S'il est un film qui est sorti trop tôt c'est bien La Planète des singes, les
origines, en sortant en 2012 il eut coïncidé avec le centenaire de la naissance de Pierre Boulle. Dommage, mais quand ce dernier écrivit La Planète des singes (sortie en 1963) il ignorait que son roman aurait une telle descendance, si l'on peut
dire, considérant que les primates en question sont plutôt nos successeurs.
La question était posée depuis 1967 quand Franklin Schaffner réalisé le premier film d'une longue série : que s'était-il passé pour que l'homo sapiens devienne le plus faible des anthropoïdes ?
Rupert Wyatt apporte une réponse fort satisfaisante en ce sens que ce ne sont pas les chimpanzés qui prennent le pouvoir mais les sapiens qui l'abandonnent par les effets
combinés et finalement convergeants de la découverte de Will Rodman, scientifique doué et convaincu d'avoir trouvé le remède à la maladie d'Alzheimer. Malheureusement le président de la société
qui le finance est trop pressé de dévoiler son remède à ses employeurs et cela se passe si mal que le projet est abandonné et les primates cobayes exterminés. Sauf un bien sûr, nouveau-né que sa
mère cherchait à protéger et que Wyatt récupérera discrètement pour l'élever comme un enfant tout en continuant ses recherches contre l'affection dont souffre son père.
Les années passent, César grandit vite, apprend encore plus vite et se révèle plus performant qu'un sapiens au même
âge. La solution de Rupert étant de favoriser la croissance des cellules cérébrales, le développement de l'intelligence n'étant qu'un effet induit. Sa quête finit par aboutir à une solution qu'il
pense efficace et injecte à son père alors que celui-ci dans un moment de lucidité vient de lui demander d'abréger ses souffrances.
Tout irait pour le mieux si César ne finissait par se faire remarquer avant d'être enfermé avec d'autres singes
''normaux''. Lui qui n'en vit jamais devra s'adapter. Qui peut le plus peut le moins. Parallèlement Wyatt finit par avouer ce qu'il a fait et son boss convertissant le tout en bénéfices se dit
qu'il serait temps de passer à un stade industriel.
Mais le remède est imparfait, la maladie revient, violemment, alors le fils reprend son travail pour sauver le père,
il découvrira quelle fut son erreur et la corrigera, il suffisait d'amplifier la capacité d'une toxine, avouez que c'était simple...
Vous devinez que ce scénario m'a plu...
Vous ne vous demandez pas ce que vous faites derrière cette vitre ?
NVotre planète est déjà celle des singes, mais plus pour longtemps.
Quel rapport me direz-vous entre le poème de V Hugo et le film de Lars von Trier ? Aucun ! Dans le premier
il est question de l'exploitation de l'homme par l'homme, à moins que ce ne soit le contraire, dans le second nous voyons un théâtre d'ombres, à moins que ce ne soient des marionnettes tenues par
les fils des apparences et des conventions sociales avec l'ennui pour scène et le désespoir en guise de décor.
Justine et Michael, tout justes mariés, se rendent dans la demeure du beau-frère de la jeune femme dans une voiture
si longue qu'elle met longtemps à suivre les lacets menant au castel. Dans ce portrait de groupe qu'est la réception se détachent le père de Justine, encore qu'à le voir on dirait que c'est son
arrière-arrière-grand-père, et sa mère, qui la déteste autant qu'elle méprise les convenances bien qu'elle les respectât. La soirée va donc mal se passer, les mots ne vont pas dépasser les
pensées mais les révéler, ainsi qu'ils le font, dans ce blog en particulier.
Une précision indispensable : Melancholia, une planète que le soleil dissimulait, s'approche, elle va frôler,
disent les experts, la Terre. Personne ne veut en parler mais tout le monde y pense. Dès lors que la Fin semble proche pourquoi se retenir, qu'importe ce que les autres pensent puisqu'ils n'ont
plus guère de temps pour le faire. C'est ce que doit penser Justine qui envoie promener son patron d'abord, son époux ensuite, avant la nuit de noce, dommage pour lui, alors qu'elle va coucher
avec un collègue sur le parcours de golf. Quelle est la symbolique de cette scène, ma politesse proverbiale m'interdit d'émettre une hypothèse quelconque ! Pourquoi même se lever, manger, le
mieux n'est-il pas de regarder l'événement qui se produit, d'en savourer chaque seconde ? Vous qui lisez ces lignes, serez-vous vivant à leurs fins ? Si vous ne lisez pas cet article c'est
que je serai mort avant de l'achever.
Justine sait ce qui va arriver, sa sœur, Claire, est d'autant plus sûre du contraire que son époux le lui a dit et
répété : il n'y a pas de danger ! Lui même feint d'y croire et quand sa femme accepte enfin la réalité, il ne sera plus là pour la réconforter.
Du portrait évoqué plus haut se détachent finalement les deux sœurs, Claire est tourmentée, méticuleuse, puis
vaincue par l'angoisse alors que Justine est sereine et lumineuse, confiante dans le fait que ce qui va se produire est just(in)e. Inutile de dire que c'est d'elle dont je me sens le plus proche,
sans compter la beauté de Kirsten Dunst qui a bien mérité son prix d'interprétation à Cannes.
Je vous préviendrai quand il faudra construire une cabane...
Bienvenue sur ce blog ! Vous y découvrirez mes goûts, et dégoûts parfois, dans un désordre qui me ressemble ; y partagerez mon
état d'esprit au fil de son évolution, parfois noir, parfois seulement gris (c'est le moins pire que je puisse faire !) et si vous revenez c'est que vous avez trouvé ici quelque chose qui
vous convenait et désirez en explorant mon domaine faire mieux connaissance avec les facettes les moins souriantes de votre personnalité.