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14 juillet 2018 6 14 /07 /juillet /2018 08:00

Die Büchse der PandoraGeorg Wilhelm Pabst – 1929 

Loulou est l'association de deux pièces de Frank Wedeking. Un personnage qui lui fut, paraît-il, inspiré par Lou-Andreas Salomé qu'il avait rencontré à Paris. Pabst avait vu Louise Brooks dans A girl in every port alors qu'il désespérait de trouver l'actrice idéale. Le film est divisé en actes.

Loulou fait scandale dans cette bourgeoisie allemande en pleine déliquescence, et à laquelle il reste peu de temps, principalement sur les hommes tant elle est différente de leurs épouses. Elle sait le pouvoir qu'elle exerce sur eux, en use, en abuse même, les séduisant avant de les abandonner face à la banalité morne de leur existence. Elle sait accueillir ceux qui viennent la voir, leur offrant un petit verre qui ne peut que les détendre... Un homme s'en va, un autre arrive. Celui-ci est différent, il encaisse une part de l'argent qu'elle a gagné et quand un autre visiteur se présente il se cache sur le balcon, où un chien lui tient compagnie. Le nouveau venu est grave, visiblement il a quelque chose à dire à sa maîtresse mais ne peut s'y résoudre. En partant il croisera un autre visiteur dans l'escalier.

Elle ne fréquente pas que des hommes plus âgés, Alva est jeune, c'est un artiste, le seul peut-être ayant de véritables sentiments pour la jeune femme, qui ne la voit pas comme un trophée dont il peut se vanter dans son club et face à son miroir.

Loulou est également actrice dans une revue, les coulisses d'un théâtre sont un endroit où se rencontrent non seulement des comédien(ne)s mais également des bourgeois soucieux de faire mieux connaissance avec l'une ou l'autre. Et quand un amant jaloux vient lui faire une scène, un comble, elle ne craint pas de lui tenir tête même s'il l'empêche de retourner devant le public.

Était-ce ce qu'elle voulait ? La voilà mariée, elle peut intégrer un monde qu'elle ne connaissait pas. Un monde d'argent, d'alcool, où les hommes pensent que le premier peut tout acheter, tout autoriser.

Pour Pabst comme pour Frank Wekening Loulou est le prétexte à peindre une époque, une société, un monde mourant, celui d'une bourgeoisie allemande, berlinoise, qui va disparaître. Son mari même sait qu'il ne la dominera jamais quand il la voit, le soir de leurs noces, entourée d'homme, riant aux éclats, comme avant. L'évidence de son échec est insupportable, la mort est la seule échappatoire permise. La mort pour son épouse ! Comment laver son honneur autrement ? Mais Loulou ne l'entend pas ainsi et retourne l'arme contre son mari.

Loulou est si belle en noir, face à ses juges, rabattant sa voilette sur son visage... elle se lève, attend le verdict... L'alarme incendie résonne, la panique gagne le public du tribunal, des hommes arrivent, encadrent la jeune femme, la font sortir. Ce sont les amis d'Alva, le propre fils du défunt, qui

veut la sauver à n'importe quel prix.

Elle va devoir changer de vie bien sûr. Rester à Berlin est difficile, sa tête est mise à prix pour 5000 marks, une somme importante, et motivante. il faut partir, loin. Loulou peut ''emprunter'' l'identité de la Comtesse Anna Geschwitz pour prendre le train et s'éloigner de la capitale allemande. Alva n'est pas le seul à vouloir sauver la jeune femme, la véritable Comtesse aussi, celle-ci éprouvant pour Loulou un tendre sentiment, chose que le cinéma de l'époque ne laissait jamais sous-entendre aussi explicitement.

 

Alva sait que son destin est scellé, comme pour tous les hommes qui approchent Loulou ! Mais alors qu'ils se cachent dans un tripot la police débarque, à nouveau il faut doit fuir, loin.

Londres est la destination idéale.

Ce film eut fort à faire avec la censure de l'époque, exhiber une femme ayant la vie qu'elle voulait, acceptant d'être l'objet du désir des hommes pour renverser les rôles, ne se faisait pas. Pabst montre qu'une femme peut dominer un homme. Loulou est devenu l'incarnation de l'émancipation féminine, une référence toujours citée aujourd'hui. La jeune femme est-elle aussi innocente comme beaucoup la considère aujourd'hui, agissant sans malice, sans réfléchir aux conséquences de ses actes ? Elle est aussi le moyen pour le réalisateur de souligner les travers d'une société qu'il déteste, de révéler sa corruption en soulignant combien sa disparition sera salutaire. Loulou est l'arme idéale pour cela, pour la conduire à l'autodestruction.

