il !

''De quoi ?'' lui demande-t-on.

Là est là Vérité de ce livre, inachevé (pouvait-il en être autrement?) : Si je ne suis pas coupable, de quoi suis-je innocent ?

Et vous ?

Challenge Kafka

Challenge Kafka

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2 septembre 2013 1 02 /09 /septembre /2013 09:18

Puisque le sujet ce lundi est Jankélévitch il m'était impossible de ne pas me pencher, en premier lieu sur   

Un appel auquel il m'était impossible de rester sourd pour d'évidentes raisons.

À en croire Jankélévitch l'ironie est le contraire de l'hypocrisie, elle est joie et conscience et préserve ce qui mérite de l'être, elle est la ''vraie liberté !'' ainsi que le dit Proudhon. Elle est interrogation et refus des certitudes, des convictions avalées comme des somnifères endormant l'esprit, elle est cette impression que quelque chose ne va pas dans le confort et la banalité, elle est l'oxygène dont l'intelligence a besoin pour s'exprimer, il n'est que de se promener dans ce blog pour en trouver la confirmation.

Puisqu'il convient de trouver un ''parrain'' pourquoi pas Socrate qui aimait à poser des questions à ses concitoyens, pour les inciter à trouver la réponse et non pas comme tant de ''philosophes'' le pensent pour répondre à leur place ! En effet ironie qui vient du grec eirônia signifie interrogation. Interroger l'autre est une chose, se questionner, soi, en est une autre. Quand l'ironie permet l'évitement, la fuite elle ne remplie plus son rôle, ainsi est-elle à l'inverse d'un poison contenant son propre antidote : une solution permettant de porter son regard ailleurs, sur l'apparence et un sourire qu'il me plait de retrouver sur une autre face, celle de  

Autre sujet traité par VJ. Imaginons les deux faces d'une pièce qui, tournant sur sa tranche rapidement sembleraient n'en plus faire qu'une. N'est-ce pas elle LA réponse, muette autant qu'inaudible que nous feignons de vouloir interpréter pour éviter de comprendre que tout est dans l'absence, démonstration définitive de ce que nous étions et serons hors de cette parenthèse qu'est notre vie ?

Est-elle inconnaissable, inévitable, invincible pour autant ? La repousser n'est pas la vaincre, l'approcher n'est pas la comprendre et la ''servir'' n'est pas s'en faire une amie. La mort n'est pas une maladie mais une guérison, que sait Vladimir de l'expérience de mourir, seul qui passe la porte sait ce qui arrive, ou pas, derrière, l'imagination, et la peur (ou l'inverse) créent tout et n'importe quoi pour trouver une réponse qui est, à la considérer lucidement, quelle qu'elle fusse, que la grimace de l'ironie qui sait sans rien dire.

Point de malédiction ici, à l'inverse ce serait la certitude que demain sera, qu'après-demain viendra, qui serait insupportable. Pourrons-nous penser après ? Et pourquoi faire ? S'intégrer dans l'infini du néant ne supprime-t-il pas questions et réponses comme le font ces ''ismes'' dans lesquels se jettent tant d'esprits redoutant plus de s'interroger que d'obtenir une réponse.

Une certitude pourtant, je mourrai, qui sait si à la parution de ce billet je serais encore de ce monde... 

N'oubliez pas la participation de Heide, Coccinelle...

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1 septembre 2013 7 01 /09 /septembre /2013 09:08

Jacques Lantier est mécanicien à bord de ''la lison'', une locomotive reliant le Havre et Paris, il est en outre sujet à des crise de folie le poussant aux pires extrémités.

Lorsqu'il s'éprend de Séverine celle-ci, répond à ses sentiment sans que son époux trouve à redire, celui-ci pense que Lantier l'a vu assassiner Grand-Morin bien qu'un assassin ait été arrêté. Séverine a elle aussi une idée derrière la tête, convaincre Jacques d'éliminer son époux.

Rien ne va se passer comme prévu, au cours d'une crise Lantier va au contraire tuer sa maîtresse...

Tiré d'un roman d'Émile Zola il ne pouvait échapper à la noirceur de l'univers de l'auteur de Nana, le destin de Lantier semble tout tracé, comme sur des rails, sans moyen d'y échapper et ''dérailler'' ne l'en fait pas sortir, au contraire. 

La gare de départ de la malédiction du mécanicien vient de loin, traverse le temps par l'hérédité et les tares qu'elle transmet venant de la misère et de l'alcool sont impossibles à éviter, celle d'arrivée se fera avec moins de voyageurs qu'il y en avait à la précédente.

