Darkest Fear - Harlan Coben – Fleuve Noir – 2009 – traduction de Paul Benita

Myron Bolitar mâche sa pâtisserie, et qu'importe si elle a l'aspect, et le goût, d'un pain détartrant pour urinoir. À la demande de sa mère il répond que c'est pas mal. Elle lui rétorque qu'un fils d'avocate devrait savoir mentir. Son père ignore qu'il est là, il est un peu en avance, et s'occupe dans la cave avec son nouvel ordinateur. Il discute sur la toile avec des inconnus quand il n'est pas occupé à taper ses mémoires. Myron regarde cette maison où il grandit et qui est en vente. Il est sur le point d'en discuter avec sa mère quand son portable résonne. Il reconnaît la voix de son associée, Esperanza Diaz qui lui affirme qu'ils sont dans le caca. Elle l'avertit qu'une ancienne maîtresse a appelé, Emily Downing, affirmant qu'elle devait voir Myron. Celui-ci préférait l'éviter.
Myron et sa mère sortent, remontent la rue en discutant. Elle lui avoue que son père a eu un infarctus, qu'il vieillit, comme elle, comme lui, comme tout le monde.
En revenant il aperçoit son père sur la pelouse, en grande discussion avec Emily Downing. Elle finit par le convaincre de l'écouter autour d'un café, en souvenir du ''bon'' vieux temps. Elle lui parle de son fils Jeremy, atteint d'une maladie nécessitant une greffe de moelle : l'anémie de Fanconi, vite, et d'un donneur compatible qui a disparu. N'a-t-il pas été dans une situation semblable et sut-il retrouver le donneur ? Myron n'est pas chaud, pour le convaincre Emily lui révèle que Jeremy est son fils. Ce que son ex mari, Greg Downing, ignore.
Finalement il ne peut refuser d'aider Emily.
Ce qui ne l'exonère pas de s'occuper de son affaire de management sportif. Il faut bien vivre.
Le lendemain il a rendez-vous avec le Dr Singh qui s'occupe de Jeremy, en attendant il demande à un ami, Win, de faire quelques recherches sur les dossiers des donneurs. En arrivant à son rendez-vous il s'aperçoit de son erreur, c'était La Dr Karen Singh, alors occupé à guider un troupeau d'internes dans un couloir. Myron veut tout savoir sur la maladie, la greffe, la détection du donneur adéquat, le prélèvement, sous anesthésie, la chimio pour le receveur. Il en vient à l'interroger sur l'indisponibilité du donneur repéré.
Pour avoir des indications sur celui-ci il faut pirater le serveur central du service de santé. Ça devrait être possible, et ça doit l'être. Myron est imaginatif quand il est motivé.
Mais avoir un nom et une adresse n'est qu'un point de départ. Et une destination à laquelle Myron va se rendre, avec Greg. N'ont-ils pas un but commun et des motivations similaires ? Sur place ils ne trouvent qu'un vieil homme qui attendait Daniel et ne connait aucun Davis Taylor, il ne se souvient même pas que le centre de moelle osseuse l'ait contacté. Mais l'a-t-il fait ?
Davis Taylor n'apparaît que comme titulaire d'un compte en banque avec 200 dollars, aucune trace d’impôts, de permis de conduire, pas même de numéro de sécu. Une fausse identité donc. En fouillant plus loin un autre nom surgit, celui de la famille de Raymond Lex. Auteur à succès, d'un seul ouvrage, dont l'héritage, colossal, fut complexe. Un autre enfant, dissimulé mais revenant au grand jour, pourrait compliquer les choses. Logique qu'il préfère la discrétion en regard des sommes en jeu son avenir pourrait être compromis, ce qui rend d'autant plus étonnant son inscription au registre des donneurs.
Et son appel à Myron pour lui dire, et lui répéter, de semer les graines. Il fallut que Myron l'appelle par son véritable nom, Dennis Lex, pour le retenir et lui proposer une rencontre. Dennis/Davis accepte, à une condition : qu'il n'oublie pas de semer les graines et dire une dernière fois au revoir au garçon ! Il n'empêche, Myron et ses partenaires veulent en savoir plus. Pourquoi ne pas utiliser le Net, en tapant semer les graines. Il obtient de nombreux résultats, et à la troisième page trouve un article intitulé PEUR NOIRE, signé Stan Gibbs, éditorialiste bien connu, autrefois, qui avait signé des papiers sur un kidnapping. Le kidnappeur avait pris contact avec lui et avait affirmé que parfois l'argent servait à semer des graines. Ce qu'il essayait de faire ! Plus loin il expliquait que semer des graines revenait à donner de l'espoir, puis à l'enlever, lentement. Toute l'entrevue du kidnappeur montrait qu'il souffrait de graves troubles psychiques. Il apparut finalement que la série d'article ressemblait trop à un roman policier paru des années plus tôt et Gibbs pris un ''congé sans solde'', façon polie de dire qu'il avait prit la porte.
Myron commence à tenir quelques fils et entend bien les tirer pour voir ce qu'il récupère, si vous voulez en savoir autant que lui, et que moi, vous savez ce qui vous reste à faire.
Aussi étrange que cela paraisse c'est le premier roman de Harlan Coben que je lis, mais pas sa première histoire mettant en scène Myron Bolitar et ses amis, Windsor Lockwood, heureusement surnommé Win, et Esperanza Diaz. Trio de personnalités complémentaires et charismatiques. Un seul livre ne suffit pas à juger un style mais à savoir si on l'apprécie. C'est mon cas. Fluidité, rythme, humour et imagination, tétralogie gagnante.