Loulou ne serait rien sans Louise Brooks, incarnation idéale d'une jeune femme destructrice sans avoir l'air de le vouloir. Son jeu, naturel, loin des interprétations surjouées de l'époque, fut critiqué, c'est pourtant lui qui permet à ce film d'avoir traversé le temps en gardant sa force. Sans parler de la réalisation elle même, mais il y aurait trop à dire et d'autres sont plus compétents que moi pour vous en expliquer les subtilités.

À voir donc, et à revoir.

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13 juillet 2018 5 13 /07 /juillet /2018 07:30
Pont Saint Ange (Rome)
Pont Saint Ange (Rome)
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12 juillet 2018 4 12 /07 /juillet /2018 08:00

Henri VernesWilliam Vance – Dargaud (1968) 

Ce jour-là dans un avion de location Morane et Ballantine survolent en touristes l'état de Goyas au Brésil jusqu'à ce que leur appareil montre des signes de faiblesse. Il va falloir se poser. Morane voit un plateau, se risque, mais le train atterrissage casse, l'avion se déporte, heurte un arbre. Les deux hommes n'ont que le temps de sortir avant que l'appareil s'enflamme.

La situation est compliquée, pas d'argent, plus de matériel, reste à chercher du secours. Quelques heures de marche suffisent pour qu'ils atteignent Sao Francisco, un trou à rats plus qu'un village, mais ils n'ont pas le choix. Un bar, ils demandent à boire mais le barman est réticent, dans le coin les étrangers sont mal vus et les consommateurs sont prêt à le prouver.

La situation est compliquée, pas d'argent, plus de matériel, reste à chercher du secours. Quelques heures de marche suffisent pour qu'ils atteignent Sao Francisco, un trou à rats plus qu'un village, mais ils n'ont pas le choix. Un bar, ils demandent à boire mais le barman est réticent, dans le coin les étrangers sont mal vus et les consommateurs sont prêt à le prouver. Mal leur en prend, contre Bob et Bill ils ne faisaient pas le poids. Le tenancier a sorti une arme, il va tirer quand un homme entre et le calme. Visiblement il est connu dans le coin. Ils se présente, Jorge Serena. Lui a deviné qu'ils étaient les pilotes de l'avion qui avait dû se poser. Ça tombe bien, il a besoin d'un pilote.

Morane refuse mais accepte d'y réfléchir jusqu'au lendemain. Durant la nuit un homme s'introduit dans leur chambre et leur remet un message leur demandant de le suivre. Nos amis, curieux, acceptent. Leur guide les mène à Joao Ferda, c'est l'ancien pilote de Serena. Il explique qu'il a été pris à parti, rossé et menacé de mort s'il ne quittait pas ce travail. Il va en dire plus, parler de sa mission quand un coup de feu claque, il s'effondre.

Mort ! Dans une poche Ballantine trouve sa carte d'agent spécial de la sureté brésilienne. En repartant ils sont pris en chasse par un camion qui les heurte violemment, les poussant hors de la piste. Les deux aventuriers s'en sortent de justesse, finissent par voler le camion et décident d'aller rendre visite au senor Serena.

Malgré les gardes ils s'approchent de la maison, regardent par la fenêtre, et reconnaissent, discutant avec Serena, Miss Ylang-Ylang, surpris, ils réussissent pourtant à s'échapper, rentrent à l'hôtel. Le lendemain ils acceptent la proposition de leur sauveur de la veille.

L'appareil que Bob et Bill devront piloter n'est pas jeune mais en bon état. Le salaire est plaisant mais ils ne seront pas seuls à bord, un troisième homme, Matteo Soldar, les accompagnera, pour les surveiller.

Pour leur premier voyage ils doivent récupérer une cargaison de sac fermés dont ils ne voient pas la teneur. Le vol se déroule bien jusqu'à l'attaque d'avions de chasse. Ceux-ci ouvrent le feu, une fois encore Morane doit poser son coucou en catastrophe. Une fois posé c'est l'occasion de regarder de quoi est constituée la cargaison.

