Comment se défendre quand on est un adolescent blondinet, maigrichon et solitaire, vivant avec une mère très occupée et voyant son père de temps à autre, et que, conséquence de tout cela, on se retrouve victime de la stupidité et de la violence de ses camarades ?
Heureusement il reste l'imaginaire et Oskar utilise le sien pour se soulager d'une frustration croissante.
Dans les bois un homme en suspend un autre et l'égorge afin de le vider de son sang, malheureusement, pour lui, un chien curieux, espèce de grand caniche sortant du toilettage, attiré par l'odeur, s'approche et aboie pour exprimer autant son incompréhension que son excitation. Pas moyen de tuer tranquille !
J'en sais quelque chose, mais la question n'est pas là...
Oskar (Kare Hedebrant) fréquente la cour de son immeuble, la nuit, quand, seul, il peut rêver, dominer un monde que la neige purifie de ses tourmenteurs.
D'ordinaire personne ne fréquente ce lieu, mais une nuit il rencontre une toute jeune fille, Eli, que le froid ne semble pas gêner et qui elle aussi paraît préférer la solitude et la nuit. Leur rencontre va être difficile, le garçonnet était si bien seul, mais peu à peu avec sa voisine, il va tisser des liens d'amitié, d'affection, et plus, beaucoup plus, alors que leurs affinités se dévoileront.
Ce n'est pas trahir le secret du film que de vous dire qu'il se trouve qu'Eli (Lina Leandersoon) vit avec un homme qui pourrait être son père et qui est justement celui qui tentait de remplir un bidon de sang avant qu'un clébard mal élevé vienne le déranger. Le charme de ce film n'est pas dans son mystère puisque rapidement nous allons apprendre que la jeune fille est une vampire et que son régime se compose de sang, si elle essaie de manger autre chose elle ne peut le digérer. Partant de là nous voyons se tisser des liens de plus en plus forts entre ces deux êtres que les circonstances, la chance peut-être, a réuni.
Tuer des gens pour les vider de leur sang est mal vu et l'homo sapiens supporte mal d'être une proie, trop stupide qu'il est pour comprendre qu'il n'est qu'un gibier, un écosystème pour de nombreux virus et autres bactéries.
La première réaction du spectateur lambda est l'hostilité face à cette vampire, quand bien même n'aurait-elle que 12 ans, mais depuis longtemps... la magie de ce film est de nous faire apprécier Eli, de pencher de son côté, difficile de compatir au sort de ses ''victimes'', sauf à se sentir aussi con qu'elles. Le choix d'Oskar se comprend vite, quel intérêt peut offrir une vie ''normale'', ses parents en démontrent la vacuité continuellement. Nul besoin d'être devin pour connaître la suite.
Un autre film a été tiré du roman de John Ajvide Lindqvist Låt den rätte komma in : Laisse-moi entrer de Matt Reeves, ne l'ayant pas vu je ne peux en dire du mal, mais j'imagine mal une Eli blonde.
Ce n'est qu'un fantasme après tout n'est-ce pas, alors, pourquoi ne pas vous laissez tenter par son charme vénéneux et son romantisme macabre.
Vous craignez de vous faire mordre ? Si vous avez lu cet article jusque-là c'est déjà fait !