Une symphonie magnifiée par le noir et blanc, par l'interprétation de Jean Gabin, de Simone Simon, de Fernand Ledoux, Julien Carette, mais aussi Jean Renoir lui-même qui incarne le braconnier Cabuche condamné, et exécuté, pour le meurtre de Grand-morin, sans oublier la locomotive elle-même, personnage à part entière, incarnation de la fatalité, bien plus belle et cinégénique qu'un TGV plus performant.

L'amour semble possible pourtant, Séverine est si belle, si lumineuse, Lantier en est éblouie mais quand elle croit le dominer elle se retrouve proie face à un prédateur qui ne peut surmonter sa nature sinon en prenant la fuite.

Une tragédie classique, des personnages mus par des forces qu'ils ne contrôlent pas pour un chef d'oeuvre du cinéma que le temps n'a pas altéré. Reste à prendre son billet, à monter dans un wagon et à se laisser emporter par la violence et la fureur, dans le bruit et la fumée.

Gare à la resquille.

Ici il n'y a d'électricité que dans l'air !

La bête humaine, un pléonasme ! Heureusement la Lison n'étant pas l'un n'est pas l'autre non plus.

La bête humaine (1938)

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 06:42

Ainsi est le réel, ne peut s'en exempter,

Que qui dans la folie espère se dissoudre.

Est-ce un gémissement qui semble s’approcher,

Au travers des remparts les sanglots peuvent sourdre.

Un gibier appétant, que pourrait-ce être d'autre ?

Proie gorgée d'émotions et d'un sang délectable,

Que les crocs aiguisés de l'effrayant apôtre,

Savoureront tout cru, tout est là, sur sa table.

Il ne doit rien rester des os ou de la peau,

Du passé, du présent... jusqu'à l'ombre, ronger !

La proie est bientôt là, un succulent cadeau,

Pour qui un fut toujours le plus qu'il dut compter.

Un souffle et un regard, deux yeux gorgés de larmes

Qui se portent sur lui, le regardent et le voient.

Quelle est cette impression qui soudain le désarme,

Si ce n'est du dehors proviendrait-elle... de soi ?

Cet être est un enfant mais pas un étranger,

Pourquoi tend-t-il les bras ? Ne me verrait-il pas ?

À l'inverse serait-ce qu'il lit ma vérité,

Si le 1 reste vrai, je suis donc ce qu'il est !

 

Le masque se détache,

          Oserais-je être, sans lui ?

À quoi bon vivre en lâche,

          Si partout règne la nuit.

L'illusion m'abandonne il me faut rester là,

          Les débris sur le sol disparaissent déjà !

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 06:30

Nick Walker est un jeune policier de la brigade de Boston, récemment il a détourné l'or trouvé pendant une intervention avec son partenaire. Pris de scrupule il décide d'aller rendre son butin, mais après une intervention qui ne peut pas attendre.

Ce sera l'occasion pour le coéquipier en question d'éliminer son complice, lui veut garder son trésor, pour des raisons que nous comprendrons par la suite.

Nick va se réveiller dans un endroit étrange et rencontrer une jeune, en apparence, femme qui va lui expliquer qu'il est bien mort mais que ses compétences lui valent cette étape sur la route du Jugement Dernier. Libre à lui de la refuser mais est-il sûr qu'il sortirait de ce dernier par le haut et pas dans une zone plus obscure, et ardente, que ce qu'il souhaite ?

Difficile de résister à cet argument, Walker intègre donc la RIPD (Reste In Peace Departement), une unité composé de policiers décédés partant en chasse de criminels dans le même état et caché un peu partout sur Terre.

Un flic digne de ce nom n'agissant pas seul, Walker va rencontrer un collègue mort depuis presque deux siècles et ayant du mal à sortir de l'époque où il vécut.

Duo improbable comme on en voit beaucoup sur les écrans, petits et grands. Le jeune va devoir découvrir des règles nouvelles et accepter la séparation d'avec son épouse. Assistant à son propre enterrement, avec les honneurs, il voit cette dernière accompagné de son assassin qui semble avoir une idée derrière la tête. Incapable de supporter la situation il veut intervenir mais se fait rejeter. Si lui se voit comme il était de son vivant, les autres eut ne rencontrent qu'un vieux chinois. La porte de la mort s'est refermée dans son dos, faire marche arrière est impossible, nous le savons tous. Son collègue lui ressemblant à une belle blonde, ce qu'il est loin d'être en réalité.

Heureusement nous sommes au cinéma et là tout est possible.

De rebondissements en interventions le duo va se retrouver sur la piste d'un complot effroyable vivant à inverser le cours des choses et à faire revenir les morts, justement avec l'aide du meurtrier de Nick, avouez que ça tombe pour le mieux.