C'est reparti pour une randonnée sous le soleil. Courte, ils vont tomber sur des mercenaires aux ordres d'un concurrent de Serena, Marcos Toreros. Une nouvelle proposition de travail leur est faite alors qu'ils sont retenus dans une caverne.

Au-dehors un orage se déchaîne, c'est le moment de s'échapper. Profitant de la pluie les deux amis, et Soldar, qui a avoué être lui aussi un policier, empruntent un hélicoptère et s'enfuient.

Retour chez Serena. Mis au courant celui-ci veut mettre fin à la concurrence de Toreros, il emploie les grands moyens, lui aussi dispose d'avions de guerre. Morane et Ballantine en pilotent un chacun, mais ne larguent pas toutes leurs bombes, ils en gardent pour leur employeur avant que Bob ne décide de se poser pour aller récupérer d'importants documents chez Serena. Mais celui-ci, accompagné de Miss Ylang-Ylang l'attendait, à nouveau Morane est en mauvaise posture...

Parviendra-t-il à s'en sortir ?

À votre avis ?

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11 juillet 2018 3 11 /07 /juillet /2018 08:00

Seth Rogen – 2016 – 8 épisodes 

 

Un objet traverse l'espace venant d'au-delà notre système solaire, il fonce vers la Terre, droit vers l'Afrique. Un prêtre noir fait son sermon, il harangue ses fidèles... quand une explosion a lieu, un souffle traverse le local tenant lieu d'église droit vers le prêtre qui est renversé, jeté au sol, assommé.

Il se relève toutefois, ses ouailles crient au miracle, applaudissent, sont en joie, lui-même est touché, il demande le silence, parle, affirme : ''je suis le prophète, je suis l'élu !'' avant d'exploser, couvrant de sang son auditoire qui s'enfuit en hurlant.

La croix sur l'église vacille, puis tombe.

Annville, Jesse Custer se lève, s'habille, enfile son vêtement professionnel, une soutane et va chercher son courrier. Dans cette petite bourgade du Texas son église est à moitié vide, il faut dire que ses prêches sont bâclés et rarement terminés. Ses fidèles l'entretiennent de leurs petits problèmes du quotidien, rien d'excitant, il préfère une bonne bière.

Un gamin vient lui demander un service, qu'il casse la gueule de son père, qui tabasse sa mère. Il présente ce qui peut arriver, la violence qui appelle la violence...

Preacher

Parallèlement un homme se bat dans un avion, seul, ce qui ne l'empêche pas de vaincre ses adversaires. Vu sa situation il ne peut s'échapper qu'en sautant. Ce qu'il fait, sans parachute.

Son réveil dans le cratère creusé est difficile, sous le regard curieux d'une vache qui ne sait pas, encore, à quel point elle a tort d'être là. Ailleurs c'est Tulip, une jeune femme qui fuit en voiture, s'enfonce dans un champ, zigzague, s'arrête, se bat pour survivre. Une amie de Jesse, ou presque, elle vient justement lui demander son intervention.

Preacher

En Russie même il est question d'un Magister qui alors qu'il faisait son sermon, explosa !

 
Preacher

Le soir même Jesse va pouvoir démontrer qu'il sait se battre en affrontant une bande de crétins déguisés en soldats du Sud. Un petit tour en cellule pourrait lui faire du bien, et réfléchir au fait de briser le bras de quelqu'un. Pour un prêtre ça la fout mal !

Non ?

Enfin libéré Jesse annonce qu'il va renoncer à son ministère, il n'en peut plus. En attendant il rentre chez lui. Avance dans l'obscurité, s'assied sur un banc. Se repose. S'agenouille, s'adresse à Dieu, demande pardon. Puis s'allume une clope,ça détend.

Preacher

Derrière lui la porte s'ouvre, quelque chose d'invisible s'avance, poussant les bancs de chaque côté de l'allée, puis pousse violemment Custer.

Qui se réveille trois jours plus tard. Dimanche, pile à l'heure pour faire son annonce.

Mais quelque chose s'est passé. Jesse Custer n'est plus le même. Néanmoins il prépare son discours, commence par se reconnaître mauvais pasteur et qu'il a décidé... de ne pas partir. Ses fidèles méritent un bon pasteur, celui qu'il veut devenir, à partir de maintenant. Il va répandre la parole de Dieu ! C'est pour cela qu'il est revenu, pour les sauver.

Preacher

Ça promet de ne pas être simple !

