The Cold Room – Andrea ELLISON – 2010 – Traduit par Jeanne Deschamp

''Comprendre le mal n'est pas y remédier, mais aide à composer avec des ténèbres identifiables.'' Carl Gustav Jung
Mercredi. L'ordinateur de Gavin Adler lui rappelle qu'il est 18 h, le moment est venu de fermer boutique. Avant de rentrer il s'arrête dans sa salle de sport, y reste un moment puis achète son repas du soir. Sa villa est grande, seulement occupé par Art, un abyssin aux yeux ambre. Gavin met de la musique, Dvorák. Il mange, fait la vaisselle, il est 22 h. Il se donne la permission de descendre au sous-sol. Silencieusement, pour ne pas la réveiller.
Elle dort dans sa cage en forme de double cercueil de Plexiglas. Depuis une semaine elle n'est plus alimentée ni hydratée. La délivrance s'approche, Gavin l'attend avec impatience, ensuite il pourra l'aimer.
Sa contemplation dure un instant après quoi il rejoint son bureau, allume son portable, se connecte sur son site favori. Il reconnaît le pseudo de son interlocuteur : LaMuerte69, tape le sien : ''Thanatos Song''.
Les deux hommes chatent un moment, ils se connaissent bien et se comprennent sans être trop explicites avant d'être rejoint par un troisième correspondant : Nécro90. Thanatos envoie une photo à son ami, écoute ses conseils. Il sait avoir fait une faute, dans leurs activités il ne faut rien laisser au hasard. Coupant la communication il regarde l'envoie de celui-ci.
Magnifique ! Dommage que sa poupée soit blanche, lui les préfère noires.
Sa nuit fut calme, il ne vérifia que 3 fois que sa poupée respirait encore.
Taylor Jackson est heureuse de trouver une place de parking sur la 32e avenue. La soirée s'annonce bien. Elle est la première arrivée au restaurant, en profite pour relire une lettre qu'elle hésite à envoyer. Elle est adressé à son père, Win, actuellement en prison, grâce à elle. Concentrée elle n'entend pas Sam arriver. Elle montre la lettre à son amie qui s'étonne qu'elle n'ait pas rompu tout lien avec son géniteur. Les deux femmes discutent, coiffure, parentalité, compagnon. Celui de Taylor, John Baldwin, rentre le soir même de Quantico.

Sans surprise pour le lecteur le téléphone de l'inspecteur Jackson sonne. Elle est mandée au 1400 Love Circle pour un 10-64, peut-être un 10-51. Taylor argue ne n'être pas en service mais elle est spécifiquement requise. Sam n'est pas appelée, elle, elle n'a pas été rétrogradée ! Love Circle est une colline d'où il est possible de contempler Nashville.
Renn McKenzie est son nouveau partenaire mais faire le deuil de sa carrière passée est difficile. Sa brigade lui manque, ses nouveaux collègues lui conviennent moins.
Le crime a été commis dans une immense maison au style ultra moderne, alors qu'elle s'approche elle devine quelque chose d'inhabituel, sinon on ne lui aurait pas demandé ''explicitement'' de venir. Les policiers sont nombreux mais elle entend de la musique, Dvorák. Taylor met du temps à la reconnaître, et pourtant, n'a-t-elle pas rêvé, enfant, d'intégrer un orchestre symphonique comme clarinettiste ?
Enfin elle voit le corps, une jeune femme, noire, nue, maigre comme si elle ne s'était plus alimentée depuis longtemps. Elle était clouée à une colonne à l'aide d'un grand couteau de chasse. Elle dut regarder de plus près pour voir les filins qui maintenaient le corps en suspens.
Le cadavre a été découvert par une voisine, Carol Parker, venue nourrir le chat et qui affirme n'avoir jamais vu cette jeune femme. Un intrus s'est visiblement introduit par la porte de derrière mais n'a laissé ni trace ni empreinte.
Taylor regrette ses débuts, quand les meurtres étaient ''normaux'' motivés par la trilogie : argent, sexe, drogue. Depuis quelques temps les psychopathes semblaient s'être installés à Nashville, comme s'ils avaient suivi John Baldwin, Dr et profileur du FBI.
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Se retournant elle manque heurter un petit bonhomme perruqué qu'elle ne connaît pas mais se présente comme le lieutenant Mortimer T. Elm récemment arrivé de La Nouvelle-Orléans et nouveau chef de la brigade des homicides, et, donc, le supérieur direct de Taylor.
Son téléphone sonnant elle répond, John vient d'arriver, non, Taylor n'ira pas le chercher, en revanche il pourrait être intéressé par sa scène de crime.
En attendant la jeune femme regarde le spectacle en se demandant pourquoi elle lui dit quelque chose. Avant une question: où est le sang ?
Le Dr Baldwin arrive, lui remarquera la similitude de la position de la morte et d'un tableau de Picasso suspendu au mur. Le profileur hésite puis confie à son amie ''J'ai la sombre impression que c'est mon serial killer qui vient de signer cette œuvre''. Il Macellaio est un criminel officiant à Florence depuis l'an 2000 qui place ses victimes dans des attitudes inspirées par des tableaux célèbres. Il ne viole ses proies qu'une fois mortes et présente des signes de nécrosadisme. Plus étrange, Baldwin a été informé que des crimes à Londres rappellent ceux de Il Macellaio. L'enquête italienne a progressé, l'ADN du tueur a été isolé, reste à le confronter au CODIS. Ce tueur serait-il venu à Nashville ?
Sur ce l'arrivée du lieutenant Elm rompt le charme, lui ne croit pas au profilage et entend se passer de l'aide du docteur Baldwin. Celui-ci reste prêt à aider sa compagne, d'abord en se souvenant d'un autre crime sur fond de musique classique.

6h seront nécessaires pour les premières constatations.
Alors que, rentrée avec John, elle écoute ses message il en est un qui la surprend. Une voix aiguë, presque enfantine, prononçant deux mots : Pas. Moi. Sans l'avoir jamais entendue elle reconnaissait la voix du ''Prétendant'' le disciple d'un tueur en série de Nashville surnommé ''Blanche-Neige''. Celui-ci était mort, le Prétendant en revanche était en liberté et régulièrement se manifestait auprès d'elle. Trois mois plus tôt il avait mis fin à une menace de mort qui pesait sur elle en étranglant le tueur professionnel, et laissant sur sa poitrine une ''vibrante déclaration d'amour''.
Un appel qui l'inquiéta en prouvant que le Prétendant était proche et l'observait.

Jeudi
Taylor n'a dormi que trois heures, le temps d'un jogging, d'une douche, d'enfiler ses santiags, un jean et un pull noir et la voilà prête pour une nouvelle journée. Justement son nouveau supérieur l'attend... et vous attend aussi, je vous ai fait gagner 90 pages, les suivantes sont... à découvrir ! Impossible de ne pas se laisser prendre par l'intrigue et l'écriture, sans parler du décor, il est agréable de sortir des cadres habituels de ce genre de romans. Nashville ne manque pas de charmes, ni de ténèbres où rodent des formes menaçantes. De quoi passer de nombreuses heures angoissantes. Tout ce que nous aimons.