Vous penserez qu'il y a un peu de Ghostbuster et de Men in Black dans ce film, vous aurez raison, mais l'action et l'humour se marient assez habilement pour que l'heure et demie de projection passe bien. En cette période estivale que demander de plus ?

De là à envisager un RIPD 2...

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 06:28

Ainsi est le réel, ne peut s'en exempter,

Que qui dans la folie espère se dissoudre.

Est-ce un gémissement qui semble s’approcher,

Au travers des remparts les sanglots peuvent sourdre.

Un gibier appétant, que pourrait-ce être d'autre ?

Proie gorgée d'émotions et d'un sang délectable,

Que les crocs aiguisés de l'effrayant apôtre,

Savoureront tout cru, tout est là, sur sa table.

Il ne doit rien rester des os ou de la peau,

Du passé, du présent... jusqu'à l'ombre, ronger !

La proie est bientôt là, un succulent cadeau,

Pour qui un fut toujours le plus qu'il dut compter.

Un souffle et un regard, deux yeux gorgés de larmes

Qui se portent sur lui, le regardent et le voient.

Quelle est cette impression qui soudain le désarme,

Si ce n'est du dehors proviendrait-elle... de soi ?

Cet être est un enfant mais pas un étranger,

Pourquoi tend-t-il les bras ? Ne me verrait-il pas ?

À l'inverse serait-ce qu'il lit ma vérité,

Si le 1 reste vrai, je suis donc ce qu'il est !

 

Le masque se détache,

Oserais-je être, sans lui ?

À quoi bon vivre en lâche,

Si partout règne la nuit.

L'illusion m'abandonne il me faut rester là,

Les débris sur le sol disparaissent déjà !

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28 août 2013 3 28 /08 /août /2013 13:19

John Reid est un Texas ranger qui court après Butch Cavendish depuis longtemps, d'abord à la radio à partir de 1933 puis à la télévision dès 1949 et ce jusqu'en 1957, usant plusieurs voix et acteurs au long de plusieurs milliers d'épisodes, toutes adaptations confondues.

Par la suite il devint un sujet d'animation en 1966 puis en 1980, des téléfilms et même des productions pour le cinéma dans les années 1930 puis 1950. Finalement nous en arrivons à 2013 et cette nouvelle version plus spectaculaire et onéreuse.

Reid, dans ce film, est avocat et frère du Ranger chargé de retrouver Cavendish, alors qu'ensemble ils traquent ce dernier ils tombent dans un piège suite à la trahison d'un des leurs, tous seront frappés par les balles des criminels, Reid seul survivra à ses blessures. Peu de suspens à ce sujet sinon le film s'arrêterait là !

Il doit la vie à Tonto, un amérindien qui lui aussi traque Butch pour des raisons que nous comprendrons plus tard, mais aussi, et surtout dirais-je, à un cheval blanc étrange qui le désigne pour être aidé alors que Tonto est tenté de le laisser dans sa tombe et de remplir celle-ci.

Mais le cheval est une incarnation de l'Esprit et lui dire non est impossible, il est en outre capable de choses que nulle monture ne pourrait réaliser, en dehors du cinéma.

La chasse à l'homme reprend, riche en rebondissements et action, coups de feu et de théâtre dont les blancs constructeurs du train, et envahisseurs des territoires indiens, ne sortiront pas grandis. L'important est que le chemin de fer passe et avec lui la promesse de gagner un maximum d'argent, au sens figuré comme au sens propre.

Les deux étant plutôt sales si vous voulez mon avis.

Beaucoup d'effets spéciaux dans cette superproduction qui peine à rencontrer le succès, la faute peut-être à sa durée excessive, au fait que Johnny Depp n'ait que le second rôle, Tonto, le premier, Reid, revenant à Armie Hammer dont il paraît qu'il est un acteur en pleine progression, je crains que celle-ci ne soit ralentie.

J'ai eu du mal à ne pas bailler en regardant ma montre de temps à autre, un montage plus resserré eut été le bienvenu pour cette traque dont nous savons comment elle se terminera, la suivre pendant presque deux heures et demie est exagéré.

Quelques bons moments pourtant : le cheval qui tire son épingle du jeu, les lapins qui mangent les scorpions avec voracité et Ruth Wilson, l'Alice de Luther, qui est bien plus nunuche dans ce rôle...

Présenté comme un nouveau héros promis à un bel avenir cinématographique Lone Ranger risque d'avoir une postérité moins pléthorique que Pirates des Caraïbes dont il est la projection dans le monde du Oh, est-ce terne !!!

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 06:17

Suis-je par trop impur que ses yeux sur moi glissent ?

Auraient-ils vu le sang dont mon âme est couverte,

Entendu mes proies qui se plaignent et qui gémissent ?