 

Je me demande si je ferais partie des fidèles de cette série...

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10 juillet 2018 2 10 /07 /juillet /2018 07:30

J'ai vu des miséreux défiler devant moi,

Des millions d'êtres haves avançant tête basse ;

Leurs regards trop obscurs et leurs bouches sans voix

Me disaient que la mort était bien une impasse

 

Où tous nous entrerons pour plonger dans la nuit.

Est-il mieux d'être ainsi, pour partir sans regret,

Ne laissant derrière soi qu'un passé fait d'ennuis,

Pour n'avoir rien à perdre, tout étant oublié ?

 

Je ne vois pas la fin de ce troupeau immense,

Animaux drogués pour effacer l'abattoir.

Ce lieu où ils sont nés, ont passé leur enfance,

Où la mort apparaît comme leur unique espoir.

 

Et moi me direz-vous, quelle est ma position ?

Suis-je gardien de bestiaux, exécuteur de masse,

Témoin d'un cauchemar transformé en fiction,

Si ce n'est le contraire et que le temps s'efface,

 

Que je sois coincé là, spectateur superflu,

D'illusions crées par un délire malicieux.

Est-ce cela l'enfer, des questions continues,

Marches d'un escalier menant vers aucun lieu ?

 

J'ai vu un homme étrange et c'était mon reflet,

Celui que j'aurais pu, j'aurais dû, devenir,

Si j'avais rédigé mieux que quelques pamphlets,

Moqueries qui jamais n'ont éveillé de rire.

 

Le miséreux ici ça ne peut qu'être moi

Face aux poussières des ombres défuntes en mon esprit.

Charognes corrompues nourrissant mon émoi,

Masques de chairs glacées n'aspirant qu'au mépris.

 

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9 juillet 2018 1 09 /07 /juillet /2018 08:00

Espoir : Horizon vers lequel vous savez avancer sans risque de pouvoir l'atteindre. Regarder au loin évitant de remarquer les aspérités du sol et le trou qui vous attend, juste là, à vos pieds.

Expliquer : Tenter de traduire une pensée en mots en essayant de la trahir et de s'en éloigner le moins possible ; exercice particulièrement difficile dans lequel LEE RONY excelle plus que tout autre.

Faimdre : Simuler l'appétit alors que tout ce que l'on ingurgite nous répugne. Il faut parfois faire semblant d'être comme les autres pour avoir la paix.

Foinatique : Individu dont l'esprit ne voit qu'un chemin étroit que tous doivent suivre sous peine de mettre leurs âmes en péril. Personne prête à tout pour ramener les ''égarés'' sur la voie de sa vérité, et à éliminer les réticents.

Follomie : Vision à laquelle il est impossible de résister, et tant pis si nous sommes seul à la voir, seul à l'entendre, seul, contre tous.

Pour-ton-bien : Expression qu'emploie les parents pour se convaincre qu'imposer leur point de vue est la bonne chose à faire. Un enfant n'est pas capable de savoir ce qui lui convient, il le comprendra trop plus tard.

Psygothique : Je m'habille tout le temps en noir parce que j'aime ça. Ne peux comprendre que qui fait partie du même monde, partage des codes identiques et des ambitions similaires. C'est sûr que c'est moins banal que ton costard aussi gris que toi.

Saddiction : Faire mal pour se faire du bien, recommencer, encore et encore, jusqu'à ne douter que ce soit aussi agréable qu'au début.

Sangblable : L'important est que les qualités de la famille ne soient pas corrompues par l'intégration d'étranger d'un autre milieu, d'une autre éducation, d'une autre culture. Et tant pis si des légendes urbaines disent que les risques de dégénérescences s'accroissent.

Sangsationnel : Mettez cette image ! Regardez comme les taches de sang sont visibles. C'est une garantie de ventes importantes.

Septicémythe : Invasion mentale de rites, comportements et sentences qui ne laissent plus de place pour une autre pensée. Fait souvent suite à une conversion.

Sincéritage : Bien sûr mamie que je t'aime, mais non, je ne viens pas te voir juste pour que tu ne m'oublies pas sur ton testament. J'adore ce vieil appartement, les meubles sombres, les vitres sales, et cette délicate odeur de moisi.

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8 juillet 2018 7 08 /07 /juillet /2018 08:00
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7 juillet 2018 6 07 /07 /juillet /2018 07:30

Pour la Science 468                    

Stephen Brusatte &

Zhe-Xi Luo

Hiver 1824, William Buckland est un naturaliste dont les cours sont réputés. Sa façon de faire circuler parties animales et fossiles, les commentant en grand habit professoral, est spectaculaire et captivante.

La rumeur veut qu'il est enfin prêt à présenter les gigantesques ossements qu'il examine depuis dix ans. Le public est étonné quand il affirme que ceux-ci appartiennent à un lézard géant, le Megalosaurus. C'est la première présentation d'un dinosaure.

Parallèlement il montra une paire de mâchoires, Georges Cuvier lui avait confirmé qu'elles venaient de mammifères, de marsupiaux précisa-t-il.

Ces mâchoires portaient des dents dotées de cuspides, d'élévations dans la couronne, signe qu'à l'époque des dinosaures les mammifères avaient déjà une histoire. Quelle était leur origine, quelle était leur place à côté des reptiles géants et comment avaient-ils pris le pouvoir sur Terre ?

Au XXème siècle les découvertes de dents de mammifères archaïques apportèrent un début de réponse à ces questions.

Une idée reçue voulaient que les protomammifères aient stagné pendant le Mésozoïque, vivant à l'ombre des dinosaures, au ras du sol à la recherches d'insectes... Démonstration a été faite qu'ils surent s'adapter, se multiplier et se diversifier.

Il existe trois ordres de mammifères : les monotrèmes pondeurs d’œufs, les marsupiaux dont l'embryon se développe dans une poche abdominale, et les placentaires chez qui il se développe à l'intérieur du ventre.

Leurs ancêtres sont issus des cynodontes, reptiles mammaliens du Pernien supérieur disparu quand une gigantesque éruption élimina presque toutes les formes de vie. L'extinction de certains amphibiens et de la majeure partie des reptiles permit l'émergence de la plupart des tortues, lézards, grenouilles, crocodiles et les mammaliaformes, c'est-à-dire tous les mammifères actuels. Trois grands types définissent nos aïeux : les kuehneotheriidés, les morganucodontidés et les haramiyidés. De la taille d'une souris ils présentaient certaines caractéristiques mammaliennes. Le progrès de scanners permet de visualiser avec précision l'anatomie interne des os fossilisés, cavités endocrânienne et passages de nerfs. Ces protomammifères avaient des encéphales plus grands que ceux de leurs ancêtres, elles étaient dotées d'aires auditives et de bulbes olfactifs impliquant que leurs propriétaires avaient une ouïe et un odorat plus fins. Ils comportaient aussi des aires cérébrales spécialisées augmentant les sensations tactiles de la peau et des poils ainsi qu'une solide ossature entourant l'oreille interne, l'isolant du vacarme considérable de la mastication. Justement, l'étude, menée par l'équipe de Pamela Gill, d'images à très haute résolution obtenues par tomographie à rayons X à partir d'un faisceau de synchrotron, révéla l'immense variété de leurs régimes alimentaires. Les morganucodontidés avaient des mâchoires pouvant écraser les gros insectes pourvus d'exosquelette, les kuehneotheriidés ne pouvaient pas croquer plus qu'un papillon ou un ver mou. Celles des haramiyidés pouvaient sectionner et écraser de petites plantes.

Une bonne coordination motrice et des sens aiguisés grâce à un plus gros encéphale, et un métbolisme plus intense, permirent aux mammaliaformes de s'épanouir dans le froid et l'obscurité et survivre à la fragmentation de la Pangée, entre le trias et le jurassique, il y a 200 M d'années, le supercontinent rassemblant alors la plupart des terres émergées. L'atmosphère a été massivement polluée par les gaz engendrés par les effusions de magma qui en même temps dévastaient les écosystèmes. 30 millions d'années plus tard la lignée des mammifères connut une diversification explosive.

Ces mammaliaformes disparus sont essentiels pour comprendre les origines des mammifères actuels. Les paléontologues s'interrogent sur la disparition de ces formes archaïques. Celles-ci donnèrent les thériens qui se diversifièrent à leur tour, créant les euthériens, groupe comprenant notamment les mammifères actuels : les placentaires et les metathériens, dont les marsupiaux.