Capté mon souffle obscène l'a-t-il mis en alerte ?

 

Des restes de mes proies pourrissent entre mes rêves,

Envies et cauchemars qui un à un moururent ;

La fange dans l'esprit est un jour qui s'achève,

Un regard vers l'ailleurs, un avenir d'ordures.

 

Ils distinguent au travers du masque que j'expose,

La vérité que je veux à tous prix cacher

Au point que j'ai oublié sur quoi elle repose,

Que c'est moi que je veux, avant tout, éviter.

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 06:07

Le gerfaut planait, penaud,

En cherchant sa nourriture,

Pas question qu'un escargot

Fut suffisant pour sa pâture.

 

Il ne pouvait rentrer au nid

édifié sur une vieille patère,

Sa femelle lui aurait dit :

''Ce n'est point là ce que j'espère !''

 

En survolant un caniveau

Dans lequel dormait une bouilloire

Il lui vint au cerveau

Que le futur est illusoire.

 

Aussi haut qu'on puisse aller,

Vient toujours l'heure ou les ailes,

Au poids des ans devront céder,

Que l'on fut rapace ou hirondelle.

 

Si de la pluie de souvenirs,

Ne survivent que des moments,

Un scarabée pourrait lui dire :

« Vous voliez... Et bien marchez maintenant !''

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25 août 2013 7 25 /08 /août /2013 06:57

Sous l'apparence d'un film mettant en scène un génie du mal Lang montre la république de Weimar et ses (nombreux) défauts, lesquels feront le lit d'un système bien différent avec un personnage bien pire que le Dr Mabuse. Berlin est pleine d'une monstruosité qui croît sans que rien ne puisse l'arrêter. Un monde meurt et celui qui vient est pire encore, c'est l'avantage, et la malédiction, de l'artiste que d'exprimer ce qu'il ressent quand bien même il le comprend partiellement.

Probablement Lang découvrit-il les aventure du Dr dans le Berliner illustrierte Zeitung sous la forme d'un roman feuilleton comme il y en eut tant lors du siècle précédent. Né l'année précédente de l'imagination du romancier luxembourgeois de langue allemande Norbert Jacques.

Mabuse est un criminel en avance sur son temps, pas de violence, d'attaques de banques et autres actions du même acabit, les siennes sont à la Bourse, déjà ; quel meilleur endroit pour se remplir les poches et affirmer son pouvoir, presque cent ans plus tard les choses n'ont pas tellement changées.

 

Face à Mabuse va se dresser le procureur Von Wenck menant son enquête comme il peut dans un monde étrange, ce Berlin des années vingt où l'élégance des tenues n'est que maquillage sur un cadavre qui pourrit lentement, mais sûrement. L'ambition du Dr est bien de prendre le contrôle de la ville, comme si, par ce biais, c'est le monde entier qu'il contrôlait, sans violence mais avec la force de sa conviction et la certitude de son emprise psychique sur des êtres prêts à tout accepter pour que survive l'illusion un peu plus dans le décor d'une capitale Allemande magnifiée par le noir et blanc parfois fortement contrasté ou l'éventail des gris qui donne une profondeur que la couleur gomme, comme le fard cache le vrai visage sous une couche de mensonges.

Mais le monde change (en apparence) et la réalité est perceptible par une classe lasse d'être dominée par des individus médiocres et abêtis par des années de luxe et de facilité. Dans ce monde où l'illégal n'est pas combattu Von Wenck a du mal à faire progresser ses investigations. Mabuse est un joueur si ce n'est que ses cartes sont des individus qu'il joue sans grand plaisir tant sa victoire semble écrite.

S'il devait y avoir une incarnation de la théorie du complot ce serait Mabuse, lui qui tire les ficelles sans se montrer, agit dans l'ombre en manipulant des pantins rarement conscient de ce qu'ils sont. De ce point de vue rien n'a changé, nous sommes tous ainsi, demandeur d'une autorité qui nous guide sans que notre volition soit requise et si ce que nous commettons est ce que nous désirons, secrètement, alors c'est parfait. La culpabilité est parfois gênante, l'accrocher au clou d'un ordre extérieur auquel se soumettre est impossible est le vœu de tant d'être frustes et veules que ce bon docteur, ou une de ses incarnations, pourrait être active dans l'ombre sans que nous y trouvions à redire.

La société actuelle n'est pas si différente de celle du film, si l'on y regarde de près. Liberté de faire ce que je veux, égalité en ma faveur et fraternité avec ceux qui partagent mon ambition. La trinité gouvernant et définissant notre monde.

Et quand je dis ''notre'' c'est une façon de parler.

 

Lang réalisa par la suite d'autres aventure de Mabuse, le rendez-vous est pris.

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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