Au début du Crétacé apparurent les angiospermes, les plantes à fleurs, donc à fruits, qui bouleversèrent la plupart des écosystèmes offrant aux mammifères de nouvelles sources de nourriture, les fruits, les fleurs et les insectes qui s'en nourrissent. Ceux disposant de molaires tribosphériques, adaptées à ces aliments, survécurent, les autres, tel Repenomamus disparurent.

Les thériens pourtant n'étaient pas seuls à proliférer, ils eurent des concurrents, dont les gondwanathériens.

Une nouvelle catastrophe biologique arriva, la chute d'un astéroïde géant provoquant incendies, raz-de-marée et tremblements de terre associés à des éruptions volcaniques qui dévastèrent la Terre entraînant changements climatiques et environnementaux insupportables pour la quasi-totalité des dinosaures. Après 150 millions d'années, la domination des dinosaures cessa, ils disparurent, à l'exception des oiseaux. De nombreux genres de mammifère connurent le même sort. Les survivants, dont l'ancêtre commun ''père'' des placentaires qui avait vécu à l'ombre des dinosaures, investirent les niches écologiques vacantes et se divisèrent en sous-groupes donnant de très nombreuses formes et tailles.

Il y a 63 millions d'années Torrejonia, animal de la taille d'un chiot s'accrochait aux branches. Ce protoprimate n'imaginait sûrement pas que quelques-uns de ses lointains descendants, penchés sur ses ossements, se reconnaîtraient en lui.

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6 juillet 2018 5 06 /07 /juillet /2018 07:30

 

Saint Pierre de Rome
Saint Pierre de Rome
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5 juillet 2018 4 05 /07 /juillet /2018 08:00

The Cold Room – Andrea ELLISON – 2010 – Traduit par Jeanne Deschamp 

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''Comprendre le mal n'est pas y remédier, mais aide à composer avec des ténèbres identifiables.'' Carl Gustav Jung

Mercredi. L'ordinateur de Gavin Adler lui rappelle qu'il est 18 h, le moment est venu de fermer boutique. Avant de rentrer il s'arrête dans sa salle de sport, y reste un moment puis achète son repas du soir. Sa villa est grande, seulement occupé par Art, un abyssin aux yeux ambre. Gavin met de la musique, Dvorák. Il mange, fait la vaisselle, il est 22 h. Il se donne la permission de descendre au sous-sol. Silencieusement, pour ne pas la réveiller.

Elle dort dans sa cage en forme de double cercueil de Plexiglas. Depuis une semaine elle n'est plus alimentée ni hydratée. La délivrance s'approche, Gavin l'attend avec impatience, ensuite il pourra l'aimer.

Sa contemplation dure un instant après quoi il rejoint son bureau, allume son portable, se connecte sur son site favori. Il reconnaît le pseudo de son interlocuteur : LaMuerte69, tape le sien : ''Thanatos Song''.

Les deux hommes chatent un moment, ils se connaissent bien et se comprennent sans être trop explicites avant d'être rejoint par un troisième correspondant : Nécro90. Thanatos envoie une photo à son ami, écoute ses conseils. Il sait avoir fait une faute, dans leurs activités il ne faut rien laisser au hasard. Coupant la communication il regarde l'envoie de celui-ci.

Magnifique !  Dommage que sa poupée soit blanche, lui les préfère noires.

Sa nuit fut calme, il ne vérifia que 3 fois que sa poupée respirait encore.

 

Taylor Jackson est heureuse de trouver une place de parking sur la 32e avenue. La soirée s'annonce bien. Elle est la première arrivée au restaurant, en profite pour relire une lettre qu'elle hésite à envoyer. Elle est adressé à son père, Win, actuellement en prison, grâce à elle. Concentrée elle n'entend pas Sam arriver. Elle montre la lettre à son amie qui s'étonne qu'elle n'ait pas rompu tout lien avec son géniteur. Les deux femmes discutent, coiffure, parentalité, compagnon. Celui de Taylor, John Baldwin, rentre le soir même de Quantico.

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Sans surprise pour le lecteur le téléphone de l'inspecteur Jackson sonne. Elle est mandée au 1400 Love Circle pour un 10-64, peut-être un 10-51. Taylor argue ne n'être pas en service mais elle est spécifiquement requise. Sam n'est pas appelée, elle, elle n'a pas été rétrogradée ! Love Circle est une colline d'où il est possible de contempler Nashville.

Renn McKenzie est son nouveau partenaire mais faire le deuil de sa carrière passée est difficile. Sa brigade lui manque, ses nouveaux collègues lui conviennent moins.

Le crime a été commis dans une immense maison au style ultra moderne, alors qu'elle s'approche elle devine quelque chose d'inhabituel, sinon on ne lui aurait pas demandé ''explicitement'' de venir. Les policiers sont nombreux mais elle entend de la musique, Dvorák. Taylor met du temps à la reconnaître, et pourtant, n'a-t-elle pas rêvé, enfant, d'intégrer un orchestre symphonique comme clarinettiste ?

Enfin elle voit le corps, une jeune femme, noire, nue, maigre comme si elle ne s'était plus alimentée depuis longtemps. Elle était clouée à une colonne à l'aide d'un grand couteau de chasse. Elle dut regarder de plus près pour voir les filins qui maintenaient le corps en suspens.

Le cadavre a été découvert par une voisine, Carol Parker, venue nourrir le chat et qui affirme n'avoir jamais vu cette jeune femme. Un intrus s'est visiblement introduit par la porte de derrière mais n'a laissé ni trace ni empreinte.

Taylor regrette ses débuts, quand les meurtres étaient ''normaux'' motivés par la trilogie : argent, sexe, drogue. Depuis quelques temps les psychopathes semblaient s'être installés à Nashville, comme s'ils avaient suivi John Baldwin, Dr et profileur du FBI.

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Se retournant elle manque heurter un petit bonhomme perruqué qu'elle ne connaît pas mais se présente comme le lieutenant Mortimer T. Elm récemment arrivé de La Nouvelle-Orléans et nouveau chef de la brigade des homicides, et, donc, le supérieur direct de Taylor.

Son téléphone sonnant elle répond, John vient d'arriver, non, Taylor n'ira pas le chercher, en revanche il pourrait être intéressé par sa scène de crime.

En attendant la jeune femme regarde le spectacle en se demandant pourquoi elle lui dit quelque chose. Avant une question: où est le sang ?

Le Dr Baldwin arrive, lui remarquera la similitude de la position de la morte et d'un tableau de Picasso suspendu au mur. Le profileur hésite puis confie à son amie ''J'ai la sombre impression que c'est mon serial killer qui vient de signer cette œuvre''. Il Macellaio est un criminel officiant à Florence depuis l'an 2000 qui place ses victimes dans des attitudes inspirées par des tableaux célèbres. Il ne viole ses proies qu'une fois mortes et présente des signes de nécrosadisme. Plus étrange, Baldwin a été informé que des crimes à Londres rappellent ceux de Il Macellaio. L'enquête italienne a progressé, l'ADN du tueur a été isolé, reste à le confronter au CODIS. Ce tueur serait-il venu à Nashville ?

Sur ce l'arrivée du lieutenant Elm rompt le charme, lui ne croit pas au profilage et entend se passer de l'aide du docteur Baldwin. Celui-ci reste prêt à aider sa compagne, d'abord en se souvenant d'un autre crime sur fond de musique classique.

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6h seront nécessaires pour les premières constatations.

Alors que, rentrée avec John, elle écoute ses message il en est un qui la surprend. Une voix aiguë, presque enfantine, prononçant deux mots : Pas. Moi. Sans l'avoir jamais entendue elle reconnaissait la voix du ''Prétendant'' le disciple d'un tueur en série de Nashville surnommé ''Blanche-Neige''. Celui-ci était mort, le Prétendant en revanche était en liberté et régulièrement se manifestait auprès d'elle. Trois mois plus tôt il avait mis fin à une menace de mort qui pesait sur elle en étranglant le tueur professionnel, et laissant sur sa poitrine une ''vibrante déclaration d'amour''.

Un appel qui l'inquiéta en prouvant que le Prétendant était proche et l'observait.

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Jeudi

Taylor n'a dormi que trois heures, le temps d'un jogging, d'une douche, d'enfiler ses santiags, un jean et un pull noir et la voilà prête pour une nouvelle journée. Justement son nouveau supérieur l'attend... et vous attend aussi, je vous ai fait gagner 90 pages, les suivantes sont... à découvrir ! Impossible de ne pas se laisser prendre par l'intrigue et l'écriture, sans parler du décor, il est agréable de sortir des cadres habituels de ce genre de romans. Nashville ne manque pas de charmes, ni de ténèbres où rodent des formes menaçantes. De quoi passer de nombreuses heures angoissantes. Tout ce que nous aimons.

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Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.

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